Skip to main content

Full text of "Le Monde Diplomatique, 1990, France, French"

See other formats


... 

ï *fe**ÿML » t - ; 

jfc. .4 '#1* -, 

a>*r ; «*>; , . 


>.'**# t» K”- 

îté e W. -'jkiifir**- 


>&*&*» ’4 -j-) ■'• 

i» -» ** •- 

$L .W*9K*7 <■»<." * *• 

« 

ÉK-V*. ^ «* "V I* ;*•■ 


- 

*•'•>■» Xài|H“V5»~ 

*•_'. y - 
(*»*►•*?- * • ’•* 
flW* ! »« ■■'■ — - 

**•»/ « 

'**=■'• - 

faÉM^: 

;. <IW*wy, - •• 




«T* 

Éfc - 


"i.- •" . !■*• ■*■’■ 

¥ f *- :* i ? v 


... -ü*:.r 

.. » 'fiji 

_ ■. .» ..u*.. 





m****' 



•w'N 

<5> 


tn 



«ss^*** 


i^T ■' r '.T-îds* 




*V 






.-~ >-/ =_ ■ . .jeu v '_ 

&£&". • v" 


OUARANTE-SEPTIÈMe ANNÉE - N* 14255 • { F 


Dérapages 

bulgares 

U N an après la chut» de 
Todor Jivkov et cinq mois 
après les premières élections 
démocratiques depuis l'instaura- 
tion du communsms, la Bulgarie 
semble enlisée dans une crise 
politique apparemment sans 
issue. Le rejet, vendredi 
23 novembre, de fa motion de 
censure déposée par l'opposi- 
tion; le refus, en conséquence, 
du premier ministre, M. Andreï 
Loukanov. de démissionner; la 
décision de l'opposition de quit- 
ter «provisoirement» le Parle- 
ment; l'appel à de nouvelles 
manifestations dans la capitale 
et la menace d'une grève géné- 
rale : tout cela entraîne le pays 
vers une impasse. 

L'équation est pourtant sim- 
ple : en dépit de sa victoire aux 
élections de jtdn et de la majorité 
dont il dispose à la Chambre, le 
Parti socialiste bulgare {ex- com- 
muniste) ne veut pas gouverner 
tout seul et demande aux res- 
ponsables de l'opposition de par- 
ticiper à une coéBtion. Pas quet 
tion, répondent les porte-parole 
cto l'Union des forces démocrati- 
ques (UFD), è moins que nous 
n'y occupions les poat es-ctofs, 
dont celui de premfermintotre. 
Autre élément d»jonftwto ; : tes 
programmes des uns et des 
autres, cto moins sur le papier, se 
ressemblent étrangement, juris- 
que tousse disent partisans d'un 
passage rapide è l'économie de 
marché et de rétablissement 
d'une démocratie fibérate. - 

D EUX logiques, pourtant, 
s'affrorttont r noos avons 
recul 'approbation du suffrage 
umverseCpora mener ÎMéau èè 
programmé, disent- (^-socia- 
listes. Compte; tenu d* votre 
passé, de vos mentalités, de 
votre appareil, voue .ri êtes pas 
capables de tenir vos promesses, 
rétorque ('opposition, qui ne croit 
pas à la conversion rapide des 
anciens communistes aux vertus 
du libéralisme et de Ja dérooctsr 
tie. ’ . 

Le recours è de nouvêtes élec- 
tions permettrait peut-être de 
dénouer la crise en faisant appa- 
raître une autre majorité parle- 
mentaire. Mais cette, décision 
serait lourde dé conséquences, 
puisqu'elle équivaudrait è rendre 
nulle et non avenue la consulta- 
tion de juin et. pourrait donner à 
penser que l'agitation du la nia 
prime sur le verdict des urnes. 
De plus, une oampagne électo- 
rale pourrait aujourd'hui dégéné- 
rer et dégrader l'image d'un pays 
qui, contrairem e nt è la Roumanie 
voisine, s montré jusque-là' son 
aptitude au dialogue démocrati- 
que. 

L ES dérapages sont en effet 
de plus en plus è craindra. 
La population va-t-eMe se rési- 
gner encore longtemps, è une 
situation économique catastro- 
phique qui rend (a vie quoti- 
dienne de plus en plus difficile? 
Comment les autorités vont-elles 
réagir è la menace de grève 
générale? L’occupation de l'uni- 
versité de Sofia se poursinvra- 
t-elle sans violence? Sans 
oublier des affrontements ethni- 
ques toujours possibles dans un 
pays dont un habitant sur dix est 
de souche turque. 

Estimant que le soweerwwrat, 
avait fait la part trop b^le 
minorité turque en * ,t ? nÊ,tt Sz 

ses membres do rscouvrerleura 
noms initiaux, qui avaient «e 
«bulgarisés* d'office par topté- 
cédent régime, des mouvement», 
nationalistes viennent ainsi de 

décréter la naissance « une 

«république bulgare» dans!" 
nord-est du pays- M pji» W ofl- 
leurs - noua sommes dans ies 
Balkans, - il serait grave de 
sous-estimer las dangers d une 
dérive de la Bulgarie. .= 

Urv nos Inhumations page 3 

mmivmMl 


DIMANCHE 25 - LUNDI 26 NOVEMBRE 1990 


La rencontre de M. Bush et du président Assad 


cherche à renforcer 


le camp arabe contre IM 


En nremière 


à l’Assemblée nationale 


Au terme de sa tournée en Europe et au 
Proche-Orient M. George Bush à regagné 
Washington samedi matin 24 novembre. Au 
cours des deux dernières étapes , le chef de la 
Maison Blanche; qui cherche à renforcer le 
camp arabe contre Virait a réaffirmé au Caire 
avec le président Moubarak et à Genève avec 
le chef de l'Etat syrien, M. Hafez B Assad, que. 


€ l'occupation inacceptable du Koweït par 
l'Irak devait cesser sans conditions ». A New- 
York, où le Conseil de sécurité pourrait se rôu- 
: nir dans les jours qui viennent l'ambassadeur 
soviétique à l'ONU, M. Youli Vorontsov, g 
déclaré vendredi qu'i! fallait désormais adres- 
ser tm t sérieux avertissement à M. Saddam 
Hussein a. 


Les dépotés ont adopté 
le statut de la Corse 

L'Assemblée nationale a adopté, dans la nuit du vendredi 
23 au samedi 24 novembre, le projet de statut particulier pour 
la Corse proposé par M. Pierre Joxe. Seuls les députés socia- 
listes (les élus radicaux de gauche s'abstenant), M. José Rossi 
(UDF-PR), président du conseil général de la Corse-du-Sud l et 
quelques-uns de ses amis continantaux ont voté s pour». Le 
j RPR, la quashtotafité de l'UDF et de l’UDC, ainsi que le PC, ont 
[voté <r contre ». 



GENÈVE 


da notre envoyé spécial 


L’allié de circonstance ne doit 
pas être confondu avec 1 s l’ami 
proche et éprouvé», et les res pou 
sables américains ont fait ce qu’il 
fallaît pour que ia rencontre de 
M. Bush avec le président syrien à 
Genève ressemble aussi peu que 
possible à celle qu’il avait eue le 
matin même au Caire avec Hosni 
Moubarak. Un entretien sec, sans 
céiréoàonîe ou irepas d’aucune 
sorte, dans; un hôtel situé A 
cinq minutes de l'aéroport, pas de 
conférence de presse, pas même de 


«briefing», mais .une simple 
déclaration du porte-parole de la 
Maison Blanche, juste avant que 
les journalistes qui accompagnent 
le- président ne partent pour 
Washington. L’Intention était lim- 
pide s; il s'agissait de montrer au 
mondé, et en tout premier lieu à 
l’opinion américaine et A Israël, 
que' si, nécessité liait loi, on ne va 
pas au-delà du strictement «néces- 
saire» pour assurer la consolida- 
tion de la coalition anti-irakienne. 
L’entretien, qui a duré trois heures 
et s’est terminé par un téte-à-tête, 
a été «complet et franc», selon la 
Maison- Blanche. Mais on serait 


bien en peine, à la lecture du com- 
muniqué, de discerner ce que cette 
rencontre a pu apporter & 
M. Bush, en dehors du fait qu’elle 
a eu lieu, ce qui est plutôt au béné- 
fice de son interlocuteur. Les deux 
présidents sont convenus que 
«l’occupation du Koweït par l’Irak 
est inacceptable comme le serait 
toute solution partielle » au pro- 
blème. Ils ont exprimé «leur préfé- 
rence pour une solution pacifique 
de la crise, en conformité avec les 
résolutions de la Ligue arabe et de 
l’ONU». 


JAN KRAUZE 
Lire h suite page 4 


M. Pierre Joxe pense depuis 
longtemps que Le dossier Corse 
est si complexe qu’il faut, pour 
en venir à bout, réunir le 
«consensus» le plus large possi- 
ble. Ce consensus, le ministre de 
l’intérieur l’a obtenu, dans une 
large mesure, sur place. Mais pas 
à Paris. Une fois encore, ce débat 
parlementaire a confirmé l’irré- 
ductible différence de perception 
entre me et le continent. Au 
Palais-Bourbon, le projet gouver- 
nemental n’a été adopté, en pre- 
mière lecture, que grâce à des 
[renforts individuels venus de la 
'droite et du centre. 


Même si, après la passion qui a 
entouré le vote sur l’article pre- 
mier, l’atmosphère du débat a été 
très constructive, même si 
M. Joxe a pu ironiser sur des 
votes «contre» assortis de telle- 
ment de regrets que tous les 
espoirs semblent permis pour la 
suite de la procédure parlemen- 
taire, il faut bien constater que le 
PCF, le RPR, l'UDF et l’UDC 
dans leur grande majorité, ont 
voté contre le texte. 

JEAN-LOUIS ANDRÊANI 
et THIERRY SRÉHfER 
Lire la suite 
et nos informations page 6 


La nouvelle guerre du Tchad 

Le président Hissée Habré joue son rn-tout face à la troisième offensive 
d’îdnss Déby, son ancien compagnon de route 


La campagne pour l'élection présidentielle, dont le premier tour 
a lieu dimanche 26 novembre, et qui volt s'opposer six candi- 
dats. parmi lesquels M. Lech Walé sa, président de Solidarité, et 
M. Tadeusz Maxowiecki, premier ministre, a ôté l'occasion de 
dérapages antisémites, que les autorités morales du pays n’ont 
nas su contrôlé*. 

-Lire l'article de SYLVIE KA UFFMANN. page 3 


Deux semâmes après le lan- 
cement d'une troisième offen- 
sive en territoire tchadien à 
partir du Soudan voisin, les 
hommes d'Idriss Déby, grou- 
pés au sein du Mouvement 
patriotique du salut (MPS), 
occupent la' zone frontière 
comprise entre Tiné au nord 
d'Abéché et Goz-Beida au 
sud. 

i 

Dès ce jour d’avril 1989 où, 
lancées à sa poursuite, ses 
troupes l’avaient laissé s'échap- 
per au Soudan voisin, Hisséne 
Habré savait qu’Idriss Déby rien 
.resterait pas là. U connaissait 
-trop bien ce compagnon d’armes 
'qui l’avait aidé, en juin 1982, à 
conquérir le pouvoir, pour imagi- 


ner. un seul instant, que l’on 
rien tendrait plus parler de lui. U 
se doutait que cet habile stratège 
saurait, si nécessaire, pour arri- 
ver à ses fins, pactiser avec le 
« diable » libyen qu’il avait, jadis, 
si durement combattu. 

i 

Depuis lors, le chef de l’Etat 
tchadien avait rencontré à deux 
reprises - en juillet 1989 à 
Bamako et en août 1990 à Rabat 
- le colonel Mouammar Kadhafi, 
son homologue libyen. Pour ten- 
ter de régler à l'amiable le diffé- 
rend territorial qui les opposait à 
propos de la bande d’Aouzou, 
N'Djamena et Tripoli avaient 
même signé un accord-cadre de 
paix à Alger en août 1989. 

Un an plus tard, après de 
vaines négociations, iis étaient 
convenus de porter l’affaire 
devant la Cour internationale de 


justice de La Haye. Nourri par 
l’expérience, Hisscne Habré 
n’avait pas, pour autant, baissé la 
garde. Se refusant à démobiliser 
son armée pour l’occuper, 
comme le prévoit la nouvelle 
Constitution, à «des tâches de 
développement économique ei 
social», il ne cessait de répéter 
que «la guerre n’était pas finie». 
Il voyait juste. Deux rois déjà - 
en octobre 1989, puis en mars 
1990 - Idriss Déby. cet homme 
avec lequel il avait fait « un ban 
bout de chemin» et dont la trahi- 
son l'avait «choqué», avait lancé 
ses hommes, depuis la province 
soudanaise du Darfour, à la 
reconquête du pouvoir. Après de 
violents combats, i! avait dû bat- 
tre en retraite. 

JACQUES DE BARRIN 
Lire la suite page S 


Air France 
déserte les régions 

Après le i retrait de \à 
compagnie nationale, (es 
collectivités- locales 
devront financer elles- 
mfimes les lignés néces- 
saires è leur développe- 
ment économique.. 



EDITIONS 


DE GAULLE ET 



■ ■¥-*- • 

- ^ ■: 





Pierre Sainderichin 

D'etraniies liens ont existé — 25 ans 
durant — entre le chef d' Etat pas 
comme les autres et le journal diffé- 
rent des autres. 

L’histoire croisée des deux "institu- 
tions 11 racontée avec chaleur et sans 
concession par un témoin attentif. 

EN VENTE EN LIBRAIRIE 


Les socialistes et le président 

Entre le PS et r Elysée, le temps des soupçons 

Le débat sur la réforme scolaire 

Un point de vue d’Elisabeth Badinter, Régis Debray, 
Alain Hnkielkraut, Elisabeth de Fontenay 
et Catherine Kinttier 

La succession de Margaret Thatcher 

Les trois prétendants 
prennent leurs distances 
à T égard de l'héritage 

La réorganisation de l’exécutif en URSS 

M. Gorbatchev évoque l'éventuelle 
c nécessité d’une cSctoture » 

Plume en herbe 

Le grand concours Littéraire des 9-13 ans 
Nathan-te Monde est encarté dans 
le supplément « Radio-Télévision » 


page 7 


page 8 


page 3 


page 3 


A L'ÉTRANGER: A 

GfèC». 180 DH: Irlandt. 


B, 4£0 DA: Maroc, 7 DH; Tun)M, 700 m ; Atorogrw, 2,60 DU ; Autriche, 22 
p.; Iran*, 2 000 ùbÎMMbMirg, 40 FL;.NorvtB*i 18 KRN; Pays-Ba*. 2,50 


..'('j*- 



8 F; CAta<f (voir*. 465 E CFA: Danemark. 12 MO: Eapagn*. 175 PTA:e.-fl.. 70 p.; 
U Me. 14 KRS; Suit*». 1.80 FS: USA (NY), 2 $ ; USA (aUiora). 2,50 S. 













" -rV •'>. X.-^. j 


- W Ù«_U 


.• -• "Vik" 

. - ^ 



’ • C-i* icrA 


2 Le Monde • Dimanche 25 - Lundi 26 novembre 1990 ••• 

tèKmk 

RÉDACTION ET SIÈGE SOCIAL : • 

16. RUE FAUGÜIERE. 

76601 PARIS CEDEX 15 
_T«IL s {IJ 40*65-25-25 
Télécopieur : (Il 40-65*25-99 
Télex : 206.806 F 
a ADMINISTRATION: 

1. PLACE HUBERT -BEUVE-MÊRY 

64852 IVRY-SUR-SSNE CEDEX 
T4I. J (1) 40-65-25-26 
Télécaneur : (1) 49-60-20-10 
Télex -.261.311 F 

T E 25 novembre 1975, le général Otel 
Edité par la SARL le Monde I Saraiva de Carvalhû est destitué. U 

Durée de h société: AJ coup de théâtre. Leader de l’ail 

cem a n» à conaptg gu gauche du MFA, le Mouvement des fora 

ùSïïiodii- années, il est remplacé au poste-clé de con 

$20 000 F mandant de la région militaire de Lisbont 

Principaux anetiés de h sodété : par un modéré, le générai Vasco Lourenç» 

Société avik Otelo est aussi chef du Copcon - le con 

« Ira Rédacteurs du Monde ». mandement opérationnel du continent - qt 

« Association Beuve-Méry ». contrôle quelques-unes des unités d'élite d 

MFA’ les parachutistes de la base de T ai 
coa, la policé militaire. Force de frappe d 
M. AadrfffiS^SaL MFA, les. régiments du Copcon sont sons U 


DATES 



« iji* 



La chute d’Otelo de Carvalho 


Ht Houle 

PUBLICITE 

■ SA— 

André Fontaine, président 
Française Huguet, directeur générai 
Philippe Dupuis, directeur connncrâaJ 
Micheline Oedemans, 
directeur du développement 
S, me de Moutteann', 75007 PARIS 
Tfl : (I) 45-55-91-82 om 45-55-91-71 
Téta MONDPITB 206 136 F 
Tfié&i : 4S-5WM-70. - Société Hr*k 
da jou rnal fa Manie a Régie Pra tc SA. 

, * Imprimerie dsK 1 

du « Monde » tvtdjrc? 
12, r. M.-Cuiu1hwik psj-f 
94S52 IVRY Ccdea l |w, l 
Rrprodudivn Interdite de UM article. 
sauf accord aree l'adntlnhtratian 

Commission paritaire des journaux 
et publications, n* 57 437 
ISSN : 0395-2037 

Ramtowninti sur lu ml cro ffima et 
Index du Monde au |1) 40-65-23 33 

LE MONDE TÉLÉMATIQUE 

Composez 36-15 • Tapez LE MON DE 
ou 36-15 ■ Tapez LM 

ABONNEMENTS 

l, PLACE HUBERT- 
BEUYE-MERY, 

94852 IVRY-SUR-SEINE CEDEX. 

m . (1) 49-60-32-90 


Tuf 

FRANCE 

SUISSE 

BELGIQUE 

LUXEWB. 

AUTRES 
PAYS 
mit 
amie 
jroonpB 
CEE inoa 

Jmfi_ 

480F 

572 F 

798 F 

6 Bris ~ 

7S0F 

1123F 

1568F 

lu — 

1 400 F 

2084 F 

2968F 


ÉTRANGER ; 

I'. 'par voie aérienne 
tarif sur demande. 

Pour vous abonner 
Renvoyez ce bulletin 
accompagné 
de votre règlement 
à l'adresse ci -dess us 
oo par MINITEL 
36-15 LEMONDE 
code d’accès ABO 
SERVICE A DOMICILE : 
Pour tous renseignements : 

Tfl. : (1) 49-60-34-70 

Changements d'adresse définitifs on 
provisoires : nos abonnés sont invités 
à formuler leur demande deux 
semaines avant leur départ, en indi- 
quant leur numéro d’abonné. 

X 


DURÉE CHOISIE 


□ 

Nom : 

Prénom : 
Adresse 


Code postal : 

Localité : 

Pays : 


Veuillez i mur l'obligeance d 'écrire ima les 
noms propres en capitales d'imprimerie 
PaemottP 021 MON 01 


Édité par la SARL te Manda 
Gérant : André Fontaine, 
directeur da le publication 
Anciens «Srecteuni : 

Hubert Bauve-MAry (1944-19691 
Jacques Fauvet 1 1 969- 1 982) 
André Laurens ( 1 982- 1 986) 
Directeur de la rédaction : 

Déniai V or net 
Administrateurs délégués : 
Antoine Griser. Nelly PI arrêt 
Rédacteurs en chef : 

Bruno Frappât. 
Jacques Amalrlc. 
Jean-Marie Cofombani. 
Philippe Her roman, 
Robert SoJé 

RÉDACTION ET SIÈGE SOCIAL : 

16, RUE FALGUIÈRE. 

76501 PARIS CEDEX 16 
Tfl.: (1)40-65-26-26 
Télécopieur : (1) 40-85-25-99 
ADMINISTRATION : 

1, PLACE HUBERT-BEUVE-MÉRY 
94892 IVRY-SUR-SEINE CEDEX 
TU. : 11) 40-65-25-25 
Télécopieur : (1) 49-60-30-10 


L E 25 novembre 1975, le général Otelo 
Saraiva de Carvalhû est destitué. Un 
coup de théâtre. Leader de l’aile 
gauche du MFA, le Mouvement des forces 
armées, il est remplacé au poste-clé de com- 
mandant de la région militaire de Lisbonne 

par un modéré, le général Vasco Lourenço. 

Otelo est aussi chef du Copcon - le com : 
mandement opérationnel du continent - qui 
contrôle quelques-unes des unités d'élite du 
MFA, les parachutistes de la base de Tan- 
cos, la police militaire. Force de frappe du 
MFA, lès régiments du Copcon sont sons les 
ordres directs du général de Carvalho. Le 
27 novembre, ce dernier est également 
relevé de ce commandement. 

Est-ce seulement un nouvel épisode da 
conflit qui oppose an sein du MFA les mili- 
taires proches des socialistes ou modérés à 
leurs camarades plus radicaux, comme 
Otelo, qui souhaite une accélération du pro- 
cessus révolutionnaire? Et de la lutte paral- 
lèle dans le pays entre le Parti socialiste de 
Mario Soares, le Parti communiste proso- 
viétique d’Alvaro Cunhal et les différentes 
organisations de P ultra-gauche? En novem- 
bre 1975, tout semble encore possible tant 
les rebondissements ont été nombreux 
depuis dix-huit mois. 

Le gouvernement Caetano, héritier étri- 
qué de la longue dictature saJazariste, est 
tombé le 25 avril 1974. On le croyait encore 
solide. 11 était vermoulu. Il s'est volatilisé 
quand les chars du mouvement des «capi- 
taines» sont apparus dans les rues de Lis- 
bonne, couverts d'œillets rouges et acclamés 
par la foule en délire. 

Défoulement 

populaire 

Les « capitaines d'avril » étaient soucieux 
de trouver une issue honorable à l’intermi- 
nable et sanglante guerre coloniale en Afri- 
que : Guinée-Bissau, Angola, Mozambique. 
Le moyen : renverser le régime et démocra- 
tiser le Portugal. Leur révolte, préparée dans 
l’ombre et au niveau des officiers de terrain, 
est aussi dirigée contre un haut commande- 
ment fidèle au gouvernement. Us paraissent 
embarrassés par leur victoire presque trop 
facile et confient, dans un premier temps, le 
pouvoir politique & un générai Antonio Spi- 
nola. 

Anticonformiste, partisan d’une libéralisa- 
tion politique au Portugal et d'une «restruc- 
turation» de la communauté luso-africame 
(c'est la thèse de son livre, le Portugal et son 
avenir), Spinola est aussi un militaire 
conservateur qui s'est engagé aux côtés de 
Franco pendant la guerre civile espagnole. Il 
est nommé président de la République le 
15 mai 1974. Ses divergences avec le MFA 
apparaissent rapidement, s’aggravent et 
aboutissent à sa démission le 3u septembre 
1974. Il est remplacé par le général Costa 
Gomes. qui a plutôt des sympathies pour la 
gauche. 

Et c’est la gauche, et même l’extrême 
gauche qui donne alors le ton. Les premières 
commissions de quartiers, de travailleurs, et 
des conseils de villages sont formés. Spinola 
ne renonce pas. Il encourage maladroite- 
ment un coup d’Etat militaire qui échoue le 
1 1 mars 1975, et il s’enfuit en Espagne puis 
au BrésîL 

Cest la première date-clé de la révolution 
portugaise, ce qu’Otelo appellera plus tard 
dans un entretien avec le correspondant du 
Monde à Lisbonne «le grand bond en 
avant». Le MFA forme un Conseil de la 
révolution, composé de vingt-quatre mili- 
taires et doté de pouvoirs exécutifs et légis- 
latifs. Le 25 mars 1975, le général Vasco 
Gonçalves, proche du Parti communiste, est 
nommé chef de gouvernement. Cest le 
début de la phase la plus effervescente, la 
plus échevel&, la phis brouillonne et la pilas 
bavarde du processus portugais. 

Il y a pourtant consensus sur un but sim- 
ple. La nouvelle Constitution devra prévoir 
la formation d'une société «socialiste», un 
terme assez vague pour ne pas susciter trop 
de remous. Le Parti socialiste de Mario 
Soares - rentré dès le lendemain du coup 
d'Etat du 25 avril & Lisbonne - remporte 
d’ailleurs les élections du 25 avril 1975 pour 
l’Assemblée constituante. Le PS recueille 
38 % des suffrages, suivi du PPD (cen- 
tristes), 26 % et du PC, 13 % des voix. 

Le Portugal est à la mode. Les délégations 
se multiplient, se penchent sur cette révolu- 
tion romantique, turbulente et, compte tenu 
du contexte explosif, plutôt pacifique. Cest 
le génie portugais. On ne tue pas les tau- 
reaux dans l’arène. Les conflits militaires on 
politiques hésitent à basculer dans la vio- 


lence sanglante. On préfère compter ses 
atouts, ses forces et ses faiblesses ; les plus 
faibles se retirent presque sur ta pointe (tes 
pieds. La journée du 25 novembre 1973, 
journée des dupes qui aboutit au limogeage 
d’Otelo, en est une illustration parmi tant 
d’autres. 

L’énorme défoulement populaire et politi- 
que après le 25 avril 1974 est logique. Pen- 
dant près d’un demi-siècle ce peuple a 
donné r impression d’être anesthésié, un peu 
oublié an bord atlantique de l'Europe. Le 
salazarisme vertueux, défenseur des tradi- 
tions, de la monnaie et de l’empire s’est 
efforcé de fermer portes et fenêtres aux 
modes étrangères. Opposants politiques et 
intellectuels contestataires étaient incarcérés 


pas, semble-t-il. Extraverti, sympathique, 
chaleureux mais, avoue-t-il, « marqué par un 
esprit de conciliatidn tris exagéré et aussi 
par une réelle naïveté ». Otelo se rend à 
Cuba pour étudier, selon ses proches, «les 
formes d’organisation du pouvoir popu- 
laire». Le 26 juillet, un triumvirat m i litaire 
est formé, avec les généraux Vasco Gon- 
çalves, Costa Gomes et Otelo de Carvalho. 

La riposte ne tarde pas. Elle vient d’abord 
du MFA. Le 8 août, neuf membres du 
Conseil de.la révolution. rédigent uo « docu- 
ment » qui dénonce les risques d’une « diçtar 
. tare bureaucratique» après la formation 
d’un cinquième gouvernement Gonçalves qCl 
ne figure aucun représentant des partis. La 
ligne de rupture est atteinte avec rextensian 


chef des opérations du coup dEtat du 
25. avril, mais, déjà, il intngue ^sMurt-Un 
Otelo-Nassef, eu retrait d un Spinok-Ne- 
guib? Mais il n’a ni la taille m i ambition 
d’un Nasser. 

Rétrogradé, le commandant Otelo est 
arrêté le20 janvier 1976, accusé de- r conspi- 
ration» par le Conseil de la révolution dans 
les événements de novembre. Le rapport du 
conseil admet qu’U « n’a pas pris la direction 
des opérations malgré l’insistance de ses offi- 
ciers», met en cause certains groupes gau- 
; ch «tes et le Parti communiste, dont un diri- 
geant, membre du comité central. Jaune 
Serra, se trouvait dans la nuit du 24 au 25 
dans les locaux du Copcon. Tentative de 


T- 

■.* ■AB# 4 

v ■ viaiWHi J 

* sas - è 

■-iï 


ttrit 

• • 


■"■P** 
-4 ; 

-**»**- 
Ar . «S. 

e 


• »«* « 

I an*' J» 

■ - MM 

«• VW: 
* 

-i. 


m i 




N. 


■ dans les geôles de Peniche ou exilés. La ten- 
tative' de libéralisation organisée par le géné- 
ral Ddgado s'est terminée en 1965 par son 
assassinat. Le caetanisme n’a pas eu le 
temps, ou le vrai, désir, d'ùqe ouverture. 
Censure, répression, immobilisme : après un 
si long silence, la société portugaise explose 
dans tous les sens. 

De mais & septembre 1975, ce qu'on a 
appelé «l’été chaud» a été riche en péripé- 
ties. Dans l'Alentejo, au sud du Tage, tes 
ouvriers agricoles occupent les terres, encou- 
ragés par le Copcon, forment des coopéra- 
tives. Le bras armé d'Otelo devient la véri- 
table structure politico-militaire d’un 


«ceinture rouge» de Lisbonne, mais aussi 
dans les campagnes traditionnellement 
conservatrices du Minho, dans le nord. 

T. f affair e. 

du Republica 

Fort de sa victoire aux élections d’avril 
1975, Mario Soares recherche l'alliance avec 
les centristes, prend ses distances avec le 
MFA, rédame le retour des militaires dans 
les casernes. Surtout, il dénonce inlassable- 
ment la menace d’un « coup de Prague» à 
Lisbonne, d’une prise de pouvoir par le 
Parti communiste. L’affaire du journal 
socialiste Republica, occupé et empêché de 
paraître en mai 1975 par un «comité de 
travailleurs» hostile à sa Ligne politique, 
nourrît l’argumentation du leader socialiste 
et ses mises en garde contre le «totalita- 
risme». Le 10 juillet, Republica reparaît, 
mais sous contrôle militaire. les ouvriers en 
assurant la rédaction. Le Copcon a encou- 
ragé cette opération. 

Pourtant, le vent tourne. Agacés par les 
excès et la turbulence de la gauche et de 
rultra-gauche, les officiers modérés du MFA 
se rapprochent du Parti socialiste. Otelo, 
qui se dépeint lui-même comme un « Robin 
des bois de la politique » ne s’en inquiète 


des affrontements en province, surtout dans 
le nord. Le 29 août, Vasco Gonçalves doit 
quitter le gouvernement. Le 5 septembre, il 
est limogé, exclu, ainsi que quatre autres . 
officiers :du Conseil de la jéÿolutiom. Le 
nouveau gouvernement, installé le 19 sep- 
tembre et dirigé par un militaire modéré, est 
dominé par Ira: centristes et les socialistes. 

. . H 

« J’aitoutfait.» 

Apparemment, c’est un coup de semonce 
pour Otelo. Maille chef du Copcon pense 
. sans doute qu’il contrôle encore. la situation. 
Le 25 novembre ne leprend cependant pas 
par surprise. II affirme avoir dès le 
21 novembre mis eh garde le général Costa 
Gomes contre la nomination de Vasco Lou- 
renço comme commandant de la région 
militaire de Lisbonne. «Mes régiments , 
dit-il, ne l’accepteraient pas. » Vasco Lou- 
. renço, selon lui, s’incline. Mais Otelo est 
convoqué le lendemain par le lieutenant-co- 
lonel Ramaleo Eanes, entouré de nombreux 
officiers, qui lui donnent jusqu’au 
24 novembre pour se démettre. Cest un 
ultimatum. 11 persiste cependant et parte 1e 
24 de <r provocation » car Vasco Lourenço est 
revenu sur son désistement. 

Dans la nuit du 24 an 25 novembre* les 

P aras occupent la plupart des bases de 
aviation. Eanes s’installe au PC du régl- 
aient des commandos d'Amadora. Otelo se 
rend dans la journée du 25 au palus prési- 
dentiel de Belém pour, dh-fl, « aider à réta- 
blir là situation» et «calmer mes hommes», 
en particulier tes parachutistes de Tan cos, 
qui étaient très excités. Journée confuse, 
sans combats, à la portugaise. Dans la soi- 
rée, les derniers paras rebelles, et floués, se 
rendent en pleurant Les modérés l’empor- 
tent Otelo a perdu. 

Plus dore est la chute. On a vu Otelo tête 
nue, le sourire jusqu’aux oreilles, acclamé 
par la fouie le 25 avril 1974. Il rat te héros 
de la révolution. Le 15 mai suivant, & Que- 
luzj il est aux côtés de Spinola. Trapu, carré, 
solide, souriant, il dit : «J ‘ai tout fait...» 
Cest sans doute excessif bien qu’il ait été 


putsch dé gauche? Piège tendu par les mili- 
tai res 'modérésT Lff'raflporr d irCons cil de la 
. révolution conclut : « Les forces (rebelles) 
n'ont pas clairement défini leur action qui ■ 
pour fa plupart n’ont pas dépassé le niveau 
d’appels et de demandes sans suites.» 

Deux , mois et demi de prisèn pour Otelo. 
Mais le Portugal n’en a pas terminé avec lui 
' Libéré, il se présente à l'élection présiden- 
tielle de juin 1976, et obtient 16 % des voix, 
davantage que le PC qui lui reproche cette < 
défaite (moins de 7 % des suffrages). Sur sa 
lancée; Otelo regroupe des adhérents pour 
ce qu’à appelle un « projet global» dont une 
branche clandestine serait armée. Soutenu à 
l’élection présidentielle de septembre 1980 
par un Iront d’unité populaire (FUP) il 
obtient cette fois moins de 4 % des voix. Il 
ne compte {dus sur la scène politique mais 
poursuit une activité plus ou moi ns clandes- 
tine. En juin 1984* il est de nouveau arrêté ■ 
avec une cinquantaine de militants 
d’extrême gauche accusés d’avoir créé Ira 
FP 25 (Forces populaires du 25 avril) res- 
ponsables de plusieurs attentats criminels. 
L’affaire, cette fois, est plus sérieuse. Otelo 
se déclare innocent, dénonce 
l’« infiltration» d'éléments terroristes-dans 
les FP 25 et affirme être tombé «dans un 
pii, g* tendu par le PC». 

Le 20 mai 1987. il est condamné à quinze ^ 
ans de réclusion. Eanes, Costa Gomes, 
Vasco Lourenço,. d’antres officiers de l’ex- 
MFA ont témoigné en sa faveur. En vain. 

Ma is* décidément, 3 semble difficile d'abat- 
tre Otelo «ce grand neüf» comme le dit un 
officier, et cet éternel optimiste. En prison, 
à Tomar, il a lu, médité, écrit. Libéré au 
mois de mai 1989, il assiste un an (dus tard 
à Lisbonne i un séminaire de journalistes 
sur la révolution des œillets. Les tempes 
blanches, mms l'œil toujours aussi vif, silen- 
cieux et manifestement ravi. Au premier 
rang de l'assistance, aux côtés de son ami 
Vasco Lourenço, le détonateur du 
25 novembre 19/5— 

MARCEL NIEDERGANG 


.'.t;- - i 

1 :i ■ i 


-•*'*■* % 


"GRAND JURY" RTL - i> lïïonJe 


'f - > 


JULIEN 



en direct sur 



DÉPUTÉ SOCIALISTE DE L’ESSONNE 


anime par 
Olivier MAZEROLLE 

avec Gérard COURTOIS 
et Patrick JARRE A U [7 s /Vionc'e; 

Béatrice HADJAJE 
ai Dominique PENNtQUIN (RU) 





t . 







fc : 




.k* 


a 


cSrJ: 







0 









.tfev-.- 


«r v 
*. /»*■' ■' - 
*•**-'• : 
#**!•;-* * 
*»■ ’. •*— 
m'Tp* " ■ 


ta.-. 

-- * ' 


#* #*.*»W* ■ 

*' -»» ■'«■' 
V ' - . • - 
<•4 “ • . :.v 



«w*:$ïr 


'H- -i-. ‘ 


M: 4* ’■ ■ 

'■ 

üTrf**-- .v - 
"5. • 

M* ùfrit*-. *-• 


à»i ' •v 1 - 

fcW- 7 * 

; -■&*&*■ ** -*•" 

-RB-fr-''”' - 




# ï'nW^- - 
^ «*•*>_*>* 


- j^Sraié*?* 


« 


ETRANGER 


»•• Le Monde • Dimanche 25 - Lundi 26 novembre 1990 3 


M. Gorbatchev 


URSS : alors que le Parlement tergiverse 

évoque l’éventuelle «nécessité d’une dictature» 


Une heure après avoir reçu 
mandat du Parlement soviétique 
pour préciser, sous deux 
semaines, comment îi entend 
réorganiser, sous sa haute main, 
le pouvoir exécutif, M. Mikhaïl 
Gorbatchev a souligné, vendredi 
23 novembre, lors d'une confé- 
rence de presse impromptue, 
qu'il ne nourrissait aucun des- 
sein dictatorial, mais que ta 
«nécessité d'une dictature pour- 
rait surgir*. 


même moment son Parlement de 
Russie. 

M. Gorbatchev a admis qu'il y 
avait bel et bien entre les deux 
hommes une «r lutte politique entre 
forces contraires, ayant des objectifs 
différents», mais c'était pour relan- 
cer à l'adresse de M. Eltsine un 
appel à la coopération. 


Républiques d’Asie centrale, aux 
ordres de Moscou - vient à son 
tour de s’insurger contre le projet 
de traité. 


Le président ouzbek Islam Kari- 
mov a estimé ainsi que de meil- 
leur moment pour formuler le nou- 
veau traité de l'Union est passé. 


L'Ouzbékistan 

s’insurge 


Cela aurait dû être fait beaucoup 
* f*. 11 a ajouté toutefois que 


plus tôt l 

rc 


MOSCOU 


de notre correspondant 


Le président soviétique s’est 
voulu ambigu. Tout en désirant 
rassurer, sur ses intentions, il a évo- 
qué les menaces que représenterait 
pour la démocratie le développe- 
ment du chaos dans le pays. La 
poursuite de la déstabilisation, 
a-t-il expliqué, « pourrait nous faire 
perdre la barre, et. dans ce cas. 
pourrait surgir la nécessité d'une 
dictature pour reprendre le 
contrôles de la situation. 


« Le moment d’agir est venu ». a 
• GG( 


insisté M. Mikhaïl Gorbatchev, qui 
sait parfaitement que la population 
ne pourra pas supporter indéfini- 
ment la crise economique qui 
devient chaque jour plus aiguë. J1 


s'est voulu « prudemment opti- 
1991, en soûl 


miste» pour 1991, en soulignant la 
« solidarité » exprimée par de nom- 
breux Européens tors du sommet 
de la CSCE à Paris, suggérant ainsi 
qu’il demeurait l'interlocuteur 
obligé de l’Occident. Ses discus- 
sions de Paris sur la question d’une 
aide alimentaire à l’URSS abouti- 
raient à des résultats dans «deux 
ou trots semaines maximum », 
a-t-il affirmé. . ... - 


M. Mikhaïl Gorbatchev consi- 
dère aussi, plus que jamais, que 
l’URSS ne pourra sortir de la crise 
qu'unie. Cest pourquoi il a voulu 
minimiser ses divergences avec 
M. Boris Eltsine, le president de la 
Fédération de Russie^ qui était une 
nouvelle fais absent, vendredi, du 
Parlement fédéral et présidait au 


TCHÉCOSLOVAQUIE 

Elections locales ' 
sur fond de morosité 


Pour la première fois depuis 
cinquante-deux ans,, les Tchè- 
ques et les Slovaques élisaient, 
vendredi 23 et samedi . 24 
novembre, de nouvelles institu- 
tions locales et départemen- 
tales. 

PRAGUE 


correspondance 


Quarante-deux partis étant en 
lice, mais les candidats se faisant 
rares, les états-majors politiques 
ont formé des coalitions regrou- 
pant, par exemple, le Forum civi- 
que, les Verts et les sociaux-démo- 
crates. Dans une quinzaine de 
villages, le Forum civique s’èst 
même allié aux communistes. 



Contrairement à celle de juin 
dernier, la campagne électorale 
actuelle s'est déroulée dans la 
morosité, presque inaperçue, sans 
le venin d’expressions telles que 
« crypto-communiste» ou « collabo- 
rateur de la police secrète » qui 
avaient marqué les législatives. Les 
autorités - et le président Yaclav 
Havel lui-même - avaient d’ail- 
leurs invité les électeurs à voter 
pour des personnalités plutôt que 
' pour des partis politiques. Cepen- 
dant, comme l’explique M. Jiri 
Vrtilek, membre de la commission 
électorale à Kladno, ville minière 
et industrielle près de Prague, 
«dans les villages, ce sera. aisé, 
mais dans les grandes villes, les 
gens voteront communiste ou anti- 
communiste ». Obtenir 40 % des 
voix, serait considéré comme une 
victoire pour le Forum civique. 
explique un des responsables du 
mouvement 

PETERGREEN 


□ ESPAGNE : décès do dirigeant 
combsigte Ignacio Galles 0 - “ “ 
dirigeant communiste espagnol 

Ignacio Gallego est ^. é . v , e ”- 
dredi 23 novembre à Madrid, a 
l’âge de soixante-seize «ns, à « 

suite d’une crise cardiaque, a 
annoncé le Parti communiste esp* 
xnôl (PCE). Membre du PCE 
depuis 1948, Ignacio Gallego en 
avait abandonné les organes diri- 
geants en 1983. Fondateur, à partir 

de cette date, du Parri.con^umste 

des peuples d Espagne (PCPEJ, » 
s’etait intégré avec sa petite I forma- 
tion. dans Izquierda.uiuda (lu. 
Gauche unie, coalition regroupée 
autour du PCE). — (AFP-) 




ît d’autre paît à la déci- 
sion dés Républiques balles et de 
. la Géoigie.de né pas signer le futur 
-traité de l’Union, le président 
soviétique a fustigé les «sépara- 
tistes» qui « essayent d’imposer 
leurs ultimatums, déstabilisant 
ainsi la situation ». Se déclarant 
« convaincu » que la majorité des 
Baltes '.restaient favorables à 
rUnion, il a reproché aux respon- 
sables lettons, lituaniens et esto- 
niens de ne pas organiser de réfé- 
rendums sur le maintien ou mm de 
leurs Républiques au sein de 
l’Union soviétique. 

Mais plnaMikhaïl Gorbatchev se 
déclare persuadé que toutes les 
Républiques peuvent parvenir à un 
nouvel accord fédéral, plus les cri- 
tiques à l’encontre du projet de 
traité élaboré au Kremlin se multi- 
plient Les Républiques déplorent 
que le Soviet suprême soviétique 
n’ait toujours pas entériné leurs 
différentes déclarations de souve-. 
raineté, adoptées depuis des mois 
déjà. Signe de la montée de cette 
grogne, l’Ouzbékistan - jusqu’ici 
fidèle, dé même que les autres 


['Ouzbékistan était disposé à signer 
. un tel traité, ’« mais pas aux condi- 
tions que propose, le centre ». 

Le président arménien Le von 
Ter-Petrossian a enfoncé le clou 
dans la Pravda de vendredi : «r La 
souveraineté est pour nous déjà une 
réalité et aucune République ne 
reculera d’un iota des positions 
acquises. » Toute tentation autori- 
taire dans le pays «se heurterait à 
une sérieuse résistance des Républi- 
ques», a-t-il ajouté. 


samedi dernier par M. Mikhaïl 
Gorbatchev, mais fixe des délais 
pour qu’elles soient précisées et 
présentées à nouveau au Parle- 
ment. Sur le plan constitutionnel, 
elle demande ainsi au president 
soviétique de présenter d’ici 
quinze jours des mesures concrètes 
portant sur le « renouvellement » 
du pouvoir exécutif aussi bien au 
sommet qu’à l’échelon républicain 
ou local. 


M. Gorbatchev a confirmé que le 
nouvel exécutif comprendrait un 
président et un vice-président, 
mais aussi un responsable du cabi- 
net des ministres, ce qui est nou- 
veau. Le président soviétique avait 
en effet d’abord proposé que le 
futur cabinet relève directement de 
lui-même. 


LeKGB 
à la rescousse 


Les débats de vendredi au Soviet 
suprême se sont achevés par 
l’adoption d’une résolution en huit 
points, dont certains répondent 
partiellement aux doléances des 
Républiques. Rejettant le mot de 
«-moratoire» proposé par les 
conservateurs, le Parlement a bien 
admis la nécessité de mettre un 
terme aux «divergences législa- 
tives» entre Républiques, mais 
cela, «en tenant compte des décla- 
rations de souveraineté déjà adop- 
tées». La résolution reprend par 


ailleurs^pour l’essentiel lès grandes 


lignes des propositions avancées 


Cette réorganisation comprend 
encore beaucoup d’inconnues et 
personne ne sait comment fonc- 
tionnera le conseil de la Fédéra- 
tion, composé des quinze prési- 
dents républicains. Il est appelé à 
devenir l'organe de concertation 
entre le centre et les Républiques, 
un rôle crucial en cette période de 
mouvance extraordinaire que 
connaît l’Union soviétique. 

La résolution appelle enfin à un 
ensemble de mesures pour redres- 
ser la situation économique et res- 
taurer la discipline, chargeant 
notamment le KGB et le conseil de 
la Fédération de contrôler la distri- 
bution des produits importés, en 
particulier de l'aide alimentaire. - 
(Intérim.) 


GRANDE-BRETAGNE : la succession de la « Darne de fer » à la tête du Parti conservateur 


Les trois prétendants prennent leurs distances 
à l’égard de l’héritage de M” 6 Thatcher 


LONDRES 


sa réflexion personnelle. Ce sont ses 


de notre correspondant 


collègues du Parlement, effrayés par 
‘ PÔt, i ’ 


pl 

date, mais la question de son héri- 
tage est devenue centrale dans la 
course an leadership du Parti 
conservateur qui se- joué désormais 
entre MM. Michael Heseltine, Dou- 


glas Hurd et John Major. Le vain- 
' de de 


queur est assuré de devenir, pour 
quelques mois au moins, premier 
ministre. D est significatif, en dépit 
des éloges prononcés à la pelle ici et 


là, que chacun n’accepte cet héritage 
que sour bénéfice d’inventaire— 


l'impopularité de cet impôt, qui 
l’ont alerté et «il est de plus en plus 
. convaincu par leurs arguments selon 
lesquels il faut procéder à des chan- 
gements» à ce sujet. M.'Heseltine, 
qui avait Lait depuis longtemps de la 
«poil tax». plus'fencore que dfe l’Eu- 
rope, sou cheval de bataille contre la 
«Damé de fer» a pu ironiser sur 
cette conversion tardive. «Je suis 
ravi d'entendre que John et Douglas 
vont dans celte direction», a-t-il 
déclaré. 


La première journée de cette cam- 
pagne à trois a été. dominée par la 
«poli tax». On savait déjà que 
M. Heseltine était hostile à cet 
impôt local, &é dans le cerveau de 
M“ Thatcher, et qui est égal pour 
tous, riches et pauvres, sur le terri- 
toire d’une même commune. La 
«poil tax» a été la cause de graves 
émeutes tors de sa mise en service 
en avril dernier et a. contribué lar- 
gement, avec le ralentissement de 
P économie, à provoquer la chute 
dans les sondages des conservateurs 
en général et de M“ Thatcher en 
particulier. Mais on ignorait à quel 
point MM. Hurd et Mqjor n les deux 
candidats «jumeaux» qui se sont 
promis de se' livrer seulement une 
compétition «amicale», étaient 
réservés à propos de cet impôt. 
N'étaient-ils pas l’un et l'autre, à la 
différence de M. Heseltine, dans le 
cabinet de M“ Thatcher et, selon la 
tradition britannique, responsables 
collectivement des décisions qne 
celui-ci élabore? • • ~ 


On remarquera que les trois can- 
didats n’inaïquent nullement par 
quoi ils souhaiteraient remplacer la 
« poil tax». Les travaillistes avaient 
eux aussi longtemps hésité, avant de 
se prononcer pour un retour à l'an- 
cien système, en place depuis le dix- 
huitième siècle, qui consiste à faire 
établir la valeur locative d’une habi- 
tation et à fixer en conséquence le 
montant de l'impôt local pour l’en- 
semble des gens, vivant' sous le 
même toit. M. Heseltine a attaqué 


de trois élections générales, sa capa- 
cité à arracher au Labour de larges 
franges de son électoral ouvrier tra- 
ditionnel 

La question des origines sociales 
des uns et des autres a d’ailleurs fait 
surface. Ancien élève d’Eton, fils et 
petit-fils de parlementaire conserva, 
teur, M. Hurd s’est efforcé de dissi- 
per r un pression qu’il était le candi- 
dat de l'establishment. Il a expliqué 
qu’Q n’avait certes pas connu la gêne 
dans son enfance, mais que ses 
parents n’auraient pas pu lui payer 
sa scolarité à Eton s'il n'avait pas 
obtenu une bourse. M. Mqjor, le 
seul qui ait réellement eu l’expé- 
rience de la pauvreté, a rappelé qu’il 
avait quitté l’école à seize ans, 
connu le chômage et s'était même 
vu refuser le travail de conducteur 
d'autobus qu’il convoitait un 
moment— 

DOMINIQUE DHOMBRES 


l'injustice de la «poil tax», impôt 
par tète qui pénalise les familles 


es et qui rait payer 
rage une famille ouvrière vivant 
dans un HLM qu'un hobereau soli- 
taire résidant dans son manoir. On 
attend encore ce type de critiques de 
la part de MM. Hurd et Major— 


Des sondages favorables 
aux tories 


Leur premier geste a été en tout 
cas de prendre leurs distances avec 
cet acquis malencontreux de r&re 
Thatcher. L’exercice était plus facile 
pour M. Hurd. qui, en tant que 
secrétaire au Foreign Office, n’était 
pas directement concerné, que pour 
M. Major, qui a nécessairement eu 
son root à dire comme chancelier de 
TEchiquier (ministre des finances) 
dans la conception et l’application 
de cet impôt détesté. Le premier a 
d’ailleurs marqué plus nettement sa 
différence que le second— 

La. réforme de la «poil tax» sera 
«en tête des priorités». de M. Hum, 
en politique intérieure, s’il remporte 
.fa course au leadezship. Il y procé- 
dera de façon «urgente», «r Nous 
devons jairb tout notre possible pour 
•/toi 


Les premiers sondages réalisés par 
téléphoné, dès que T’intention de 
M»* Thatcher de démissionner a été 


connue, font apparaître un renverse- 
:nda 


ment de tendance au profit des 
conservateurs. Les travaillistes 
étaient jusqu’ici donnés vainqueurs, 
-eh cas d’élections générales immé- 
diates, avec un écart en leur faveur 
de l’ordre de dix à quatorze points. 
Jls sont désormais de nouveau der- 


rière les tories quel que soit le 
tiers. Seloi 


leader de ces derniers. Selon l'insti- 
tut Harris, leur avance est de 10 % 


a Un hommage de M. Gorbatchev 
à Thatcher. - Le président 
soviétique, M. Mikhaïl Gorbat- 
chev, s'est déclaré persuadé ven- 
dredi 23 novembre que « l’Histoire 
reconnaîtra les mérites » de 
M°“ Margaret Thatcher. «Je pense, 
a-t-il dit lors d'une conférence de 
presse à Moscou, que c’est à l'His- 
toire de distribuer des points aux 
gouvernements et aux hommes 
politiques. » « Nous avons eu des 
différends», reconnaît le président 
soviétique, mais M«* Thatcher a 
apporté « une large contribution 
aux relations internationales». 
M. Gorbatchev a également révélé 
qu’il avait reçu jeudi une lettre du 
premier ministre démissionnaire 
britannique et qu’il y avait 
répondu le lendemain. Aucune pré- 
cision sur leur contenu n’a été don- 
née. - (AFP.) 


si M. Hesêhme l’emporte, de 7 % en 
cas de victoire de M. Maj< 


Major et de 

4 % ri M. Hurd est élu. 

Il faut accueillir avec précaution 
ces premières indications recueillies 
à chaud, le jour même où M™ That- 

_i lUwuua T a MÂ 


rendre l'impôt communautaire pen- 


cher a jeté l ’éponge. L’émotion a été 
telle dans Je pays qu'elle a nécessai- 


rement joué au profit des oonserva- 

.... 


phémisme -officiel en usage pour 
désigner la «pdl tax», NDLR) 


i plus 


juste et plus acceptable aux yeux de 
ceux qui' doivent- l'acquitter», t4-u 
déclaré. : au ; cours de sa. première 
conférence de presse de candidat.. 



, _ Foreign 

crie ainsi au visage, dans le désor- 
dre,. plusieurs questions à la fois.-. . 

M. Major, qui est de toute façon 
le candidat préféré de M» Thatcher, 
a été moins affirmatif quant à-fa' 
nécessité d’une réforme. II. ne 
V« exclut pas» mais il ne présente 
pas ce’ tournant comme résultant de' 


teurs. fi n’est pas sûr qu’elle se 
maintiendra. Des critiques ont été 
d'autre part formulées contre les 
conditions mêmes dans lesquelles a 
été réalisé un autre sondage, effectué 
par- MORE, à paraître ce week-end, 
selon lequel M. Heseltine est large- 
ment en tête dans le nord et le cen- 
tre de l’Angleterre, parmi les moins 
de trente-quatre ans ainsi que dans 
la population ouvrière. 

Tl eàt sûr cependant que l'électorat 
de M. Heseltine est plus populaire 
que celui des deux autres candidats. 
«Tarzan », comme on l’appelle, est 
ainsi, malgré les. apparences, le véri- 
table héritier de la «Dame de fer», 
dont le grand atout a été, au cous 


a IRLANDE DU NORD : tentative 
d'attentat i la «bombe humaine». - 
L'Armée républicaine irlandaise 
(IRA) a revendiqué vendredi 
23 novembre la tentative d'attentat 
contre un poste militaire en Irlande 
du Nord, au cours de laquelle un 
homme a été contraint de servir de 
«bombe humaine». Dans un commu- 
niqué publié à Belfast, HRA a affirmé 
que M. Peter North, contraint ven- 
dredi de conduire un camion bourré 
de près de deux tonnes d’explosifs - 
la charge la plus puissante jamais 
découverte depuis vingt ans - vers un 
poste de contrôle de f armée, était lié 
aux foras de sécurité. M. Noith avait 
été kidnappé à son domicile familial 
de Newtowu Butler (comté de Ferma- 
na  . au sud-ouest de ia province), et 
sa famille retenue en otage, la dîmes 
n'a pas explosé. Le mois dernier, 
HRA avait tué six soldats & London- 


derry et Newrv, en employant craie 
iaue de 


tactique de la 
humaine». - (AFP J 


« bombe 


POLOGNE 


Les dérapages antisémites 
de la campagne électorale 


La campagne pour l’élection 
présidentielle, dont le premier 
tour a lieu dimanche 25 novem- 
bre et qui voit s'opposer six can- 
didats, parmi lesquels M. Lech 
Walesa, président de Solidarité, 
et M. Tadeusz Mazowfecki. pre- 
mier ministre, a été l'occasion 
de dérapages antisémites que 
les autorités morales polonaises 
n'ont su contrôler. 


iigieux (catholi-j 
. Mazowiecki 


sur l'enterrement relie 
que) du père de M. 
preuve, donc, que le premier 
ministre n’est pas juif. Ce dernier, , 
écrit le journaliste, «fixait le sol, '■ 
comme s'il avait souhaité qu'il s’ou-. 
vrît sous ses pieds. Il resta silen- - 
deux. » 


£ 


VARSOVIE 


de notre envoyée spéciale 


L’aotisémitisme est le vieux 
tourment de la Pologne, le démon 
qui ressurgit irrationnellement 
lorsque cela va mal et qu’on aurait 
pu espérer assoupi, faute de vic- 
times : il n’y a presque plus de 
juifs eu Pologne ; quelques milliers, 
tout au plus, sur une population de 
trente-huit raillions d'habitants. 
Mais, même sans juifs, le démon a 
refait surface, à l’occasion d’une 
campagne électorale qui, en don- 
nant la parole à une population 
exténuée par des décennies de 
sacrifices, désorientée par les effets 
d’une «thérapie de choc» écono- 
mique, a permis à des manifesta- 
tions marginales d'entacher le 
débat démocratique. 

Cela va des graffitis sur les murs 
et des affiches (étoile de David, 
«Juden mus *) à la vente de littéra- 
ture antisémite chez un bouqui- 
nistc amateur, sur les trottoirs de 
Varsovie, en passant par les tracts 
démasquant les prétendus juifs 
présents dans le cabinet de 
M. Mazowiecki Cela va aussi jus- 
qu’aux questions posées en plein 
meeting, sans gêne aucune, aux 
candidats, sur le fait qu’il y a « trop 
de juïjs au gouvernement ». 


A ce titre, la palme de l'ambi- 
iïté revient & l’un des dirigeanls- 
e ia conférence épiscopale, 
l'évêque Orszulik, qui, après avoir 
condamné, dans un hebdomadaire^ 
catholique, l’utilisation d’argu-’ 
mènes antisémites comme « mora-i 
lement malhonnête », jugea quand: 
même utile de préciser qu’il avait 

J >u voir l’arbre généalogique de la : 
amille Mazowiecki jusqu’au' 
XV» siècle, compilé' par un prêtre' 
de Plock. 


Les maladresses 
de M Lech Walesa 


L’antisémitisme en Pologne est; 
un phénomène plus complexe' 
qu’on a tendance à le croire en- 
France. Même dans les campagnes; 
reculées, ou rencontre des paysans’ 
qui jugent « déshonorantes pour loi 
Pologne» (es remarques citées plus; 
haut ; et certaines figures de Soli-; 
darité d’origine juive jouissenK 
d'une grande popularité, confirmée* 
par les sondages. Les juifs polonais? 
sont d’ailleurs les première à relatif 
viser ces excès d’antisémitisme,* 
qu’ils considèrent comme margi-i 
naux et sans réels effets. «Il ne 
s'agit pas d'une montée de l'antisé- 
mitisme. mais d'une montée de la 
tolêmnce envers l’antisémitisme»,' 
estime Dawid Warszawski, intel-J 
lectue! et défenseur du dialogue; 
judéo-chrétien. « Ce qui est grave.ï 
c'est qu'aucune institution, ni l 
l'Eglise, ni le gouvernement, ni le$ 
Parlement, n’ait condamné ces- 
expressions d'antisémitisme dans la. 
campagne.» ; 

M. Walesa lui-même, affirment 
généralement les juifs polonais,: 
n’est pas antisémite. Malheureuse- 
ment, chaque fois qu’il cherche à. 
expliquer le phénomène, il le fait ri- 
mai que ses propos aggravent la; 


La semaine dernière à Gdansk, 
le premier ministre, déposant une 
gerbe au pied d’un monument, 
s’entendit crier par des contesta- 
taires : «Mazowiecki en Israël.» 
Au début de la campagne, un 
prêtre présent à un meeting du 
candidat Walesa à Bydgbszcz prit 
la parole pour dire que «seul 
M. Walesa pouvait former un gou- 
vernement polonais: le cabinet 
actuel est dominé par les minorités 
ethniques». M. Walesa ne répondit 
pas. 

Le quotidien Gazeta Wyborcza a 
rapporté une réunion électorale du 
premier ministre dans sa ville 
natale de Plock, qui l’a mis dans 
une situation particulièrement 
embarrassante lorsque, pour 
répondre aux attaques d’un antisé- 
mite dans la salle, une dame voulut 
prendre la défense de M. Mazo- 
wiecki en donnant lecture d’une 
coupure du journal local de 1 938 


polémique... En ne prenant pas à. 
bras le corps 


corps ce problème pendant 
la campagne électorale, commente. 
Aleksander Smolar, conseiller de* 
M. Mazowiecki, Lech Walesa «a- 
laissé légitimer un langage oui, jus- 
que-là, était malgré tout caché». 

Le silence des autorités morales* 
et politiques du pays commence, 
toutefois à troubler une partie de^ 
la société civile ; le quotidien;' 
Rzeczpospolita a publié, vendredi 1 
23 novembre, une Lettre ouverte: 
contre l'intolérance, signée de plu-, 
sieurs dizaines de personnes.? 
Dénonçant la multiplication de^ 
«propos chauvins et racistes», lesi 
signataires appellent les représen-; 
tants des Eglises chrétiennes et des- 
partis politiques, «en particulier, 
ceux à dénomination chrétienne»,- 
à prendre position « contre les. 
manifestations d'intolérance et de 
racisme, avant que notre pays ne. 
devienne méconnaissable ». ; 

SYLVIE KAUFFMANté 


YOUGOSLAVIE 


L’opposition décide de boycotter 
le scrutin du 9 décembre en Serbie 


BELGRADE 


de notre correspondante 


Treize partis d’opposition, dont 
le Parti du renouveau serbe, pré- 
sidé par M. Vuk Draskovjc, le 
Parti démocratique et l'Union des 
forces réformatrices (filiale du 
Parti modéré créé par le premier 
ministre yougoslave, M. Ante Mar- 
kovic) ont annoncé, vendredi 
23 novembre, qu’ils ne participe- 
ront pas aux élections législatives 
et présidentielle dn 9 décembre en 
Serbie. 


22 octobre, le Parlement serbe i 
rejeté la principale revendicatiorf 
de roppraition, à savoir la révisioif 
de la toi électorale. j 

La Serbie est la seule République 
de la fédération à refuser la partici-j 
pation de représentants des partit 
d’opposition au dépouillement dq 
scrutin. « C'est la porte ouverte aug 
fraudes», expliquait l’un des lea- 
ders de l’opposition, qui compt| 
former un gouvernement parallèle* 
F. H/ 


Dans un communiqué commun, 
ils appellent la population à boy- 
cotter ces élections et à manifester, 
lundi 3 décembre, dans le centre 
de Belgrade, lis exigent en outre la 
démission du président de Serbie, 
M. Slobodan Milosevic, du prési- 
dent du Parlement et de l’ensemble 
du gouvernement local, « afin de 
prendre part, avec le Parlement, à 
la préparation d’élections plura- 
listes. honnêtes. Car tes Serbes 
méritent la démocratie et non la 
dictature.» 


Exclue des débats qui ont pré- 
cédé l’adoption des lois sur le mul- 
tipartisme, l'organisation des élec- 
tions et là nouvelle Constitution de 
Serbie, l’opposition avait déjà 
brandi la menace du boycottage. 
Elle espérait toutefois que, dans le 
climat de démocratisation qui se 
développe en Yougoslavie, les 
communistes serbes, (rebaptisés - 
«socialistes»), allaient assouplir 
leurs positions. Mais, jeudi 


a Succès des partis aationalistes- 
ea Bosnie-Herzégovine. - Les par-? 
tis nationalistes serbe, croate ett 
musulman ont remporté une vic-^ 
jroirc écrasante au premier tour deÿ 
.élections libres qui se sont dérou- 
lées le 18 novembre en Bosnie^ 
Herzégovine, Tune des six Républi- 
ques de la Yougoslavie. Sur leÿ 
130 sièges à la Chambre dea 
citoyens du futur Parlement bica? 
métal, 41 ont été remportés par lé. 
Parti d’aciiûn démocratique 
(PAD), représentant les musulï 
mans. Le Parti démocratique serbe 
(PDS) et l'Union démocratique' 
croate (HDZ) remportent respecti- 
vement 34 et 20 sièges. Les man- 
dats restants seront attribués lors 
du deuxième tour de scrutin, 
dimanche 2 décembre. Aucun can- 
didat du Parti des changements 
démocratiques (ex-communistej 
■n'a été élu au premier tour. 
commission électorale a annulé les 
-élections dans 103 bureaux de voté 
où des irrégularités ont été constat 

tteL j 


I -7» -P.ÏT» 


T,: ■■ 








II 


f 


. X 



J 


.-'-'■■'Z- ■'< 


M-M, 






■ ■■ • .: v 

.'...-..<VJ* 




4 Le Monda • Dimanche 25 - Lundi 26 novembre 1990 • 


. M 


•ntsK 
KiC b 


LA CRISE DU GOLFE 


Le Conseil de sécurité des Nations unies pourrait se réunir rapidement * 

pour examiner un éventuel recours a la force 


U Conseil de sécurité pourrait se réunir dès fa 
semaine du 26 novembre à New- York au niveau 
des ministres des affaires étrangères pour étudier 
un éventuel recours à la force contre l'Irak. Selon 
certains diplomates, fa réunion ne débouchera pas 
nécessairement sur te mise aux voix d'une résolu- 
tion autorisant l'usage de la force contre l'Irak. 

Les ministres pourraient se contenter d'une 
déclaration devant le Conseil au cas où, dans l'in- 
tervalle. les Etats-Unis n'auraient pas réussi à 
convaincre les Chinois de se rallier à leur thèse. 
Vendredi, l’ambassadeur soviétique à l'ONU, 
M. Youli Vorontsov, a déclaré qu'il fallait désor- 
mais donner «un sérieux avertissement à M. Sad- 
dam Hussein pour qu'il comprenne que nous 
sommes sérieux. Il doit se retirer du Koweït, nous 
ne plaisantons pas à ce propos ». 

e A Washington, l'armée de terre américaine a 
annoncé vendredi que les milliers de soldats qui 
devaient prendre leur retraite ou quitter l'uniforme 


à fa fin de leur contrat resteront mobilisés en cas 
de nécessité pour l'opération «Bouclier du 
désert». Elle a également annoncé qu'elle gèlerait 
les retours prévus aux Etats-Unis des militaires 
basés à l'étranger. 

Les centras d'entraînement et les écoles mili- 
taires resteront ouverts durant les vacances de 
Noël. Cet ensemble de mesures doit permettre de 
maintenir l'armée de terre en état d'alerte maxi- 
male sH était nécessaire de renforcer les troupes 
déployées dans le Golfe. 

D'ores et déjà, les Etats-Unis ont demandé ven- 
dredi à leurs alliés de l'OTAN de mettre à leur dis- 
position des navires et des avions pour transporter 
vers le Golfe leurs nouveaux renforts en hommes 
et en matériel. 

Selon le Washington Post. les responsables de 
l'état-major interarmes américain examinent 
actuellement les moyens de renforcer 1a produc- 
tion des Industries militaires américaines afin 


qu'elles puissent, en cas de guerre dans le Goffa, 
fournir les munitions, les pièces détachées et 
autres matériels nécessaires. ■„ ; ' 


Selon le journal, citant un officier supérieur par- 
ticipant à uns étude à ce sujet, l'armée américaine 
aurait déjà commencé à puiser dans (es stocks de 
l'OTAN en Europe pour ce qui est des armes 
« intelligentes » comme les bombes dotées d'un 
système de guidage au laser. Il a précisé querTob- 
jectif recherché était de disposer dé munitions et 
d'autres équipements en quantités suffisantes 
pour trente jouis de combats. 

• L'Irak a de son côté entamé vendredi le rappel 
des réservistes nés en 1958, 1959 et I960. Les 
réservistes ont trois jours pour rejoindre leur unrté. 
L'agence irakienne INA a, pour sa part, annoncé 
que Bagdad a levé totalement le couvre- feu 
imposé sur 1e «gouvernerai de KowaSta à là suite 
de f invasion de l’émirat après le « retour à fa vie 
normale dansce gouvernerai». 


• A Londres, le Foreign Office a indiqué ven- 
dredi que cinq Britanniques qui se cachaient au 
Koweït .depuis le début de l'invasion ont «té 
arrêtés par les soldats irakiens et transférés dans 
un hôtel. 'Cinq autres Britanniques, détenus dans 
un hôtel de Koweït ont été transférés a Bagdad au 
Mansour Malte Hôtel. 


• A Amman, près de trois mille manifestants, 
pour la plupart d’origine palestinienne, ont 
dénoncé vendredi la tournée du président Bush 
dans te région et conspué les dirigeants arabes qui 
l'ont rencontré, le fol Fahd d'Arabie Saoudite et les 
présidents égyptien et syrien Hosni Moubarak et 
Hafèz El Assad. 


fit* «a*-* 

’* 


e Au Caire, la police égyptienne a arrête trente- 
trois personnes, dont deux candidats aux élections 
législatives de jeudi prochain, au cours d'une 
manifestation de protestation contré, fa visite de 
M. Bush. - (AFP, AP.) 


La rencontre de M. Bush 


et du président Assad 


Suite de la première page 

Les deux chefs d'Etat ont égale- 
ment estimé «que l'Irak ne devait 
recevoir aucune récompense pour 
son agression, et que le territoire et 
le gouvernement légitime du Koweït 
devaient être pleinement restau- 
rés ». 

Tout cela, la Syrie l’avait déjà 
dit, et pour le reste la discrétion est 
bien entendu de rigueur. Lorsque, 
avant l’entretien, on a demandé au 
président Assad s'il était disposé à 
engager les troupes syriennes pré- 
sentes en Arabie Saoudite 
(7 000 hommes à ce jour) dans une 
action offensive, il a écarté la ques- 
tion avec ironie, demandant aux 
journalistes s'ils croyaient vrai- 


ment qu’il allait leur répondre. 

Jusqu’à présent, la position 
syrienne a été d’exclure toute 
action autre que défensive contre 
l’Irak, et le fait que M. Assad n’ait 
pas jugé bon de le rappeler ne suf- 
fit pas forcément à en tirer les 
'conclusions. La conversation a 
aussi porté sur le Liban, mais ce 
qu’on en sait se résume à peu de 
chose : les deux présidents ont 
noté « des domaines de progrès s et 
souligné «la nécessité d'appliquer 
les accords de Taëf ». Le communi- 
qué est encore plus sibyllin sur le 
conflit israélo-arabe (on a « parlé 
du processus de paix au Moyen- 
Orient et de l'importance d’un pro- 
grès allant dans le sens des résolu- 


tions 242 et 338 des Nations 
unies»). 

Ce qui évite de donner l’impres- 
sion que Washington a pu consen- 
tir une quelconque concession sur 
ce sujet aux dépens d'Israël, hypo- 
thèse d'ailleurs tout à fait improba- 
ble. On apprend aussi que M. Bush 
a « incité la Syrie à faire tout ce qui 
est en son pouvoir pour permettre la 
libération de tous les otages détenus 
au Liban » et que les deux diri- 
geants « ont évoqué des questions 
tenant aux droits de l'homme». 
Enfin, ils «ont eu une conversation 
étendue à propos du terrorisme, 
étant convenus de poursuivre le dia- 
logue américano-syrien dans le but 
d’obtenir des résultats positifs». 


la catégorie des pays que Washing- 
ton accuse d’encourager le terro- 
risme, catégorie où l’Irak, lui, ne 
figure pas, ou pas encore. 

Cette rencontre improvisée (ou 
présentée comme telle) que le pré- 
sident Moubarak et les responsa- 
bles saoudiens avaient fortement 


r Mszcr 
De vos . 
semcBSl 


encouragée, représentait pour 
M. Bush le moment le plus délicat 


M. Bush le moment le plus délicat 
de son voyage et il lui vaudra assu- . 


cément bien des reproches, déjà 
proférés avec vigueur en Israël. 


La langue de bois 


C’est presque de la langue de 
bois, mais la Maison Blanche ne 
pouvait éviter de mentionner le 
sujet : après tout, la Syrie reste aux 
côtés de l’Iran et de fa Libye dans 


Amertume à Jérusalem 


JÉRUSALEM 

de notre correspondant 


Certains commentateurs israé- 
liens ont pu considérer la ren- 
contre Bush-Assad à Genève 
comme le * signe encourageant» 
d’une volonté de la Syrie d’Stre 
associée à un processus de paix 
au Proche-Orient. Ce point de 
vue n'est pas du tout partagé 
par la classe dirigeante è Jérusa- 
lem où ce tête-à-tête américano- 
syrien ne suscite qu’inquiétude 
et amertume. 


ennemis» d' Israël, alors qu’il 
continuait de bouder M. Itzhak 
Shamir, qui doit entreprendre en 
décembre une visite privée aux 
Etats-Unis, mars n'avait pas 
encore été invité officiellement à 
le Maison Blanche. 

Cet affront a, entre-temps, été 
quelque peu atténué lorsque, au 
cours de sa conférence de 
presse au Caire, le président 
Bush a annoncé qu'il « accueille- 
rait avec plaisir M. Shamir à 
Washington le mois prochain». 


Certes, les dirigeants israéliens 
se sont habitués, depuis la crise 
du Golfe, à voir les membres de 
l'administration américaine - et ô 
présent le chef de la Maison 
Blanche - effectuer des tournées 
dans la région sans faire escale à 
Jérusalem. Néanmoins, l'an- 
nonce de la rencontre Bush-As- 
sad avait été plus particulière- 
ment ressentie ici comme un 
affront, dans la mesura où le 
président américain acceptait de 
s'entretenir avec un des «pires 


Apprentis 

sorciers 


Le premier ministre Israélien 
avait d’ailleurs, d'emblée, essayé 
de minimiser la portée de la ren- 
contre Bush-Assad en déclarant 
« comprendre que l'objectif du 
président américain est de main- 
tenir ta coalition contre Saddam 
Hussein», tout en ajoutant : 
« J’espère que cette rencontre 
ne va pas encourager l'hostilité 
et /'agressivité de ia Syrie à 


l'égard d'Israël. » Cependant. 
M. Shamir a souvent cette habi- 
tude de * dédramatiser » un évé- 
nement. et c’est son ministre de 
la défense. M. Moshe Arens. qui 
a proclamé tout haut l’état d'es- 
prit qui prévaut à Jérusalem, où 
on a de plus en plus l'impression 
que, selon l'exprassion d'un offi- 
ciel, «pour préserver la cohésion 
de leur coalition anti-irakienne, 
les Américains jouent aux 
apprentis sorciers avec le prési- 
dent Assad». 

M. Arens a été explicite : 
r Nous redoutons que l'adminis- 
tra rion américaine n'efface ia 
Syrie de la lista des pays qui 
soutiennent te terrorisme. Israël 
ne voit aucune différence entre 
Ha fez el Assad et Saddam Hus- 
sein. La Syrie continue d'héber- 
ger des organisations terroristes 
palestiniennes. » Et, selon 
M. Arens. « tout porte à croire 
que les dirigeants syriens sont 
responsables du récent assassi- 
nat au Liban de Danny Cha - 
moun». - {Intérim J 


cain : « îh sont sur la ligne de 
front, ou ils vont l'être , avait-il 
expliqué plus tôt dans la journée et 
nous travaillerons avec ceux dont la 
seule présence accroît nos chances 
d’effacer cette agression.» 

IsraSl y a d’ailleurs tout autant 
intérêt que les autres pays du 
monde, a-t-ti encore ajoute, notant 
au passage qu’il allait recevoir la 
visite de M. Shamir à Washington. 
Une manière discrète de rappeler 
que t’allié privilégié n’était pas 
oublié, même si M. Bush, pour des 
raisons évidentes, a préféré ne pas 
inscrire cette fois Israël au pro- 
gramme de ses voyages particoiiè- 
remeot* ciblés». 

La matinée avait été beaucoup 
plus facile, plus chaleureuse aussi. 
MM. Bush et Moubarak se 
connaissent depuis que l’tm etPan- 
tre étaient vice-présidents et leurs 
entretiens ne se comptent plus. 
Mais c’était tout de meme la pre- 
mière fois depuis douze ans qu’un 
président américain jugeait utile de 
se rendre au Caire et c’est sans 
donte largement pour faire plaisir 
au chef de l’Etat égyptien et lui 
permettre d’en tirer un bénéfice de 
prestige que M. Bush a fait escale 
au Caire, pour une visite dont la 
partie utile se limita à une demi- 
journée. Epuisé par sa série de ren- 
contres avec les troupes améri- 
caines en Arabie Saoudite, le prési- 
dent américain avait préféré aller 
directement se coucher dès son • 
arrivée jeudi soir. . 


T AM C^fA-’O 


sécurité qui paraîtrait, sous pré- 
texte de garantir les frontières, 
geler l'ensemble' de la situation au 
■Moyen-Orient • i - 


Déterminés 


Sur ce qui est pour eux ressen- 
tie!, les Etats-Unis peuvent comp- 
ter sur l’Egypte. M. Moubarak a 
affiché uue détermination égale à 


celle de son hôte. Selon ses propres 
termes « le Koweït doit être libéré 
en toutes circonstances». M. Mou- 
barak s'exprime dans un anglais 
parfois un peu approximatif, mais 
ce qu'il voulait dire était clair ; il 
faudra faire usage de la force s'il 
n*y a pas d’autre moyen. Que 
feraient en ce cas les quelque 
1S 000 soldats égyptiens placés en 
première ligne à la frontière mou- 
do- koweïtienne? 

«r Nous avons notre plan, coor- 
donné avec les autres forces là-bas. 
Si la force est nécessaire et si cette 


M. Moubarak a d’ailleurs pris 
soin de rappeler devahf la presse 
que «d’autres problèmes» (que 
ceux du Golfe) doivent être « abor- 
dés avec le même zèle et le même 
engagement». «Dans un contexte 
approprié, le sort des Palestiniens 
doit être pris en considération, leur 
droit à l’autodétermination doit 
être appliqué, les lieux saints de 
Jérusalem doivent être respectés et 
protégés.» «Dans. un contexte 
approprié» signifie qu’on ne peut 
traiter ce problème en même temps 
qne celui du Koweït, et c'est r es- 
sentiel pour les Américains. 

M. Bush a lui aussi évoqué «la 
question de la Palestine» avant de 
se rabattre sur une expression 
moins désagréable aux oreilles des 
Israéliens : «la question de la Cis- 
jordanie». «Nous sommes toujours 
déterminés à jouer un rôle très utile 
pour une solution pacifique de ce 
problème», a-t-il indiqué, mais en 
ajoutant qne pour l’instant « il se 
concentrait» sur autre chose. 


(Publicité) 


APPEL DES ENFANTS DU KOWEÏT 
SOUS L'OCCUPATION IRAKIENNE 


Que Je président américain «se 


concentre» sur la crise du Golfe, 
_ oh s’em était . vraiment rendu 
compte tout au long de cette tour- 
née (Tune semaine menée tambour 
battant, de Prague -à~ Genève en 
' passant par l’Allemagne, la France, 
l’Arabie Saoudite et l’Egypte, et on 
a même eu souvent l’impression 
qu’il ne pensait qu’à ça. 

Tous ses efforts n’ont sans doute 
pas été vains, et l’on semble désor- 
mais s’acheminer vêts l'adoption à 
brève échéance d’une nouvelle 
résolution du Conseil de sécurité 
. :qm pourrait mentionner l’usage de 
la force. M. Bush a répété vendredi 
qu’il était « fatigué du statu quo» 
et que des mesures. devaient être à 
présent prises par tous les mem- 
bres de la coalition pour faire en 
sorte que des solutions crédibles 
soient possibles avant que beau- 
coup de temps ne passe. 

Mais il a aussi admis ne pas être 
assuré que la résolution en gesta- 
tion comporte lia « calendrier », 
c’est-à-dire une sorte d’ultimatum 
à l'Irak. Le résultat obtenu pour- 
rait ne pas être à la mesure de 
fénergie dépensée. 

J AN KRAUZE 


Entre Le Caire et Washington 
des relations an beau fixe 


LE CAIRE 


de notre correspondant 


Entants du monde entier ! Croyez-vous que nous vivons sur notre sol quand nous sommes menacés 
à chaque instant ? Quand nous ne pouvons pas aller à l'école du fait que Saddam Hussein a transformé 
toutes les écoles en casernes ? Quand les rues et les jardins nous sont mterdüs par les forces 
d’occupation ? 


option est appliquée, nous devons 
agir. » M. Moubarak pouvait diffi- 
cilement en dire. plus. Jusqu’à pré- 


sent. les Egyptiens ont seulement 


indiqué qn ils ne participeraient 
pas a une attaque contre l’Irak 


Nous n’avons plus le droit de regarder la télévision, car les soldats de Saddam Hussein ont voté les 
dessins animés que nous aimions tant regarder avant l'invasion. 


Savez-vous que depuis le 2 août nous avons oublié ce qu'est le goût du lait, du fromage et du 
chocolat ? 


Savez-vous que les soldats irakiens ont exécuté des parents devant leurs enfants pour la seule raison 
qu'ils avaient accroché chez eux les portraits de notre Emir Papa Jabcr ? 

Savez-vous aussi que ces soldats ont massacré des enfants devant leurs parents pour obliger ceux-ci 
à dénoncer les soldats de l’année koweïtienne entrés dans la résistance clandestine ? Et que nous 
n'osons plus sortir de chez nous depuis le 2 août de peur d’être tués par les soldats de Saddam ? . 

Enfants du monde entier, nous vous demandons de venir à notre aide ! Délivrez-nous des soldats 
de Saddam ! Sauvez-nous de la mort qui nous guette chaque jour 1 Aidez-nous à abattre le ranr du 
silence que Saddam a élevé autour de nous en nous coupant du monde extérieur ! n a fait plus grave 
encore, fl nous prive de soins et de médicaments. 


pas à une attaque contre l’Irak 
(pourraient-ils oublier que oeuf 
cent mille de leurs ressortissants se 
trouvent toujours dans ce pays?) et 
ils avaient laissé dans le vague l'hy- 
pothèse d’une contribution de leurs 
troupes à la libération du Koweït. 
Les propos de M. Moubarak sem- 


blent bien indiquer qu’ils ne reste- 
raient pas passifs. 

Si «en phase» qu’ils puissent 
être avec les Américains sur le 


Koweït, les Egyptiens n’oublient 
pas d’exprimer leurs différences. A 
la veille de l’arrivée de M. Bush, le 
ministre des affaires étrangères. 
M. Esmet Abdul Meguid, a rappelé 
les réserves de son pays à l'egard 
du projet de système de sécurité 
régionale évoqué en septembre par 
le secrétaire d’Etat M. James 
Baker : «Préserver h sécurité dans 
la région est une nécessité, mais un 
tel système doit émaner des pays de 
ia région et ne pas être imposé de 
i extérieur. » Le Caire peut diffici- 
lement accepter un arrangement de 


Savez-vous que les soldats irakiens ont été jusqu'à enlever et manger les animaux du jardin 
zoologique et à incendier celui-ci qui était si beau ! 


Savez-vous qu’au Koweït nous avions le plus beau parc d'attractions du Moyen-Orient ? 
allions y jouer chaque week-end. Les soldats de Saddam l’ont pillé et ont volé tous les jouets. 


? Notai 


Enfants du monde entier, nous vous adjurons.- faites tout ce que vous pouvez pour oous~ priez pour 
nous_ ; Ne nous abandonnez pas car nous comptons très fort sur vous, sur votre aide et sur votre soutien 1 


Vos frères les enfants du Koweït 
Comité de Solidarité koweïtienne 
17, rue Caumartin, 75002 Paris 


Jamais, depuis l’arrivée du pré- 
sident Moubarak au pouvoir il y a 
neuf ans, les relations égypto-amé- 
ricaines n’ont été aussi étroites. La 
question de la dette militaire, l’un 
des rares sujets de divergence entre 
Le Caire et Washington, avait été 
réglée bien avant la visite de 
M. Bush, jeudi soir 22 novembre: - 
Le seul service de cette dette . 
(7, 1 mütiardsdc dollars), contrac- 
tée en grande partie du temps -du 
président Sadafe, constituait un 
des principaux fardeaux pesant sur 
la balance égyptienne des paie- 
ments. En 1991, l’Egypte aurait eu 
à régler quelque 700 millions de 
dollars, à défaut de quoi elle aurait, 
été frappée par l’amendement 
Brooks gelant toute aide améri- 


de plus de cinquante milliards de 
dollars. Ce ballon d’oxygène 
apporté par Washington, auquel iJ 
faut ajouter l’aide européenne -et 
celle des pays du Golfe, devrait, 
non seulement permettre au Caire 
de surmonter la baisse des revenus 
due â ia crise (moins 3,5 milliards 
de dollars), mais aussi de laisser 
souffler une économie qui étouf- 
fait. 


Au niveau politique, les relations 
égypto-américaines ont, elles aussi, 
bénéficié de la crise du Golfe. Le 
raïs peut aujourd’hui se présenter à 
Washington comme le seul allié 
fiabte de la région. Les ré» mes du 
Golfe ont démontré leur fragilité, 
IsraSl, les limites de son utilité, 
ffors que l'Egypte a pu entraîner la 
Syrie « dans son sillage de modéra- 


caine à l’Egypte, une aide appro- 
chant aiùourd’hui tes 2,5 milliards 
de dollars par an et qui est d’au- . 
tant plus indispensable que 70 % 
des besoins alimentaires des cin- 
quante-six millions d’Egyptieas 
sont importés. 

En éliminant ce lourd handicap, 
les Américains ont écarté la princi- 
pale menace qui pesait sur le 
régime de M. Moubarak : Peffon- 
d rament d’une économie souffrant 
du service d’une dette extérieure 


Le Caire espère, une fois la crise 
réglée, que les Etats-Unis regarde- 
ront d’un œil plus favorable ses 
*Pg52* B vue d’un règlement du 
problème palestinien, môme si cela 
signifie qu'ds devront faire pres- 
sion sur l’Etat hébreu. 


Signe révélateur de ce renforce- 
ment des liens : la chaîne d'infor- 
mation télévisée américaine CNN 
diffuse depuis trois jours ses émis- 
sions sans la moindre intervention 
de la pesante censure égyptienne. 

ALEXANDRE BUCOANTÏ 




-r. -r, -:t !■' 




BavsoraJi, 

vins les 


rseMOüS. \ f 

BU prtéM 

erfouR tk 




#4 




















réunir 

force 



*- s-s*.*-- •/ . , 
9» ■ ... 

«ca»: 

9S** -■ • !.. 

*.1W; 

ÿ^r-. . 

ifitr 

a*»» 


:t£ r 'iÿ. 


a*** 


1 


f4« , ... 

h»'-* ; 




■ i'ÎMt 


■*)“- 


'"-F**,' > 


■-"fÜMSjr 


in« ' t * A- • 

*. ’**[*.. VI** .ijr,:. • 

*&*#■■ »-jr : tj.-.- 

A*ii . *»7‘3f.- 

■V C .. 


* «TS»- 

Vlbs^. 



' **•' 
kirti. 


V“--' 


*•■* . 
■•-V 1 


••• 

*•!«■»> ' 


fl-. • 


A V 



<; ,'j» 




5»- *■ 


s#.-""'' ' 




ÿ*?" 

, v 

«Ç *’-• • :7s 
i ^ 4?- V^*’^ 


**“?£•• • - 
--. #=^" ' . 


wv'i- v 




£.-■**• .. 


LA CRISE DU GOLFE 


Le ïMonoe * uimancna -co - Lunai zo novembre i yyu b 




Ki,i5uk 

Khanaquin W* x-;- ta £*.•■ 

BAGDAD 


\' 



Bassorah, 

ville de tous les dangers 


Le port sur le Cbatt-el-Ârab 
est devenu la giande base arrière de l'armée irakienne 


BASSORAH 


dis notre envoyé spécial 


Plus grands que nature, dominant 
de leur piédestal de marbre les eaux 
glauques du Chatt-d-Arab, ils restent 
de bronze, figés dans une attitude 
très martiale, le doigt pointé vers 
l'est poiir dénoncer l'Iran tout 
proche. Us le font avec beaucoup 
d’insistance, ces quelque céut 
n héros» et « martyrs » de la dernière 
guerre, Statufiés eu rang serré sur 
plus d'un kilomètre de quai 

De l'autre côté du fleuve, à la 
confluence du Tigre et de l'Euphrate, 
à 80 kilomètres en amont' dé Basso- 
rah, F immçnse palmeraie - porte 
encore les larges cicatrices de terri- 
bles combats. Ce n’est, par endroits, 
qu'une forêt de troncs calcinés. La 
frontière iranienne n’est distante que 
d'une quinzaine de kilomètres. En 
aval, i moins de 20 kilomètres, c’est 
le Chatt-d-Arab lui-même, qoi déli- 
mite leieriitorre dés deux pays jus- 
qu’au Golfe. 

Pendant huit ans, en un sanglant 
match nul. Irakiens, et Iraniens se 
sont Apremeat disputés le contrôle de 
ces rives, au prix de milliers et de 
milliers de morts. Pareil gâchis valait 
bien ce monument, d'autant plus 
monstrueux qu’il paraît aujourd hui 
on ne peut plus dérisoire. Si l’his- 
toire, ici comme ailleurs, se moitié 
volontiers dans le bronze/dk Kt sin- 
gulièrement et rapidement versatile 
au «pays des deux fleuves » . 

Deux ans seulement après la fin de 
la guerre contre l’Iran, les statues de 
Bassorah auraient dû faire un ; quart 
de tour vers le sud afin de tendre 
leur index accusateur vers d'antres 
ennemis. Le président Sa ddam Hus- 
sein n’a-t-il pas, en août, en une 
incroyable volte-face, soudain tout 
concédé au gouvernement de Téhé- 
ran, pour prélever un m axi m u m des 


Les militaires en permission han- 
tent les souks de la vieille ville, 
retranchée derrière ses canaux - 
sorte de collecteurs malodorants - 
qui, A une autre époque certaine- 
ment, ont vaür à Bassorah l’appella- 
tîon de «Ven se du Gobé» si ton en 
croit les guides de l'office do tou- 
risme irakien. A l’époque des califes 
. abassides, Bassorah commerçait avec 
tout l'Onent jusqu’à la Chine et fut 
l'un des foyers du rayonnement 
scientifique et culturel des Arabes 
vers l’Occident médSévaL 
Mais, depuis deasièdes, ces temps 
de splendeur sont révolus. Dans les 
mettes des souks, les belles maisons  
balcons de bois tombent en ruine, et 
ce n'est pas le. seul fait du pilonnage 
de l’artillerie iranienne. Les soldats 
font leurs achats mais pas tous; cer- 
tains sont vendeurs; Ton d’entre eux 
propose par exemple à la sauvette 
des rasoirs électriques en provenance 
directe du Koweït.- 


AFRIQUE 


ALGERIE : dans l’attente dn scrutin législatif 


Les prudences calculées de M. Alt Ahmed 


Le Front des forces socialistes 
(FFS], que dirige M. Hocine Aït 
Ahmed, a réuni sa convention 
nationale à Trpasa, jeudi 2 2 et 
vendredi 23 novembre, pour éla- 
borer son programme. Un futur 
congrès, en janvier, devrait le 
ratifier et élire les organismes de 
direction. Cette convention du 
FFS est la première à se tenir en 
Algérie depuis 1963, date à 
laquelle le parti a été interdit par 
M. Ahmed Ben Bella, alors prési- 
dent de ta République. 

ALGER 


maîl, petite commune des environs 
de Tipasa, envahissent les locaux 
d'une association culturelle proche 
de son parti, jetant A la rue adhé- 
rents et matériels, et M. Aït 
Ahmed adresse aussitôt un télé- 
gramme de protestation A 
M. Àbassi MadanL Mais il se garde 
bien de faire repren dre le local par 
ses militants qui auraient pourtant 
la force et le droit de le faire. 


les circonscriptions ? Personne ne 
le saiL 


Une situation 
« surréaliste » 


de nova correspondant 


M. Aït Ahmed est indécis. Il 
dirige l'un des trois principaux 
partis politiques et brille d'affirmer 
sa présence sur le terrain, mais 
craint, A chaque moment, de tom- 
ber dans un engrenage de violences 
qui remettrait en cause le fragile 
cheminement de son pays vers la 
démocratie. Que de trop zélés mili- 
tants du Front islamique du salut 
(FIS), comme récemment A Bou-Is- 


Entravé par sa prudence, il 
attend que le président Cbadli 
fasse connaître la date des élec- 
tions qui permettront enfin de 
donner au pouvoir cette légitimité 

3 ui * constitue la base de l’Etat de 
roil ». k Comment se préparer à 
une campagne lorsqu’on ne connaît 
ni le moment, ni les règles ; ni le 
lieu des futures élections?», dît-il. 
Le chef de l'Etat a récemment 
confirmé que les élections législa- 
tives auraient lieu au cours du pre- 
mier trimestre 1991. Le scrutin 
sera-t-il majoritaire ou proportion- 
nel ? Et comment seront découpées 


A juste titre, M. Aït Ahmed pro- 
teste, juge la situation * < surréa- 
liste», rappelle que les résultats 
officiels des dernières élections 
municipales ne sont toujours pas 
publiés. « Nous avons le droit de 
voter, mais pas celui de connaître 
les résultats f », ironise-t-il. Pour- 
tant, comme les autres chefs de 
parti, il patiente, laissant au prési- 
dent le choix du terrain eL l'initia- 
tive du moment. * Je demanderai à 
le voir », dit-iL Sa détermination se 
limitera à cette courtoise demande 
de visite, malgré les critiques qu'il 
porte â cette « démocratie de l'oc- 
troi ». 


Situation paradoxale. Le FFS, 
qui n'a eu de cesse de réclamer la 
tenue d’élections démocratiques, 
ne peut dire publiquement qu'il 
préférerait que les électeurs soient 
appelés aux urnes le plus tard pos- 
sible. C'est que, tout le monde le 
reconnaît, seul le FIS est aujour- 
d'hui prêt à relever le défi. 


militants du FFS se sont rassem- 
blés. A une époque ou seule l’éco- 
nomie de marché a droit de cité, le 
FFS, en réaffirmant ses options 
socialistes, tient à garder sa petite 
musique bien à lui. Après vingt- 
huit ans de socialisme autoritaire 
et bureaucratique, le mot n'a pas 
bonne réputation, mais M. Aït 
Ahmed y reste attaché : «Jamais je 
ne ne me suis reconnu dans le 
socialisme de caserne ou de clan », 
affirme-t-il, avant de brosser le 
portrait d'un « monde qui est 
aujourd'hui un village». La crise 
du Golfe comme le problème 
palestinien sont autant d’exemples 
de ces situations où les tensions 
risquent de rejaillir d’un endroit 
sur un autre. «jVoiw craignons que, 
dans cette affaire, s'éclipse t ‘aspira- 
tion à la démocratie des masses 
arabes» dit-il. 


C’est donc pour préciser les 
contours d’un programme politi- 
que que plusieurs centaines de 


L'homme a du charisme cl scs 
militants l 'accueillent debout lors- 
qu’il pénètre dans la salle des 
séances. Mais le discours du son 
parti demeure parfois trop vague 
pour ne pas susciter, dans les rangs 
même du FFS, quelques interroga- 
tions quant à son efficacité. 

GEORGES MARION 


COTE-D’IVOIRE 


Premières élections législatives 
sons le signe du multipartisme 


Au bazar 
du pillage 


Quand il est client, te militaire est 
aussi A son affaire. U peut se procu- 
rer id bérets, bottes, émis A ré vol ver, 
ceinturons on même galons et 


médailles. Que tus trouve-t-on pas A 
i? Télévi 


trou 

la 


upes encore déployées le long de 
frontière irako-iranienhè et les 


envoyer vers d’autres fronts, celui de 
la Turquie et surtout celui du 
Koweït 

Le danger, pour le moment, ne 
vient plus de l'Iran. La nor m al i sation 
des rapports avec ce pays a été relan- 
cée dernièrement avec la visite a 
Bagdad du ministre iranien des 
affaires étrangères, M. Ali -Akbar 
Vdayatî. L’échange des prisonniers 
de guerre a repris. Ainsi, 279 Ira- 
kiens sont rentrés,. jeudi 22 novem- 
bre, dans leur patrie. 

Pour M. Saddam Hussein, la 
menace vient des confins méridio- 
naux du Koweït, dont la frontière 
nord n’est éloignée de Bassorah que 
d’une cinquantaine de kilomètres. 
L'émirat (1) a été envahi essentielle- 
ment pour élargir l’étroite façade 
maritime de l'Irak. Uport deBasso- 
rah - d’où partit, selon la légend^ 
Sinbad le Marin - nest rittt^utte 
utilisable. Le Chatt-el-Arab reste 
encombré de quelques épaves de la 
guerre et se trouvera toujours sous la 
menace du feu ionien, tout comme, 
dans l’estuaire, le port de Fao en 
cours de reconstruction* . 

De nouveau la deuxième ville 
d’Irak (sept cent cinquante mi u ® 
habitants), Bassorah, est. devg o^j 8 
grande base arrière de l’expansion- 
nisme «saddaroien». Bassorah, dont 
la population fut en grande panw 
évacuée au plus fort des bomoarot^ 
ments iraniens, panse .encore ses 
plaies et s’étend, poussiéreuse au- 
delà de ses vertes palmeraies, vhs. œ 

désert La cité fourmille d activité 
militaire. Aux heures’de pointe, les 

véhicules de Tannée. Biffllflt. [»“£ 
ront par là les pnncipww «émentt 
du renfort de sept draMN» 

cette semaine par le président ira 


Bassorah? Téléviseurs, machines A 
laver et cuisinièrea, neufs ou usagés, 
climatiseurs (portant encore la trace 
du mur auquel ils ont été arrachés), 
pneus de voitures, etc. Tout eda, de 
marques non importées en Irak 
avant le 2 août Et, en prime, des 
jouets pour les enfants, comme cet 
avion ae plastique aux couleurs de la 
compagnie nationale koweïtienne... 
Au bazar du pillage, le butin de la 
razzia dans L’émirat Pénurie, blo- 
cus?, connais pas. 

Non loin de l’aéroport «internatio- 
nal» de Bassorah. redevenu national 
pour cause d’embargo, s’entraînent 
au camp militaire cFAbou Skbeir les 
volontaires de l’armée populaire, 
après l’école ou le travail, car, nous 
dk le colonel, fl n’y a pas de limite 
d’âge te dès lors qu on est capable de 
se servir d'une arme». En effet se 
réunissent dans ce camp des 
«fautes» de quatorze A soixante-cinq 
ans, destinés à former des unités sup- 
plétives pour Tannée régulière où 
sont déjà, mobilisés un million 
d'hommes. 

Sous le regard attentif de ses supé- 
rieurs, Kanm, cinquante-trois ans, 
affirme are prêt au «sacrifice» pour 
lui-même et les deux aînés de ses 
enfants (U en. a sept) qui raccompa- 
gnent. Karim et les siens se sont déjà 
beaucoup sacrifiés. Ils ont connu 
l'exode, pour échapper aux bombar- 
dements de Bassorah et Karim, qui 
s’est enrôlé A quatre reprises pendant 


la guerre Irak-Ixai^compte quatre 


martyrs parmi ses frères, cousus et 
neveux: 


’inqjorte ; quand la patrie est 


... menacée par les envahis- 

seurs impérialistes», déclare-t-il avec 
un sourire un peu forcé. Il transpire 


maintenant davantage qu’ap 
essoufflé âri maniement d’armes et 


au pas de charge. Ne nous a-t-on pu 

dit comment, au pire des contre-of- 
fensives iraniennes, les militants du 
parti Baas raflaient tes «volontaires» 
(je l’armée populaire, quartier par 
quartier? 

Décidément, Bassorah demeure la 


tion, la capitale des Aventures dans 
lesquelles le président Sa d da m Hus- 
sein ne cesse de lancer depuis dix ans 
le- «pays des àeux guerres » . 

■ FRANCIS CORNU 


kieit 


(() Toujours interdît aux jouraalùta. 
étranger* 


Les Ivoiriens doivent élire, 
dimanche 25 novembre, leurs 
cent soixante-quinze députés.- Il 
s’agit des premières élections 
législatives depuis l’instauration 
du multipartisme. En 1985, le 
scrutin s’était déroulé sous le 
régime de la pluralité des candi- 
datures au sein du parti unique. 


ABIDJAN 


correspondance 


L'Assemblée nationale doit, au 
lendemain de son renouvellement, 
se choisir un président. La réforme 
constitutionnelle, votée le 
6 novembre, fait de ce personnage 
le successeur constitution uel du 
chef de l'Etat en cas de vacance du 
pouvoir. Là aussi, l’affaire paraît 
bouclée : le président sortant de 
l’Assemblée, M. Henri Konan 
Bédiê, seul candidat dans sa cir- 
conscription après la défection 
(très opportune) d'un opposant, 
devrait être reconduit 


Bataille à Cocody î Le quartier 
chic d'Abidjan, la plus forte 
concentration de villas avec pis- 
cine de tout le pays, connaît une 
campagne électorale inédite : pas. 
moins de sept candidats. Deux 
d’entre eux portent les couleurs du 
parti au pouvoir, le Parti démocra- 
tique de Côte-d’Ivoire (PDCI), 
M. Arsène Usher Assouan, député 
sortant, ancien ministre des 
affaires étrangères, ayant refusé de 
s'effacer devant- le chef de file des 
rénovateurs, M. Djeny Kobina. 
Face-à-face piquant dans une cir- 
conscription où le plus célèbre 
électeur s’appelle Félix Hou- 
phouët-Boigny. 

Autre point chaud de cette 
consultation : Ouragahio, dans le 
centre-ouest du pays, où le chef de 
l'opposition, M. Laurent Gbagbo, 
candidat malheureux A la dernière 
élection présidentielle, tente de 
conquérir un siège. La campagne 
s'est. déroulée dans un climat tendu 
èt d’importantes forces de l’ordre 
ont été déployées dans la région. 

Cocody et Ouragahio mises à 
part, le suspense qui entoure cette 
consultation est des plus limités. 
Le parti au. pouvoir dispose déjà 
d’une avance d’une quarantaine de 
sièges : il s’agit des circonscrip- 
tions où son candidat est seul en 
lice. 


En réalité, ce que les Ivoiriens 
attendent avec impatience, c’est la 
constitution du nouveau gouverne- 
ment : M. Alassane Ouattara, 
nommé premier ministre 
début novembre, a promis de choi- 
sir des hommes qui répondent aux 
critères de «compétence, de trans- 
parence et d'abnégation». Ce qui 
signifié que des têtes vont proba- 
blement tomber. 

CLAUDE C1RILLE 


La nouvelle guerre 
du Tchad 


Suite de la première page 
Aujourd'hui, l’ancien comman- 
dant en chef des forces armées 
revient à la charge, cette fois très 
solidement équipé - de blindés 
légers notamment - par la Libye, 
avec une puissance de feu qui a 
décontenancé ses adversaires. 
Tout au long de la frontière sou- 
danaise, les postes militaires ont 
«sauté» les uns après les autres. 
Face à la déroute de ses hommes 


est le fait de la IJbye» sous cou- 
vert de la «Légion islamique». 
Reste que le colonel Kadhafi a 
beau jeu d'exploiter d’intermina- 
bles querelles tribales, au sein de 
l’ethnie nordiste des Goranc. 
Dès avril 1989, Idriss Deby avait 
insisté sur «le caractère tchado- 
tchadien » de son action. 

Si cela ne tenait qu’à eux, les 
militaires français qui n'ont pas 
oublié l’éxécution, en avril 1975, 


300 km 


□ MAROC : M. Raymond Barre 
reçu par Hassan U. - Le roi Has- 
san II a reçu, vendredi 23 novem- 
bre, A Rabat, M. Raymond Barre. 
Au cours de cet entretien, l'ancien 
premier ministre a « rendu hom- 
mage aux progrès réalisés par le 
Maroc», soulignant «la position 
stratégique du Maroc dans le déve- 
loppement futur des relations entre 
les deux rives de la Méditerranée 
d'une part et les rapports Nord- Sud 
, d'autre part ». Interrogé sur l'état 
ides relations entre le Maroc et la 
France, M. Barre a souligné que, 
‘«entre des pays liés de longue date, 
il peut y avoir des périodes de 
\refroidissemeni et de tension», 
mais qu’il existait « une exigence 


de fond » : « Surmonter certaines 
diffic 


Jicultés pour sauvegarder l'essen- 
tiel qui est la coopération». - 
(AFP J 


DIPLOMATIE 


Signée dans le cadre de la CSCE 


La déclaration transatlantique 
a été publiée 


BRUXELLES 

(Communautés européennes) 


de noue correspondant 


Les Etats-Unis et la CEE ont rendu 
publique, vendredi 23 novembre, 
la déclaration transatlantique 
qu’ils avaient signée, en début de 
semaine, dans le cadre de la Confé- 
rence sur la sécurité et la coopéra- 
tion européenne. 

Chacun trouve son compte dans 
ce texte. L’administration améri- 
caine appréciera que les Etats de la 
CEE réaffirment «leur ferme enga- 
gement » envers l’Alliance atlanti- 
que, ses principes et ses objectifs. 
Les Douze, de leur côté, se réjoui- 
ront que les Etats-Unis, hier très 
réticents, reconnaissent désormais 
la dimension, politique de la Com- 
munauté, son droit A mettre en 
œuvre une politique étrangère et de 


sécurité commune. Le document 
prévoit une série de consultations 
régulières entre dirigeants améri- 
cains et communautaires. Des 
entretiens semestriels auront lieu 
entre le président des Etats-Unis 
d’une part, le président en exercice 
de la Communauté et le président 
de la Commission européenne, 
d'autre part. 

A la dernière minute, les Améri- 
cains avaient manifeste le souhait 
que la déclaration invite les gou- 
vernements concernés à consentir 
les efforts nécessaires pour 
conclure, de façon positive, rUtu- 
guay round. La Communauté n’a 
pas jugé opportun une telle réfé- 
rence sur une affaire en train d’être 
traitée. Le département d’Etat s’est 
rallié à ce point de vue. Une décla- 


ration analogue a été signée par la 
,ute et le ~ 


Communauté et le Ca n ada. 

PHILIPPE LEMAITRE 



qui ont subi de lourdes pertes et 
qui ont déserté en masse, Hissène 
Habré a dû faire appel aux garni- 
sons du nord pour repousser les 
«assaillants». 


Le sort des armes paraît, 
aujourd'hui, très incertain. Les 
observateurs locaux conviennent 
que « la situation est à ce point 
grave que Hissène Habré joue son 
va-tout». Alerté par le président 
tchadien, l’amiral Jacques Lan- 
xade, chef d’état-major particulier 
du président de la République, 
avait fan, fin septembre, le voyage 
de N'Djamena où l*a suivi, A la 
mi-novembre, M. Jacques Pelle- 
tier, ministre de la coopération. 


DuTibesti 
au Tibesti ? 


La question est, ed effet, de 
savoir quelle sera, en définitive, 
l'attitude des troupes françaises - 
au total un millier d'hommes - 
stationnées à N’Djamena et A 
Abéché dans le cadre du dispositif 
« Epervier» qui avait été allégé fin 
1989, puis renforcé en mars 1990. 
Les autorités tchadiennes ont 
indiqué qu'elles avaient demandé 
A Paris une aide dont elles n'ont 
pas précisé la nature, pour contrer 
cette «agression» . 

Pour vaincre les hésitations de- 
Paris, N'Djamena fait valoir, non 
sans raison, que cette «agression 


du commandant Pierre Galopin 
lorsque Hissène Habré n’était 
alors qu’un maquisard redoutable 
et ombrageux, ne bougeraient pas 
d’un pouce pour le sauver. Leurs 
faveurs secrètes iraient plutôt vers 
Idriss Déby, qui, en 1985, fut 
envoyé en stage à l’école de guerre 
à Paris et dont ils admirent le 
«professionnalisme». 

Quoi qu'il en soit, le Tchad est, 
de nouveau, entré dans une zone 
de fortes turbulences. D’un côté, 
un régime contesté et affaibli, de 
l’autre une opposition faite de 
pièces et de morceaux. Si, en défi- 
nitive, Hissène Habré ne réussis- 
sait pas A surmonter cette énième 
épreuve, le verrait-on alors rega- 
gner les montagnes du Tibesti 
pour y jouer, une fois encore, le 
rôle du rebelle récalcitrant ? Celui 
que joue, aujourd’hui, Idriss 
Déby... 

JACQUES DE BARRIN 


a GUINÉE : deux morts hn d'aî- 
frontements entre police et étu- 
diants. - Deux étudiants ont été 
tués et trois autres blessés ion d’af- 
frontements, jeudi 22 novembre, 
entre des grévistes de l'université 
de Conakry, dont le fonctionne- 
ment est perturbé depuis près d'un 
mois, et les forces de police, qui 
ont fait usage de leurs armes. - 

(Arr J 


y. 


i-, 

:r r ' . 




«T _ , ° Œ ' r 


-T —» . *V> 




ms* 




jfc. 




• i 



si 


i « 



4 










6 Le Monde • Dimanche 25 - Lundi 26 novembre 1990 ••• 


POLITIQUE 




Iæ débat sur le statut. Hb la Corse à l’Assemblée nationale 

L’abstention des radicaux de gauche et d’une patte de l'UDF 
a facilité l’adoption du projet de E Joie 


La discussion budgétaire 

Le Sénat réduit la taxe 
sur le foncier non bâti 

... mission des “ 


L’Assemblée nationale a 
adopté en première lecture, 
dans la nuit du vendredi 23 «au 
samedi 24 novembre, le projet 
de loi présenté par M. Pierre 
Joxa, prévoyant un nouveau sta- 
tut pour la Corse. Seul le groupe 
socialiste a voté pour. Le MRG 
s'est abstenu. Le PCF a voté 
contre, ainsi que la grande majo- 
rité du RPR, de l'UDF et de 
i'UDC. 

Dès le début des travaux, le RPR, 
l’UDF (en désaccord avec le rappor- 
teur issu de ses rangs, M. José Ros». 
élu de Corse-du5ud> et I’UDC 
avaient prévenu qu’en tout état de 
cause, si l’article premier (reconnais- 
sance du peuplé corse) restait dans je 
projet, ils voteraient contre. Il n’y 
avait donc pas de surprise à attendre 
de leur côté. En revanche, le MRG a 
évolué. Alors que M- Emile Zucca- 
relfi (Haute-Corse) avait annoncé (le 
Monde du 2 novembre) qu’il voterait 
contre le projet si l’article premier 
était maintenu, l’ensemble des dépu- 
tés radicaux de gauche se sont finale- 
ment abstenus. Le PCF, favorable, 
au contraire, À l’idée du «peuple 
corse v, avait annoncé qu’il se déter- 
minerait en fonction des débats, le 
texte de départ étant, pour lui, «inac- 
ceptable». Les élus communistes 
n’ont pas changé d’avis, sur un texte 
qu’ils jugent toujours, notamment, 
« centralisateur». 

Toutefois, les explications de vote 
n’ont pas convaincu le ministre de 
l’irréductibilité de toutes ces opposi- 
tions, notamment parce que 
M. Jean-Jacques Hyest (Seine-et- 
Marae) pour I’UDC et M. Pierre 
Pasqnini (Haute-Corse), RPR, ont 
évoqué les possibilités d’évolution du 
texte, et de leur propre position, 
apüs la navette avec le SénaL «On 
vote contre pour le voir revenir », a 
ironisé M. Joxe. Quant aux commu- 
nistes. le ministre est persuadé 
qu’ff/u s'apprêtent à voter contre 
parce qu'ils sont pour». 

■ Appellation. - n est des sym- 
boles qui ne sont pas à dédaigner. 
Les élus corses trouvaient que 1 ano- 


L’analyse 
du scrutin 


nyrae appellation de «collectivité ter- 
ritoriale » manquait de panache. 
Mais faire figurer le nom de 
«région» dans le titre de la nouvelle 
organisation de rîle était aussi souli- 
gner qu’elle n’était pas fondamentale- 
ment différente de celle du conti- 
nent. Voilà pourquoi MM. 
Pierre-André Wiltzer (UDF, 
Essonne) et Emile Zoccarelli (MRG, 
Haute-Ccnse) ont proposé le nom de 
« région insulaire à statut spécial de 
la Corse». M. Pierre Joxe n’a pas pu 
l’accepter, car il tient, pour des rai- 
sons constitutionnelles, à ce qu’il soit 
clair que le statut de ta Corse n’est 
pas une simple adaptation de celui 
des régions continentales. Le minis- 
tre de l’intérieur a obtenu gain de 
cause. 

■ Conseil exécutif- - Le RPR et 
l’UDF ont tenté, sans succès, d’ob- 
tenir que ne soit pas distinguées les 
fonctions de président du conseil 
exécutif de celles de président de 
l’Assemblée. C’est même l’existence 
de ce conseil que conteste M. Wllt- 
zu, qui y voit l’amorce de la création 
d’un gouvernement autonome, sur le 
modèle des territoires d’outre-mer, et 
donc d’un « démembrement de 
l'Etat a: tout au long de la discus- 
sion, il demandera donc la suppres- 
sion de tout ce qui fait la spécificité 
de ce statut. Comme le souhaitait 
M. José Rossi (UDF, Coree-du-Sud), 
rapporteur de la commission des lois, 
les membres du conseil exécutif ne 
retrouveront pas automatiquement 
leur place à rassemblée lorsqu'ils 
quitteront leur fonction. 

M. Gilbert Millet (PC, Gard) a 
obtenu qu’il soit précisé que l’Assem- 
blée «contrôle le conseil exécutif », et 
que, lorsque celui-ci élabore le plan 
régional, ü le fait «en concertation 
avec les collectivités locales de 111e ». 
Avec l’accord de M. Joxe, M. Rossi a 
fait supprimer la possibilité pour le 
conseil d’engager sa responsabilité 
devant l’Assemblée. Seule celle-ci 
pourra prendre l’initiative d’un tel 
vote en déposant une « motion de 
défiance constructive», c’est-à-dire 
indiquant les noms de ses membres 


L’ensemble du projet de lai 
sur le nouveau statut de la 
Corse a été officiellement 
adopté par 282 voix 
contre 258. Mais, compte tenu 
d’une série d’erreurs dans le 
déroulement du scrutin et des 
rectifications de vote, notam- 
ment au RPR et à l’UDF, qui 
sont ensuite intervenues, n’ont 
en réalité voté pour que 
275 députés et contre 265. 
Voici l’analyse du scrutin, après 
les rectifications de vote : 

Ont voté pour: 

- Les 263 députés socia- 
Gstes. 

- 5 UDF : MM. Btum, Mattéi, 
dr Perretti délia Rocca 
(Bouches-du-Rhône), Merli 
(Alpes-Maritimes), José Rossi 
(Corse-du-Sud). 

- 7 non-inscrits : MM. Carre- 
let (Aube). Hoarau (la Réunion), 
Léontieff (Polynésie), Luppi 
(Isère), Miqueu (Hautes-Pyré- 
nées), Pota (la Réunion), Tapie 
(Bouches-du-Rhône) . 

Ont voté contre : 

- Les 129 députés RPR. 

- 69 UDF. 

- 34UDC. 

- 25 communistes. 

- 8 non-inscrits : MM. Ber- 
trand (Guyane), Houssin (Nord), 
Legros (la Réunion), Royer 
(Indre-et-Loire), Sergheraert 
(Nord). Spffler (Vosges), Stirbois 
(Eure-et-Loir), Thien Ah Koon 
(La Réunion). 

Se sont abstenus : 

- Les 9 radicaux de gauche 
apparentés au groupe socialiste. 

- 16 UDF : MM. Colin, 
Colombani (Var), Colombier 
(Isère), Coussin (Cantal], Deprez 
(Pas-de-Calais). Dïmiglio 
(Hérault) . Dominati (Paris), Falco 
(Var), Farran (Pyrénées-Orien- 
tales), Gaillard (Meurthe-et- 
Moselle), Jacquat (Moselle), 
Paecht (Var), Pelchat (Essonne), 
Perrut (Rhône), Proriol (Haute- 
Loire). Sefflinger (Moselle). 

- 5 UDC : MM, Couanau (10e- 
et- Vilaine). Ken (Bouches-du- 
Rhône), Stasi (Marne), Weber 
(Haut-Rhin). ZeDer (Bas-Rhin). 

- Un apparenté comunista, 
M. Moutons samy (Guadeloupe). 

- 5 non-inscrits. 


quifocmeraient le nouveau conseil 
exécutif si le précédent était ren- 
versé. 

■ Conseil consultatif, — Le RPR, 
l’UDF, le PC, le MRG, ont imposé, 
avec l’acoord de M. Rossi, an PS et à 
M. Joxe, la fusion des deux conseils 
consultatifs actuels en un «conseil 
économique, social et culturel de 
Corse». D ne pourra pas comprendre 
plus de membres que l’Assemblée; il 
sera divisé en deux sections, l’une 
économique et sociale, l’autre pour la 
culture, l’éducation et le cadre de 
vie; fl aura les missions que le projet 
confiait aux deux conseils prévus. 

■ Assemblée de Corse. - Malgré 
les souhaits du PC, qui voulait une 
proportionnelle intégrale, la liste arri- 
vée en tête disposera d’une prime; le 
prqjet prévoyait qu'elle comporte six 
sièges; le RPR et M. Rossi auraient 
aimé qu’elle soit portée à huit; le PS 
a imposé qu'elle ne soit que de cinq 
sièges. Il a aussi refusé que seules les 
listes ayant obtenu plus de S % des 
suffrages exprimés au premier tour 
'puissent fusionner pour le serond. 


En revanche, le rapporteur a 
obtenu le soutien des socialistes et 
des communistes pour imposer à la 
droite, et aux radicaux de gauche, 
qu'ils ne soit pas possible d’être à la 
rois membre de F Assemblée de Corse 
et d’un des deux conseils généraux de 
Cîle. M. Pierre Pasqnini (RPR, 
Corse-du-Sud) s’est plaint d'une 
« volonté de renouvellement trop 
rapide des cadres de la Corse». Le 
PC, avec le soutien de M. Maie 
Dotez (PS, Nord), et malgré une 
farouche opposition de M. Rossi, a 
obtenu que la durée de chacune des 
deux sessions annuelles de l'Assem- 
blée soit portée de deux à trois mois. 

■ Langue corse. - Sans difficulté, 
M. Rossi a fait modifier la rédaction 
de l'article sur le pouvoir culturel de 
la collectivité territoriale, de façon 
qu’il soit nettement indiqué qu’elle 
pourra mettre en place « un plan de 
développement Je renseignement de 
la langue et de la culture cmses pré- 
voyant notamment les modalite d’in- 
sertion de cet enseignement dans Je 
temps scolaire». Les communistes 
n’ont pas pu obtenir la « co-offîcia- 
lité » de la langue française et de la 
langue corse. MM. Joxe et Rossi ont 
refusé cet amendement sans ouvrir la 
moindre discussion sur ce thème. 

■ Développement économique. - 
A l'initiative dû gouvernement et du 
PCF, il a été précisé que « l’indispen- 
sable solidarité nationale » s'exerce à 
l'égard de la Corse pour assurer son 
développement économique et 
sociaL Comme le souhaitait le rap- 
porteur, il a été établi un lien entre 
les orientations du plan quinquennal 
et le schéma d’aménagement. 

A la demande de M. EmDe Zue- 
carefli (MRG, Haute-Corse), et avec 
l’accord du gouvernement, les dépu- 
tés ont assoupli la définition des mis- 
sions de ce schéma qui fixera notam- 
ment « les principes » de localisation 
des differentes activités économiques 
de IHe. Toujours avec l’accord de 
M. Joxe, le recoure à mal pour éla- 
borer ce schéma d’aménagement, au 
cas où r Assemblée serait défaillante, 
ce qui est le cas actuellement, a été 
supprimé. 

M. Rossi a fait adopter, avec l’ap- 
pui des socialistes et malgré l'opposi- 
tion de M. Joxe, la création d’une 
taxe sur les transports de passagers 
par bateau et avion qui financera un 
« fonds d'intervention pour l'aména- 
gement de la Corse» et donne ainsi 
des ressources propres, non transfé- 
rées par l’Etat, à la collectivité terri- 
toriale pour assurer des investisse- 
ments sur lTle. 

L’Assemblée a repoussé plusieurs 
amendements de M- Jean-Paul de 
Rocca-Serra (RPR, Corse-du-Sud). 
qui voulait, sans attendre le projet de 
loi spécifique prévu & cet effet, doter 
la Corse de nouvelles dispositions fis- 
cales et fixer le régime des succes- 
sions. En revanche, il a été précisé 
que la commission mixte chargée de 
préparer le nouveau statut fiscal 
devra aussi réfléchir « aux disposi- 
tions destinées à fadUler la sonie de 
l’indivision», dont la fréquence 
constitue en Corse un problème par- 
ticulier. 

Sur proposition du rapporteur, qui 


souligne l’importance .du tourisme 
pour nie ci son absence dans te pro- 
jet de statut, Le gouvernement 
accepte que la collectivité territoriale 
de Corse « détermine les grandes 
orientations du développement touris- 
tique de llle» et crée à cet effet une 
« institution spécialisée» . 

■ Transports. - Le PCF n’est pas 
parvenu pas à faire rédiger Partide 
du projet de statut portant sur l’orga- 
nisation de la continuité territoriale 
dans les termes qu’il souhaitait Cet 
amendement qui conditionnait « lar- 
gement » le vote du PCF sur P ensem- 
ble du projet conférait une beaucoup 
plus grande liberté à la collectivité ; 
territoriale et prévoyait une réévalua- 
tion quasi automatique de cette sub- 
vention. 

M. ZuccareUi, contre l’avis du gou- 
vernement mais avec l’accord du 
groupe socialiste, a 1 obtenu P exten- 
sion de la responsabilité de la coflec- 
tivité territoriale de Corse non pitre 
aux transports entre file et «le conti- 
nent» mais aux transports entre la 
Corse et « toute destination de la 
France continentale», ce qui étend 
considérablement le cham p, au 
moins théorique, de la desserte mari- 
time et aérienne organisée par nie, et 
donc son coût. 

■ listes électorales. - Le RPR n 
vainement tenté de faire renoncer le 
gouvernement à son projet d’une 
refonte des listes électorales corses. 
Le PCF, sans remettre en cause cette 
refonte, a essayé, tout aussi vaine- 
ment, de créer une nouvelle catégorie 
d’électeurs dans une bommone : des 
électeurs nés sur place; inscrits une 
première fois dans la commune; et 
qui l’ont quittée, «pour des raisons 
diverses, très souvent en quête d’em- 
plois à l’extérieur de llle». Le PCF 
précisait que ces personnes «tiennent 
généralement très fort à cette citoyen- 
neté d'origine » et que «les en priver 
est pour le moins contradictoire » 
avec la volonté affichée de garantie 

. de l’identité culturelle du «peuple, 
corse». i 

J.-L A. etTh. B. 


Les députés ont voté 
le statut 


Suite de le première page débat, fa bien montré : chaque fois, 

Heureusement pour M. Joxe. le ou presque, que les députés insulaires, 
MRG - qui tenait d’autant plus à faire tous présents dans rhémig-de, ont 
bloc que son congrès s’ouvrait quel- voulu renforcer Us capacités d imtia- 
ques heures après ce vote - a choisi de tive locales. M. Joxe - pourvu que 
s’abstenir et non de voter contre, mai- eda restât dans le cadre du projet - les 
gré l'opposition farouche de M. Emile a suivis. Seulement, pour gagner ce 
ZuccareUi, président de ce parti et pari-là, le ministre de l'intérieur a 
député de Haute-Corse, à la notion de besoin d’une véritable révolution aii- 
« peuple corse». lundlc en Corse. 

Bref, M. Joxe, avec la seule appro- Autant parler crûment : le projet 
bation d’un PS dont une composante transfère tellement de pouvoirs aux 
au moins, celle proche de M. Chevè- responsables corses qu’il peut très bien 
nement, était plus que réticente, sup- renforcer les pratiques perverses, héli- 
porté sur ses seules épaules tout le tées d’un passé de pauvreté et de vio- 
poids de la responsabilité qu’il a prise, [ence, que sont devenus le clanisme et 
M. Joxe, avec ce projet, devra gagner ^ clientélisme : emplois, argent, loge- 
un double pari s’il veut apparaître me nt, tourisme, urbanisme et auténa- 
comme le seul ministre qui a su du territoire, l’assemblée dis- 

dé mêler l’irabragüo corse. posera de tous les leviers qui laissent 

Premier pari : révolution des ratio- la voie ouverte à la survie d’un tel 
nalistes. M. Joxe n’a cessé de répéter, système. La volonté de rompre avec 
pendant le débat parlementaire, que une telle culture devra donc être très 
l’adoption de ce nouveau statut pou- forre. Certes. M. Joxe pense qu’on td 
vait permettre de rompre avec quinte pari a plus de chances de réussir 
années de violence dans l* île. A de aujourd'hui qu’il y a quelques années, 
multiples reprises, il s’est vu reprocher jj n * a pas tort et U soit la voie de la 
ses contacts avec les nationalises. Si la raison, mais rien n’est fait». 

. o— - — ; 

jt tr - Jvi nniivreivi Krkfa m flrf w wairPl i 3CCCHÏ Sur là IfllblCSSC OfiS ŒOÿClIS 

ftorâsq.K tarière ma. ib 
./SV. doivent nrendre earde a ne dos sabn- 


l’avtdt bien dit!» Mais on ne won pas 
très bien, alors, quelle autre politique 
que cdk de M. Joxe pourrait sortir la 
Corse de la violence. 

Deuxième pari : le sens des respon- 
sabilités de l'ensemble des forces vives 
de rite, et d’abord de ses élus. Le com- 
portement du ministre, pendant le 


Las sénateurs ont continué, 
vendredi 23 novembre, l'examen 
de la' première partie du projet 
de lot de finances pour 1991, 
présenté par M, Michel - Cha- 
rassè. ministre délégué chargé 
du budget Au cours de le. dis- 
cussion des articles, les séna- 
teurs ont adopté un amende- 
ment réduisant la taxe sur le 
foncier non bâti. Le vote sur l'en- 
semble de la. première partie du 
texte devait intervenir dans la 
nuit du samedi 24 au dimanche 
25 novembre. 

. L’ire ignore l’âge et l’heure. 
Furieux de ce que l'administration 
fiscale tienne pour une «propriété 
urbaine» trait bâtiment distinct des 
exploitations agricoles, M. Geoffroy 
de Montaient bert (RPR, Seine-Mari- 
time) est entré en jacquerie, au beau 
milieu de la nuit. Pendant, cinq 
bonnes minutes, devant des séna- 
teurs ébahis, «jeune doyen de qua- 
tre-vingt-douze. ans s’est emporté 
contre rignorance des agents du fisc 
en matière d'agriculture. Sa colère 
s’enflant crescendo , plus rien n'a 
trouvé, par la suite, grâce à ses 
yeux : ni la logique institutionnelle - 
à l’élaboration de laquelle il parti- 
cipa, en 1958, au sein du comité 
constitutionnel consultatif,— qui 
veut que l’Assemblée natio nal e ait le 
dentier mot législatif, ni la mécani- 
que, selon fui dévoyée, des commis- 
sions mixtes paritaires.. « Enfin. 
mieux vaut que je m 'arrête avant que 
trop de courroux ne m'anime; à 
mon âge. ce peut être dangereux», a 
conclu M. Montatembeit, a la fin de 
l’envoi, au grand soulagement d’un 
auditoire vaguement mepriet. 

L’accord 
de M. Chutasse 

Dieu merci, la commission des 
'finances avait prévu à L’article incri- 
miné un amendement de suppres- 
sion qui, une fois voté^ a rendu à 
M. de Montalembert un peu plus de 
sérénité. L’examen des articles du 
projet delai a -été paiement marqué 
par l’adoption à l u nan imité d'un 
'amendement présenté- par la. çom- 


doivent prendre garde à ne pas s’abri- 
ter derrière ce problème, sans doute 
réel, pour justifier la perpétuation de 
comportements dont, pour une fois, 

un ministre de la République veut 
vraiment tes aider à sortir. 

JEAN-LOUIS ANDRÉANI 
et THIERRY BREHIBi 


LIVRES POLITIQUES 

D 'UNE certaine manière, 
cette chronique prolonge 
à plusieurs titres la pré- j 
cédante consacrée à l’ouvrage 
de Georges Frôche, la Franco 
ligotée , qui plaide pour une distri- 
bution simplifiée et plus large- 
ment décentralisée des pouvoirs 
politique, administratif, économi- 
que et culturel. Le maire de 
Montpellier y explique que l’ou- 
verture sur l’Europe et le monde 
doit s'appuyer sur le dynamisme 
reconnu et renforcé des grands 
centres urbains, les eurocités. 
Cela suppose une autre manière 
de concevoir les rôles de l’Etat, 
de la nation et de ceux qui ont 
vocation à penser et è agir pour 
le bien de la coUectivité. 

Georges Frfiche justifie la ques- 
tion sur les « nouvelles élites 
locales» que posent Catherine - 
Grémion et Pierre Muller dans le 
numéro spécial que la revus 
Esprit consacre chaque année,, 
depuis trois ans, è l'état de la 
politique en France. En 1990, 
cette tentative de synthèse, ou 
de diagnostic, s'en tient prudem- 
ment è une autre Interrogation 
qui n’en est pas moins inquié- 
tante : «La trahison des é&ies? » 
Sous ce titre Esprit traite de plu- 
sieurs aspects de l'actualité poli- 
tique en 1990 (l'extrême droite, 
te rôle des imetiectuels en politi- 
que, le système d'enseignement, 
la formation des élites. Fa relève 
syndicale, te communication poé- 
tique, etc.), mais nous nous réfé- 
rerons è d’autres parties de ce 
sommaire pour prolonger le 
débat évoqué plus haut sur la 
nouvelle hiérarchie qui s’établit 
entre tes villes, l'Etat et l'Europe 
et sur les élites. 

Catherine Grémion et Pierre 
Muiter observent un changement 
des rapports entre le centre et ia 
périphérie : «A le SBère éléman- 
taire Etat-préfet-élus se substi- 
tué, écrivent-ils, ma trama com- 
plexe où chacun asc à fois 
demandeur et distributeur, où 
communes, conseils généraux et 
régions, préfets, administration 
et instances européennes tissent 
des liens tantôt contractuels et 
tantôt ponctuels, où finance- 
ments multiples et coopérations 


SOS-EIites 


accidentelles vont de pair avec h 
plus Intransigeante concurrence 
et VégOJsme de. clocher le plus 
raide», ils ajoutent : «Coque l’on 
constate aujourd'hui (k limage 
dé ce qui se passe dans l'admi- 
nistration centrale), c'est la subs- 
titution de plus en plus large 
d'une logique de refficadté à une 
logique de la légalité.» Désor- 
mais. c'est «la légitimité mana- 
gériale» qui l’emporte sur la légi- 
timité traditionnelle des notables. 
A côté du maire manager «B faut 
mentionner le président du 
conseil général, grand bénéfi- 
ciaire de la décentralisation ». 

Parallèlement è cette reconver- 
sion des élites locales, Joél 
Roman analyse «la fin du modèle 
républicain», qui, explique-t-il, a 
perdu son universalisme avec la 
décolonisation de l’Algérie (dans 
le mesure où ce modèle exporté 
a été retourné contre la France). 
La crise de l’ Etat-providence, 
l'aspiration autogestionnalre. 
l’accroissement -des- mouve- 
ments centrifuges et des reven- 
dications des minorités, la politi- 
sation de la haute fonction 
publique et la part faite è te 
société civile, ont fait le reste. : 
«Non seulement la mystique 
républicaine est morte, mais la 
poétique républicaine est en train 
de mourir. » Joél Roman ne voit 
de salut que dans davantage de 
démocratie et te définition d’une 
nouvelle citoyenneté. La pre- 
mière passerait par» une décen- 
tralisation' effective» au profit du 
«couplé villa-région » aï- par un 
recrutement plus ouvert des 
élites ; 1a seconde, per une exten- 
sion des pouvoirs et dés capacl- . 
tés d'insertion des citoyens, au- 
delà du cadre Juridico-politique. : 

S'ajoutant è ces mutations, qui 
privilégient les pouvoirs locaux 
tandis que s’estompent les réfé- 
rences nationales, la construction 
de l’Europe conforte l' interroga- 
tion sur une Identité postnatîo- 
nâfè, qu'examine Jean-Marc 
Ferry. Selon hé, deux options se 


■B» 


uble et 


r iV' .. n 





EratfsSSS 

dont 'les revenus ont M «’Tg’ïï 

entre la moyenne nationale et 125 

de celle-ci en 1990». «fs ne peux 
favorable à cette mesure 
exceptionnelle et sélective», a «J - 
qué te ministre. «Le Sénat a enclen- 
ché un processus qui se J*”™™®? 
l’Assemblée nationale», a-t-d pro- 
nostiqué après avoir regrette « cour, 
trop flevé à ses yeux (1,8 
francs), de cet amendement gage sur 
l'augmentation des prix du tabac. 

Cette disposition importante mise 
à part, les sénateurs ont également 
adopté plusieurs amendements, que 
« soit en faveur de r investissement 
agricole ou de la création d entre- 
prises innovantes, comme en Faveur 
de Taide à domicile en milieui turaL 
Ils ont porté d’autre part à 100 % la 
déductibilité du fioul pour tes usages 
agricoles. Dans un tout autre 
domaine enfin, . les sénateurs ont 
ramené à un pour mille 1e taux de 
l'impôt de Bourse. 

La veille, le Sénat avait adopté un 

amendement présenté par M. Roger 
Chinaud (Rép. et ind., Pans), rap- 
porteur général du budget, modi- 
fiant le barème de l'impôt . sur le 
revend en faveur des titulaires de 
revenus moyens. Contre l’avis du 
rapporteur et du ministre délégué, 
tes sénateurs ont également adopté 
une disposition exonérant de 
l’impôt forfaitaire sur 1e revenu les 
Français résidant & l’étranger, pro- 
posée par les douze représentants 
des Fiançais établis hors de France. 
Les sénateurs ont enfin adopté, sur 
proposition de la commission des 
finances, un amendement réduisant 
à 41 % le taux de l’impôt sur les 
bénéfices distribués dêf sociétés. 

- GILLES PARIS 

~ ANDRÉ LAURENS 

présentent dans ta démarche en 
cours : Ta première, « tradition- 
nelle et fondamentaliste», met en 
avant 1a communauté spirituelle 
(le christianisme ou la métaphysi- 
que occidentale), la seconde, 
r moderniste et constructiviste », 
s’appuie sur ia création d’un 
espace culturel homogène è par- 
tir des technologies de la com- 
munication et des projets de 
coopération scientifique. L'auteur 
ajoute ; «Et puisqu'il s'agit cette 
fois de culture, pourquoi ne pas 
réactiver sous de vieux symboles 
médiévaux les éléments de tradi- 
tion d'échanges, de réseaux, de 
solidarités régionales ? Se profile 
alors une cartographie euro- 
péenne alternative qui n'a rien à 
voir avec la carte actuelle des 
Etats-nations. C’est ici qu'une 
certaine eurocrates peut rallier sur 
son terrain postmodeme les nos- 
talgies prémodemes d'une nou- 
velle théocratie ataviquement 
hostile à l'Etat-nation. L'objectif 
est dé régionaliser tout ce qui 
n’est pas supranational. » 

Jean-Marc Ferry craint que, 
sous l'apparence d'un discours 
sur l'enrichissement par 1a diffé- 
rence et te dialogue, ne se réalise 
un projet d'unification ou d'ho- 
mogénéisation d’un Etat-nation 
européen. 11 imaginerait plutôt 
une séparation de l’identité politi- 
que et de l'Identité culturelle afin 
d’éviter toute fermeture de l’Eu- 
rope sur ellé-mBme : pour rester 
ouverte au mande, la grande 
Communauté en train de se 
construire devrait s'appuyer sur 
le «patriotisme constitutionnel» 
et laisser aux nations qui la com- 
posent leur souveraineté cultu- ■ 
reHe. Bref, l'identité postnatio- 
naia ne saurait se reconnaître 
dans l'impérialisme du suprana- 
tional. 

Telles sont quelques-unes des 
mutations que relève te revue 
Esprit et qui constituent autant 
de' défis offerts è l'ambition des 
élites, si eues veulent assumer 
leur rôle. 

► Esprit. «La France en 
politique 1990», 219 pages. 


fi 


--'3 


a--, •’ “ 

■■ ... ; 
,j ï ..rfi.it. • 



-V- 


M 



Mtr-’. 


***** 


< 3 if 






**•* *». 


'our une n 

majorité 


. -a-* 


, - /M'- ■ 






mm 


tV-ï- • —E . 


j-, » , , 

ix ... 

f -r-.* 

U 

>* 

' '.ru • 


- * .'1 

‘^i 




* .?‘V 

■ el'l; . 




» 




V,?" • 

V- ■ 

” r-c. 

■IB- , ' ; 


v, V* j - 1 


■> r,; 

■'Nu.,' 

'•*S* 


; * ... 

/il 1 1 

y, 

V 1 j • 







♦-** M- 







■ VL~~ 






















K : 

IJ ■ 


u ;a 


non 


taxe 

bàii 


y 


;-v. 






.* H— 1QQn _ ^ 

ftnniAil 


Le Monde • Dimanche 25 - Lundi 26 novembre 1990 7 


POLITIQUE 


COMMUNICATION 


Après la crise lycéenne et le rejet de la censure 

et confusion chez les s< 


Un entretien avec le PDG 
des régies d’A 2 et de FR 3 


La confusion provoquée par (e 
mouvement lycéen, il y a deux 
s ema ines, dans les relations 
antre le président de la Répubfi- 
que et le gouvernement n'a pas 
fini de produire ses effets parmi 
les socialistes, les uns troublés 
par l'attitude de M. François 
Mitterrand, les autres inquiets 
des conditions dans lesquelles 
M. Michel Rocard a surmonté 
l'épreuve de la censure à l'As- 
semblée nationale. 


du président : «Je ne me fais pas de 
soud, vous écrirez, vous curez ce que 
vous avez envie de dire. La liberté de 
la presse, en France, a atteint un 
degré jamais égalé dans son his- 
toire.» On ne pouvait imaginer, sans 
doute; plus bel . éloge d'un pouvoir 
démocratique; mais était-ce bien U le 
propos du chef de PEtat? « Vous êtes 
totalement libres, a insisté M. Mitter- 
rand, et vous respectez si bien cette 
liberté que vous en iüml. f un temps] 
je ne veux pas dire jusqu'à la corde, 
mais, enfin. très... librement » Puis, 


Un crime a été commis au Parti 
socialiste, au plus haut niveau, celui 
du secrétariat national. L’affaire a 
peu retenu l’attention du public, 
mais elle a perturbé les esprits, 
secoué les Ames, indigné les 
consciences, remué soupçons et 
arrière-pensées dans un périmètre 
compris entre la rue de Solferino, 
l'hôtel de Lassay (présidence de l'As- 
semblée nationale), le palais de ["Ely- 
sée, l’hôtel Matignon .et la rue de 
Grenelle (ministère de l’éducation 
nationale). Il ya un coupable, mais il 
est anonyme, donc ce peut être n’im- 

S rte quL Ce remake du Corbeau de 
ouzot a pour origine une déclara- 
tion... insensée, attribuée par 
l'Agence Franco-Presse, le 15 novem- 
bre, i «un secrétaire national» du 
PS : e Décidément, le président est 
incontrôlable, et les situations qu'il „ 
provoque peuvent l’être tout autant» 
(le Monde du 17 novembre). 

Qui a dit cela? Dis le lendemain, 
M. Pierre Mauroy sommait le malo- 
tru de e sortir des rangs». L’injono- 
tion étant restée sans suite, chacun 
s'est transformé en détective pour 
produire, au terme d’une chaîne d’in- 
dices et d*azgumexit5 imparables, une 
intimé conviction, voire une certi- 
tude. D'autres, parallèlement, 
tenaient à se disculper, A tout hasard, 
en Grisant passer par toutes sortes de 
canaux des messages vibrants d’émo- 
tion (e Jamais je n’aurais pu dire une 
chose pareille») et frémissants de 
sous-entendus (*£>i revanche, j'en 
connais quL.»). L’Elysée ne restait 
pas inerte, d'autant que la dépêche 
incendiaire avait précédé de peu ôn 
numéro de l'hebdomadaire le Point 
(daté 19-25 novembre) affichant en 
gros plaît Je visage du président de la 
République accompagné de cette 
affirmation : «Crise de régime». 

Le 21 novembre la conférence de 
presse de M. Mitterrand' sur la 
Conférence sur la sécurité et la 
coopération en Europe allait s’ache- 
ver lorsqu’une question fût posée sur 
le « climat de mécontentement politi- 
que ou social en France». Réponse 


comme an regret de n’avoir pas vrai- 
ment dit ce qu’il voulait dire ' 


«Alors, faites ce que vous voulez 1» 


«lanonreBe 

nomenkfatnra» 


N’hésitons donc pas & écrire qu’au 
même moment, en marge de la réu- 
nion du bureau exécutif du Parti 
socialiste, les chuchotements repre- 
naient de plus belle, on membre du 
secrétariat national menaçant même 
de e casser la g... >* au premier qui 


l’accuserait d’avoir tenu le propos 
inadmissible. La nervosité s'enten- 
dait dans le vigoureux rappel à l’or- 
dre réitéré par M. Mauroy, qui pas- 
sait ensuite sa rage, au prix de 
quelques surprenantes trivialités, sur 
M. Jean-Pierre Soisson (mis en cause 
pour avoir malencontreusement 
déduit du rejet de la motion de cen- 
sure, l’a vaut- veille, que ses amis et 
lui-même avaient de l'avenir au sein 
de la majorité) et M. Jean-Marc 
Ayrault, poperéniste, mair e de 
Nantes, auquel celui de LQle ne par- 
donne pas sa proposition d’amende- 
ment visant A transformer les clubs 
de football en sociétés anonymes. 

Les amis de M. Jean Poperen 
tireur de ces épisodes, dans leur bul- 
letin hebdomadaire Synthèse-Flash 
daté 26 novembre, la conclusion que 
le ir rôle de rassembleur» 
qu' «affectionné» M. Mauroy cr n’est 
guère que conservatoire et ne suffit 
pas, par lui-même, à apporter des 
réponses aux Interrogations et au 
trouble de la gauche, du PS». Ceux 
de M. Jean-Pierre Chevènement. 


dans leur bulletin mensuel Socia- 
lisme et République, s'en prennent à 
M. Michel Rocard, en affirmant 
qu’une politique de gauche, «si elle 
était l'axe d'une reconstruction de la 
gauche, rencontrerait peut-être davan- 
tage /'assentiment populaire que les 
bavardages sur la « République du 
centre » et la convergence des immo- 
bilismes ». Dans le bulletin hebdoma- 
daire A gauche (du 22 novembre), ! 
M. Jean-Luc Mélenchon, chef de füé, 
avec M. Julien Dray, de la Nouvelle 
Ecole socialiste, vole au secours de 
M. Mitterrand, en expliquant que 
«la nouvelle nomenklîuwra cherche 
un chef qui corresponde à ses aspira- 


nous côêtewt 2Ô0 mUioDs de francs », nous déclare K" Christiane Doré 


Les membres du conseil d* administration d 'Antenne 2 ont officiel- 
lement refusé tout commentaire après la réunion du vendredi 
23 novembre qui devait examiner les comptes de l'entreprise publi- 
que pour 1990. Révision en baisse des objectifs publicitaires et 
dépenses de programmes plus fortes que prévu, bissent prévoir un 
déficit important pour la troisième armée consécutive, qui excéderait 
350 mülîons de francs. L'évaluation de ce déficit et les moyens d'y 
remédier (le directeur général d* Antenne 2, M. Jean Michel Gaillard, 
souhaite par exemple tirer parti de son stock de programmes, sur le 
marché des droits audiovisuels, pour revenir à l'équilibre en 1991) 
sont au centre d'une polémique entre les dirigeants de fa chaîne et 
leur tutelle gouvernementale ( le Monde du 16 novembre). Au-delà, se 
poursmt un bras de for plus général sur le degré d'autonomie laissé 


rions sociales et politiques», et que _ 

« celui-là (M. Mitterrand] ne leur ? la chaîne publique. Dans l'entretien qu'elle nous a accordé, la 
convient plus parce qu’il sent le sou- .directrice des ré$es d' Antenne 2 et de FR 3, M- Christiane Doré, 
fi*»- s'explique sur le volet e publicités des recettes des chaînes 

Donner des coups de pioche dans publiques. 


la coque et écoper semblent être 
devenues les occupations favorites 
des socialistes. 

PATRICK JARREAU 


Les fabiusiens de Marseille jettent un pont 
vers les amis de M. Vigouroux 


Las dirigeants de la fédéra- 
tion sodafiste des Bouches-du- 
Rhône, fabiusiens, ont entamé 
un processus tendant à la réin- 
tégration des militants et élus 
exclus lors des élections muni- 
cipales de mars; 1989 pour 
s'êtra ralliés à fa candidature 
de M. Robert Vigouroux contre 
le camfidat du PS, M. Michel 
Pezet Cette démarche se 
heurte, cependant, à la 
méfiance du maire et à celle de 
la effraction nationale du PS. 

MARSEILLE 


de notre correspondant 
régional 


M. Vigouroux devait annoncer, 
samedi 25 novembre, fa création 
de son propre mouvement, la 
Convention démocratie et avertir. 
Le mara de Marseille entend, en 
effet, demeurer hors du PS, dont 
il avait été axchi au début de 
1989. La perspective de la réinté- 
gration, au sein du PS, des mem- 
bres de sa majorité municipale 
venus de ce parti, lui inspire une 


certaine inquiétude. «La position 
actuelle et nouvelle du PS semble 
devoir tout naturellement évoluer 
vers Hn tendon de ses élus au 
conseil municipal de voter de 
façon favorable les budgets prô- 
. santés par fa maire», indique-x-il 
dans une lettre adressée A 
M. François Bernardini, premier 
secréta ir e de la fédération. 

Plusieurs partisans du maire 
ont, eux aussi; décliné l'offre de 
réintégration ou différé leur 
réponse. Ainsi M. René Obneta, 
président du Club d'action et de 
réflexion pour Marseille (CARM), 
a4-il incficjué qu'B souhaite obtenir 
des précisions sur fa position du 
PS par rapport au PCF (ce damier, 
ailîé aux socialistes au conseil 
général, est dans l'opposition au 
_ conseil municipal} et su- celle des 
trois élus municipaux du PS 
(MM. Michel Pazet, Lucien Wey- 
gand et Jean-Noéi Gué ri ni) vis-à- 
vis de la majorité vigouriste. 

En revanche,, la table ronde 
' organisée, le 22 novembre, A l'ini- 
tiative de la fédération, a permis 
de confirmer le principe de la réin- 
tégration de M. Chartes-Emile 
Loo, maire du cinquième secteur, 


et de ses amis de l'association 
Carrefour socialiste, dont une 
douzaine d’ôlus municipaux. Leur 
demande doit être entérinée par le 
bureau exécutif fédéral le 
26 novembre et soumise à la 
convention nationale du PS réunie 
les 1* et 2 décembre A Paris pour 
ouvrir la discussion sur le futur 
«projeta du parti; Cependant, 
lorsque le comité directeur fédéral 
avait été saisi de cette question, 
les membres du courant Mauroy- 
Mermaz -Jospin avaient quitté la 
saBe, tandis que las rocardiens et 
les amis de M. Chevènement 
avaient érras des réserves. 

Lors de la réunion du bureau 
exécutif du PS, le 21 novembre, 
M. Daniel Vaillant, jospiniste, 
membre du secrétariat national 
chargé des fédérations, a rappelé 
une nouvelle fois, sans être 
contredit, que les statuts du parti 
ne permettent pas la réintégration 
de militants exclus avant un délai 
de deux ans et que celle-ci ne 
peut sa faire que sur fa base de 
demandes inefividuefles. 

GUY PORTE 


a Antenne 2 en crise. 
Antenne 2 dans le rouge. Déra- 
page des dépenses mais aussi 
chute des recettes publicitaires. 
La régie ne ferait-elle pas son 
travail? 


POINT DE VUE 

Pour une nouvelle 
majorité 

par Jean-Michel Baylet 


Le Mouvement des radicaux 
de gauche réurrit son congrès les 
24 et 25 novembre à la Défense. 
Ancien président de cette for- 
mation, M. Jean-Michel Baylet 
explique ci-dessous que la 
France a besoin d'une nouvelle 
majorité, s centrale » et non 
ecentrista». 


D epuis i958, et surtout 
depuis 1962, la pratique 
institutionnelle a totale- 
ment déséquilibré la Constitution 
de la V- République. 

La vie publique française est 
dominée par deux figures. Celle du 
président de la République, qui 
tranche les questions les plus 
graves : crise du Golfe, construc- 
tion européenne, orientation géné- 
rale de l'action gouvernementale. 
Cefle, complexe et msateissable,. 
d'une opinion morcelée qui tente,, 
en occupant fa rue, de nouer le 
dialogue cfireet. avec le président 
précisément Ainsi procèdent les 
agriciéteurs. les lycéens, les fonc- 
tionnaires, et demain d autres 
catégories. 

Entre ces deux pôles de notre 
vie politique, que sont devenues 
les autres institutions ? Sclérose 

par son mode de scrutin et par ses 

pesanteurs internes, le Sénat ne 
contribue plus A V équilibre das 
pouvoirs. L'Assemblée nationale 
est déterminée par les méca- 
nismes de la bipolarisation, qui a 
condamnent à l'alignement sur fa 
pofitique gouvernementale. 

De son côté, le gouvernement 
gère, faute dê pouvoir réformer 
vraiment, face A fa coalition des 
conservatismes. 


Les partis essaient bien de s'in- 
terposer dans le dialogue entre le 
président et l'opinion, mais seule- 
ment en suivant les mouvements 
de cette dërnière. La cohésion 
sociale se dissout dans des mou- 
vements de rue, dont les partis 
ambitionnent de n’fttre que las 
mégaphones. 

La qualité d’une démocratie sup- 
pose l’équJlfore dés pouvoirs et la 
réhabilitation du mandat représen- 
tatif; Cependant, pour rendre son 
rôle au Parlement, 3 est nécessaire 
de. dépasser le grégarisme com- 
pact des majorités monolithiques. 

Les élections législatives de 
1988 avaient produit une configu- 
ration parlementaire presque 
idéale pour le déblocage du jeu 
politique. Cette chance n'a pas 
encore été saisie; faute que soit 
vralmént- organisée, è côté du Parti 
socialiste, une grande force de. 
progrès. 

Et pourtant, le récent débat de 
censure a' montré, sur une des 
questions-dés de fa modernisation 
française, que notre pays avait 
besoin -d'une nouvelle majorité. 
Une majorité centrale, et non cen- 
triste. Une majorité qui rejetterait- 
ias extrémistes et les conserva- 
teurs de tout poil. Une majorité 
associant tous ceux qui volent la 
France comme une grande démo- 
cratie, libérale en matière écono- 
mique, progressiste en matière 
sociale, vigilante quant aux libertés 
indMduelfas et soucieuse de sa 
plaça en Europe et dans le monde. 

P M. Baylet-est anden président 
du MRG. ministre délégué au 
tourisme. 


Décès de Roch Pidjot 
ancien dépoté de Nouvelle-Calédonie 


M. Roch Pidjot ancien député 
de NouveUe-Calédonie. est mort 
vendredi après-midi 23 novem- 
bre, à l'hôpital de Nouméa. Il 
avait quatre-vingt-trois ans et 
s'était retiré dê la scène politi- 
que depuis 1987. Le ministre 
des DOM-TOM, M. Louis Le 
Pensec, a rendu hommage à 
cette «figure exceptionnelle ». 

En Nouvelle-Calédonie, les siens 
l’appelaient affectueusement le 
«Vieux» Roch. C’était un sage. Un 
de ces Kanaks dont la parole était 
sacrée et dont la mémoire collective 
de 1a cofiummaifié mélanésienne gar- 
dera pieusement le souvenir. O vivait 
tranquille, Roch Pidjot chef placide, 
depuis 1937, de la paisible tribu de 
La Conception, aux portes de Nou- 
méa, quand un missionnaire catholi- 
que; contept de sa ferveur religieuse, 
l'embarqua dans la galère politique, 
en 1947, pour présider l’Union des 
indigènes calédoniens amis de la 
liberté et de Fondre (UICALO), à une 
époque où une poignée de commu- 
nistes égalés aux antipodes tentaient 
de prêcher l’union desdits indigènes 
contre l'administration coloniale et 
les «esclavagistes blancs». Le destin 
de ce modeste agriculteur en fut bou- 
leversé. 

Car le doux Roch Pidjot apparat 
dès lors comme l’incarnation pathéti- 
que d'une illusoire recherche du juste 
milieu. Avec Scholastique, sa 
maîtresse femme; toujours en guerre 
contre les ivrognes et les paresseux, il 
ne cessa de brandir «l'étendard de la 
liberté, mais de la mue liberté, et de 
ses deux saurs, l’égalité etla frater- 
nité, qui ne doivent avoir ni deux 
races , ni deux poids t ni deux 
mesures», comme disaient les 
affiches apposées par l’UICALO 
dans la brousse; Mais, plus il 
prêchait la tolérance aux couleurs de 
la République française, pins le cours 
des choses calédoniennes creusait le 
■ fossé qu’il essayait de combler entre 
ses frères de race et les calédoniens 
tTongne européenne;, 

Et si Roch Pfcfjot, promu contre 
son gré porte-drapeau officiel de la 


co mm u n a ut é mélanésienne, puis, en 
1956, président de TUnion calédo- 
nienne (qui militait alors pour «deux 
couleurs, un seul peuple» et pour 
l'autonomie de la Nouvelle-Calédo- 
nie), franchit tout naturellement tous 
les échelons de la carrière politique 
jusqu’à devenir, en 1964, le premier 
député calédonien de couleur noire, 
réélu sans interruption jusqu’en 1986 
sous diverses étiquettes centristes, 
puis apparenté socialiste, sa fin de 
parcours était inéluctable. 

Comme la plupart des hommes de 
cette génération mélanésienne, sou- 
vent humiliés par les autorités métro- 
politaines, r option indépendantiste 
émit au bout du chemin. Roch Pidjot 
s’y engagea A sa manière, en douceur, 
presque A contrecœur. S’il fallait ne 
retenir qu'un seul de ses propos, il 
faudrait citer cet avertissement qu'il 
lança dans les colonnes du Monde, le 
il juin 1976. sous le titre «La Nou- 
velle-Calédonie au bord du nau- 
frage» : «La Nouvelle-Calédonie 
attend toujours sa décolonisation. (...) 
Il faut savoir, que la situation des 
Mélanésiens est de plus en plus intolé- 
rable. (—) Nous sommes tous pour le 
maintien des liens avec la France 
mais (_) il y a de fortes chances que 
les Calédoniens envisagent, pour la 
survie de leur collectivité, de se tour- 
ner vers l'indépendance, en désespoir 
de cause.. ». Le FLNKS n'existait 
pas. Personne ne l'écouta. 

Quand le naufrage de la Nouvelle- 
Calédonie Ait consommé, en décem- 


- SL Et elle le fait bien. Ce n'est 
pas elle qui a failli; ce sont les pré- 
visions de recettes faites l’an der- 
nier qui étaient irréalistes. Dès 
mon arrivée, en février, je me suis 
employée A crier casse-cou. A 
expliquer aux pouvoirs publics et A 
la chaîne, l'état et le fonctionne- 
ment du marché, les contraintes et 
les règles d’un environnement très 
concurrentiel. Une régie ne vend 
que l’audience et les performances 
d’une chaîne. Celles d’ Antenne 2 
étaient en baisse; les conséquences 
devaient être tirées. 

» Ce travail indispensable de 
pédagogie s'est finalement révélé 
Fructueux puisque, en mai dernier, 
nous nous sommes mis d'accord 
avec la direction générale d’An- 
jtenne 2 sur un objectif de recettes 
Jdc 1,4 milliard de francs en 1990, 
c'cst-à-dire 400 millions de moins 
que ce qui avait été initialement 
décidé. Ce nouveau montant était 
réaliste; fi sera atteint. C’est d’ail- 
: leurs un succès A ne pas sous-esti- 
mer puisque les recettes globales 
jdc la régie d'Antenne 2, comme 
i celles de FR 3, dépassent de 10 % 
i simple part de marché. 

- 1,4 milliard de francs, c'est 
aussi l'objectif que vous assigne 
la loi de finances pour l'an pro- 
chain. La barre sera-t-elle fran- 
chissable ? 

- Je le crois. Antenne 2 donne 
Jdcs signes encourageants de retires- 
jsement. L’arrivée de Bruno Masure 
•a fait progresser de 33 % l’au- 
dience du journal de 20 heures. 
«Envoyé spécial» confirme sa 
bonne tenue de semaine en 
semaine... 


8 % en 1990 et 15 % ces dernières 
années. Le g&teau n'augmentera 
plus - ou presque, - alors que le 
nombre de convives devrait, lui, 
s'élargir avec l'arrivée de nouvelles 
chaînes comme Canal J et Sports 
2/3... 


- ... et la relance de la Cinq. 

- Bien sûr! La concurrence n’en 
sera que plus vive. Et peut-être 
plus encore pour FR 3 que pour 
Antenne 2. Par sa stabilité, la sécu- 
rité qu’elle offre aux annonceurs, 
la troisième chaîne a su, cette 
année, redevenir incontournable 
pour les annonceurs au détriment 
de la Cinq. Une stratégie payante 
puisqu’elle a permis, avec 526 mil- 
lions de francs de recettes, une 
augmentation de 30 % du chiffre 
d’affaires publicitaire de FR 3. 
Mais il est probable, cette fois, que 
te plafond est atteint malgré l’ex- 
ceptionnelle audience du journal 
télévisé régionaL 

- Redoutez-vous, comme cer- 
tains professionnels, une 
alliance privilégiée entre la Cinq 
et la centrale d'achat d'espaces 
publicitaires Carat ? 

- Ce serait totalement anti-déon- 
tologique. 

- Avez-vous obtenu des assu- 
rances sur ce point ? 

- Je n’en ai pas demandé. Ce 
n’est pas à moi de le faire. 

- On accuse également TF 1 
de fausser le jeu de la concur- 
rence en pratiquant volontaire- 
ment des tarifs très bas pour 
fragiliser les chaînes concur- 
rentes. 


- ... Claude Séritton connaît 
des débuts dSffiàles. 


bre 1984, après la réconciliation 
avortée de Namvïfle4e&-Roches l il se 
borna A tm constat d’évidence devant 
la situation insurrectionnelle. « Vos 
prédécesseurs ont semé le vent, vous 
récoltez la tempête », dit-il simple- 
ment A M. Laurent Fabius^ alors pre- 
mier ministre. Puis, te FLNKS ayant 
décidé de boycotter définitivement le 
Parlement, le «Vieux» Roch quitta 
la scène sur la pointe des pieds. 

C’est avec la même sérénité qu’il a 
quitté le monde des martels pour cet 
invisible au-delà où chaque Kanak se 
régénère pour l'éternité. 

ALAIN R0LLAT 


- H est trop tôt pour en juger. 
L’audience d’ «Une fois par jour» 
est en baisse, c'est vrai, mais 
l’émission contribue au rajeunisse- 
ment de la chaîne. Le pourcentage 
de ménagères de moins de cin- 
quante ans, véritable public cible 
des annonceurs, était de 21 % le 
mois dernier contre 19,7 % en 
moyenne au premier semestre. 

» Autre facteur d’espoir : P amé- 
lioration de notre politique tari- 
fai r e et de la rentabilité de nos 
écrans. Nos prix seront revus aussi 
souvent que nécessaire; nous prati- 
querons des ajustements réguliers, 
collerons aux événements excep- 
tionnels, offrirons toujours plus de 
souplesse avec notre nouveau ser- 
vice MiniteL Jouerons, enfin, de la 
complémentarité entre Antenne 2 
et FR 3 qui permet à l'audiovisuel 
public de devancer TF 1. Cétait le 
cas, le 15 novembre dernier, avec 
la diffusion simultanée d* «Envoyé 
spécial» et d'un film qui a permis 
aux deux chaînes réunies de totali- 
ser plus de 54 % de l’audience. 

- Le marché, lui. ne s'an- 
nonce-t-il pas moins dynami- 
que. 

- C’est vrai que nos prévisions 
pour l’an prochain ont été faites 
avant que ne soit connue l’ampleur 
de la récession du marché publici- 
taire au Royaume-Uni, aux Etats- 
Unis et au Canada. Avant aussi 
que ne débute la crise du Golfe et 
son cortège de conséquences : une 
certaine reprise de l'inflation ; des 
difficultés immédiates pour les 
industries liées à l’automobile qui 
représentent plus de 12% des. 
investissements publicitaires sur 
Antenne 2. La publicité télévisée 
ne devrait croître que de 5 % en 
France l’an prochain, contre 7 ou 


- Cessons d'accuser les autres. 
Ce n’est pas TF 1 qui décide des 
tarifs, c’est le marché. Dans l’in- 
dustrie ou le commerce, chacun est 
libre de fixer ses prix, de faire des 
offres de lancement ou de solder 
lors de quinzaines commerciales. 
S’il n'y a pas concurrence, il y a 
entente. 

- Que se passerait-il si l'on 
autorisait i nouveau les chaînes 
privées à couper plusieurs fois 
les séries et les téléfilms, 
comme y songe le député PS 
Bernard Schreiner? 


- Ce serait extravagant! Les 
écrans publicitaires diffusés pen- 
dant les coupures sont les plus pri- 
sés des annonceurs. Le public y est 
plus captif qu'entre deux émis- 
sions. Ce n’est pas pour rien que 
TF 1 réalise le tiers de son chiffre 
d’affaires avec ce type d’écrans. 
Autoriser les coupures multiples 
dans un marché stagnant, provo- 
querait un transfert, une véritable 
fuite des annonceurs des chaînes 
publiques vers les télévisions com- 
merciales. La mesure coûterait & 
Antenne 2 et FR 3 au moins 
200 millions de francs.» 


Propos recueillis 
par PIERRE-ANGEL GAY 


□ Création d’uue Fédération euro- 
péenne des Press Clubs. - Les 
Press Clubs et les Centres interna- 
tionaux de presse se sont mis au 
diapason de l’Europe, notamment 
des pays de l'Est et des Jeux olym- 
piques de Barcelone, en 1992, en 
enfant une fédération européenne. 
Lancée à l’initiative du Press Club 
de France, présidé par le journa- 
liste Emmanuel de La Taille et fort 
de I 200 membres, cette fédération 
a pour objectifs de « favoriser le 
dialogue, la collaboration et 
l’échange d'expériences» et de 
« défendre la liberté de la presse et 
le libre accès à l’information». Elle 
regroupe actuellement 20 000 jour- 
nalistes A Paris, Strasbourg, 
Bruxelles, Londres, Vienne, Barce- 
lone, Madrid, Francfort, Berlin, 
Varsovie^ Budapest et Moscou. 


i 








? 


1 








8 Le Monde ë Dimanche 25 - Lundi 26 novembre 1990 • 


A * 


EDUCATION 

Les réactions aux propositions de réforme des lycées 


Enseignants réservés 
et parents favorables 


Les premières réactions aux pro- 
positions du Conseil national des 
programmes (CNP) sur les lycées 
ne sont pas surprenantes. Pour le 
SNES (Syndicat national des ensei- 
gnements de second degré), le pro- 
jet du CNP est « une base inaccep- 
table de discussion ». Destiné en 
réalité «à économiser plusieurs 
milliers de postes d’enseignants ». il 
menace de « réduire les contenus 


d'enseignement et d’organiser de 
véritables parcours pour initiés per- 


véritables parcours pour initiés per- 
mettant à une élite de se construire 
des parcours de sélection ». Quant 
au système modulaire proposé par 
le CNP, il introduit au lycée «une 
logique de supermarché ». Enfin le 
métier d'enseignant serait rendu 


«plus difficile*, notamment par 
« i 'annualisation des services». 


Le SNA LC (Syndicat national 
des lycées et collèges) déplore que 
la seconde reste de détermination. 


« prolongement du tronc commun 
des collèges qui a conduit tant 


des collèges qui a conduit tant 
d’élèves à une situation d’échec», il 
estime que «l'enseignement de 
l'histoire et la géographie est le 
grand sacrifié ». Enfin, il « n’ad- 
mettra aucune dénaturation des 
fonctions d'enseignant». 

La réaction du SGEN-CFDT est 
beaucoup plus positive. L'effort 
sur la classe de seconde, la mise en 
place des modules semestriels et 
l'accent mis sur l'aide pédagogique 
sont autant de « points de départ 


Pour le SNI-PEGC (Syndicat 
national des instituteurs et profes- 
seurs de collège), les propositions 
du CNP «peuvent ouvrir la voie à 
la démocratisation du lycée». 

Du côté des parents, l’accueil est 
très favorable. Pour la PEEP 
(Fédération des parents d’élèves de 
l'enseignement public), « c’est une 
évolution positive dans un cadre 
stable, mais novateur». «On a un 
peu l’impression de retrouver son 
bébé», ajoute la PEEP qui plaide 
depuis des années pour un système 
modulaire au lycée. 

En fin la FCPE (Fédération des 
conseils de parents d'élèves) 
« approuve les points fondamentaux 
de la démarche du CNP». tout en 
demandant un débat le plus large 
possible sur ces questions. 


POINT DE VUE 


Souvenez-vous 
des professeurs 


par Elisabeth Badinter, Régis Debray, Alain Finkielkraut 
Elisabeth de Fontenay et Catherine Kintzler 


L E sursaut des lycéens est légi- 
time. Mais le pouvoir, après 
avoir été un moment dé- 
contenancé. semble y trouver, tout 
compte fart, l’occasion d’accélérer 
une réforme qui vise à destituer les 
professeurs et leurs disciplines. Or 
l’école est faite pour les élèves, 
maïs par les professeurs. On ne ser- 
vira pas las lycéens sans sauver 
l’école, et on ne sauvera pas l’école 
en flattant iss lycéens mais en assu- 
rant aux professeurs leur dignité : 
matérielle, sociale et symbolique. 

Cette réhabilitation difficile a été 
engagée par les soins du ministère, 
et la revalorisation est un bon 
début, nécessaire mais insuffisant. 
Déconsidérés, humiliés, les profes- 
seurs sont fatigués de devoir cha- 
que jour comparaître devant le tri- 
bunal de la réussite sociale et du 
système médiatique. Ds ne sont pas 
de simples prestataires de services, 
ils ont une mission qu’il serait 
temps que les plus hauts responsa- 
bles de la République reconnaissent 
et honorant : non seulement former 
des travailleurs qualifiés suscepti- 
bles de trouver un emploi, mais 
ouvrir les futurs citoyens à l’intelligi- 
bilité du monde. 


leur enseigner la même chose ? 
Est-ce à dire que pour élever 80 % 
d’une classe d’âge au niveau du 
baccalauréat, U faille achever de 
transformer les professeurs en ani- 
mateurs socio-culturels et les éta- 
blissements en < lieux de vie s ? 
Qu’est-ce. au fait, que cette «vie» 
tant vantée 7 Les blousons Chevi- 
gnon 7 La religion 7 L’actualité 
NRJ ? 


Garderies 
sans phrase 


Les lycées en bon état sont des 
lieux d’étude et de formation, ce qui 
ne veut pas dire qu’on y vit pas 
mais que la vie qu’on y mène 
échappe à l’emprise communau- 
taire. è l’obsession consumériste, à 
la presion de l’immédiat et au 
vacarme audiovisuel, qui empfissent 
aujourd’hui la société civile. Et, du 
reste, qui songerait à faire de Laka~ 
nal, d’HenrHV ou de Louis-le-Grand. 
des «lieux de vie»? Ces lycées 
demeureront des lieux d’étude tan- 
dis que les établissements des 
quartiers pauvres deviendront sous 
te nom de lieux de vie, des garde- 
ries sans phrase. Ce qui aura pour 
effet de prolonger et d’ancrer dans 
l’enseignement secondaire la cou- 
pure qui règne dans le supérieur, 
outre les facultés et les grandes 
écoles. Il y aura désormais les 


grands lycées préparant l’élite 
future aux grandes écoles, à l’abri 


Ce n’est pas en introduisant dans 
l’école la culture « hip-hop » qu’on 
donnera aux professeurs les 
moyens de bien faire leur travail. 
Pédagogie n’est pas démagogie, 
l’instruction publique ne doit pas 
devenir une sous-traitance de la 
communication sociale. Les élèves 
sont en droit d’avoir des maîtres 
qualifiés capables non de leur 
décerner des diplômes è l’encan 
mais de leur donner la culture géné- 
rale, les savoirs et les savoir-faire 
indipensables pour être fibre et pour 
s'orienter dans la vie. Encore faut-il. 
si l’on veut répondre à cette exi- 
gence, cesser de déqualifier les 
futurs professeurs pour en faire de 
bons enseignants, comme c’est le 
cas dans les instituts universitaires 
de formation des maîtres (IUFM), 
où. sous prétexte de « profession- 
nalisation», l'enseignement de la 
psychologie, de la pédagogie et de 
la communication marginalise l'en- 
seignement des disciplines. 

La papulation lycéenne a changé, 
c’est vrai. On est passé en quelques 

années d'un enseignement d'élite à 
un enseignement de masse, et 
cette nouvelle donne sociale pose 
des problèmes pédagogiques nou- 
veaux. Ce n’est pas ta même chose 
d’enseigner aux adolescents sous- 
protégés et surexposés de cer- 
taines banlieues et aux élèves du 
cinquième arrondissement de Paris. 
Est-ce è dire qu'on ne doive plus 


future aux grandes écoles, è l’abri 
de leurs grands mure, et des lycées 
sans murs envahis par le show- 
business et toutes les formes de 
« culture adolescente », et prépa- 
rant à des diplômes sans valeur une 
population dont nul ne se préoccu- 
pera plus de vaincre les handicaps. 

Telle est l'imposture de la 
réponse démagogique à la révolte 
des lycéens : elle transforme en 
objet d'adulation tout ce qui chez 
les jeunes devrait être, è l'inverse, 
l'objet de notre sollicitude. Il est 
douloureux de voir la gauche instal- 
ler fébrilement à l'école la société è 
deux vitesses qu'eHe ne cesse pour- 
tant de dénoncer. 

Si. comme on commence è le 
pressentir, les professeurs et les 
contenus de leurs enseignements 
devaient être sacrifiés au rappro- 
chement douteux de la jeunesse et 
du pouvoir, on aurait amplifié le 
désastre au lieu d'y parer. Il faut 
que les pouvoirs pubScs et l’opinion 
comprennent que (es professeurs 
détiennent une vérité fondamentale 
de l’école et, sans doute, la dé de 
sa survie. Seuls des états généraux 
sans truquage ni exclusive permet- 
tront aux professeurs de dire à 
quelles conditions la justice sociale 
et ('instruction publique peuvent 
aller de pair. 


► Elisabeth Badinter, Alain Fln- 
kieikraut, Elisabeth de Fontenay 
et Catherine Kintzler sont écrt- 


SOCIETE 


MEDECINE 


ün rapport sur les problèmes médicaux de la prostitction parisienne 

La santé publique sur le trottoir 


pour des changements en profon- 
deur». En revanche, il estime que 
le remodelage proposé des filières 
« risque de maintenir le statu quo». 

Quant au SNEP (Syndicat natio- 
nal de l’éducation physique), 
proche du SNES, il considère que 
le projet du CNP ne favoriserait 
pas «une véritable démocratisa- 
tion». Mais il ne peut que « pren- 
dre acte avec satisfaction » de l'aug- 
mentation proposée d’une heure 
hebdomadaire d'éducation physi- 
que. qui est une de ses revendica- 
tions essentielles. 


Un rapport officiel réalisé avec 
la contribution de près de deux 
cents prostituées parisiennes 
fournit pour ia première fois, 
une série de données concrètes 
sur les conditions da travail ainsi 
que sur les multiples problèmes 
médico-sociaux auxquels ces 
femmes sont confrontées. Au 
terme de leur étude, les auteurs 
de ce rapport se prononcent con- 
tre fa réouverture des « maisons 
closes» ainsi que contre le 
contrôle sanitaire imposé aux 
prostituées. Ce travail sera suivi 
prochainement d'une entreprise 
sans précédent d'information 
sur les principaux milieux pari- 
siens de fa prostitution. 

La publication du rapport 
« Recherche-action prostitution et 
santé publique» constitue un évé- 
nement, en même temps que 
l’aboutissement d’une enquête 
médicale exemplaire. C’est, en 
effet, la première fois qu’un groupe 
de prostituées - neuf an total - est 
associé, contre rémunération, & un 
travail officiel cherchant à « éva- 
luer les besoins de santé » de ces 
femmes vivant en marge de la 
société et, corollairemem, souvent 
exclues de tout système de protec- 
tion sociale. Seule une telle 
approche originale permettait d’at- 
teindre l’objectif retenu, tant le 
milieu de la prostitution peut être 
rétif et hostile & tonte forme d’in- 
vestigation le concernant; une 
approche rendue possible grâce à 
; l’étroite collaboration établie entre 
jde jeunes spécialistes du sida et 
quelques femmes connues pour 
[jouer un rôle important dans les 


différents milieux de la prostitu- 
tion parisienne. 

Les amateurs de spectaculaire ne' 
se satisferont nullement de ce' 
document de soixante pages, à mi- 
chemin du compte rendu épidé- 
miologique et de l’observation 
sociologique. Pour autant, ce texte 
fournit l’un des documents les (dus 
originaux, les plus riches d’ensei- 
gnement jamais écrits sur la prosti- 
tution parisienne, son vécu* et les 
conditions souvent sordides de sa 
pratique (1). 

Dès le départ, les auteurs de l’en- 
quête, épidémiologistes ou prosti- 
tuées, étaient d’accord pour recon- 
naître que, pour être efficace, la 
lutte contre le sida et contre les 
maladies sexuellement transmissi- 
bles imposait la connaissance des 
« pratiques prostitutionnelles » et 
celle des problèmes rencontrés par 
les femmes prostituées dans l'accès 
aux soins. «Demander à une pros- 
tituée si elle utilise le préservatif 
avec ses clients, si elle consomme 
des drogues, si elle est malade, si 
elle se soigne ou si elle est contami- 
née par le virus du sida relève delà, 
gageure, écrivent les auteurs du 
rapport. Chacune de ces questions 
peut être vécue comme une menace 
ou une agression. La prostitution 
est. à la fois, un commerce et une 
pratique non reconnue . entourée 
d’activités illégales qui doivent être 
tenues secrètes. Les questions appa- 
remment les plus anodines peuvent 
être ressenties comme redoutables 
ou douloureuses. L’affiliation à la 
Sécurité sociale, par exempte, ren- 
voie directement à la situation 
familiale, au mari, ou au concubin 
(qui peut être inculpé de proxéné- 
tisme) et aux enfants (parfois en 
nourrice ou menacés de placement). 
Le silence sur certains sujets est 
donc fonctionnel. Il peut être aussi 


culturel, comme tout ce qui touche 
à ta pratique professionnelle et à la 
relation au dienL,» 

-Au total, et grâce à l’action ^te 
M« Lÿdia Braggiotti, cette enquête 


a pu être menée à partir de qnes- 
tionnaires indivkluds auxquels ont 
accepté de' répondre cent quatre^', 
vingt-onze prostituées travaillant - 
me Saint-Denis ou aux portes de 
Paris. Les -<mquêteurs avaient bù- 
préalable fait circuler huit cahiers, 
d’écolier baptisés «cahiers de. 

■ confidences» portant les cachets 
officiels de la direction générale dè 
la santé et de l’Agence française de 
lutte contre le sida. La rue Saint-, 
Denis avait été divisée en trois sec- 
teurs différents, et la population 
masculine travestie du bois dé. ‘ 
Boulogne n’avait pas été' 
retenue (2). 


Va « bas 
d’ûrfonnxtion » 


Mieux que toutes les démonstra- 
tions, le contenu de ces -cahier*-, 
témoigne de la réalité vécue par les 
prostituées parisiennes d’aujour- 
d’hui. «Plus d'une femme sur deux , 
a un enfant au moins. Aux portes 
de Paris, la grande majorité de ces 


à cette enquête n’ont aucune cou- 
verture sociale. 75 % d eotI ^ ell “ 
déclarent avoir déÿà fut te ? 
dépistage. Pour ce qui est . . 8 
contamination par le virus du sida, 
plusieurs disent être séropositives. 
Au terme de cette Aude, panrn » 
« propositions d'action» 
rement retenues par ^femmes 
interrogées, on retrouve hdée dhm 
« bus d'information ». Cette proP 0- 

sition, à laquelle devraient collabo- 
rer différents spécialistes, méde- 
cins, travailleurs sociaux, 
prostituées, sera très rapidement 
mise en œuvre dans la capitale. A 
sa manière, elle témoignera de 
l’importance réelle du travail réa- 
lisé en amont, mais aussi «sur- 
tout, de l’urgence qu’d y a a Pans 
- - comme sans doute dans oe nom- 
breuses villes de province - à aæo- 
cier les femmes prostituées a la 
prise en charge de leur santé. Et, 
au-delà, & tout faire pour que, avec 
l'épidémie de sida, les responsables 
de la santé publique commencent - 
enfin - à s’intéresser à ce qui se 
passe dans la nie. 

JEAN-YVESNAU 


enfants ne vivent pas avec leur 
mire, peut-on lire dan« le rapport 


(l) «Recherche-action prostitution et 
■ santé publique ». Ce rapport, publié par le 


L’âge moyen des 191 femmes de * 
V enquête est de 32 xua (de 18 ans à 
62 ans). 50 % ont moins de 31 ans. 
et 70 % moins de 35 ans. Six 
femmes ont pfus de 50 ans-.L’âge 
moyen du début de ta prostitution, 
pour ce qui les concerne, est de 21 
ans. De 15 à 37 ans . 50 % dès 
femmes ont commencé à se prosti . 


tuer avant 20 ans, et globalement, 
la durée moyenne de la prostitution 
est de 11 ans. » 


Dans leur grande majorité, les 
femmes prostituées ayant participé 


santé publique ». Ce rapport, publié par le 
«entre collaborateur OMS snr le sida 
(Hôpital Claude- Bernard-Paris), a été 
rédigé par M” Anne CoppeL Lydia Brag- 
giotti, Isabelle de Vincenzi, Sylvie Bes- 
son. Rosemary Ancel le et M. Jean-Bap- 
tiste Brunet. II a été réalisé grâce au 
soutien fxmïtnrr de r Agence française de 
lutte centrale sida, de la direction géné- 
ral e de la santé (division sida) et de l’oeu- 
vre hospitalière de l'ordre de Malte. 

. (2) Dans cette enquête, la rue Saint- 
Denis a frit r objet d’une étude systémati- 
que. D’autre paît, les portes de Paris, oh 
se développent oe. nouvelles formes de 
prostitution, ont aussi été explorées 
(porte MaîHot, porte de Cliefay. porte de 
Saint-Oueo. boulevard Bessïères, boule- 
vard Ney. cours deVraeennes, Nation)- 


Lydia, corps et âme 


Chef du projet c Prostitution- 
santé publique», mère de deux 
enfants de seize et neuf ans, 
M» Lydie Braggiotti a les rires et 
l'enthousiasme contagieux de 
l’adolescente qu’elle n’a jamais 
été. Victime de ces solitudes pré- 
coces dont on ne ss remet pas, 
elle est, à quatorze ans, «dans la 
rue », cet espace marginal 
inconnu du plus grand nombre, 
où ia toxicomanie et le prostitu- 
tion font que le corp humain se 
détruit plus vite qu'ailleurs. 
Faut- 3 évoquer la volonté, i’intet- 
ligence ou une série de hasards 
pour tenter da comprendre com- 
ment cette femme a, en défini- 
tive, pu heureusement transfor- 
mer son destin? L'erreur, ici. 
serait d'utiliser l'image de l'an- 
cienne prostituée ayant réussi sa 
réhaM Station sociale. Personnage 
qu'eSe refuse à tout prix. 

L'histoire - son histoire - est 
plus complexe ou. si l’on peut 
dire, plus exemplaire. Elle est 
avant tout marquée par l'arrêt 
précoce ds la scolarité - un mois 
de triasse de cinquième. - suivi, 
pendant plusieurs années quali- 
fiées, faute de mieux, de 
«galère», d’une longue psycho- 
thérapie analytique. Déjà, Lydia 
était entre deux mondes. Consé- 
quence directe ou pas, la pre- 
mière éclaircie survint en 1983 
sous fa forme d'un contrat d'édi- 
teur pour participer à ce qui se 
proposait d'être la version fran- 
çaise du best-seller allemand 
Tôt» de Turc, plongée program- 
mée dans l'univers des autres. 


C’est aussi l’époque où l'on 
voit émerger le, sida dans les 
milieux de la toxicomanie. Un 
combat ne pouvant qu’en cacher 
un autre, celle que fa rue pari- 
sienne commençait è connaître 
par son prénom n’écrivit pas de 
livre, mais investit une bonne 
partie de ses quarante mille 
francs d'avance pour réaliser un 
film de mise en garde. Ce sera un 
long travail pour huit minutes en 
seize millimètres intitulées Sida 
et parenthèses; ce fut la pre- 
mière tentative de mise en 
images de ce que les chartes de 
télévision ne jugeaient pas 
encore nécessaire ou profitable 
de montrer. 


«Quelque chose 
de profoodôneat injuste » 


ÛuaDfïé de superbe par quel- 
ques spécialistes, ce film fut, 
d’une certaine manière, un suc- 
cès, dont l'auteur dit n'avoir tiré 
aucun bénéfice immédiat. Celle 
qui avait compris plus vite que 
d'autres le drame vécu par les 
séropositifs, celle aussi qui 
jugeait scandaleuse l'attitude de 
certains médecins devant ce que 
quelques-uns avaient baptisé 
« cancer gai » ne savait pas gérer 
ses investissements. 

Aujourd’hui, elle dit, dans un 
apparent désordre, sa mécon- 
naissance des circuits de distri- 
bution, ses très mauvais 
contacts avec le milieu associatif 
spécialisé dans le sida et, corol- 
laire, se hantise d’être un jour 
«récupérée» par fa droite, la 


"gaùcha oii par tous ceux qui ont 
trouvé dans cette, nouvèlle mala- 
die une source de. pouvoir ou de 
revenus. Entre-temps, il y avait 
eu un solide ancrage dans une 
HLM de banlieue avec un appar- 
tement plus grand que de raison, 
partagé, de temps à autre, avec 
ceux qui depuis la rué peuvent 
appeler eu secours. 

. L'important, ce fat aussi la ren- 
contre, en décembre 1984, avec 
l’équipe du docteur Jean-Baptisté 
Brunet, qui, è l'hôpital Claude- 
Bernard, réunit quelques-uns das 
meilleurs épidémiologistes du 
sida. Quand, en .1989, au 
moment dé l'affaire Jobâc et des 
bouleversements dans le monde 
de fa prostitution, efie apprit que, 
rue Saint-Denis, des question- 
naires non identifiés sur le sida et 
le comportement des prostituées 
commençaient d circuler, Lydia 
retrouva intactes ses capacités 
d'indignation et sut comment 
agir, c Ce n’était plus Jea séropo- 
sitifs que Ton voulait stigmatiser, 
dit -elle, mais les prostituées. 
Toujours dans ta même but : être 
tranquSe chez sol. Il y avait quel- 
que chose de profondément 
injuste pour celles que l'on dit 
voufoè réinsérer socialement, qui 
depuis longtemps font tout pour 
Amer contre les msbdws sexuel- 
lement transrmssfotos et qui. d la 
différence de leurs clients, ne 
bénéficient d’aucune protection 
sociale .» 

Tout s'organisa rapidement. Il 
y eut - c’était le 28 novembre 
1989 - une Journée d'informa- 


tion sida dans l'égliseiSamt- 
Merri, puis le soutien important 
de l’équipe OMS de l’hôprtar 
Claude-Bernard: D y étrtausshde 
multiples aides de fa direction 
générale de la santé, de l’Agence 
française de lutte contré le sida, 
des équipes d’actions du qua- 
trième arrondissement de Paris, 
ou encore dé Tordre de Malte. On 
vit descendre, quelques médecins 
dans ta rue avant de lancer une 
vaste entreprise qui, moins d'un 
an pjus tard, aboutit è ses pre- 
mières conclusions. ; 

. Lydia, aujourd’hui, a pris 
contact avec toutes celles qui, 
ces dernières années, l'avaient, 
de fait, précédée à la tête du 
mouvement de contestation des 
prostituées. Situant résolument 
son action au-delè de fa simple 
«revendication», elle sait aussi 
que l'information dans ce 
domaine, dépasse, et de beau- 
coup, le seul problème du sida. Il 
s'agit de «défendre les intérêts 
personnels des prostituées, qui 
sont des femmes, des mères et 
des citoyennes. Il s'agit aussi 
<T agir pour améliorer des condi- 
tions de travail qui se sont consi- 
dérablement dégradées ces der- 
nières années», dit-elle sans 
haine ni passion. Ole confie qu’a- 
près avoir été «chef de projet» 
elle souhaite approfondir un peu 
plus les problèmes de gestion de 
méthodologie d'enquêtes, avant 
de faire des études de psycholo- 
gie sociale. Continuer à tout 
entreprendre, en somme, poix ne 
jamais se faire récupérer. 

J.-V. N. 


SCIENCES 


Yvonne Rebeyrol et Joël de Rosnay lauréats du Prix de l’information scientifique 


vains et enseignants. Régie 
Debray est écrivain. 


Debray est 

r 


Attribué par l’Académie des 
sciences, le Prix de l'information 
scientifique 1990, d’une valeur de 
60 000 F, a été décerné à notre col- 
laboratrice Yvonne RebeyroL char- 
gée au Monde des rubriques 
Sciences de 1a Terre et Archéolo- 
gie, et & M. Joël de Rosnay, direc- 
teur du développement et des rela- 
tions internationales à la Cité des 
sciences et de l'industrie de La Va- 
lette. 

Ce Prix sera remis le lundi 
26 novembre avec les quelque qua- 
tre-vingt-dix autres prix décernés 
cette année par l’Académie des 
sciences. Créé en 1988. le Prix de 
T Information scientifique avait été 
attribué cette annéc-Jà à Martine 
Alfain-Regnault ( TF I) et au doc- 


teur Claudine Escoffier-Lambiotte 


(le Monde), en 1989 à M- Claude 
Cberid et a son équipe de la revue 
la Recherche. 

S’agissant de fa lauréate de 1990, 
l’Académie des sciences récom- 
pense une carrière commencée dès 
195 1 an journal le Monde. 

Chez Yvonne RebeyroL le dou- 
ble souci de vulgarisation et de 
rigueur était depuis longtemps 
connu des lecteurs de notre jour- 
nal Ses chroniques et ses ouvrages 
ont contribué à » réputation de 
compétence et de sérieux dans les 
milieux scientifiques les plus 
larges. Le Monde s’associe à cette 
distinction. 

H. T. 

(Née le 29 juin 1928 & Rouen, 


Yvonne Rebeyrol est licenciée en let- 
tres (histoire, géographie) depuis 
1948, diplômée d’études supérieures 
d’histoire (1949) et de cartographie 
(1952). EHe a prolongé sa formation à 
la Graciante School of Geography de 
la Clark Universicy de Worcester, 
dans le Massachusetts. 

D’abord ca rtog ra phe au Monde en • 
1951, elle est entrée ap service scienti- 
fique de la rédaction es I956,.chazg£e 
des sciences de la Terre, de T archéolo- 
gie. des régions polaires, etc. Médaille . 
d’argent de fa Société de protection de . 
la nature (1964) et de la 'Société ne- 
géographie (1965), Yvonne Rebeyrol 
est l'auteur de trois ouvrages édités ’ 
par La Découverte-* Monde: Lucy et 
les riens, chroniques préhistoriques 
(19S8); la Terre toujours recommen- 
cée au Trente ans de progrès dans les . 
sciences de la terre (1990), Tourbillons - 


« la machine des dintats 


. le 12 J’üin 1937 à TOe Maurice, 
JoH de Rosnay est docteur en sciences 
«diplômé du Massachusetts institnte 
Technology. Entre 1975 et 1984, il 
a été dir ecteur des applications de la 
reche«*e i nnstitut Pasteur. Depuis 
1985, il est directeur du développe* 
“ e * lt “ “es relations iaiernatiouaJes 

< fe dcoce l et de l’indu», 
tri e de La VîUette. Chroniqueur à 

l Expansion et ù Europe 1. professeur 
à 1 Ecole européenne de gestion. Joël 
de Rosnay. spécialiste des technolo- 
gies appliquées, est l’auteur d’un 
S™ d’ouvrages scientifi- 

ques destinés à un large public 

Fissrs ,iè 


/îôÂëi — il ae « tce 

Révolution biologique 
09821 Branchez- vous (1985), l’Aven- 
ture du virant fl 9881 


turc du virant (1988) çt l'Avenir'en 
r&vez (1989).] Avenir en 






- : :■*& 





■ÆM 







Air F 


A - 

i- M*.’ 


.f- 


r* 


, -d.- sjr* 

•■.•.s-aüJ- .y 

:«c . + ’ . 

.T“ . À. Jyjài ï “i 


: m . ^ 

T-,*# ♦ . ty......,- 


J. -bv* V'Ê" 

- , T'-:rrj 

• - _<j 

S, 4K-Ü» £ '■ : i ' 



. -..-«fi « 


r .. 






ses et Mon* 
ss pour le il 




■* »*«* «Mfe 
- *UL0ig 4P 

• • -’JM. ’■ 


■- ? >¥*• 4 
***** 


«HÉ 

««usÉm. la 

lu lu 




'•y* «r* 


-£•- 1 

- tri. -e/»' 


tm 


•-*», 1» i 



K: 3 l - ■ 

m 

r. . 

m 

■e -omA — - 


mi 

; rl 


: - ' * !-• 


; V; • 

.X- • L- • ‘ 

•• . : v " 






r* 

•W' . - 






. X 




i "'’V* 








****!&&* :■:■■ ‘ 




y*p r* 





*r ‘ =’/■ 


6F le trouoir 


ÜL •.+*■■■_. _. 
-*«**?• ._ - 

y y* t-- -•• • .• 

'Q'iÊf*-'— - 

***•••.> CT --._ . 

r ■^v-: -•■ ; 


f^s- ;-■ • ..... 

'"«■Av ■ • 

?.. ■ • 


fe-Wf.'c*' 

- • ■• ■• 

'.^j- ' - — - • 


«i. . •■ 




i.. .=* — •■ • - * • 


-• - 


*• • 

j*s-. *rr • 

ijÿw.*.. 

T^. - « 




ta ^ : • i - 


_, y ^ r.ftMiurihrû ^ ÛQn 

. ^ DERNIÈRE ÉDITION 

••• 1-e Monde • Dimanche 25 - Lundi 26 novembre 1 990 9 




C dédenché Air France en supprimant, 
(e 15 novembre, cinquante liaisons, 
en majorité internationales, au 
dfpart de onze villes de province, afin de 
rtduire ses pertes, qui ont atteint 170 millions 
de francs au cours du premier semestre 1990. 

M. Jacques Chérèque, ministre délégué à 
I aménagement du territoire, s’est étouffé de 
colère en apprenant la fermeture de ces Kgnw 
dont certaines étaient subventionnées par ses 
services. Il a écrit à son collègue de F équipe- 
ment et au premia ministre pour dénoncer ce 
mauvais coup fait à la province et demander 
de revenir sur ces décisions. 

Côté élus, on a entende gronder M. Robert 
Vffiouroux, sénateur et maire socialiste de Mar- 
seille, qui a dénoncé’ le « coup dur» que repré- 
sente la suppression de treize lignes an départ 
de l’aéroport de Marignane, plate>4brme la plus 
sacrifiée par la compagnie nationale. En Loire- 
Atlantique, M. Chartes-Henri de Cossé-Brissac; 
sénateur et président UDF du conseil général, 
demande malignement «r si la logique ^entre- 
prise ne prend pas le pas sur /'aménagement du 
territoire et l'intérêt général de sa population». 

II reçoit le renfort du président de la cham- 
bre de commerce et d’industrie de Nantes, ' 
M. Alain Mitsti&re, tout à fait courroucé 
d’avoir versé II millions de francs à Air 
France pour lancer les lignes Nantes-Düssel- 
dorf et Nantes-Milan aujourd’hui sacrifiées,, 
sans concertation, sur l’autel des économies 
pour cause de non-rentabilité. Dans un com- 
muniqué, la chambre de commerce et d’indus- . 
trie de Bordeaux proteste e énergiquement» 
contre la décision de la compagnie natimmig de - 
fermer la liaison Bordeaux-New-York, mesure 
qui * pénalise l'économie régionale». 

InghpO ' 

d’entreprise 

Dans l’argumentaire entendu ces derniers 
jouis en provenance de Ja province, on note 
tout d’abord la dénonoatioiLde la brutalité de 
la décision d’Air France. Certes, la compagnie 
a dépêché, avant l'annonce officielle, des émis- . 
sahes auprès des éhts et des organismes consu- 
laires concernés par son programme de restric- 
tions, mais ces messagers diplomatiques 
n’avaient pas pour mission (foitvnr des discus- 
sions. 

Outré le dépiTcJ’arvroif financé dés lignes- en 
pure perte, les provinciaux s’inquiètent de voir 
disparaître l’un des atouts-maîtres de la décen- 
tralisation des e n tre p rises. Car la recette magi- 
que pour attirer des emplois et des recettes 


— HEURES L0CAI.ES 

Air France déserte les régions 

Après le retrait de la compagnie nationale , les collectivités locales 
devront financer elles-mêmes les lignes nécessaires à leur développement économique 

protesbtiûas qu’a : — 1 r mais à une chambre de cor 




fiscales dans une région isolée comporte une 
autoroute, un. TGV et des liaisons aériennes 
internationales. En obligeant les hommes d’af- 
faires i faire le détour par Paris pour se rendre 
à F étranger ou en revenir,' la compagnie hbKq . 
nale porte atteinte aux espoirs - ou aux fan- 
tasmes - des aménageurs qui attendent impa- 
tiemment des implantations nouvelles, 
notamment étrangères. ’ 

Four sa paît. Air France estime qu’elle ne vit 
plus dans un univers de monopole et que la 
concurrence lui impose de nouveaux comporte- 
ments sous pèine de disparition à terme. Déjà, 
elle a des compétiteurs sur toutes ses lignes et, 
dans les deux ans, plus aucune réglementation 
ne viendra empêcher- d’autres compagnies 
européennes de casser les prix et de hri prendre 
sa . clientèle. Pour être en mesure de réagir à 
cette échéance, elle entend se débarrasser de 
lignes déficitaires souvent peu fréquentées 
comme Bordeaux-Porto (douze passagers par 
vol) ou Nantes-Düsseldorf (seize passagers) et 
ne plus subventionner, en quelque sorte, ceux 
qui les utilisent. Les. subventions d’Etat ou des 
collectivités locales vivent leurs derniers jours 
et ne seront plus accepté® au niveau eu r opée n 
que dans des conditions de plus en plus 
strictes. Le groupe Air France ne peut donc 
plus se soustraire à la logique économique quf 
veut que les mouvements du marché donnent 


lieu à des décisions appropriées et immédiates. 

u Mieux vaut développer des formules prati- 
ques d" acheminements quotidiens ou multiquoti- 
diens avec de bonnes correspondances à Paris, 
plutôt mie de s'acharner à soutenir artificielle- 
ment des vols directs peu fréquentés», estime 
Air France, tout en clamant haut et fort son 
intérêt pour les dessertes de province. La com- 
pagnie rappelle que pour une cinquantaine rte 
lignes fermée s (qui feront économiser plus de 
300 millions de francs par an), il en reste 200 
vers l’étranger et les départements d’outre-mer, 
et que ce sont de belles et bonnes liaisons qui- 
servent autant aux régions et aux passagers 
qu’à la compagnie. 

Un rapport, cosigné par un inspecteur des 
finances et un inspecteur général de Faviation 
civile, &it te point sur e l'aide de la DATAR à 
la création de lignes aériennes »; il vient à 
point nommé nourrir ce débat (l). Institué en 
197J, le mécanisme d’aide - toujours en 
vigueur - a incontestablement permis de déve- 
lopper un réseau provincial qui ne comptait 
que. cinq lignes directes province-Europe en 
1970. T'aide était destinée à encourager la. 
création' de Baisons «susceptibles à terme d’une 
exploitation financièrement équilibrée». Elle 
devait couvrir une partie seulement du déficit 
initial, être temporaire (trois ans) et dégressive. 
Elle n’était pas attribuée à un transporteur, 


' mais à une chambre de commerce qui complé- 
tait le financement 

En dix-neuf ans, 21 1 décisions favorables ont 
été prises; elles ont donné lieu à 184 créations 
de lignes radial® vers Paris, transversal® ou 
internationales. 1 14 ont survécu. La cessation 
d® exploitations s’explique par la faible fré- 
quentation d® vols et par l'affectation d® 
ligna à de petit® compagnies dont la flotte et 
tes horaires ne sont pas toujours adaptés. Leurs 
tarifs non plus, malgré une subvention - 
moyenne en 1989 de 309 francs par passager. 
Le prix d'un billet aller-retour Paris-Ctermont- 
Ferrand s’élève à 1 250 francs sur Air Inter et à 
2 028 francs pour un aller-retour Paris-AuriDac 
sorTAT. 

Lejeu 

de la concurrence 

Notant que la Fiance est le pays au monde 
qui subventionne le plus de lignes aériennes, ’ 
tes rapporteurs prédisent «le poids croissant de 
kt logique de marché». Os proposent que, l'aide 
permanente de FEtat disparaissant, I® collecti- 
vités local® s’impliquent financièrement de 
plus en plus. Ils souhaitent que; dans 1e cadre 
de contrats Etat-région, soient avantagées 1® 
ligna transversal® et internationales au départ 
de FOuest et tes liaisons avec tes plates-formes 
de Roissy-Charies-de-GauUe et de Lyon -Sa to- 
las. 

fl ®t exclu que le président d’Air France 
revienne sur ses décisions ou qu’il rembourse 
d® subventions déjà versé® comme l’eu som- 
ment certains élus en colère. Le ministre de 
tutelle ne lèvera pas le petit doigt pour 
contraindre la compagnie. II ne reste plus aux 
élus et décideurs régionaux qu’à jouer la carte 
toute neuve de la concurrence que leur tend 
l’Europe, et à s’entendre avec d’autres trans- 
porteurs pour créer tes ligna aériennes qu’ils 
jugent nécessaires pour leur vie - ou leur sur- 
vie - économique. Ils feront bien de se souve- 
nir que cela coûte cher. M. Attali, président 
d’Air France et ancien patron de la DATAR, 
ne souhaitait-il pas ironiquement * bonne 
chance», il y trois semaines, à ceux qui vou- 
draient reprendre la vols qu’il s’apprêtait à 
abandonner? 

ALAIN FAUJAS 


(1) Rapport sur l'aide à ta création de lignes 
aériennes, octobre 1990, par MM. Claude Villain et 
Jean Chappert. 


MOFF 

première 

A grand renfort de publicité, le 
ministère de l'économie et 
des finances annonce une pre- 
mière dans les relations entre 
FEtat et les collectivités locales. 
Le département d'Eure-et-Loir va 
innover pour gérer sa trésorerie 
en ayant recours à un instrument 
moderne de financement e jus- 
qu'alors réservé , précise le quai 
de Bercy, aux grandes entre- 
prises». Ce mécanisme s'appa- 
rente è un accord de crédit 
consenti par une banque, qui 
permet à l’emprunteur d’opérer 
certains choix, au moment de la 
mobilisation du prêt ou de son 
remboursement, portant sur le 
taux, b durée ou b montant de 
b somme empruntée. Les spé- 
cialistes connaissent cette for- , 
[ mule souple sous b sigie anglais 
MOFF, ce qui signifie en français 
«facilités financières è options 
multiples a. 

MM. Bérégovoy et Charesse 
prennent soin de souligner que 
l'objectif poursuivi est d'alléger 
les charges des collectivités 
locales, d'améliorer leur gestion 
et de les familiariser avec les 
arcanes du marché financier. 
'Que le Trésor et les villes, 
départements et régions coopè- 
rent pour faire en sorte que les 
collectivités locales ressemblent 
aux acteurs économiques les 
plus performants, bravo! Mais 3 
fout rendre è César ce qui lui 
appartient. C'est b région Ile-de- 
France qui. au chapitre des 
MOFF. a donné b b en novem- 
bre 1988. imitée ensuite par ta 
région.de ta Réunion et b syndi- 
cat mixte d’ébctrificaiion de b 
Basse-Normand». 

Le MOFF d'Ile-de-France, mis 
au point avec l'appui du Crédit 
national, permet è b région capi- 
tale de disposer d'une réserve 
d'emprunt de 1,5 milliard de 
francs sur douze ans, auprès de 
cinq grandes banques : Indo- 
suez, Paribas, Crédit fonder, 
Crécfit municipal de Paris et l'une 
des premières banques japo- 
naises, Dai Ichi Kangyo Bank. 

F.Gr. 


Nîmes et Montpellier 
unies pour le meilleur 


Les sœurs ennemies se réconcilient 
en vue de l'Europe de J 993 


Tomi Ungerer, banquier de la culture 

L artiste alsacien mobilise les énergies sur des projets culturels communs à la grande région rhénane 


, MONTPELLIER 

de notre correspondant 


O N croit rêver! Voilà deux 
maires qui, O y a encore un 
an, se tournaient te dos, qui 
ne s'adressaient même pas 
b parole; et qui se retrouvent soudai- 
nement réconciliés sur Faute! d’un 
«pôle Montpellier-Mmes », formule 
officialisant la naissance d’une coopé- 
ration entre tes deux cités. En signant 
le lundi 19 novembre une charte pour 
«un positionnement international», 
Georges Frêche, le maire so c ia li ste de 
Montpellier, et Jean Bousquet, maire 
apparenté UDF de Nîmes, ont sou- 
haité mettre fin à d® sièctes de rivali- 
tés afin de «mieux armer leurs vides 
face à l'Europe de 1993». 

Une commisskrft mixte paritaire de 
24 membres issus de chacun des 
conseils municipaux aura pour mis- 
sion de définir, puis de mettre en 
application d® objectifs communs. 
Certains relèvent directement de la 
gestion municipale ou parsmnmci- 
pale. fl sera fecüe, par exempte, d-har- 
moniser b programma i bon dp Zenith 
de Montpellier et des arènes de 
Nîmes, de coproduire des spectacles 

ou de concevoir des c a mpa g n es com- 
mune de promotion touristique. 

Départements 

«désuets* 

Dans d’autres domaines^cc pôle 
permettra amplement de jsner <Tune 
même voix en espérait être nueux 
entendu , notamment de la DAi ak. 
Ainsi les deux cités vont militer pour 
h création d’une nouvelle desserte 
ferroviaire rapide 

Hement de l'autoroute A 9, & a*™ 
d’une université de technologie du 
Sud, ou encore d’une chaîne de téfévi- 
âon hertzienûecofflmune; au sujet de 
laquelle elles vœu bientôt interroger 
le CSA. 

Ce rapprochement, contre nature 
pAw certains, est pour le moins spec- 
taculaire; compte tenu du lourd pasw 


entre tes deux vütea. L® deux maires, 
cependant, ne font qu'accompagner 
une réalité. Alors que Béziers et Nar- 
- bonne freinent une. entité au sud du 
Languedoc^Roiissillc», Montpellier et 
Nîmes ont bénéficié d’un apport 
continu de population depuis dix ans, 
formant un bloc homogène dé 
700 000 habitants, qui a aboli la 
fameuse frontière naturelle du Vidou- 
tte. 

An, plan politique, Georges Frêcbe 
n’a rien à attendre du conseil régional 
présidé par son adversaire UDF Jac- 
ques Blanc. De son côté, Jean Bous- 
quet semble, prendre des distances 
avec son actuelle majorité régionale, 
ré rapprochant à. pas feutrés du cen- 
tre. Par ailleurs, tes deux hommes 
entretiennent nn contentieux avec 
leur conseil général respectif L® rela- 
tions sont gelées, entre le socialiste 
Gilbert Baumet, président du conseil 
général du Gard, et Jean Bousquet. 
Êtes ne sont guère plus ti&des entre le 
socialiste Gérard Sanmade et Georges 
Frêche dan»; F Hérault Le maire de 
Mantpeîîîer reproche au département 
de privilégier tes commun® rural® 
au détriment- de b capitale régionale. 

Face à d® départements jugés 
«désuets», lé nouveau pôle se donne 
le rôle du sauveur: L® deux maires 
partagent la même analyse sur FEu- 
rope de 1993 qui devra se faire 
« autour d'une vingtaine d’eurocités 
fortes m France». 

Des points de désaccord subsistent 
Ainsib charte reste-t-elle, floue sur le 
TGV Sud-Est et l'installation de la 
future gare, un enjeu pourtant majeur 
des dix prochain® années. Jean Bous- 
quet souhaite la voir entre 1® deux 
villes alors que Georges Frêche la 
veut à Montpellier. Sur ce sujet, 
ffunm e'air^ d’autres^ oo temporise, en 
expliquant que la coopération ne Eût 
que c omm encer. Toutefois, les deux 
maires devront apporter d® résultats 
concrets, sons pdne de voir leur ini- 
tiative tomber dans les oubliettes déjà 
bien remplies d® coups médiatiques 
sans lendemain, 

JACQUES MONIN 


| STRASBOURG 

de notre envoyé spécial 

A U quatrième étage de cet 
immeuble strasbourgeois 
très bouqpsois, Tomi Unge- 
rer installe dans d® meu- 
bla flambant neufs le siège de sa 
Culture Bank. Une sorte d’apparte- 
ment-bureau : à gauche la cuisine, à 
droite le bar et, au-delà de b grande 
table ronde qui servira pour tes repas 
et tes réunions, l'enfilade d® bureaux 
blancs et noirs fermée par une 
immense glace murale. Le tout éclairé 
par des tambours de machin® à laver 
transformés en lamp® design. Le 
décor est dans te style de l'institution 
et de celui qui Ta inventée. 

Tomi Ungerer, c’est un peu reniant 
terrible de l’Alsace. Dessinateur foi- 

LIRE ÉGALEMENT 

Dossier : 

Le surendettement 
des communes 

Une quarantaine de villes 
sont dans une situation 
financière catastrophique. 

Le gouvernement a mis -en 
- chantier une réforme de la 
comptabilité publique. La 
.. mode du rating, en vigueur 
aux Etats-Unis depuis, 
soixante-dix ans, gagné la 
France. En Belgique, la fail- 
lite de certaines villes est 
devenue une affaire d'Etat 

■. La campagne amérU 
caine d'Eviy ■ Crépuscule 
industriel è Maubeuge ■ 

Lee métropoles revien- 
nent en force ■ Débat : 

Au secours des élus 
minoritaires ■ Téléaffi- 
chage à Caen. 

Pages 10 è 12 


sonnant et cruel, auteur de {dus de 
cent albums pour enfants et adultes, 
engagé dans tout® tes causa de son 
temps, c’est une célébrité aux Etats- 
Unis, en Suisse et surtout en Alle- 
magne. Sa passion pour Strasbourg, il 
a déjà eu Foccasioc de la manifester 
en léguant à sa ville natale 7 000 des- 
sins, sa collection de poupées; eu 
sculptant sur une de s® plaça une 
fonréîne publique en forme de tête de 
Janus. La Culture Bank est sera nou- 
veau cadeau. 

L’idée lui en est venue au début de 
l’année^ explique-t-il, au cours d’une 
conversation chez lui avec Lothar 
Spath, le ministre-président du Land 
de Bade-Wurtembeig- Elle est simple. 
L’Alsace et res voisines, allemand® 
ou aiisses, ont du mal à lancer et sur- 
tout à promouvoir tes projets cultu- 


rels communs qui illustreraient la 
grande région rhénane, colonne verté- 
brale de FEurope continentale. Faute 
d’avoir compris, estime Tomi Unge- 
rer, que de tels projets sont mort-nés 
s’ils ne sont pas largement annonçés 
rfanc tes médias, abondamment finan- 
cés et, d’abord, convenablement 
conçus. 

Projets 

baladeurs 

Premier objectif donc de la Bank : 
être ce que son nom annonce aussi, 
c’est-à-dire une grande banque de 
donné® rassemblant 1® adressa 
commentées de tous I® communi- 
cants dans tous les moyens d'informa- 
tion. Lothar Spath a déjà donné son 
fichier. Le financement ensuite. Pour 


Tomi Ungerer, non vient en France 
de découvrir le mécénat et on est en 
train de le gaspiller. On sollicite les 
mécènes en ordre dispersé pour des 
projets trqp particuliers ou mal prépa- 
rés. » La Culture Bank devrait donc 
avoir pour rôle «r d’obtenir une meil- 
leure rentabilité de l'argent demandé 
aux sponsors » en tes invitant à soute- 
nir des projets mieux câblés. 

Quels projets? D® manifestations 
culturelles «gjobates», «intégré®», 
explique Tomi Ungerer, organisé® 
par la régions rhénan® ou d’autres 
région; européennes, pouvant être 
présenté® dans plusieurs villa 
moyennes qui, elles, une sont pas 
comme les métropoles saturées de 
culture». 

JACQUES-FRANÇOIS SIMON 

Line b sorte page 10 


ECOLE NATIONALE 
D’ADMINISTRATION 

Vous avez moins de 39 ans 
et 8 aimées d’expérience professionnelle 
(hors fonction publique) 
ou de mandat électif local 

Vous pouvez vous inscrire jusqu’au 10 DÉCEMBRE 1990 (inclus) 
à l’épreuve de sélection * 

DU CYCLE DE PRÉPARATION 
AU 3 e CONCOURS 

qui commence à l’automne 1991 

Renseignements et inscription 
E.N.A. - 13, rue de l’Université - 75007 Paris 
TéL : 49-26-43-25 et 49-26-4443/Minitel : 3615 ENA 

• La rfeaioo K défraiera ân cours du 2* trimrsre 1991. 


■ •' 

uv:; ' •' 
- ‘ 




i - 

■’ r '■ 


Æ 

i ~ 







,Mô£ 





10 Le Monde • Dimanche 25 - Lundi 26 novembre 1990 ••• 


HEURES LOCALES 


DEBAT 


BLOC-NO TES 


Au secours des élus minoritaires Agenda 


Un entretien avec M. Xavier Dugoin , député (RPR) 
et président du conseil général de l'Essonne 


Maire (RPR) de Mennecy, député et président du 
conseil général de l’Essonne. M. Xavier Dugoin dépo- 
sera six amendements au projet de loi Joxa. Us visent 
à donner des droits et un véritable statut aux élus 
minoritaires dans les conseils municipaux. 

<r Pourquoi avez-vous décidé de prendre la 
défense des élus minoritaires ? 

- J'ai été conseiller municipal d’Etampes de 1983 
à 1989 : une mairie dirigée par les communistes. J’y 
ai constaté que les élus minoritaires ont peu droit de 
cité. Dans une municipalité, de droite comme de 
gauche, si le maire n’est pas un démocrate scrupu- 
leux, il peut interdire aux minoritaires de parler, de 
siéger dans des commissions, de travailler, et tout 
cela de la manière la plus légale. Ces élus se rendent 
quelquefois aux séances du conseil en sachant qu’ils 
vont en prendre «plein la tête». Ce stress peut les 
empêcher de s'exprimer. 

» Il faut que les élus minoritaires, qui représen- 
tent environ 10 000 personnes, aient un certain 
nombre de garanties et qu'elles leur soient données 
par la loi. Le code des communes ne fournit pas 
- pour l’instant beaucoup de moyens juridiques de 
faire quelque chose. Le mode de scrutin en vigueur 
depuis 1983 fait que la majorité (même d’une seule 
voix) dispose de trois quarts des sièges, un quart 
restant aux minoritaires. Cela a permis ae dégager 
des majorités, ce qui est une bonne chose; il ne faut 
pas que cela serve à étouffer l’expression des minori- 
tés. 

- N'est-ce pas la même situation dans les 
autres collectivités territoriales ? 

- Les potentats locaux, on les rencontre surtout à 
la tête des communes, parce que les départements 
ou les régions sont plus une affaire de profession- 
nels. Il y a dans ces instances un certain consensus 
pour que les droits des minorités soient tout à fait 
reconnus. 

- Vous proposez la notion de «groupes minori- 
taires » alors que le texte de la loi dorierrtation 
faisait état d’ a élus minoritaires a. Dans quelle 
intention ? 


public. La représentation de ces groupes doit être 
assurée dans les commissions qui préparent l’ordre 
du jour des séances du conseil municipal. 

- Vous êtes maire et président de conseil géné- 
ral. donc majoritaire. Avez-vous mis en pratique 
les principes que vous défendez ? 

- Dans ma commune de 12 000 habitants, les tra- 
vaux du conseil municipal sont régis par un règle- 
ment intérieur que j’ai fait voter. Un chapitre donne 
un certain nombre de droits aux élus minoritaires, 

3 ui disposent d'un local dans ma mairie. Les prés- 
ents des commissions techniques, les présidents de 
groupes politiques siègent à la conférence des prési- 
dents. qui prépare l'ordre du jour des réunions du 
conseil municipal Je réserve une place pour les élus 
minoritaires dans les huit commissions techniques 


qui gèrent les problèmes concrets de ma commune. 
Chaque groupe dispose d’une page de libre expres- 
sion dans te bulletin municipal qui paraît deux fois 


sion dans te bulletin municipal qui paraît deux fois 
par an. 

» Ces moyens doivent être proportionnels à la 
taille des communes. Dans une ville plus impor- 
tante, les minoritaires doivent avoir un bureau, des 
moyens de communication et de duplication. Dans 
ma commune je demande également au moins deux 
jours francs avant chaque séance du conseil munici- 
pal pour que les groupes minoritaires me transmet- 
tent leurs questions, qui sont inscrites sur un regis- 
tre spécifique. J’y réponds sans débat en fin de 
séance du conseil municipal et ma réponse est mise 
sur le cahier consultable par tous mes administrés. 
Cela évite que les minoritaires disent n’importe 
quoi : une question écrite est forcément précise et 
non agressive. 

» Si quelqu'un désire poser une question en fin de , 
séance, j’ouvre alors le débat. Le rôle du minoritaire , 
est de proposer afin que la majorité, si elle n’est pas 
trop sectaire, prenne en compte son avis. Dans le 
conseil général de l'Essonne que Je préside, tous les 
conseillers sont rémunérés (13 OOÛ francs par mois) 
et disposent de locaux. 

- Votre participation constructive à la discus- 


- il y a deux types de minoritaires. Les dissidents 
une liste : des problèmes peuvent toujours interve- 


s Ion de la loi Joxe ne vous met-elle pas en porte- 
à-faux, vos collègues du RPR refusant en bloc ce 
projet de toi? 

- Je ne suis pas manichéen et je saisis l’occasion 
que me fournit ce projet de loi pour aborder le pro- 
blème des minorités, qui méritent un statut particu- 
lier. Je n’ai eu aucune interdiction, ni aucun oukase. 
Au forum des élus minoritaires organisé par le 
MNEL le 10 novembre à l’Hotel de Ville de Paris, 
MM. Chirac, Pasqua, Longuet et Bayrou ne m’ont 
pas semblé hostiles à l'esprit des amendements que 
j'ai présentés. Il va, en revanche, certainement se 
trouver un certain nombre de notables pour dire : 
«Surtout, ne changeons rien au système!» 


d'une liste : des problèmes peuvent toujours interve- 
nir dans la vie d'un groupe d'une trentaine de per- 
sonnes au cours des six ans d'un mandat. La plupart 
du temps ils ne représentent qu'eux-mêmes. II y a 
par ailleurs ce que j'appelle un «groupe politique». 
Il n’est parfois composé que de deux ou trois per- 
sonnes qui se sont présentées devant les électeurs 
sur un programme. 

» Je propose que l’on fournisse des moyens maté- 
riels (un local par exemple) aux élus minoritaires 
regroupés au sein de groupes, qu'ils puissent en tant 
que tels poser des questions orales en séance du 
conseil et que leur position soit présentée dans les 
dossiers d information mis à la disposition du 


Propos recuèîflis par 
USTOPHE DE CH ENA Y" 


Tomi Ungerer, 
banquier de la culture 


T B C H N I Q U E 

TRANSPORTS URBAINS 


Suite de la page 9 

Des exemples : faire voyager le 
Festival de bandes dessinées d’An- 

S ulêrae ou la Foiré au livre d’en- 
its de Montreuil créer une expo- 
sition culture-économie à Stuttgart, 
mettre à l’eau le chaland rhénan 
A muséum, espace de création 
ambulant proposé aux enfants, aux 
éducateurs et aux artistes». 

«J’ai trois moteurs dans ma vie, 
avoue Tomi Ungerer, l’enthou- 
siasme. la disâptine et le pragma- 
tisme. » L'inventeur de la Culture 
Bank n'aura pas trop de ces trois 
qualités pour aller au bout de sa 
nouvelle aventure. A la fin du mois 
seront déposés les statuts de l’asso- 
ciation - de droit local alsacien - 
chargée de la gérer et dans laquelle 
on trouvera des artistes, des ban- 
quiers, des industriels, français, 
allemands et suisses comme les 
représentants du Crédit mutuel de 
Strafor, Siemens, Daimler-Benz, 
Hewlett-Packard, Burda... Trois 
vice-présidents sont prévus, un 


Français, un Allemand et un Suisse. 
Enfin, un comité culturel - « vraie 
cellule créative» de la banque - 
groupant des personnalités de tous 
horizons aura pour tâche d'aider 
Tomi Ungerer à choisir les projets 
et éventuellement de les élaborer. 

Depuis le 19 novembre, le finan- 
cement de l’association est officieu- 
sement assuré : 300 000 marks sont 
versés par le Land de Bade-Wur- 
temberg; 300 000 le seront par la 
région Alsace, le département du 
Bas-Rhin et la ville de Strasbourg 
qui a déjà fourni l’appartement où 
est installée la Culture Bank. 

L’Alsace comme beaucoup de 
régions françaises se plaint d’être 
méconnue ou mal connue. Elle a là 
l'occasion de sortir de ce que Tomi 
Ungerer appelle «son escargo- 
tisme » et d'accompagner la 
démarche originale que lui propose 
un de ces artistes les plus renom- 
més. 


Téléaffichage 


CAEN 

de notre correspondant 


aVenoix, ligne 2. uns minute 
de retard.» A Caen, les usagers 
de la Compagnie des transports 
de l'agglomération caennaise 
(CTAQ connaissent précisément 
leur temps d'attente des bus. 
InstaSée depuis 1984 aux princi- 
paux arrêts, la première généra- 
tion de sept grands panneaux de 
téléaffichage Topai ex laissera la 
place au printemps 1991 à une 
deuxième génération pfus perfor- 
mante, baptisée Topatex 2. 


JACQUES-FRANÇOIS SIMON 


27 MILLIONS 
DE FRANÇAIS CONCERNÉS 


Un projet de statuts pour les personnels des 
bibliothèques territoriales met en péril le service rendu 
aux habitants de 35 000 communes. 

Les petites bibliothèques municipales et les réseaux 
ruraux des bibliothèques centrales de prêt des 
départements voient disparaître l’exigence d'une 
qualification professionnelle. 


Dans quarante-quatre points 
d'arrfit de moindre importance, 
des bornes pfeis petites, avec s« 
Sgnes d Informations, donneront 
en permanence aux passagers 
les horaires précis de passage 
des bus, leur retard éventuel et 
leur destination finale. A terme, 
l'ensemble des vingt Sgnes de b 
CT AC devraient être équipées de 
quelque deux cent cinquante 
bornes de téléaffichage. 

L'ancien procédé fonctionnait à 
partir de Saisons téléphoniques, 
le nouveau utiEse une fréquence 
radio FM, technique mise au 
pont par le CERLOR, un des cen- 
tres de recherche de Télédiffu- 
sion de France : diffusées sur un 
signal radio, les i nfo rmati o ns s'af- 
fichera sânuftanôment sur toutes 
les bornes. 


- Pour les conseils généraux, pour les maires, 

- Pour leurs administrés, 


— La formation professionnelle des agents de toutes 
bibliothèques, validée par un diplôme national, doit 
être un préalable impératif à tout recrutement 


Les premiers résultats de 
l'opération caennaise, considérée 

comme ptore, sont attendus par 
de nombreux syndicats de tran- 
sports en commun. 


JEAN-JACQUES LER OSIER 


Ces diplômes existent, ils font leurs preuves 
quotidiennement pour une décentralisation réussie ; 
exigeons les meilleures compétences. 


Association des directeur» 
de bibliothèques centrales de prêt - (ADBCP) 
Siège social : 73, Chemin de la Verchère 
71850 CHARNAY-iès-MACQN - TéL : 85-29-22-00. 


Ce supplément a été réalisé 
avec b collaboration de Rafaéle 
Rivais. Eric Decouty et de nos 
correspondants : Ginette de 
Matha (Bordeaux), Jean-Marie 
Deroy (Beauvais), Jacques Dou- 
menc (Faix). 


a Nouvelles technologies. - La 

délégation int e rministérielle à b 
ville, l'OCDE, f association des 
maires de France et Urba 2000 
organisent un colloque 
international sur « Les viHes et les ; 
nouvelles technologies », du 26 «j 
28 novembre, à la Cité des 
sciences et «te l'Industrie de . 
Paris-La VBette. Cette 
manifestation fera intervenir les 
marnes de plusieurs métropoles du 
monde entier. 


leurs 'applications (mçrtétique, 
Identification, gestion), seront . 
présentés au troisième salon 
international de b carte. Srçpfa d& 
temps : cëne année, une journée 
entferé sera consacrée, mercredi 
28 novembre, aux expériences 
réafisées par les collectivités 
' locales etles munidpalhés. 
CTOT-ta Défense, du mardi 27 au - 
vendredi 30 novembre. . . 


Nominations 


► Renaefgnen ren te au (16-11 
48-09-64-35. 


► Rensei gnemen t » bu ( 16 - 1 ) 
47-27-71-00. 


Contacts 


□ Urbanisme et 

décentralisation. - L'Institut de la 
décentra Bsation organise une 
journée d'étude sur les trans fe rts 
de compétences en matière 
d’urbanisme, intitulée c Aménager ' 
les vüles : renouveau de 
l’aménagement décentralisé ou 
retour de l’Etat?», le 28 novembre 
au Sénat. Les participants - - 
(universitaires, spécialistes de 
l’urbanisme, élus...) feront un bilan 
des succès et des limites de la 
décentralisation: Les partisans de 
l'intercommunalité se 
demanderont, pour leur paît, si 
l'autonomie communale ne 
constitue pas un frein à 
l'aménagement irbain. 


a Intégration et collectivités. - 
tnter Service migrants (ISM) vient 
de fêter son vingtième 
anniversaire. L'association, qui 
s'est créée en 1 970 pour fatifcer ; 
■Intégration des étrangers en 1 
France {interprétariat, formation, • 
information...), s'est vite 
décentralisée. EHa possède 1 - v ." 
aujourd'hui cinq antennes 
régionales, en Lorraine, Auvergne, . 
Rhône-Alpes, dans le.Sud . . . 
(Provence- Al pes-Côte d’Azur et - 

Languedoc-Roussillon) et la .-•••■ 
hlord-Pâs-cfe-Calals. Ces 
associations ont toujours 
entretenu des relations étroites ■ 
avec lès coüactivitâs territoriales et 
locales, qui financent environ 35 % 
de leurs activités. 


o M. Henri Tournier a «té 
nommé directeur g ér^ data 

CCI de l'Oise. - En succédant. » 

15 novembre, à M" Gwwviôve 
Quatrefages, à la direction 

générale de la chambre de 

commerce et d'ïndustne de 1 Oise 
(Cà0), M- Henri Tournier votive 
un établissement en proie à un 
profond malaise- Son président, 

- M. Guy Dupont, doit faire face a 
une crise de confiance, qui émane 
aussi bien du personnel que des 
membres du conseil 
. d'administration. 


0 W ta 1 9 février 1 940, cflplômé de 
nratftut supérieur agricole de 
Beauvais (Oise), M. Henri Tournier 

■ étaft précédemment dhecttw de • 

dvUon du grotflxj DMC. Il e 
également ôté chargé d'études du 
secteur civfl de Matra et consultant 
spéctafeé dans la relance des 
entreprises en dffficutté pour la 
région Centre.] 


Publications 


jnementB au (1 6-1) 
:-47. 


► Ren se ig n eme nt s au (1 6-1) 
43-31 -79-55. ; 


□ Avertira de vflle. 

- L'association des maires de 
villes et de banlieues de France 
organise un colloque sur 
l'économie locale les 28, 29 et 
30 novembre è 

Issy-les-Moulineaux. Il s'agit de la 
deuxième édition d'une série 
baptisée «avenirs de vflle», è 
laquelle participent les 
représentants de plusieurs 
ministères, les présidents de 
plusieurs associations ainsi que de 
grands experts nationaux. 
L'AMVBF a été créée en 1983 et 
s'adresse aux communes de 
10 000 b 100 000 habitants. 


► Renseignent 
42-61-4^47. 


enta au (1 6-1) 


□ Carte de crédit carte de 
fidélité, carte de téléphone, de 
parking, de musée, d’assurance, 
de santé : _jous ces petites 
rectangles de plastique, 

. magnétiques ou h mémoire, et 


□ La Fédération des 
associations de corâeüNbes - 
munierpafes (FACM) vient de 
décerner une récompense, le 
Trophée Marianrta, aux maires de * 
France qui font siéger le plus grand 
nombre de femmes dans leurs- : 
conseils municipaux. Seuls, - 
(hélas I) les mares de très petites 
communes ont été couronnés-: - 
celui de Lachaiade (Meuse), 1 
57 habitants, a obtenu le premier • 
prix, avec sept conseillères sur 
neuf élus. Les deux autres 
communes primées ont moins de 
250 habitants, et ta troisième 850. 
La FACM organise une formation 
pour les élues. Elle souhaite qu'il y . 
ait plus de femmes dans les . . . . 
conseils des viHes importâmes, et 
pas seulement aux délégations 
chargées du troisième fige ou des 
associations. A quand des 
adjointes è l'urb anism e? 


□ Transformations hum aines 
■ économiques et administratives 
deT Isère. - C'est un des seize 
départements fiançais dont la 
population dépasse le million. Il est 
fortement industrialisé et garde de 
jrHxnbréusesâraivités agricoles. 

Lès stations de ski en font uq pôle 
touristique. Autant d'atouts qui 
expliquent son dynamisme. Cet 
ouvrage analyse les moyens et les 
structures mis en place par le 
conseil général à la faveur de la 
décentralisation. 


> la Doc umentati on française, 1 60 
pages, 55 francs. 


►' Hënsaignementtau{î6-1) - -- 
78-33-28-13. 


□ Rectificatif! - Une série de coquiïks 
ont rendu incompréhensible une partie 
de Partide « L’impatience des monta- 
gnards» de Georges Châtain (Je Monde 
daté J 8-19 novembre}. Dans le cm- 
qui&xne paragraphe, U fallait lire: 
(_) les dotations de fEtat, soit pour les 
communes la DGF (datation générale 
de fiaicnonngnent^ la DGE (dotation 
globale d’équipement) et, pour les 
-régions défavorisées, 1a DGD-(dotation 
générale de décentralisation). 


L’ INDICATEUR DE LA S E M A-IN E 

LE MONDE/CRÉDIT LOCAL DE FRANCE 


Finances locales 


Les dépenses des collectivités locales {com- 
munes, départements, régions et groupements de 
communes I devraient s’élever en 1990 à près de 
660 milliards de francs dont 153 milliards consa- 
crés d l’équipement et réalisés à 55 % par les 
seules communes. Or, jusqu’à ce Jour, aucun indi- 
cateur ne donnait d'éléments récents ef régvfters 
sur la conjoncture de leurs finances. Le Crédit local 
de France (groupe Caisse des dépôts ) vient donc 
de mettra en place, avec l'appui du BIPE, des indi- 


cateurs 'qui en permettront un suivi mensuel. Ces 
indicateurs seront constitués à partir d 'informai 
fions financières fournies par un panel composé 
actuellement de 28 communes de plus de. 5 OOO 
habitants, qui sera progressivement étendu à 80 
coBectivités. ils ne prétendront pas à l'exhaustivité 
mais à une information en temps réel. Associés à 
l'étude d’un thème Gé aux finances locales, ces 
indicateurs seront pubTiés et commentés chaque 
mois en aitemance, en fonction de l'actualité finan- 
cière des communes... 


Evolution mensuel I» 
do la trésorerie 

• 100 «i 


InvwttaMinMt : 
doonéM brutes msnsnsBss 

base NB» 


. . Emprunt z 
donnés» bmtss ma 

bmlÔB 



J F M A M 1 J A S 0 


Trésorerie 


Investissement 


Las communes ne gèrent pas 
leur trésorerie comme las entre- 
prises, la quasi-totalité da (surs 
fonds fibres devant être déposée 
au Trésor public sur un compte 
non rémunéré. Elles ont donc 
tout intérêt à gérer rigoureuse- 
ment leur trésorerie en utüïsaht 
la partie de leurs fonds libres qui 
n’est pas immédiatement utile 
pour retarder les datas de mobF 
fisation des emprunts (ressource 
plus onéreuse). Cette gestion 
reste difficile è mener, les 
volumes ex tes dates cF encaisse- 
ment des recettes, et notam- 
ment les donations de l’Etat 
étant irréguliers. En revanche, 
elles maîtrisent mieux les 
rythmes de décaissement. 

A partir d'avril, la trésorerie se 
gonfla sous l'effet da verse- 
ments de DGF (dotation g l obale 
de fonctionnement) et de 
recettes de fiscalité directe plus 
abondants qu'au premier trimes- 
tre. 


On distingue les dépenses 
d'investissement direct corres- 
pondant è un accroissement du 
patrimoine communal (travaux, 
acquisitions} et les investisse- 
ments indirects (dits financiers) 
tels que les versements de sub- 
ventions è des tiers. Autrefois 
appelées « dépenses extraordi- 
naires», les dépenses d'investis- 
sement ne gardent plus ce 
caractère que pour les petites 
communes, les autres investis- 
sant de façon plus régulière. 

Toutefois eu cours d'une 
même armée le rythme de réali- 
sation des dépenses est assez 
heurté. Ces dépenses sont en 
effet soumises è divers aléas 
tels que les conditions climati- 
ques et la . conclusion des 
contrats de travaux publics. L'in-' 
vestisseroant des collectivités 
locales, qui connaît depuis plu- 
sieurs années une croissance 
soutenue, devràt enregistrer un 
léger ralentissement en 1990, 


Réalisation 
des emprunts 


Jusqu'en 1985, le secteur 
local bénéficiait de prêts à taux 
'privilégiés. Depuis lors, les col- 
lectivités locales font appel au 
marché dans un contexte pleine- 
ment concurrentiel. Le Crédit 
local de France est leur premier 
prêteur. L'emprunt est une res- 
source onéreuse, mais il est le 
seul mdyeh d’étaler la charge de 
l'investissement dans le temps. 
Les coH activités cherchent è 
.minimiser son coût en l'appelant 
aux dates les plus proches pos- 
sibles de son utilisation at le plus 
tard possible dans l'année. 

Le courbe de l'Indicateur eUfi- 1 
lisation de l'emprunt» reflète 
bien l irrégularité de sa mobiJlsa- 
^tion et le lien pouvant exister 
entre les dépenses d'investisse- 
ment. et fa mobilisation des 
emprunts. U forte haussa 
constatée en juin est A cet égard 
significative. - 






a jÿ 


Hitour 


en forcé 





. y. !v w*ê**%ï*iç 


m 




.- i wm jife -if 

' ï .ir*!**.-. U* . 

■ i.-A't*..’- YfiÿHfc 

/, c***.- * -«^NÉÉila 

. -tïr~ i'-» •'t&P 464 

i see è ei - 

-i 


U» 





tf!S 




■CCT 

. . 



SS & 

• Tr. 



'sfl 

■ - - -■* r. 

’ .. -, .Ç. 




■“T ’ ■ i ' 

SB- 


ÿiX» 

$ - 

SNrt 

r i* 


i - 

iP*-* 

t ,tsur* f'- 



JS 

‘S"'--. 

- - f 

yxr : . - 


j-X.ri 


3m 




-Vlr-: 


Crépuscule 


- .yr jw i Ajih I l 

b17<r T. 












* • «I -y 1 


-iïi 


J:.**..'.' 


'■* • • 


.i i • . 


T- xprfV J 

‘ * -M** 

' '.'.j.-... 




-f J*: 

- • 

V---* M 

/; * .**:**: 

* éürtijjt 




r \' îVer» 

' ***** *r- i»: 


-“w tï. ' ’ s . '.v. 











Qy 1 


y°p . 
ztc* 


(**! 


• : ï 


lî- 

i ; i i 

‘S.. .'i 



mnw-..* . 


T". \ 


« . ■ * _L* 


p- WmhWî.^ »>/%i*«arr»f*rio 1 QQT 1 9fl 


••• Le Monde • Dimanche 25 - Lundi 26 novembre 1 990 1 1 


HEURES LOCALES 


***** 


MoWiVi 


ia ■**. . ■-■- ■ 
# ji» ** */-- 

s.Tfjtfar'***. i, . 

j|r;- «*<v. fcr.» i i ... 




•«W* -*■* ■ 

rV-j-'i - 

’é «•'" •• 

îJhiaïW»a«‘»-v- • 
_. .. .. 


;.-3WùâK. ; , •- ‘ . 

••.•• • 

-r- 

# » >-■ - w : - . 

■#•»/ *pw. -.v..- 

**> •.'.*:*« -Z - 

W.-jfcifftïW- . 

ittMgiffllTY ;> i.y •:. • ' 

•'MPI 


*»>-• «SWs- - . 

à- et*. ’w ' - ■-- 

- 

.••î. •-**.• -•*• ■ -'• • • 

ï*iî*-V ■ > 

m- ;.v *. 

•■*':* 

- v.^.c: ■*■■■•■ 
kf '■•. * 

•***••«■ ■ ••' 

é'V * 1 ■•'-•.»<!. - - 


W- •• • 1 
iv .---.' 


- rJt t; 

■ " ; y* >-4. 

«“ ‘ - n> 


■ ■: . r— If- ■ 

* « V 

-- 

- : **l h ' 

“,.;7 *" ”* • “'xïrsfc 
• 1 v / ‘ J ! ‘^ «» at 

■ ■ ■ • - ■>'«/■< ÿ 

V -‘V...,*, 


P’JSjCfcTfflB 


1 ■• • rS :“: ’ua^* 

■ “ ■ 1 ! ’ iiifisat 

■»" i! . 

• • -■ r r? 

:■ . ‘ v j".* 


* -. «•■ s j:r **535 


. ■ «.vu; 

■ . -J *• 


r., *$*—<’ ; " 


ices locales 


:|Uv -*»J »■ ‘ 

» ‘ r*^-r -' 

£ZKMK. 


„ ,,MI ^ 





fx-’V--'"- '• 

.«■liaj-v yr ’j-~ * 


iü^-yr: " . . 

... 

â:^ ^ ... 

"*■■•■■ " ^ wr • ■ 

^ ., w , % ■- 


4- 

«. *r '-j • ■” ’ 

m* V* a&r " : . ' 


';....• - 
-wj .jer--? '■■' 

■■■ ■ . .- 

•" 

- •: . 

■ J- . 

— t iSI- ~ 


■ f’’ " 

./•r 


. r.<:. 

1 • ’i 

r 


Retour en force des métropoles 

Les résultats du recensement de 1 990 montrent un redémarrage 
, des grandes agglomérations dans le Midi, les Alpes et l’Ouest 

ES a nn é e 1982-1990 ont vu le montre le tableau ci-dessous : Quatre Jolie: Orléans. Reims. Diion. 


L retour des métropoles : les 
. villes de 200 000 habitants 
et plus ont repris leur crois- 
sance, comme le montre l'analyse des 
cent premières villes françaises que 
vient de publier l'INSEE : globale- 
ment, leur population a augmenté de 
0,38 % l'an, et même 0,5 % pour 
Paris, contre 0,16 % et 0,05 % seule- 
ment au cours des années 
1975-1982 (1). Cette croissance, iné- 
gale, touche 19 villes snr 30, tandis 
que 7 agglomérations seulement ont 
perdu des habitants (dans des propor- 
tions bien inférieures au développe- 
ment • des précédentes, comme le 


montre le tableau ct-dessons ; quatre 
restent stables. De façon générale, la 
répartition des grandes aggloméra- 
tions «en hausse» et «en baisse» est 
géographiquement très marquée. . 

En hausse d'abord celles du Midi 
(aquitain ou mé di t e r ran éen) - Grasse, 
Cannes, Antibes, Toulouse et Mont- 
pellier en tète — ir*a»s *»»<?« ]& région 
Rhône- Alpes : Lyon, Annecy et 
Chambéry. L'Ouest ensuite: si la 
population y croît moins vile que 
naguère, die tend à se concentrer 
dans les capitales régionales ou dépar- 
tementales: Nantes, Rennes, Angms. 
Enfin les villes proches de Paris ou 
bien reliées à la capitale : M antes- la- 


Jolie, Orléans, Reims, Dijon. Quant 
aux agglomérations gui perdent des 
habitants, ce sont clairement celles 
qui sont situées dans les bassins de 
vieille industrie en perte de vitesse. 
Depuis la crise, elles sont abandon- 
nées par les jeunes. Le recul de Mar- 
seille, exceptionnel dans le Midi, tient 
qik à la fois au déclin «Vs acti- 
vités industrielles et portuaires, et au 
départ des habitants vers des com- 


La campagne américaine 
d’Evry 

La ville nouvelle cherche dans le Tennessee 
les racines de son université 

CHATTAAI00GA sur renvironnement qui retient Ta 

— r— lent ion de M. Dufanl. Deux cent 

de notre envoyé spécial chercheurs américains de haï 


AIS que faisait M. Fran- 
çois Dufant le 5 
novembre, sur une aire 
de pique-nique au bord 


Les agglomérations de plus de deux cent mille habitants depuis 1982 

.. (en milliers d'habitants) -j 


... VILLES ■ 

Paris • • • -..V i-' ; 

iBn# «a kiaiKaoiMBavvvitFM •• 

LyOfl ■ * ■ ■ >Vi a mm * ■ mmtLm mm ■«' • » m p mm «a 4’n^j aa aiÿ *#a^ 

Bordeaux . . ;;.J ^ •• . 

Toulouse A.. . 

Nantes . . . .i. .... ..: ..., . .; .7. 

NIC» •' 

. Grenoble. . .. . . . . . . . .V. ...... « . •*• . 

Strasbourg..: i..... A.. 

Grasse.Canries^ Antibes 

Nancy I 

Tours....;. 

Rennes,...„...V.„r. .... .î.:...;; r 

Montpeflfer....... 

Mulhouse ; 

Reims 

Angers aa« <B !■«#•«•■» >aM4a •< • •••■ i ' f 


Marseille ■ i«av|Mf«Ba â ■ aa >.a«a* 

Valenciennes • M aaaaaaWi • »à»*Ni j.n •• ■ _ 

Lens . . . ............. 

Saint- Etienne... 

Clermont-Ferrand..;......... 

Le HBW 8 )jm 1 *.k 

■Douai ...... .....l. 




Source : INSSAaoMMnm di-m-popûbtion. 


munes plus éloignées, vers le nord *» Tennessee, un sandwich à la 

i»— ♦ diode dans une main, un verre de 
^ dà) ibé glacé dans l’autre, devant le 

(Aubagnel sénateur Albert Gare ? D’un côté, un 

_ u conseiller municipal d’Evry 
(Essonne), président de l’établisse- 

: ment public et vice-président du 

( 1 ) INSEE Première, n» 1 11, novembre 1990. Syndicat d’agglomération nouvelle 
ki+ant* 1 ÛQO (SAN), de l’autre, un candidat pos- 

DltantS depuis 1 ÜO/ sible i la présidence des Etats-Unis, 

en pleine campagne électorale à la 

. veille du renouvellement confortable 

. . ÉVOLUTION * 500 mandat au Sénat américain. 

^ -r- '. ' ' -i Cette rencontre «au sommet» est 

0 353 ". (4%) le dernier rendez-vous d’une mati- 

o « /b -a (vi née chargée pour l’élu d’Iie-de- 

n • ia.. : France. Dès le petit-déjeuner, il a eu 

«•' ' ‘ ■ « • /7 «J ' pour interlocuteurs des représen- 

o • 22 : !" • ■ ft o Jnc i 121115 d ® 12 munidpaüté, de la cfaam- 
§ . “4 : . . ' ]co at\ bte dc commerce et de l’université 

2 ; 27 ;. : • 70 ) de Chattanooga II a ensuite visité le 

6 .. . -27, . (6 %) siège de la Tennessee Vaüey Autho- 

& r . 28 ( 6,8 96) ri^, l’agence fédérale créée dans les 

0 : 8 ’ . (2 %) années 30 pour réguler le cours d’un 

8 •* 15- ‘ (4 %) fleuve aux crues catastrophiques. 

6 . . 40 (13,5 %) Puis il s’est rendu sur le chantier de 

1 ,4 ; .-.(1,3 %)' ce qui devrait être le plus grand 

2 ‘ -■!. - • • g " . (34 %) aquarium d’eau douce du monde : 

e A* • ■’ '(4 7 %ï un investissement de 43 millions de 

7 -' - • ‘-i «.••.’••• ■ / 7 , _2 dollars pour un million de visiteurs 

L ; 1 ^ par an. «Il ne faut pas réver. nous 

j . . , . rïo vi n'aurons jamais les moyens défaire 

^ ‘ . Usi*}' aussi grand, mais l'idée peut iniéres- 

o - ' * •* séria ville nouvelle d’Evry.}* 

6.1 0 (5,t %) 1 

/ ■_ !.. Pourquoi cet intérêt des élus 

‘ 1 Jd’Evty pour Chattanooga, une ville 

7.7 • ^ TA (2,2 %) de 170 000 habitants ? «Cette région 

6 ‘ 14 * (4 %) «f une réplique du plateau de 

3 / • 4 • (T,2 %) Saclay, près d’Evry. Sur une même 

3 '. ^ .- 4 -. ■11,3 %) ■ zone sont concentrés un grand nom- 

a \ ■_ " 'o ■ in a acy bre de chercheurs et de dévelop- 

A - , -.-i—’ (ri A SL I peurs», précise M. Dufant Le labo- 

v% ; ' '■ n . / * qiy . ratoire fédéral d’Oak-Ridge, à deux 

■ ; "* ■ l' ^ heures de route, est d’ailleurs rétape 

• ... suivante du périple de l’équipe 

i-: - V ' • I . 1 d’Evry. En pleine forêt, 25 000 per- 

. ■ : ■: . sonnes y travailIenL C’est la section 


f i 982 : 

1990 : 

. ÉVOLUTION 

• 8707 '• 

9060 

353; 

{ 4 %) 

V 1 221 .• 

1 262 

• 41; 

(3,3 %) 

. 936 

• . 950 ■ 

14-.. 

(1,5 36) 

r • . 640 - 

• 685 

45 - 

(7%) 

54t - 

608 

7-. 

(12,4 %) 

™ 465 - 

: 492 v : 

. • »-:.r 

(5,8 %) 

"..449 

- • 476 

■;• ;.27 • ! 

(6%) 

410 

: 438'. 

• ; ê • 

(6,8 %) 

392 

•■. ' 400 : 

- 8 *. 

(2%) 

- .373. 

388 ' 

15 . 

(4%) 

296 

. 336 

. 40 

(13,5 %) 

307- 

■-'•31.1 

4 ; •*• 

..(1,3%) 

> r 263 

272 v 

• 9 

(3,4 36) 

X . 234 .. 

245, 

.. H 

(4,7 %) 

- 221 

237 

ifr,;-:- 

(72 %r 

. V 216 

226 

7 10 

(4,6 %) 

.-,221 

. -224 

•-..,3.-. 

d,3 %) 

199 

’ 206 

7 ■ 

. (3,S 36) 

' T. 796 

. ... 206 . 

. 1D 

1 5,1 96) 

. Avril *■' 

h 1 087. 

- 24 

(2,2 %) 

■V* 350 : 

. 336 

- 14 V . 

(4 %) 

* :327 

323 . 

•■:-• 4-- 

(1,2 %) 

: /3t7- :. 

1 - 373 

-,-4- • 

(1,3 36) 

••••‘•.266 

254 

| . •- 2 . 

, (0,8 36) 

. - 255 

254. 

•• - r 

(0.4%) 

202 . 

: . - 200 

2 . 

\ . .(1.96) ' 


Crépuscule industriel à Maubeuge 

Au Heu de s ’ unir pour foire revivre leurs friches industrielles 
les élus du bassin de b Sombre cherchent des solutions en ordre dispersé 


MAUBEUGE 

de notre envoyé spécial 

L E comité interministériel 
d’aménagement dn terri- 
toire du 5 novembre a 
décidé de proposer i ia 
CEE la création de trois «zones 
prioritaires» dans b région Nord- 
Pas-de-Calais! La vallée de la Sazn- 
bre, fort éprouvée par une crise 
industrielle, pourrait bénéficier de 
cette procédure inventée en 1986 
par M. Alain Madelin, alors minis- 
tre de l'industrie. Cette formule de 
la zone d’entreprises a déjfr été 
appliquée avec de bons résultats i 
Dunkerque (Nord), La Seyne (Var) 
et La Ciotat (Bouches-du-Rhône). 
Mais les élus de la région de Mau- 
beuge se décideront-us à s’organi- 
ser pour profiter de cette éven- 
tuelle aubaine alors que, du fait de 
leur division, ils ne peuvent meme 
pas répondre à Paris, qui leur pro- 
pose depuis plusieurs _mois de 
signer un 'pacte d’aménagement . 
concerté assorti de subventions ? 
Le bassin de la Sam bre — 25. kilo- 
mètres de cités ouvrières décré- 
pîtes et d'usines inertes - en a 
pourtant bien besoin. 

Sur ce territoire coincé contre la 
frontière belge et aujourd’hui à 
l'écart des grands itinéraires vivent 
1 35 000 habitants qui n’ont guère 
le moral. Eux-mêmes et leurs 
ancêtres ont pourtant écrit ici les 
pages d’une glorieuse aventure 
industrielle. Durant cent vingt ans 

- de 1840 à I960 - ont bourdonné 

de formidables usines d où pr- 
iaient par lourds convois le fer, 
l’acier, les machines et Jes véhi- 
cules. Au fronton des bfitisses on 
lisait : Vailourec. Cockegnll, 
SNCF, Renanlt, Schneider. EDF. 
Usiner et bien d’autres. 

Se battre 
sur tous (es fronts 

Or, après plus d’un sifiefe de pro- 
duction intense et, disait-on. de 
« prospérité», Ü nc r ? st * 
raines. On cherche en vain b «ace 
de cet «âge d 7 or». Rien, 

s» ri « • "^JSZS'SZZ. 



lingrad après la bataille,. Prix de 
l’hectare : 30 000 francs ; il en 
coûtera Je double- ou le triple à 
celui qui osera se lancer dans le 
nettoyage. 

En trente ans, ce sont les crises 
.qui, raconte-t-on, ont planté ce 
décor décourageant : celle de la 
sidérurgie celle du pétrole, celle de 
fa batellerie. Résultat : 16 000 tra- 
vailleurs mis à pied, un taux de 
chômage qui varie selon les com- 
munes de 15. % à 20 %, une popu- 
lation qui compte dans certains 
quartiers 25 % de Maghrébins. Pri- 
vés de débouchés, les jeunes s’exi- 
lent & peine sortis des.éeoles. Et ce 
'ne. sont pas les meilleurs qui res- 
tent ... 

Il faut en effet un certain cou- 


UUC Übii • _ . . ; j . 11 laUL eu tusi «•"»- 

joHioent. baptisés . rage pour venir travaiUer dans le 

trielles». En t^bté, des ^ccor laissé par l’industrie lourde : 

b6on doatles.far^wnM (bndrt {a vaJlée de la Sambre, aiDeurs 

»»■ ■ bucolique, «t ««ombrfc ici pu 


les -usines, leurs voies ferrées et 
leurs cheminées. Comme à l’accou- 
tumée, la rivière a été tenue pour 
un égout. Alentour, grimpent vers 
les plateaux des quartiers d'habita- 
tion. Sur . 35 000 maisons, 
3 000 sont vides, volets cloués, i 
vendre pour une bouchée de pain. 
« La plupart ne méritent que le 
démolisseur, commente le directeur 
de l’office des HLM, mais qui 
paiera ce grand nettoyage?» Le 
reste du parc immobilier est mal 
entretenu, et chez les locataires les 
retards de paiement sont légion. 

Pour tirer d'affaire le bassin de 
fa Sambre, il faudrait se battre sur 
tous les fronts : formation _des 
jeunes, création d’un lycée, réhabi- 
litation, de l’habitat, conception 
d’un urbanisme cohérent, assainis- 
sement de la rivière, amélioration 
des déplacements, sauvetage du 
: petit commerce, récupération des 


friches industrielles pour les ouvrir 
à de nouvelles activités. L'Etat, qui 
a sur les bras trente secteurs sinis- 
trés du même acabit disséminés 
■dans l’Est et le Nord, offre â cha- 
cun de signer pour cinq ans un 
pacte d’aménagement concerté 
assorti de subventions. A quelques 
conditions toutefois : qu’il y ait sur 
place un interlocuteur, c’est-à-dire 
un organisme collectif, que celui-ci 
propose un plan de sauvetage avec 
échéancier et devis, que les collec- 
tivités locales doublent la mise de 
fonds nationale. 

Egoïsme 

communal 

Ici, la délégation à la ville et la 
DATAR ont trouvé en face d’eux 
'un syndicat intercommunal qui 
ramasse les ordures, épure les eaux 
et assure les transports urbains (le 
SIBS). Mais cet organisme est 
paralysé par des chamailleries 
internes. Ls municipalité d’Haut- 
mont, L’une des plus importantes 
des vingt-six communes associées, 
qui contribue au budget du syndi- 
cat pour 14 %, cherche obstiné- 
ment à s’en retirer. Son maire, Joël 
Wilmotte - dirigeant d’entreprise 
et socialiste dissident, - n’espère 
plus rien d’une institution endettée 
jusqu’au cou, aux frais de fonction- 
nement élevés et qu’il jnge impo- 
tente. 

De son côté, Jean-Marie Boc- 
quet, maire communiste de Lou- 
vroii, laisse s’installer sur ses 
friches industrielles toutes les 
grandes surfaces qui se présentent : 
Auchan, Darty, Conforama, etc. 
Cinq cents emplois pour sa côm- 
mune, mais des centaines de bouti- 
quiers en difficulté chez les voi- 
sins. A Aulnoye, la municipalité a 
fait acheter une ancienne brasserie 
et de vieux ateliers SNCF sur 
30 hectares pour y attirer des 
PME. Tout le monde pratique ce | 
petit jcu-Ià, en ordre dispersé. ; 
«Face à la crise, constate triste- 
ment le socialiste Umberto Battist, 
l’un des députés du secteur, c'est 
l’ègoîSme communal qui prend le 
dessus. A tous, ne nous en tirerons 
pas ainsi. » 

MARC AMBROISE-RENDU 




: -7- 


sur renvironnement qui retient l'at- 
tention de M. Dufant. Deux cents 
chercheurs américains de haut 
niveau et des dizaines de spécialistes 
venus du monde entier y mettent au 
point des techniques qui sont expé- 
rimentées sur un parc national de 
cinquante-cinq kilomètres carré» où 
déjà soixante douze sociétés exploi- 
tent de nouvelles technologies de 
traitement des déchets. En 1990, 
60 millions de dollars ont été injec- 
tés dans l’économie de la région. 

« Nous voulons, nous aussi, faire de 
la ville nouvelle d’Evry un pôle d’ex- 
cellence de l'environnemem, expli- 
que M. Dufant C’est à nos yeux un 
moyen privilégié d’attirer de nou- 
velles entreprises. » 

La fUière 

de renvironnement 

L’université d’Evry, qui sera auto- 
nome en 1992, deviendra le centre 
de recherche nécessaire à rélargisse- 
ment des activités économiques de 
la ville nouvelle vers l’industrie de 
renvironnement Depuis plusieurs 
mois déjà, les élus préparent le dos- 
sier qui devrait lui damer une forte 
identité grâce à la création de 
filières sur l'environnement Et c’est 
à Pittsburgh, dans l’Etat voisin de 
Pennsylvanie, nouvelle étape de son 
voyage, que M. Dufant découvre ce 
qui pourrait être l’uuiversité idéale 
d’Evry en l’an 2000. Rejoint par 
M. Marcel Gruais, directeur des ser- 
vices du SAN d’Evry, il visite, fas- 
ciné, la «cathédrale» : une biblio- 
thèque tour de Babel où, dans des 
salles lambrissées, des étudiants 
silencieux travaillent vingt-quatre 
heures sur vingt-quatre. 

M. Dufant se rend ensuite à 
Seven-Springs, dans les Appa lâches, 
à une centaine de kilomètres de Pit- 
tsburgh. I) y retrouve une autre 
équipe conduite par M. Eric Henry, 
directeur de l’Agence pour la valori- 
sation économique de fa région 
d’Evrv, qui assiste au colloque sur 
«les échanges de technologie trans- 
frontières pour de nouvelles 
alliances». Ce colloque doit avoir 
lieu à Evry l’année prochaine : 
«Nous essaierons d'en faire le point 
de départ d’une réflexion sur les 
technologies de l’environnement », 
explique M. Henry. 

Retour en France le 8 novembre, 
«mission accomplie». Les conseil- 
lers d’Evrv seront suivis à Chatta- 
nooga an début de Tannée prochaine 
par leur maire, M. Jacques Guyard 
(PS), qui signera un accord 1 
d’échanges entre étudiants français | 
et américains. Un diplôme commun 1 
de technologies de l’environnement 
sera le premier résultat concret de ce 
chassé-croisé d’élus franciliens par... 
delà l’Atlantique. 

C. Ch 


AQUITAINE^ 

Coopération 
ivec l’Euskadi 

Aquitaine et Pays basque espa- 
gnol (Euskadi) viennent de créer 
un fonds commun de coopération 
pour favoriser les initiatives de 
rapprochement entre ces deux 
régions et donner du corps au pro- 
tocole de coopération signé 
en octobre 1989. Le fonds, doté de 
deux millions de francs par cha- 
cune des régions en 1990, accom- 
pagnera des initiatives publiques 
ou privées. La première d'entre 
elles consiste en une étude sur ta 
demande de transport ferroviaire à 
grande vitesse entre la France et 
l’Espagne. Elle sera commandée 
par les deux régions à une filiale de 
la SNCF. Aquitaine et Pays basque 
regrettent en effet que le projet de 
schéma nationat des lignes TGV 
françaises ne prévoit pas de liaison 
Paris-Madrid via Bordeaux et Hen- 
daye, et redoutent une mise à 
l’écart des grandes voies de com- 
munication. 

ILE-DE-FRANCE 

Clichy-la-Garenne, 
cité bleue 

P réoccupée par le vieillissement 
de sa population, (a municipalité 
de Clichy-la-Garenne (Hauts-de- 
Seine) mène depuis plusieurs 
années des opérations d'intégration 
du troisième âge. Elle vient d’obte- 
nir le prix Cité bleue dans 1c cadre 
de la semaine nationale des per- 
sonnes âgées. Son initiative? Le 
passeport pour l’été. Une idée 
ancienne pour faire se rapprocher 
les générations, mais à l’aide d’un 
moyen nouveau : une simple carte, 
vendue 10 francs pour les moins de 
dix-huit ans et 20 francs pour les 
adultes, ouvre les portes de tous les 
équipements municipaux. La 
municipalité de Clichy (PS) ne 
compte pas en rester là; d’autres 
projets sont à l’étude pour favori- 
ser plus encore ce rapprochement. 
Le pari est peut-être plus impor- 
tant qu’il n’y paraît, car, sur les 
48 000 habitants de la ville, 8 500 
ont plus de soixante ans. et ils 
seront 1 2 000 en l'an 2000 . 

PICARDIE 

Astérix va bien 

Contrastant avec une situation 
générale des parcs de loisirs, le 
parc Astérix, à Plailly (Oise), se 
porte bien. Avec 1 453 000 entrées 
payantes cette saison, le chiffre 
d'affaires a atteint 260 millions de 
francs, soit une progression de 
22 % par rapport à 1989, année de 
l’ouverture. « Le bénéfice d'exploi- 
tation devrait avoisiner les 30 mil- 
lions de francs, a annoncé son 
directeur, M. Olivier de Boisredon, 
mais, en raison des frais financiers, 
des profits ne pourront commencer 
à être dégagés qu'à partir de 1993 
.ou 1994.» 



RUE DES ITALIENS 

Bertrand Poirot-Delpech et .Nicolas Glilbert 
Préface de Manuel Lâcher t 

A 1 occasion du déménagement du "quotidien de la 
rue des Italiens", ce beau livre nostalgique propose 
cent dessins originaux croquant les lieux où les 
"hommes du Monde" ont travaillé depuis 1944. fit un 
long texte de Bertrand Poirot-Delpech retrace l'his- 
toire de ces lieux et de ceux qui les ont habites. 

Une coédition 

la UE(^VVKRTL t Ce m«nh 



t 





t > 


; f 

' fl 


h 


t 

J 



12 Le Monde • Dimanche 25 - Lundi 26 novembre 1990 




HEURES LOCALES 


DOSSIER 


Le surendettement des communes 

Pour aider les élus dans leur gestion, le gouvernement prépare une réforme de là comptabilité publique locale 





,# à une 


Près de deux mille communes 
ont des difficultés financières, 
mais moins de quarante seraient 
surendettées, selon les estima- 
tions du Crédit local de France. 
Ce n'est pas plus qu'avant la 
décentralisation, mais aujour- 
d'hui le niveau d'endettement 
est souvent plus important Hor- 
mis l'incurie, voire i'indélica- 
tesse, de certains élus, c'est 
souvent la comptabilité publique 
qui en est la principale responsa- 
ble. Une réforme est en cours et 
devrait être mise en place en 
1993. En attendant, les contri- 
buables locaux devront payer 
pour résorber les déficits. 


L ES collectivités, épinglées par la 
Cour des comptes ou simple- 
ment livrées aux feux de la 
presse, révèlent des situations 
financières inquiétantes. Quelques- 
unes d’entre elles ont même, en 
contradiction avec la loi, voté leur 
budget en déséquilibra Les exemples 
ne manquent pas : La Gusaz (Haine- 
Savoie) qui a volontairement présenté 
un budget déficitaire de 10 minions 
de francs. Chinon (Indre-et-Loire), 
qui présenterait un déficit de 5 mil- 
lions de francs si la nouvelle munici- 
palité n'avait décidé d'augmenter for- 
tement les impôts locaux (+ 10 %), 
Yerres (Essonne), qui a présenté en 
mars dernier un budget en 
déséquilibre de 8 millions de francs. 

En vrac, on accuse les élus locaux 
de mai apprécier les marges de 
manœuvre financières et fiscales de 
leur communer de mai anticiper les 
recettes provenant d'un équipement 
et d'accorder trop facilement leur 
garantie. Certains évoquent Jes «effets 
pervers» de la décentralisation qui 
auraient facilité l'émergence de poten- 
tats locaux plus soucieux de leur 
image que préoccupés de gestion 
communale. «Faux, explique Phi- 
lippe Laurent, adjoint au maire de 
Sceaux, membre du Comité pour la 
réforme des comptabiElés locales (I). 
La décentralisation n'a pas pour 
conséquence l'endettement des com- 
munes. mais l'aggravation de cet 


La toise américaine 


La région Provence- 
Alpes-Côte d'Azur et le 
département des Alpes-Ma- 
ritimes ont été récemment 
« notés » par Moody's. 
Comme aux Etats-Unis où, 
depuis plus de soixante-dix 
ans, les municipalités se 
soumettent en permanence 
à l'évaluation de leur risque 
financier par des orga- 
nismes spécialisés et indé- 
pendants. 

NEW YORK 


de notre correspondant 

B OSTON ne va pas fort, New- 
York bat de l'aile ; quant 
è Philadelphie, la ville est au 
bord du dépôt de bilan. Incapa- 
bles de boucler leur budget focs 
à des dépenses sociales en pro- 
gression constante, les grandes 
villes de la côte est des Etats- 
Unis sombrent dans fe déficit. 
Un énorme sujet de préoccupa- 
tion pour les édiles locaux mais 
aussi pour les spécialistes du 
marché financier chargés de 
négocier les multiples emprunts 
et émissions de titres divers 
lancés par les municipalités 
américaines. 

« Le ralentissement de l’éco- 
nomie. la difficulté à faire ren- 
trer les recettes provenant des 
impôts exercent une pression 
accrue sur les collectivités 
locales et le marché s’en res- 
sent». admet M. Kevin McCort, 
de la firme new-yorkaise 
Oppenheimer, chargé de placer 
les titres de ces municipalités 
auprès des investisseurs. Mais 
il ajoute : » En dépit des difficul- 
tés actuelles, ces institutions 
sont encore très sûres. Les 
dépôts de bilan dans ce secteur 
sont rarissimes et il faut remon- 
ter au début des années 70 
pour retrouver l'exemple d'une 
faillite aussi retentissante que 
celle qui est intervenue à Cteve- 
land (Ohio) durant cette 
période ». 


Bible 

mensuelle 


Pourtant, après une longue 
période de sécurité pour l'em- 
prunteur, la situation a changé. 
«Au c ours des deux ou trois 
dernières années, nous avions 
tendance à attribuer des notes 
supérieures, par exsmp/e, aux 
municipalités de Nouvelle-An- 
gleterre. une région plutôt pros- 
père. Mais , depuis le début de 
l’année, la situation s'est inver- 
sée sous l'effet de la crise, 
immobtiière. notamment. Ainsi, 
durant le premier semestre 
1990. nous avons réévalué la 
cote de seulement deux d'entre 
elles, alors que nous en avons 
fait rétrograder huit autres», 
explique M— Diana Roswick, 
vice-présidente et directrice 


adjointe du département de 
finances publiques de Moody's. 

En concurrence directe avec 
Standard and Poor's, l'autre 
grande agence américaine de 
notation ( rating ) du risque des 
entreprises, des institutions 
financières, des collectivités 
locales, bref de tous ceux qui 
émettent des obligations, Moo- 
dy's évalue en permanence 
depuis 1918 l'encours de dette 
et la façon dont ces omprunts 
sont gérés par les quelque 
1 8 000 municipalités améri- 
caines figurant, à un moment où 
à un autre, dans le Moody’s 
Bond Record, la bible mensuelle 
de la profession. 

Aux Etats-Unis, le marché 
des obligations municipales, qui 
a vu le jour dès le XIX* siècle; 
est gigantesque. De 3 milliards 
de dollars à la fin de la dernière 
guerre, il est passé è environ 
200 mîfliards quarante ans plus 
tard et se situe actuellement 
aux alentours de 130 milliards 
de dollars d'encours. On y 
trouve toute catégorie d'émet- 
teurs, de l'Etat de Louisiane è la 
ville d'Atlanta en passant par la 
patinoire de Minneapolis et les 
autorités portuaires de la ville 
de New-York. Tous lorgnent 
vers le Triple A (Aaa), la note 
maximale qui permet d'obtenir 
les meilleures conditions d'em- 
prunt et, partant, les moindres 
frais de remboursement, la 
notation descendant ensuite 
jusqu'à B, puis C (la catégorie la 
plus basse) avec, è chaque let- 
tre-clé, plusieurs paliers en 
fonction des critères retenus 
par l'organisme chargé de l'éva- 
luation. 

Mais les heureux détenteurs 
du Aaa sont de moins en moins 
nombreux. Parmi les villes amé- 
ricaines de plus de 500 000 
habitants, seules quatre d’entre 
elles (Los Angeles, San-Diego, 
Dallas et IndranapoGs) ont réussi 
è le conserver. Un cran plus 
bas, dans la catégorie Aal, 
Colombus et Seattle sont 
seules en piste, selon la classifi- 
cation de Moody's. 

Depuis octobre dernier, la 
région Provence-Alpes-Côte 
d'Azur et le département des 
Alpes-Maritimes bénéficient du 
triple A accordé par la filiale du 
groupe américain. « Notre 
métier ne consiste pas à donner 
des conseils d’investissement 
ou à porter des jugements sur 
les équipes en place. Nous nous 
contentons d'évaluer le risque 
rie crédit attaché à une émis- 
sion», explique M. Eric de 
Bodart, directeur général de 
Moody's France SA. « Le mar- 
ché de la notation va bien au- 
delà des emprunts des collecti- 
vités focales. Ce sont toutes les 
émissions d’emprunts qui sont 
concernées par cette méthode 
d’appréciation de la qualité du 
risque encouru. Les deux 
notions sont maintenant étroite- 
ment liées. » 


SERGE MARTI 


endettement. Ce phénomène tient 
autant aux transferts de compétences 
qui n ‘ont pas toujours été assortis de 

den^feomnw en matière scolaire}, 

S 'à (a pression de la population sur 
élus dans des domaines qui ne sont 
pas légalement de leur compétence. 
Par exempte, les interventions écono- 
miques en faveur de l’emploi ou le 
financement des antennes universi- 
taires.» 

Selon une première estimation du 
Crédit local de France (CLF), premier 
prêteur et premier créancier des col- 
lectivités locales, 2 000 communes 
connaîtraient des difficultés finan- 
cières. Sur un total de 36 74 0 com- 
munes, dont 32 000 de moins de 
2 000 habitants, le chiffre a tout de 
même de quoi inquiéter. La réalité est 
plus subtile. 

«Il ne s'agit pas de deux mille cas 
de faillite. Notre étude montre les com- 
mîmes qui présentent un taux d'endet- 
tement fortement supérieur à la 
moyenne nationale. Pour savoir si 
elles sont réellement en situation péril- 
leuse. U faut comparer leur niveau 
d’endettement avec leurs ressources 
financières», précise Jacques Guetber, 
directeur du crédit et de l'action com- 
merciale du CLF. «Si une commune 
est riche, il peut être normal que son 
endettement soit particulièrement 
élevé.» 

Il n*y aurait qu'une quarantaine de 
communes en réelle difficulté. Une 
étude effectuée spécialement par le 
ministère de l'économie, des finances 
et du budget semble confirmer cette 
estimation : 32 communes (dont 20 
entre 10 000 et 20 000 habitants) affi- 
cheraient un ratio d'endettement 
deux fois supérieur au ratio moyen 
national, soit, par exemple, une dette 
par habitant de 15 000 à 20 000 
francs, alors que la moyenne natio- 
nale dans cette catégorie est de 5 600 
francs. Parmi elles, Angpulême, avec 
1,6 milliard d’endettement pour 
46 000 habitants. Mais également des 
communes moins en vue, comme 
Plan-de-Cuques (9 900 habitants) . 



associations ou aux SEM, qui n appa- 
raissent pas aujourd'hui au budget 
général de la commune. 

Deux années à attendre, c’est toag. 
Pour les banques, qui * demandent 
quel comportement adopter vi s-a-vi s 
d'nne coüectivfté en quête d’emprunt 
Pour les contribuables locaux, qm 
sont - il ne faudrait pas rouMier- les 
’ minci pales- victimes, au travers des 
impôts locaux, des déficits budgé- 
taires de leur commune. De cette 
prise de conscience des dangers du 
marché des collectivités locales est né 
un nouveau métier, analyste du ris- 
que financier. Une société de consejb 
pourrait être chargée par ia commune 
d’analyser les risques d’une politique 
locale par une analyse dite «bïlan- 
tüdte». Entreraient en jeu la person- 
nalité du maire, les ressources finan- 
cières totales de la commune, le poids 
de son endettement, ses capacités 
d'autofinancement. Cette étude, qui 
suppose un suivi sur la collectivité, 
aboutirait très naturellement à un 
classement entre les communies : les 
solvables par opposition aux insolva- 
bles, lés bien gérées, distinctes des 
mal gérées. « Une adaptation du 
:rating américain», précise l'auteur de 
i cette proposition, Philippe Giboin. 

■ D'ailleurs, fe directeur du départe- 
ment FINACOR-collectivités publi- 
ques est tellement convaincu du bien- 
fondé de son raisonnement qu'il est 
en train de réformer (arrivée de nou- 
veaux partenaires et augmentation de 
'capital) sa propre société : «Avant la 
fin de cette année, Finacor servira 
dlntaface entre collectivités locales et 
Investisseurs financiers, chargée par les 
uns ou les coures de mener ces mis- 
sions d’analyse BUantiette.» Au Crédit 


aux 


«Fautes 

professionnelles» 

Cette petite ville des Bouches-du- 
Rhône se voit actuellement rédamer 
par les banques, au titre de sa garan- 
tie accordée à une société d'économie 
mixte (SEM) d’aménagement aujour- 
d'hui en cessation de paiement, la 
somme astronomique de 230 millions 
de francs. Avec un budget de fonc- 
tionnement de seulement 55 millions 
de francs, des dépenses de fonctionne- 
ment restreintes au minimum, et des 
impôts locaux dont certains sont déjà 
au taux plafond, la ville est- même si 
la loi ne le permet pas - en faillite. 
«C'est la première fois en France 
qu’une telle situation se produit. Tous 
ratios comparés, notre état financier 
est bien pire que celui dAngoulême», 
indique le maire de Planrde- Cuques, 
Jean-Pierre Bertrand, qui ne sait com- 
ment sortir sa ville du marasme. 

Aucune subvention de l’Etat n'étant 
à espérer, la seule chance de la ville 
est de voir aboutir ses recours contre 
les banques : « Certaines ont accordé 
des prêts alors que ht SEM était notoi- 
rement mourante, simplement parce 
qu’elles savaient que la commune 
avait donné sa garantie. Il s'agit de 
fautes professionnelles dont elles doi- 
vent assumer les conséquences». 
ajoute Jean-Pierre Bertrand L'argu- 
mentation semble avoir sensibilise la 
chambre régionale des comptes. Reste 


encore à convaincre le tribunal. Si td 
était le cas, le jugement créerait un 
précédent particulièrement inquiétant 
pour les banques. 

En effet, avec la suppression du 
monopole de h dés dépôts et 
la fin des prêts bonifiés aux collectivi- 
tés locales, les banques publiques ou 
privées, fiançais» ou étrangères, per- 
suadées que le marché des collectivi- 
tés publiques était un marché sans ris- 
que, garanti par l'Etat, ont offert 
massivement leurs services aux collec- 
tivités locales. Oubliant, parfois, de 
prendre le temps de vérifier les 
comptes de la commune. Affirmer 
aujourd'hui que l'Etat n'est pas garant 
des dettes publiques focales et que les 
banques doivent vérifier la solvabilité . 
de leurs débiteurs publics risquerait 
bien d'inciter les nouveaux prêteurs à 
se retirer du jeu. 

Réforme des comportements, mais 
aussi réforme des structures ; tes pro- 
fessionnels des finances publiques se 
rendent aujourd'hui compte que les 
garde-fous légaux sont devenus insuf- 
fisants. Qu’il s'agisse de l’obligation 
de tenir une comptabilité «en équili- 


bre» où. du contrôle des., comptes 
régulièrement effectué par les tréso- 
riers-payeurs généraux et les cham- 
bres régionales des comptes. - 
Conscient des imperfections du sys- 
tème (non-lisibilité des comptes; man- 
que de personnels qualifiés, etc), le 
gouvernement s'est engagé dans une 
modernisation de la comptabilité 
publique locale. Le calendrier est pré- 


i: 




fjs 1 '- 


-, --TI- " " 

■1î " . . 
v m ÿ J “ 

V - 1 




V ..- 1 




È' 


v ] # pour un 
«24- millions 



cis: un projet de texte jxwr fin 1991, 
iéfuritiv 


une mise en forme définitive prévue 
porsr fin 1992 pour une application 
au 1- janvier 1993. 

Les grandes limés, esquissées par le 
ministre du budget* ML. Michel du- 
rasse, sont désormais connues : la 
nouvelle comptabilité devra, «dans le 
respect de la décentralisation 
doter les élus d’instruments d'aide à la 
décision et permettre une information 
claire et sincère de leur gestion». 
Celle-ci devra, comme la. comptabilité 
des entreprises, «enregistrer i intégra- 
lité des charges et des produits pesant 
sur un exercice, retracer tous les enga- 
gements contractés par une collecti- 
vité». Comme par exemple de com- 
prendre les subventions, aides directes 


local de France, qui préfère parier de 
«sooring» (notation interne & réta- 
blissement) plutôt que de «rating» 
(notation publique), on reste scepti- 
que : «Si analyse bilantielle il doit y 
avoir, analyse, bilantietle U y aura, 
mais die sau menée par nousjt 




-***• M- ** 


BETTINA GILLET 


( I) InstalK en joio . 1490, le'eomiié pour ta 
réforme des comptabilités locales est cteugé 
de proposer, les axes d'une réforme de la 
comptabilité pubEqoc- Ptacé sous h coprési- 
' descc da dinxscw des œjfcct/vités locales et 
du directeur de la comptabilité publique, il 
comprend quatorze membres : sept représen- 
tants des collectivités locales (quatre dus; le 
président du Centre national de la fonction 
publique territoriale, deux représentants des 
looctkxmflircs territoriaux), deux conseillas 
maîtres de la Cour des comptes (nn prési- 
dent de chambre régionale et un secrétaire 
général do Conseil national de la comptabi- 
lité), des représ en t ant s do ministère du bud- 
get a de l’INSEE. 


■a\ 



Endettement moyen des communes de plus de da müle habitants à la fin de 1988 


Catégories de comromes 

Dette rancune 
par habitant 
(en fisses) 

Commues endettées 
i pin de deux fois 
la moyenne 

Communes 
à plus de Ifi fois 
b. moyenne 

Commues endettées 
à moins de là moitié 
de la moyune 

10000 à 20 000 habitants 

5600 

20 

63 

97 

20 000 à 30000 habitants 

4900 

7 

25 

15 

30000 A 50000 habitants — 

5300 

0 

13 

7 

50000 i 100000 habitants — 

6600 

4 

7 

6 

Plus de 100000 habitants — - 

6400 . 

l 

4 ( 

6 




t. . 


•ÏïijÜV 
* il y 






(Source : Direction de la comptabilité publique J 


He; 

-«Tte. - , 

*5 


Villes belges dans le rouge 

Liège, mais aussi Anvers et Bruxelles croulent sôus les dettes. Une affaire d’Etat 




•- ■ r 
"ï’fi c . .. 


BRUXELLES 


de notre correspondant 


L 'ENDETTEMENT des com- 
munes belges a atteint de 
telles proportions qn’fl est 
devenu une véritable affaire 
d’Etat dans un pays qui se voudrait 
pourtant un modèle de décentralisa- 
tion. S'il se trouve ramené cette 
année à 490 milliards de francs 
belges (I) - presque 9 % du PIB, - 
c'est parce que, en 1989, te pouvoir 
central a pris à sa charge une bonne 
partie des créances jugées irrécupéra- 
bles. C'était ça ou la faillite de mani- 
cipalHés comme Liège. 

Une véritable révolution avait eu 
lieu en 1975, quand l’Etat avait 

ramené d'autorité le nombre des 
communes de 2 359 à 589 afin d'as- 
surer leur viabilité grâce à un mini- 
mum d'administrés, donc de contri- 
buables. De fait, le problème du 
surendettement communal ne 
concenw qu'une minorité de grandes 
villes, à coté de localités qui se por- 
tent fort bien. Les causes de cette 
situation furent d'abord tes nécessités 


de la reconstr uct ion dans tes grandes 
agglomérations touchées par la 
guerre, puis une vision parfois méga- 
lomane de l'avenir industriel des 
régions et La prise en charge de nou- 
veaux habitants économiquement 
faibles : ruraux à la recherche d'un 
emploi, immigrés, etc. 

L’Etat a sa part de responsabilité : 
trop longtemps il a poussé tes édites 
locaux à emprunter, souvent en leur 
accordant sa caution. La situation est 
devenue grave au dfoot de la décen- 
nie 80, quand, pour réduire les 
dépenses nationales, les dotations 
accordées par l'intermédiaire d’un 
Foods des communes, créé à cet 
effet, ont été fortement réduites. Ne 
restait comme ressource essentielle 
que « l'additionnel communal». 
impôt a yan t pour base de calcul celui 
versé à l'Etat par les personnes physi- 
ques et égal à environ 5 % de son 

montant. 

Dans la dette actuelle, plus de 300 
milliards résultent de dépenses d'in- 
vestissement et 180 sont affectés & la 
couverture de déficits de gestion et 
au refinancement d'emprunts & court 


terme. Pour le rééchelonnement. 
devenu indispensable, de la dette, te 
Crédit communal, banquier des insti- 
tutions focales, joue de plus en pins 
un rôle analogue à celui dn FMI & 
l’égard des pays pauvres, avec des 
« conseils » de gestion impérieux 


Le double 
du budget annuel 


En cinq ans, tes employés munici- 
paux de Liège sont posés de 7 800 à 
3 750, gréceà des départs anticipés 
en retraite, fort coûteux au demeu- 
rant, -indiqué M. William Andon, 
premier échevin, faisant fonction de 
bourgmestre (maire) en raison de 
rempêchémcnt de l'ancien titulaire. 
La dette de la cité wallone, consoli- 
dée, sur trente ans, est actuellement 
de 30 milliards, soit te double dn 
budget annoté. Ctéa fait des ann cités 
de 2,8 min fards, montant supporta- 
ble actuellement, mais qui va aug- 
menter ^.en raison de la hausse des 
taux tf intérêt, puisqu'il y a révision 


des conditions de remboursement 
tous les trois ans. «Ce phénomène de 


hausse des taux est totalement indé- 
pendant de notre gestion», constate 
amèrement M. Aacion, inquiet 
comme la plupart des bourgmestres. 

Malgré ses redevances portuaires, 
Anvers oemnaft â son tour de graves 
difficultés. Bruxelles-ville - la capi- 
tale au sens administratif mais qui 
n’est que ht première des dix-neuf 
communes constituant l’aggloméra- 
tion - ne se trouve pas en meilleure 
posture. Le bilinguisme imposé aux 
fonctionnaires, pour la paix civile 
entre majorité walione et minorité 
flamande contribue à accroître tes 
difficultés de gestion. Le statut actuel 
de la cüé, résultat de laborieux com- 

K mis entre communautés, se révé- 
i viable ou non selon la façon 
dont seront résolus les problèmes 
.o. endettements communaux, avertit 
sans ambages M. Philippe Mou- 
reaujq ■ vice-premier ministre chargé 
des reformes mstitutionneUe& 

JEAN DE LA GUÉRIVIÈRE 






4 '->• 


nJjj Ua ^ bdgp vaut environ 16 œn- 


- t 





le **»*«*. 

• ; •*£***' p 

«IM i tx* 

■- -** HR** 

•■h St rf'wi- 

-s=w 

'***■- & 4 
: -»**, 4 

«ainr _ 

A ' , **e*n a 

'■ vu fl* aefav-l 

**** ***.-*m±i 






{ i 


-ÎU 
■ ? 
■ I \ 






L© Mor.d? • Dimanche 25 - Lundi 26 novembre 1990 13 


SOCIETE 


JUSTICE 


Face à une « situation de blocage » 

du monde judiciaire 
appelle à une grève nationale le 30 novembre 



Après plusieurs rencontres de 
PintersyncScale du monde judiciaire 
- qui regroupe maintenant trois 
organisations syndicales - tant 
avec fe ministre de la justice qu'a- 
vec les membres de son cabinet la 
situation parât pour le moment 
bloquée. Les syndicats appellent 
en conséquence leurs adhérents 
«à une grève nationale de l'ensem- 
ble des fonctionnaires de justice, 
des avocats et des magistrats», 
vendredi 30 novembre. 


les syndicats de fonctionnaires, avo- 
cats et magiarats, entendent donner à 
leur mouvement un retentissement. 


E lus important encore que celui de 
urs mouvements dés 23 octobre et 


15 novembre, convaincus qu'ils sont 
de ne pas aboutir par ta voie de la 
négociation. 

Séton te communiqué de rmtersyn- 


dicate, « aucune réponse satisfiûsante 
n’a été 


*• . 


Une manifestation où l’on attend 
de nombreuses dékgationsrègiûnaJes 
sera organisée à Pans, aux abords du 
Palais de justice, le jour même où le 
président de la République doit hono- 
rer de' sa présence les festivités du 
bicentenaire de la Cour de cassation, 
et y prononcer un discours. Les mani- 
festants espèrent, & cette occasion, 
.pouvoir lui remettre, en mains pro- 
pres, un cahier de doléances. Dopés 
par l’exemple des lycéèns qui, après 
avoir été reçus par le chef de l'Etat 
(depuis des semaines, l'intersyndicale 
delà justice demande, en vain, à être 
reçue par M_ Rocard), ont obtenu une 
'amélioration conséquente du budget 
consacré à renseignement secondaire, 


apportée, que ce soit en 
matière d'emploi, de moyens, de sta- 
tuts, de. démocratisation, d'accès égal 
pour tous au droit et à h Justice». 
Dénonçant « /'attitude souvent mépri- 
sante manifestée par ses interlocuteurs 
sur la nature et l'importance des 
besoins exprimés », l'intersyndicale 
estime qne l’on est arrivé «à une 
situation de blocages. 


'■ Uncatoüogoe 
(te revendications 


Le mouvement devrait se poursui- 
vre àfcdelè du 30 noyembre pour ten- 
ter de paralyser l'institution judiciaire 
et, espèrent lés- syndicats, devrait 
¥ s'élargir» dès le 1“ décembre «dans 
tous les établissements, services et juri- 
dictions si des engagements ne sont 
pas pris à cette date». 

L'intersyndicale a établi un catalo- 
gne de revendications qui a été 
Iprement discuté, lé 22 novembre, 


pendant plusieurs heures, avec la 
chancellerie. Il n’est pas exclu pour- 
tant, malgré k blocage dénoncé, que 
Ton ait avancé sur quelques pointa. 
M. Naüet a ainsi proposé aux avocats 
an calendrier précis pour aboutir - 
comme B s'y est maintes fois engagé - 
au dépôt d’un projet de loi réformant 
l’aide légale au début de 1991. 
M. Naüet pourrait aussi présenter un 
prqjet.de réforme du statut des magb- 
trats par le biais d'une loi organique, 
et non d’nne réforme constitution- 
nelle. Mais son coatenn, alors que les 
deux principaux syndicats, FUSM 
(Union syndicale des magistrats) et le 
SM (Syndicat des magistrats) sont 
loin d'être d’accord, tant sur le fond 
que sur la stratégie i adopter, ; ne (ait 
pour k moment que f objet de notes 
internes. Les greffiers, eux. estiment 
que le protocole d'accord qu’ils 
avaient signé en janvier 1939 i Mati- 
gnon n’a pas été respecté dans son 
intégralité : la lecture du texte et sa 
mise en application font toujours 
Tobjet d’une lecture differente à 1a 
chancellerie, mais rien ne semble tout 
à fait tranché. -- 


Quant au budget, que le ministère 


lu budget, t 

s'est déclaré prêt à amender, il ne 
iqinladéji 


peut, alors qu’il a déjà été voté à TAs- 
e. fair 


semblée nationale, faire l’objet d'une 
révision ambitieuse. Les syndicats 
qui, là encore, ont, tout frais en 


mémoire, Texemple lycéen, ne veulent 
pas admettre, alors que leur mobilisa- 
tion dure depuis bientôt deux mois, 
qu'ils puissent, tomes proportions gar- 
dées, faire moins bien que des adoles- 
cents. Malgré la fragilité de leur 
union, ks syndicats ont k sentiment 
qu'ils «tiennent le bon bout » et n’en- 
visagent pas de «jGrirr bosser ks pas- 
sion» alors que; de nombreuses villes 
de province, leur vient l’écho pour k 
30 novembre d’une mobilisation 
importante. Ce jour-là, en plus, le 
syndical Force ouvrière pénitentiaire, 
sans rejoindre pour amant l'intersyn- 
dicale, appelle, hii aussi à des actions 
destinées à bloquer les établissements 
pénitentiaires. 

Il reste que l'intersyndicale sera, en 
principe, reçue k 27 novembre par 
M. Nalkt. Celui-ci devrait alors faire 
des propositions précises et 
concrètes : les syndicats auront à 
apprécier si ces propositions du 
ministre sont des « miettes » ou des 
pas réels montrant que; non seule- 
ment le garde des sceaux veut, mais 
aussi a les moyens de trouver une sor- 
tie honorable. D risque, sinon, de s’en- 
liser dans une guerre de tranchées et 
de renvoyer des personnes, étonnés 
eux-mêmes de leur capacité de mobi- 
lisation, à leur découragement. 

AGATHE LOGEART 


CARNET DU Wmh 


Décès 


- NoSUc Friedel. 
son épouse. 

Round Friedel, Pierre- Antoine 
et Marion, 

Christine Friedel, Thomas Fouché 
ci Nadine Pétoüa, 

Olivier et Sylvie Friedel, Claire 
et GiUes, 

Béatrice et Francis Bcrton, Eric, 
Mathieu, Vincent et Yann, 

Anne et Raymond Rafidtson, 
Florence et Benoit, 
ses enfants et petits-enfants, 

M** Jean Eudes, sa sœur 
et scs enfants. 

Sa famille et ses amis, 
ont la tristesse d’annoncer la mon bru- 
tale de 


Henri FRIEDEL, 

agrégé de PUniversiié, 


A Paris, le 22 novembre 1990. 
Tous lui disent merci. 


« L'horreur et la splendeur de 
vivre continuent » 


L’affaire des Girondins de Bordeaux devant le conseil municipal . i FAITS DIVERS 


Huis clos pour un déficit officiel 


BORDEAUX 


de pâtre correspondante 


des Girondins », affirme, pour sa paît, 
socialiste. 


le leader de l’opposition 
AL François-Xavier Bordeaux. 


Inculpé, interdit de gestion des 
Girondins de Bordeaux FC (le Monde 


du 24 novembre), Claude Bez conti- 
nue-t-3 quand même â tirer ks 
fkeHes du club? En tout cas, ses amis 
du comité directeur lui gardent sa 
. place.- Us ont désigné, oomme prévu, 
vendredi 23 novembre, l’un des leurs, 
M. Georges Toumikian, vice-prési- 
dent, pour «assurer les fbnetions.de 
président par intérim». Ils ont recon- 
duit Didier Couécou, homme de 
confiance de M. Bez, dans ses fonc- 
tions de manager général Ils ont, 
enfin, désigné un trésorier, M. Paul 
Barthabinu, poste que le président 
Bez s’étaft attribué d’office depuis 
1988. Le comité directeur n’a, en 
revanche, pris aucune décision finan- 
cière. «Nous attendons lundi 
26 novembre pour nous pencher sur 
les chiffrés» a affirmé M. Georges 
Toumikian. 

iCtfnridence? C'est hindi aussi que 
Jacques Chaban-Debnas convoque, à 
huis dos. le conseil municipal de Bor- 
deaux avec un unique sujet à f ordre 
du jour : r énorme déficit du dub de 
football, qui atteignait 242 millions 
de francs au 30 jum, et pourrait s’éle- 
ver aujourdTtui & 300 milhoos de 
francs. 


A Bordeaux, vendredi, M. Jacques 
Chaban-Ddmas a esquivé toutes les 
questions relatives à f inculpation de 
Claude Bez et h l'avenir du club-dc 
football. Mais il a reçu M. Bez, éuson 
domicile, dans la matinée, comme il 
Pavait fait une semaine plus tôt avant 
de publier lès comptes du club. A ' 
cette occasion, dans l'entourage du 
•maire de Bordeaux, on s'était 
attendu, le 16 novembre, que 
: M. Chabah-Delmas obtienne la 
démission de Claude Bez.' Ce ne fut 
pas k cas. «Je ne vois pas 


pas k cas. «Je ne vois pas pcrurmoi je 
redrmûs ma confiance à Claude Bez, 
devait dite, par la suite, k maire de 


Une solidarité 
saas&Sk 


De Pa vis général, majorité et «po- 
sition municipales confondues, aucun 
sponsor, aucun commanditaire ne 
prendra k risque de renflouer k dub 
et de mêler son nom à l’affaire. Le 
maire avait proposé te 16 novembre, 
avant rincolpation de M. Claude Bez, 
de nommer «des négociateurs » pour 
tenter d’alléger la dette. Cela sumra- 
i-il à sauver les meubles? «Avant tout, 
il faut y voir clair et fiùre réaBser un 
audit par un super comptable plus cré- 
dible que k commissaire aux comptes 


Bordeaux. Si c'est toi coquin, qu'on le 
prouve .» 

Cette solidarité sans faille suscite 
bien des interrogations à Bordeaux.^ 
compris dans tes allées du pouvoir 
mumdpaL Qu'est-ce qui lie véritable- 
ment M. Bez à AL Chaban-Ddmas, 
no président inculpé d’escroquerie et 
un maire, ancien inspecteur des 
finances? une partie de l'argent du 
dub serait-elle allée au financement 
de campagnes électorales? La plupart 
des connaisseurs de la vie bordelaise 
rejettent cette hypothèse: «Quand on 
est maire depuis quarante-trois ans et 
qu'on a k prestige de Chaban-Delmas. 
on n’a pas besoin de Claude Bez pour 
payer ses affiches», disent-ils. 

«Faites de Bordeaux un grand dub’. 
mais pas un centime sous la table» a 
déclaré Jacques Chaban-Ddmas, rap- 
portant sa première rencontre avec le 


Incidents entre des jeunes et les vigiles 
d’un centre Leclerc à Mantes-La-Jolie 


Plusieurs dizaines de jeunes gens «te 
Mantes-La- Jolie (Y velines) se sont 
affrontés, vendredi soir 23 novembre, 
avec les vigiles d’un centre Leclerc 
daas te quartier du Vaü-Fourrè. Les 
incutents ont édaté après rinterpefla- 
jtion d’un jeune, surpris en flagrant 
délit de -vol par ks agents de sécurité 
du supermarché. Plusieurs dizaines de 
(jeunes se sont alors rassemblés vers 
18 h 30 à .rentrée du magasin et qud- 
ques échauffourées se sont produites 
avec les vigiles. Une voiture apparte- 
nant à l’un de ces derniers a été 


retournée et endommagée par les 
jeunes. Le calme est revenu aux envi- 
rons de 20 heures après l’arrivée, en 
force, des policiers. 

Michel-Edouard Lederc avait 
annoncé mer cr edi 21 novembre ( k 
Monde du 24 novembre) la fermeture 
de magasins en banlieue parisienne, 
mais après un entretien k lendemain 
avec Hadem Désir, président de SOS- 
Racisme, le coprésident dn groupe 
avait décidé de maintenir les centres. 
Lederc des Mureaux (Yvdines) et 
«TArgenteuil (Val-d’Oise). 


ENVIRONNEMENT 


Signature d’nn « contrat de baie » 


Union sacrée ponr protéger 
l’étang de ïïian de la pollution 


S, boulevard Voltaire, 

7501 1 Paris. 


- Dominique et Paul M. Chabrièrcs, 
Isabelle et André Montai, 

Etienne et Dominique Hardy. 
Christiane et Alain Rouillon, 
Jacques et Christine Hardy, 
Constance. Claire, Thomas 
et Guillaume, 

Virginie, Mathieu ei Thomas, 
Romain et Thibault, 

Jean-Edouard et Charlotte, 
ses enfants ci petits-enfants. 

Jacqueline Niaudet. Yvonne 
de Pourtalés. Alice et Norbert Monod, 
Hélène et Didier Niclc. 
ses sœurs et beaux-frères, 
ont la tristesse de faire paît du décès de 


M- Jean HARDY, 
née Mireille Delmas, 


le 22 novembre 1990. 


La cérémonie religieuse a lieu en 
l’église de Varengeville-sur-Mer, lundi 
26 novembre, à 1 1 h 30, célébrée par le 
pasteur Bonniol et par le Pire Cheva- 
leyre, aumôniers du Mouvement Sève, 
suivie de l’inhumation au cimetière de 
Varengeville. 


« Dieu e si Amour, celui qui 
demeure dans l’Amour demeure en 
Dieu et Dieu en lui. » 

Jean, 1,4.16 


La Haie-Vive, 

791 19 Varengeville-sur-Mer. 


- Les amis, collègues et anciens 
élèves dé 


Louis LAMBERT 


font part de son décès â l’âge de qua- 
tre-vingts ans. 


Les obsèques ont été célébrées à Tou- 
lon. le 21 novembre 1990, en l’église 
Saint-Georges. 


- On nous prie d'annoncer le décès 


de 


MONTPELLIER 


de notre correspondent 


président des Girondins de Bordeaux 
FC ü 


La réalité pourrail-ege différer de 

cette anecdote légendaire, cent fois 
rapportée? Claude Ber disposerait-il 
de moyens de pression sur Jacques 
Chah an-Delmas? Ces questions, 
{^'aujourd'hui toute une ville se pose, 
restent sans réponses. Comme reste, 
pour l’instant, inexplicable tant de 
-confiance aveugle. 


GINETTE DE MATHA 


< Pour que les salmonelles «te l'étang 
de Thau ne réapparaissent jamais, et 
que l'interdiction à la vente des huî- 
tres, une véritable catastrophe pour 
l'économie locale l’hiver dernier, ne 
se reproduise pas, P Etat, le conseil 
régional du languedoo-Roussillon, k 
conseil général de l’Hérault, l'agence 
de 'bassin et quinze communes 
concernées ont signé, vendredi 
23 novembre, un «contrat de baie». 
Un an après la fermeture de Pétang, 
il s'agit d’une sorte d’union sacrée, 
font «le négociations longues et par- 
fois âpres, destinée à protéger l'envi- 
ronnement en éradiquant toute cause 
de pollution. 

Le «contrat de baie» va permettre 
d’investir 187 millions «Je francs, qui 
stsont utilisés dans trois directions. 
D’abord une meilleure connaissance 
de récosystème par le financement 
de nouvelles études. Ensuite la réali- 


sation d’infrastructures d’assainisse- 
ment des eaux en milieu rural et en 
milieu urbain. Cest enfin toute une 
modernisation de la filière conchyti- 
cote que k contrat devrait permettre. 
Un comité de l’étang de Thau sera 
chargé «le veiller & Papplication du 
contrat. 


Ces dispositions ne prennent pas 
en compte, pour l'instant, le pro- 
blème des peintures à Pétain, une 
source de pollution potentielle des 
coquillages, qui sont utilisées pour 
J es bateaux. Plusieurs professionnels 
et collectivités ne cessent en vain de 
les dénoncer depuis trois ans, en 
demandant leur interdiction pure et 
simple. 

J. M. 


M. Roméo MARTINEZ, 


historien de la photographie. 


survenu le 13 novembre 1990, en sa 
soixante-dix-huit iénic année. 


Après les obsèques qui ont eu lieu 
dans la stricte intimité, une messe sera 
dite en souvenir pour scs amis en 
l’église de Samt-Ctermain-des-Prés. à 
18 heures précises, lundi 26 novembre. 


21, me de Seine, 
75006 Paris. 


CARNET DU MONDE 

Rensdgnamena : 40-65-29-94 

Tarif : la ligne RT. 
Tontes nfetfqws 92 F 


Abonnés et actionnants -80F 
Goranraiticat dfarses — 95 F 


SPORTS 


□ BOXE : Christophe Tfozzo 
conserve son titre. - Le Français 
Christophe Tiozzo, vainqueur, 
vendredi 23 novembre & Pontoise, 
de l’Américain Danny Morgan, par 

arrêt de l’arbitre, au deuxième 
round d’un corabat prévu en douze 
reprises a conservé son titre de 
champion du monde des super- 
moyens (WBA). 


D FOOTBALL : victoire, de 
Monaco à Brest - L’AS Monaco a 
battu, vendredi 23 novembre, 
Brest (2-1). sur son terrain, en 

match avancé dé la dix-septième 
journée du championnat de France 
de footbalL Les buts monégasques 
ont été marqués par Ramon Diaz 
(?. min.) et Franck Sanzée 
(g* min. sur penalty), le but bres- 
tois par Maurice Bouquet 
(86» min.). 


DEFENSE 


. Concurrent du Tigre franco-allemand 


Un projet européen d’hélicoptère anti-chars 
est abandonné 


Le ministère néerlandais «le ta 
défense a -annoncé, vendredi 
23 novembre, à La Haye, que les 
iPays-Bas, l’Italie, l'Espagne et le 
Royaume-Uni ont décidé cfabandon- 
neruD projet commun de dévdoppe- 
ment «Tuo hélicoptère anti-chars, 
dénommé LAH (Light Attack HeE- 
copter). Ce programme en était au 
stade de la définition. Il avait été 
conçu, 4 l’orreiiie, à partir de Phéli-' 
coptère A 129 Mangusta que le 
groupe italien Agusta destinait initia- 
lement à Tannée de terre italienne et 
qui aurait pu servir de base à une 
coopération européenne. ' . 

De leur côté, la France et l’Alle- 
magne ont lancé le programme Tigre 


«fuit hélicoptère anti-chars et anti-hé- 
.licoptèresj dont k premier vol du‘pn>- 
totype est attendu pour la fin de 
1991. Les besoins des deux p^ys sont 
estimés à environ 425 exemplaires. 
L’abandon du LAH pourrait donner 
une chance à l’offre que Français et 
Allemands ont. Tan denier, adressée 
aux Britanniques de s’associer au pro- 
gramme Tigre. Le Royaume-Um, qui 
a exprimé le besoin d’un hélicoptère 
de la même catégori e, a k choix entre 
une formule de coopération sur le 
Tigre; dans k cadre d’nn programme 
européen, et une solution d’achat aux 
Etats-Unis, de l’hélicoptère Apache, 
qui est plus lourd. 


La qualité traiteur 
maintenant au rayon frais. 


HONORE 

JANIN 


Le traiteur du rayon frais. 


Pour connaître ses points de vente 
et découvrir 
ses nombreuses recettes 
composez le: 


3614 Honoré Janin 






Oi 


■r 


- M“ Jean Moreaux, 
née Chantal Alliot, 

M. et M"> Jean-Eric Moreaux, 
M* Léon Moreaux, 

M. et M"* Pierre Moreaux. 
M» Monique Alliot, 

Le recteur Michel Alliot, 

Les docteurs Bruno 
ta Françoise Alliot. 

Le professeur Michel Chatdns 
et M*. 

née Brigitte Alliot. 

Leurs enfants, petits-enfants, 
M*» Simone Menu, 

Sa fiunille et ses amis, 
font paît du décès de 


5 


M. Jean MOREAUX, 
officier du Mérite agricole, 
chevalier des Palmes académiques, 
ancien directeur de la FNCL. 


Une messe sera célébrée, le 
29 novembre 1990, â 17 h 45, à la 
crypte de l’église Saint-Lambert (Paris, 
nie GcrbertJ. 


Pas de fleurs, mais des dons au profit 
des associations France-Alzheimer et 
Broca-Familles. 


53. avenue ChArtcs-do-GauHe. 
92200 Ncuilly-sur-Scinc. 


- Apremon! (Savoie). Sainr-A venin 
(Indre-et-Loire). Annccy-lc-Vicux 
(Haute-Savoie). 


M. et M» Max Perrin, 
et leurs enfants, 

Thierry et Véronique, 

M* Marie-Reine Perrin, 

Et toute leur famille, 
ont la douleur de faire part du décès de 


M-» venre François PERRIN, 
née Alice Brrrdia, 


pieusement survenu à l’âge de quatre- 
vingt -cinq ans. 


Ses obsèques religieuses ont cté célé- 
brées en l’église d’Aprcmont, dans l'in- 
timité familiale. 


- Ana et Mare Bcdoucltc, 

Pablo, Sylvie, Arthur, 
ont la tristesse de faire pan du décès de 
; leur père et grand-père. 


M. Carlos Alberto TORSES, 


survenu le 19 novembre 1990 à Bue- 
nos-Aires. 


- M. « M- A.tM. Turki 
et leurs enfants. Sami et Sonia, 
ont la douleur de faire part du décès de 
leur fils. 


Alain, 


à l’âge de trente-quatre ans, survenu le 
20 novembre 1990. 


L’inhumation a eu lieu dans l'inti- 
mité familiale. 


I bis, rue Gager-GabiJIoi, 
75015 Paris. 


Remerciements 


- M. Bommart. 
son époux, 

M. et M"* Laurent Bomman, 

M. et M“ Lcf-Forstcr. 

Renaud Bommart, 
ses enfants. 

très touchés des marques de sympathie 
et d’affection que vous leur avez témoi- 
gnées lors du décès de 


M- Françoise BOMMART, 
née Duriez, 


et dans l’impossibilité d’y répondre 
individuellement, vous adressent leurs 
plus sincères remerciements. 


- M“ Raymond Johanny 
et sa famille, 

profondément touchées par les mar- 
ques de sympathie qui leur ont été 
témoignées lors du décès du 


docteur Raymond JOHANNY, 


avec leurs remerciements, expriment 
leurs sentiments de profonde sympa- 
thie. 


Anniversaires 


- H y a un an, le 24 novembre 1989, 
'mourait 


Gérard ALLA IX. 


Gara No51 demande à ceux qui Pont 
connu et aimé de se souvenir. 


- En cc 24 novembre, que ceux qui 
se souviennent de 


Gérard FAURE 

aient pour lui une pensée affectueuse. 


Communications diverses 
- NaaeSrERN 


sera heureuse de présenter 
les récents tableaux de 


Pierre LAFOUÇRIÈRE, 


du mardi 27 novembre 
au samedi 22 décembre 1990, 


du mardi au vendredi, 
de 15 heure» à 19 h 30, 
le samedi de 1 1 heures à 19 h 30. 


Passage Lhomme, 

26, rue de Chanonnc, Paris-1 1*. 
Tél. : 48-06-78-64. 


SX* 


i 







?ÿ, t> ) ÇCè- 




1< V . 


1 4 Le Monde • Dimanche 25 - Lundi 26 novembre 1 990 


CULTURE 


MUSIQUES 


CINEMA 


Le phénomène Nelson Freire 

Du piano comme on n'en entend plus, un interprète trop peu connu 


Le Pont-Neuf en perspective 


Yoici le diable fait pianiste - 
puisque ia marque du Malin est. 
djt^on, ia constance dans l'infailli- 
bilité. Un diable qui trompe son 
monde, barbu d’apparence paisi- 
ble, Brésilien aux yeux bleus, dont 
on jurerait qu’il a passé moins de 
temps à faire ses gammes qu'à se 
prélasser â Copaca ban a. U glisse à 
tout petits pas jusqu’au clavier et 
se cale, le dos droit. 1 e séant ferme, 
dans un flegme qui rappelle de très 
près un célèbre personnage de des- 
sin animé : «l etm happy...» . 

Nelson Freire ne devient pia- 
niste «de légende » qu'au moment 
même où ses doigts se mettent en 
action. La main est petite, les 
doigts courts, grassouillets, quand 
la légende, précisément, imposerait 
des doigts aristocratiquement effi- 
lés : ce n'est donc pas de la sur- 
prise, c’est de l’incrédulité. Car ces 
mains-là dansent, dessinent, effa- 
cent à coups d'ailes légers la notion 
même de difficulté, elles osent des 
doigtés impossibles, des substitu- 
tions acrobatiques, et même (mais 
peut-être a-t-on rêvé) d'eupbori- 
ques retournements jazziques, la 
paume en i'air, le doigt cueillant, 
désinvolte, la note par l'arrière. 

Nelson Freire jouait déjà à dix 
ans devant des salles véhémentes. 
A quarante-cinq ans, il fait partie 
(comme Martha Agerich, sa sœur 
en musique, sa compatriote) de ces 
anciens petits prodiges dont l’âge 
n'a perverti ni la technique - chez 
l’un et l'autre, miraculeuse d’em- 
blée - ni l’intransigeance têtue 


(enfantine, disent les grincheux), ni 
le mépris affiché pour les lois du 
marché. 


Freire, par son panache, son art 
«de ne pas y toucher», est le clone 
absolu des grandes stars pianisti- 
ques du passé (Rachmaninov, Cor- 
tot dans ses bons jouis, Paderewski 
à son zénith). Il ne devrait pas 
avoir à jouer, comme ce fut le cas 
mercredi 21 novembre, dans une 
petite salle parisienne faite pour la 
musique de chambre (Gaveau, 
pour ne pas la nommer). Son jeu 
surnaturel, qui fait hurler de bon- 
heur et bondir de son siège, pren- 
drait toute son ampleur et trouve- 
rait toute sa raison d'être dans une 
salle électrique : Carnegie Hall, par 
exemple! 

Mais Freire n'est pas la «super- 
vedette» qu'il devrait être : c’est 1 e 
monde à l'envers. Cest la preuve 
d’uu état d'esprit suicidaire chez 
ceux qui se disent à la recherche 
du mouton â cinq pattes et le lais- 
sent s’échapper quand il leur passe 
sous le nez. Car cette virtuosité est 
de celles qui met à genoux tonte 
une profession et fait, dans la fou- 
lée, pleurer les midinettes. D y a là, 
sans mentir, des millions de dis- 
ques à la clé. 

Le Brésilien s’était lancé en ce 
mercredi frisquet dans un pro- 
gramme qui le résumait tout 
entier; culot - car jouer de nos 
jours la Sonate « au clair de lune » 
est être culotté ; transition d’une 
œuvre à l'autre par libres associa- 
tions d'idées - le dernier des As 


très Marias de Villa-Lobos fait 
penser an Ballet des poussins dans 
leur coquille de Moussorgski ? Pas- 
sons donc aux Russes, à Prokofiev ; 
caprice : le Prélude, choral et fugue 
de Franck, comme un Trou nor- 
mand tris sec dans un menu gour- 
mand; et de petites choses légères 
ou chaloupées en bis, par modestie, i 

Même dans l’illustrissime sonate : 
v au clair de lune » de Beethoven, 
Nelson Freire donne l’impression 
d’improviser dans r instant, d’obéir 
à son humeur du moment. Donc, il 
surprend . Dans an final ondulant, 
désangoissé - Beethoven est pour- 
tant censé y peindre sa révolte 
virile; dans un second mouvement 
entièrement lié, alors que la 
seconde séquence du thème est 
notoirement sautillante : on a pu y 
voir la peinture de la psychologie 
féminine, partagée entre tendresse 
et coquetterie. 

Tout passe vite et semble couler 
de source : tant de naturel, d’évi- 
dence dans l’énoncé font penser  
Guilels par moment. On surprend 
pourtant au vol. dans trois mazur- 
kas, dans le quatrième scherzo de 
Chopin, des voix déchirantes qui 
montent de la main gauche. Et on 
sort proprement h éberlué de la sep- 
tième sonate de Prokofiev : pas 
une dureté dans ce prototype de 
piano percutant; pas un accroc 
dans le précipitato qui, à ce tempo, 
avec ses écarts phénoménaux, res- 
semble à on numéro d'accords pla- 
qués pour dessin animé. 

ANNE REY 


«Les Amants du Pont-Neuf », de Leos Carat, n'est plus un film maudit, 
on en achève le tournage près dè Montpellier 



Le Pont-Neuf... A sôcoont küomàtn» de Péris 


Le poète des routes argentines 

Atahualpa Yupanqui est aa Théâtre de la Ville . 

Pas de programme prévu . C'est selon l'inspiration du moment 


«Et toi, tu chantes où?». Nulle 
part, répondit le musicien argentin, 
de passage à Paris et qui, ce soir-là, 
avait apporté sa guitare chez un 
ami, Paul Eluard. a Bon. alors, tu 
viendras chanter avec moi à l’Athé- 
née », trancha Edith Piaf qui dînait 
IA aussi. Au jour dit, la salle était 
pleine à craquer. Atahualpa 
Yupanqui n'était pas à proprement 
parler un débutant, mais se tenait 
dans les coulisses, avec sa guitare 
et un trac sans nom, prêt & inter- 
préter une balade . Piaf le prit par 


la main et « avec une gentillesse 
incroyable», lui céda ia deuxième 
partie du spectacle. Une heure et 
demi de bonheur. Poète des routes 
de l'Argentine, Atahualpa Yupan- 
qui venait de faire, à quarante et 
un ans, son entrée sur ia scène 
internationale. Immédiatement. 


n’avons pas de poètes, juste du 
charbon. Je lui demande s'il a une 
fiancée. Il me raconte qu 'elle s’ap- 
pelle Charlotte et qu’elle l’attend 
tous les soirs à la sortie de la mine 
où elle n’a pas le droit d’entrer. Je 
lui dis : et tu l’embrasses et tu 
laisses la trace noire de ton baiser 


Paul Eluard se mua en secrétaire - sur sa joue? Voilà la poésie» . 


efficace et tapissa les murs de 
Montparnasse d’affiches flat- 
teuses : u Edith Piaf chante pour 
vous et pour Atahualpa Yupanqui » 


ARTS 

Le silence de récriture 


Les graphismes discrets 
deScbatt 

dans le siliage de Twombly 


Les dernières toiles de MicfaaSe- 
Andréa Schatt, jeune artiste fran- 
çaise de trente ans, ne se laissent 
pas décrire commodément. On 
dirait des graphismes gestuels dis- 
persés en désordre sur un fond 
blanc, mais la gestuaiité est trop 
retenue, trop équivoque, le désor- 
dre trop étudié pour que ces 
œuvres passent pour expression- 
nistes et aléatoires, encore moins 
pour des graffitis à la mode. 

Les procédés dont use Schatt 
sont à l'inverse lents, progrcssife et . 
calculés. Sur la toile, qu'elle pré- ■ 
fère carrée, die superpose des mor- 
ceaux de papier très fin, sur les- 
quels elle a auparavant peint des 
signes, géométriques ou calligra- 
phiques, et écrit des mots. 

Comme le papier est transpa- 
rent, la superposition produit un 
effet assez semblable â celui du gla- 
cis d’autrefois. Les formes tracées 
avec la couleur perdent toute vio- 
lence et un peu de leur matérialité, 
étant vues à travers une pellicule 
soyeuse qui les tient à distance. 

Les mots sont collés à l’envers, 
les bribes de figures sens dessus 
dessous. Sur la composition ainsi 
obtenue par additions et juxtaposi- 
tions, des lignes directrices sont 
ensuite tracées, qui équilibrent 
l’œuvre et parachèvent l’entreprise 
de neutralisation des signes. 

Le résultat est singulier, beau, 
froid et caressant à la fois, un peu 
à la manière de Twombly, quoique 
d'une ironie moins aristocratique- 
ment savante et d’une vigueur (dus 
affirmée. Des œuvres naît une forte 
sensation de silence. Elles ont pour 
nom générique Suite amnésique. 
C’est un titre juste. 

PHILIPPE DAGEN 


Yupanqui est aujourd’hui un 
vieux monsieur bien mis, en cos- 
tume trois pièces bleu sombre, 
rehaussé d’une pochette blanche. A 
82 ans, ses cheveux toujours bruns 
sont rejetés en arrière, ses mains 
sont toujours longues et fines. 
Resté fidèle à Montparnasse et & la 
Coupole où il donne ses rendez - 
vous malgré le changement de pro- 
priétaire, il évoque des souvenirs 
français avec un bonheur discret 
teinté d'ironie : en 1949, au cours 
d’un tour de France en voiture 
ofîcrt par ses amis musiciens, il 
débarque dans une fête patronale à 
Lens. 

Une quarantaine de jeune gens 
et de jeunes filles jouent des airs de 
musette sur leurs accordéons. 


En 1949, Atahualpa Yupanqui 
avait déjà à son actif quelques cen- 
taines de chansons, des recueils de 
poésie et deux ouvrages en prose 
publiés & Buenos Aires. Une œuvre 
initialement construite dans les 
années 20 au cours d’un long péri- 
ple à cheval à travers l’Argentine. 
L'auteur compositeur y adopte 
définitivement comme héros les 
travailleurs aux mains calleuses, 
riches d’amour et de courage. Sans 
bluff. Yupanqui recueille des airs 
folkloriques, zambas, milongas ou 
vidalas, les arrange, y met des mots 
simples et directs. Camino del 
Indio, Campesino feront le tour du 
monde (i) . 

VÉRONIQUE MORTA1GNE 


On quitte Paris. Six cents kilo- 
mètres plus tard, on se retrouve sur 
une route, près de Montpellier, 
dans la nuit. L’air frais sent la 
campagne, la pluie. Au loin, pour- 
tant, une lueur épaisse, comme un 
couvercle, rappelle la grande ville. 
On s'approche, on suit un mauvais 
chemin de terré, on gravit quelques 
marches en éboulis. Et soudain, il 
n'y a plus de campagne, on est de 
retour à Paris. Le cœur battant, on 
s’avance sur le Pout-Neuf désert, 
derrière soi on voit le Vert-Galant 
et Henri IV, évidemment Devant, 
La Samaritaine, les berges, les mai- 
sons, les voitures qui roulent, les 
platanes qui frissonnent Tout est 
vrai, tout est beau, tout est faux. 
Tant l’illusion est forte, on ne 
conçoit pas, on ne saisit, pas tont 
d'abord, qu’on est planté dans un 
déco r„ on est seulement surpris par 
le silence. Le silence admirable des 
rêves. Et les larmes vous montent 
aux yeux devant l’évidence fabu- 
leuse de ce pari gagné, de ce pari 
fou qui a eu raison contre tout. 
Contre le temps, contre le vent, 
contre l’ argent 

Inachevé deux ans après avoir 
été commencé son tournage inter- 
rompu deux fois, englué dans un 
imbroglio juridico-financier inex- 
tricable, son budget initial de 
32 millions de francs au moins tri- 
plé, le troisième long-métrage de 
JLeos Carax rejoignait les grands . 
maudits du 7 a art (Le Monde du 
17 mars). Mais quarante minutes 
des Amants du Pont-Neuf exis- 
taient et ces minutes-là, étourdis- 
santes, étaient là meilleures avo- 
cates de cette cause qui semblait 


:rdue. Pour raconter l'histoire 
rieuse et tendre de deux jeunes 


clochards nichant leur passion sur 
le plus vieux pont de Paris, tandis 
que celui-ci s'enfonce, il fallait 
donc tont cet argent, toute cette 
énergie, tout cet amour„ 

Le producteur Christian Fechner 
Ta compris, ce qui n’est déjà pas 
mal. Mais il a eu aussi - lui- qui 
venait de vendre quinze ans dé sa 
vie,- son catalogue, à la Générale 
des eaux - les moyens de le com- 


prendre, réinjectant 70 millions 
dans l’entreprise pour qu’elle redé- 


aans rentrepnsc pour qu elle redé- 
marre et s’achève enfin. Risque 
considérable tout de même, -mis 


jusqu’ici tout seul, personne 
le profession ne misant plus un 


centime sur ces «amants du pont 
d'or». «Mais tout a bién marché. 


dit-il, à partir du moment où on 
s'est dit la vérité. 


s'est dit la vérité. 

Fechner a commencé par 
- «racheter» les dettes accumulées, 
dont six mois de viande pour deux 
cent personnes (les ouvriers du 
chantier) au boucher de Lanzar- 


S ies, puis par r emet tr e le décor à 
ot sur sa fausse Seine qui coulé 


flot sur sa fausse Seine qui coulé 
dans un lit creusé au bulldozer. 
Presqu'aossi -large que l'originale, 


un tout petit peu plus sereine, elle 
coule entre 400 mètres de beiges 
construites sur 10 hectares. Lors- 
qu'on se trouve sur le pont où pas 
un détail ne manque, même pas la 
bouée de sauvetage^ tour les 
immeubles paraissent grandeur 
nature. Ce n’est que lorsqu’on se 
promène sur les quais qu’on se sent 
soudain grandir à vue d’œiL Nor- 
mal puisqu’on est bien an pays des 
merveilles, et que les maisons 


s’amenuisent an lointain™ Prodige 
de la perspective, réussi par Michel 
•. Yandestieu, à l'origine décorateur 
de théâtre, qui n’a eu peur de rien. 

- Lorsqu’il est l’heure de tourner, 
Leos Carax sort de son vieil auto- 
car désaffecté recyclé' caravane, 
deux machinistes portent une 
échelle comme s’il s'agissait d’une 
œuvre d’art, personne ne crie, c’est 
à peine si quelqu’un parie. Les. 
trois acteurs, Juliette B moche, 
Denis Lavant, Klaus GrSber, se 
mettent en place.. On entend seule- 
ment de la musique, on disque 
pour se mettre dans l'ambiance de 
la scène; David' Bowie, ou bien 
l’Orphée de CBfidd Puis la musique 
se tait, Carax fut un geste, cela 
suffit Intimité, ferveur, u flotte. ici 
comme un mystère, une certaine 
idée du bonheur. 

-Les- «fcfiwiir passent' vite au 
cinéma et dans un -ordre aléatoire. 
La semaine dernière, c’était l’au- 
tomne, on avait passe 'au roux, une 
à une, les feuilles des platanes du 
quai de la Mégisserie. La semaine 
prochaine, c’est l’hiver, oir enlè- 
vera une à une les feuilles des 
mêmes platanes, et l’on déposera 
sur les pavés des tonnes de neige 
synthétique. Et vers le 15 décembre 
On replacera une à une les feuilles 
vertes sur les arbres pour la der- 
nière séquence, le bal du 14 juillet 
89, où les amants danseront éper- 
dument sur leur pont, où explose- 
ront pendant quatre nuits les 
fusées d’un fabuleux feu d’artifice. 
Apothéose symbolique d’un film 
déjà légendaire, e nfin réconcilié 
avec lui-même. 


DANIELE HEYMANN 


► Le 26 au Théâtre de la Ville, à 
21 h. Tel. : 48 87 54 42. Le 28 à 
Genève, le 1 -décembre à Stras- 
bourg, le 8 à Niort. 


« C’était très beau, mais je voulais 
entendre du folklore local. Un gar- 


eniendre du folklore local. Un gar- 
çon s’avance et me dit : ici, nous 


(i) A écouler : Atahualpa Yupanqui, 
trente ans de chansons. I CD Le Chant 
du mondediarmonia MundL 


Par une nuit d’orage... 

«La Fiancée de Frankenstein» de James Whale, celle de «Reanimator» 
de Brian Yuzma, { et\le«Darknm » de Sam Banni : rêve et références 


3 RË^RËSENTÀTlONS 
EKŒPTIONNELLES 


7 ET 8 DECEMBRE 20 R 3Ù 
’ 9. DECEMBRE 15 H 00 


DER KAUFMANN 
VON VENEDIG 

Le marchand da Vénïs» : \ v •'* . 

William Shakespeare 

mise «e scène - -. 


spectacle eolongue oUetnoncîe ~ 
-THEATRE DES AMANDIERS 



“ - ; r.t. ’.i 


RESERVEZ VOS PLACES 


► Galerie Zurcher. 19. rue de 
l’ Abbé-Grégoire, 75006 Paris; 
tél. : 45-48-10-22. Jusqu'au I*' 
décembre. 


adresse. 

téléphone. 

dote choisie. ■ 

nombre de places. è T40 F - TotaL „ 

Ben à retourner, accompagné d’an chèque bancaire ou postal 

à l’ordre du FESTIVAL D'AUTOMNE 

156, RUE DE RIVOLI - 75001 PARIS - 42.96.96.94 


Mary Sheüey avait peur de Forage, 
l’électricité dans l’air la rendait ner- 
veuse. Appare m ment cathne, elle 
continuait à broder an petit point. 
Mais dans sa jolie tête, se poursuivait 
la terrifiante histoire du jeune baron 
Frankenstein et de sa monstrueuse 
créature & briquée à panir de diffé- 
rents cadavres - laquelle créature 
trouva en Boris Karioffi immense et 
couturé, l'interprète idéal, en James 
■ Whale le metteur en scène rêvé. 

Et elle raconta— Elle ressuscita le 
monstre - censé avoir brûlé sur un 
bûcher A la fin du premia film. Le 
jeune baron que Ton croyait mort à la 
veille de ses noces, loi aussi revint à 
b vie, et bien qu’un peu faible, s’ap- 
prêtait à convola enfin, lorsque le 
diabolique docteur Pretorius apparut, 
lui intima l’ordre de fabriquer une 
femme afin de la maria avec le 
monstre, de leur faire engendrer des 
i créatures dociles et redoutables. La 
j Fiancée de Frankenstein date de 1935 
: et dénonce à sa manière rîdéolagie de 
la rare supérieure. 

Dans des décors d’opérette noyés 
de brume, devant des cids nuageux 
peints sur. toile. James Whale 
enchaîne les séquences d'épouvante, 
de comique; de pathétique, en atten- 
dant le morceau de bravoure : h nais- 
sance de la fiancée dans le laboratoire 
de Frankenstein, au sommet d’une 
haute tour médiévale. Par une nuit 

traversée d’éclairs, Frankenstein, Pre- 

tonus et son assistant entrecroisent 
des fils électriques qui crépitent et 


tancent des étincelles, manipulent -des 
poulies qui ouvrent le toit, lancent 
des cerfs-volants qui capten t l’énergie 
de Forage, font monta dans le del 
une sorte de tire-bouchon géant por- 
tant la civière où repose la créature 
féminine— 

Cest grandiose et ce n’est pas tout : 
ta fiancée n’est autre que Mary Shd- 
ley, dans une tunique blanche, le 
visage joliment couturé, les cheveux 
en gorgone, tournant la tête avec des 
mouvements saccadés, croassant un 
cri terrible lorsqu’elle voit la laideur 
du malheureux monstre- 

Moment pervers et splendide, son- 
vent cité, carrément paraphrasé par 
Brian Yuzma dans Reanimator II 
(The Bride of Reanimator) où Fou 
retrouve les deux savants West et 
Caîn toujours obsédés par le désir de 
créer un être humain. Le . fUm est 
parodique - moins purement gjtandr 
guignoûsque que le premier Jtaüti- 
mator. avec une petite jalousie homo- 
sexuelle de West envers Gain. Nous 
ne sommes, çhœ en 1935, ce qui est . 
raîQé ici. serait plutôt ta manipulation 
-génétique. L’essentiel pourtant resté 
Fapparition de la- «fiancée»: die 


sable Nuit des morts-vivants. Ce n’est 
rien, comparé à Darkman de Sam 
Raimi, qui fabrique son héros avec 
des pans de Batmàn, Superman et un 
grand m orcea u du Fantôme de 
r Opéra — entre autres — plus un rap- 
pel cTErzebcth Batory, dans une ver- 
sion cinématographique où l’on 
voyait la comtesse hongroise obligée 
de se baigna de phis en pins souvent 
dans d ngng d e jeune fille pour gar- 


Id, te héros travaille sur un «Iq t hw» 
de peau humaine, par&ite si ce n’est 
qu’à la lumière, eUe dure quatre- 
vingt-dix neuf minutes, pas davan- 
tage, Défiguré, fi reprend ses travaux 
dans son laboratoire calciné et pres- 
que entiè remen t détruit par une 
explosion, reproduit son visage pour 
retrouver sa fiancée quatre- vingt dix 
neuf minâtes par jour, prend l’aspect 
des mafiosi spéculateurs immobiliers 
qui ont causé son malheur pour se 
venger. 

Sam Raimi (auteur d’un superbe 
«gore» percutant, Evil Dead et d’un 
^OTvante nKrins réussi Mort sur le 
grii), va3ie tes stéréotypes de l’horreur 




bouts de peau grossièrement cousus, 
de plaques de métal, de vis et de 
doré, efle est magnifiquement déjgUn- 
gpe- . .i. -. 

Brian Yuzma ne se contente pas de 
pasticha Fra n kenst ein . S puise à bien 
des sources et notamment à fmâptô- 


■ Leone, un film pour cinéphile 

SStef ifS. a ?Kl qui aime s ’ efr 

-vmeq ta tête à "envers, comme dan* 
un manège de montagne russe ph» 
J'pro&neux qu’un Soyouz filant dans 
te nait du «wpoSl 


COIETTE GODARD 












t-" - 


-vi ■ ..r 

. -r s*»-*»#-* 

-'!* -?t: 






Jü. 1 -.:".. ‘j 
.» - * • 


- V ' .te» .. 

rt» S. ï '-•'«•4 

.->-** '*-3 • 
mo. -T _ 

vï- 7 S * '• *4? " ' 

fc. • >*** 

- .... . 

-v. . *■#*■ 


k,- «ï t 

,-J* .. août- 

vk „ •- 7i*- '■SMVMfÉMAki 

*fc: 




SIS: bnoou 


** Ut!: * 


t h7 ^' . 


yuv>'" 

te jiB n ••***■ 

• 




aixausivrrts 


*. ka-vt Iteem. f-te 

'* ■ 

* +L 

-+- **«**■'£ ■/•teste 

VMM*- 

c-ww» «dMMtefll 

JH* ***** 

. ... 

r** 1 * * ' teV .... 

- <j8 .!. «yum* '-x* Mte.tev i 
tkmrnmm» j» ildj 
«4 4ât ■/ imdmud : 

•*«> y»-»» mm 

. ' .iMré y- 

t* m : *** 

■St iitHr 

■ 4 ti* i, te 

«te » mm te •!« 

•i w. «m «m. 

’ T ’jT~ " Urtefci 

teüffte m w)' : âi 


;i* -i 


Pt' 


f za..:\ 


-a. 

V. 


- â. j . . 

■H '.v.„ 

*■ •' ■■ .r • : 




-t & 

m 

. i' 

.ini.ni •»' jStk 

1 * i. 

- v ‘- tel* 

*•. te .. 

--W 1 ’ * ^ Nu l 
• . .. è* 

m- 

UK î*te «tatate 

■■*»*!*. < 

- ». ie ♦îpte’V • 

t ^***«.4 iiiiMite** 


* — .•**■ HJir.'j 


-«es.?;». 

■■MPlJi-. • . 

■X-i u- 




. 1 . 
“w . 


-r - . . 




. . . . ; 
ÎC**.. • ’- -• -• 

L - - 


. , : -Æ i-.. 

f -i-r.-r 1 ■* - 

« Jtfï 

iÿSr 




■IhrL . 


■v . * 1 


--A. -t «âmr 
t » ?«-_•, . 

■ü « <«MM 

r -? «t > ** *» » teww* 

“-‘.v 

. *.a nmm f i imly 

****** 

*^-*fc’-** -*• 'Mte-'ftew 
’■'*»+ te te 

il wm 

Mi et; - 

omteis 

> I êJ. 

‘-te'.ùnti hiwwÉ 

* •*?. 

. v&c mm.: 

. ** ■ 

-■« «i» tewiHBrfki' k 

ï»S'-- 3-m 

■>* ->KK _ 

1 «-tenter. 

tu. . î*^ ü 


. “Ôÿ ; 4 ’ • t 

• 'J • 

** ■f.r.i- 


J* 


i • lV': . ' 1 . 




S5j\ -4 

*4v. -m 

- J t- • _ J * 

“< -4j" . 't ' 1 ‘ » 


Mtei . 

-' w ii aw twift.- 









S . Z=: 

L . 1 ' ! * 








t . , î*..î=Ki4uî- f... 


: 

i . .1.:'.:» 

t-r"'- 


•••i ,U 

i - . 


■ . ' €>. 













. . . J,.* QA nr*\inrrÀ\ra 1QQO 

••• Le Monde m Dimanche 25 - Lundi 26 novembre 1990 15 


ptTNpective 


SAMEDI 24 - DIMANCHE 25 NOVEMBRE 


il t Ér.fo*j 


pi f 



Dtfi .* «*»' .**** rt. •' 


#»' «••. “V '■ 

*3*“-.'-’ ■• - 

***«£ ’• 

• ■: " 

■A-’.-* ■ 

^ 

«5E~. :-t 


■'■ »tr 
* --r*. ■'■ 

-xt . 

^ ... 


■ > 


■ -srv • 

->-• •— : 
• y- ; 

fc r' ^ 

S» «**r v ' T * 

îi. ***•<•' 

éteüV^r • ’ 

fc‘ •» ^ ” 


#► 

é*#*- 

**•:'*-> 

«n**. - 




1(U «;ï~ * 


K» suit d orau 4 - 


p#'-*- ^ i- 


a 





_ 2 . «5*V*7 

■4ip :* 


M» . TïWîf 




#iw#« 

► r. 

-f 

Sfe ; ^'-^rrs.A', 

w>f r 

+ - *s^ ' 

lül •** ■ 

fe*» 




CINEMA 

LA CINÉMATHÈQUE 


PALAIS DE CHAILLOT 
(47 -04-24-24 J 
SAMEDI 

Romanes sentimentale (1929). de 
S M. Eisenstein et G.V. Alaxandrov. 
Une pâme de campagne (1936-1946). 
de Jean Renoir, 15 h ; la Guerre est 
finie (1966). d’Alain Resneis, 17 h ; 
"««"«9e 4 Fritz Lang : You and Me 
0938, v.o.). dé Fritz Lang. 19 h 16 ; 
Hommage & Fritz Lang : Man Hum 
0847. v.o.), de Fritz Lang, 21 h. 

DIMANCHE 

. co / nn ? i#8îlire •** bon enfant 
0935). de Jecgue Becker et Pferra Pré- 
vert, la Paix chez soi 0933), d’André 
Hugon. 16 h ; Knock ou le Triomphe de 
la médecine (1933), de Loris Jouvet et 
Roger Goupffllôres. 17 h : Hommage à 
Fritz Lang : les Espions sur la Tamise 
0944. v.o,), de Fritz Lang, 19 h ; Hom- 
mage à Fritz Lang : les Bourreaux meu- 
rent aussi 0943. v.o. s.tf.), de Fritz 
Lang. 21 K 

PALAIS DE TOKYO 
(47-04-24-24) 

• SAMEDI 

L’Ontario et son cinéma en hommage 
fi D. Cronenberg : Urinai (1988). de 
John Greyson, 18 h ; Faux-Semblants 
(1988). dé David Crorianberg. 20 h. 

DIMANCHE. .. 

L’Ontario et son cinéma en hommage 
à D. Cronenberg : Dancing hvthe dark 
(19851. de Leon Marr. Quinzaine des 
réalisateurs Cannes 1986. 18 h ; CoF 
Ung.the shots (1988). de Janis Cola. 
Hofly Date, 20 h. 

CENTRE . 

GEORGES POMPIDOU 


SALLE GARANCE (42-78-37-29) 
SAMEDI 

De Gaulle à récran : 1946-1967 : 
du pouvoir au désert : Actualités Gau- 
mont, 14 h 30 ; Actualités Gaumont. 
Mon Général -du rassemblement au 
désert (1980) d'Olivier Guichard, 
16 h 30 ; la IVe République (1977) de 
Daniel Lânder. 18 h 30 ; b Guerre d’Al- 
gérie : les chemins de la rébellion 
11984) de Peter Betty. 20 h 30. 

EMMANCHE 

De GauBe à l'écran : 1958 : la paix 
des braves. Discours place da te Répu- 
blique (1958), Conférence de presse du 
23 octobre 1958, 14 h 30; 1958 
(1978) de Françoise Hubert, 16 h 30 ; 
Actualités Gaumont, ta Guerre, d'Algérie 
-Je vous si compris (1984) de Peter 
Batty, 18 h 30 ; Ecfoir-JoumaL Elise ou 
la Vraie Vie (1970) de Michel Drach, 
20 h 30. 

LES EXCLUSIVITÉS 


LES CHEVALIERS DE LA TABLE 
RONDE (Fr.) : Panthéon, 5* (43-54. 
15-04). 

58 MINUTES POUR VIVRE (A., 
v.f.) : George V. 8* (45-62-41-46) ; HoF 
hrwood Boulevard. 9* (47-70-10-411 ; 
Pari» CM L 10* (47-7021-71). 

' CYRANO DE BERGERAC (FrJ : UGC 
Triomphe, 8« (45-74-93-50) ; Sept Par- 
nassiens. 14* (43-20-32-20). 

DADDY NOSTALGIE (Fr.) ; Epée de 
Bris, 5* (43-37-57-47). 

DAMES GALANTES (Fr.) ; Gaumont 
Les HâUes, T- (40-26-12-12) ; Gaumont 
Opéra. 2- (47-42-60-33) ; Publiais 
Saint-Germain. 6* (42-22-72-80) ; Gau- 
mont Ambassade. 8* (43-59-19-08) ; 
George V, 8* (45-62-41-46) ; Fauvette. 
13* (43-31-56-86) : Gaumont Alésia. 
14» (43-27-84-50) ; MTraroar. 14* (46 
2CF89-52J ; Gaumont Convention, 18* 
(48-28-42-27) ; Pat hé Wepte 11. 18* 
(45-22-47-94). . 

DARKMAN (*} (A., v.o.) : Forum 
Horizon, 1- (45-08-67-57) ; George V, 
8* (45-62-41-46) ; Pathé Marignan- 
Conoorde, 8* (43-59-92-82) ; v.f. : Rex, 
2* (42-36-83-93) ; Pathé Français, 9* 
(47-7033-88) ; UGC Lyon BastOa, 12* 
(43-43-01-59) ; Fauvette Bis. 13* (43- 

31-60-74)'; Mistral, 14* (45-39- 
52-43) ; Pathé Montparnasse, 14* (43- 

20-12-06) ; UGC Convention. 15* (45- 
74-93-40) ; Pathé Oichy, 18* (45-22- 

46-01); Le Gambetta. -20* (46-36- 
10-96). 


Safnt- André-das- Arts If. 6* (43-26- 
80-25) ; UGC Opéra, 9* (45-74-95-40) ; 
Sept Parnassiens, 14- (43-20-32-20). 

HENRY & JUNE O IFr..' v.oj -’ 
Cinoches, 6* (46-33-1082). 

ILS VONT TOUS BIEN (II., v.o.) : 
George V. B* (46-62-41-46). 

L’INSOUTENABLE LÉGÈRETÉ DE 
L’ÊTRE (A., v.oj : Cinoches, 6* (46-33- 
1082). 

JEAN GALMOT AVENTURIER (Fr.| : 
Forum Orient Express, 1** (42-33- 
42-26); UGC Odéon. 6- (42-25- 
10-30) ; UGC Normandie. 8- (45-63 
16-16) ; Paramoum Opéra, 9* (47-42- 
56-31) ; UGC Gobefins. 13* (45-61- 
94-95) ; Pathé Montparnasse, 14* (43- 
•20-12-06). 

JOURS DE TONNERRE (A., v.o.) ; 
9 athé Marignan-Concorde, 8* (43-59- 
92-82) ; v.f. : Paramoum Opéra. 9* (47- 
•42-56-31) ; UGC Gobefins. 13* (45-61- 
34-95) ; Las Montpamos, 14* (43-27- 
52-37). 

, LETTRES D'ALOU (Esp.. v.o.) : 
iLatina, 4- (42-78-47-86). 
i LES LIAISONS DANGEREUSES (A., 

> v.o.) : Cinoches, 6* (46-33-10-82) ; 
Grand Pavois. 15* (45-54-46-85). 

■ LUNG TA (Fr.) : George V. 8* (45-62- 
41-46). 

MA DO POSTÉ RESTANTE (Fr.) : 
jucemme. 6* (45-44-57-34). 

LE MARI DE LA COIFFEUSE (Fr.) : 
■UGC Danton. 8* (42-25-10-30) ; UGC 


LES FILMS NOUVEAUX 


A- LA. POURSUITE D’OCTOBRE 
ROUGE LA- V.f.) ; UGC Montparnasse, 
6* (45-74-94-94). 

LES AFFRANCHIS (?) IA., v.o.) : 
Bretagne. 6* (42-22-67-97) ; UGC 
Triomphe, 9- (45-74-93-50) ; v.f. ; UGC 
Opéra. 9* (45-74-95-40). 

L'AIGUILLON DE LA MORT (Jap.. 
v.o.) : 14 Juillet Odéon, 6* (43-25- 
59-83). 

AIR AMERICA (A., v.oj : Forum 
Horizon, 1** (45-08-57-67) ; Pathé 
Impérial, 2* (47-42-72-52) ; UGC Dan- 
ton, 6* (42-25-10-30) ; Pathé Marignan- 
Concorde, 8* (43-59-92-82) ; UGC Nor- 
mandie, 8* (45-63-16-16) ; v.f. : Rex. 2* 
(42-36-83-93) ; UGC Montparnasse, 6* 
(45-74-94-94) ; Paramount Opéra. 9* 
(47-42-56-31) ; UGC Lyon Bastie, 12* 
(43-43-01-59) ; UGC Gobefins, 13* (45- 
61-94-95] ; Miramar. 14» (43-20- 
89-52) ; Mistral. 14* (45-39-52-43) : 
Gaumont Convention, 15» (48-28- 
42-27) ; Pathé- Wepler II. 18* (45-22- 

47-94) ; Le Gambetta, 20* (46-36- 
10-96). 

ALBERTO EXPRESS (Fr.) ; Cinoches. 
6» (46-33-10-82). 

LES ARMES DE L'ESPRIT (Fr.) : Les 
Trois Luxembourg, 6 (46-33-97-77). 

ATTACHE-MOI I (Esp., v.o.) :.Cïné 
Beaubourg. 3» (42-71-52-36) ; Larina. 
4» ■(42-78-47-86) ; Luce maire, 6* (45- 
44-57-34). 

L'AVENTURE DE CATHERINE C. 
(Fr.) : Epée de Bois. 6 (43-37-57-47). 

LES AVENTURIERS DU TIMBRE 
PERDU (Can.) : Laxina, 4- (42-78- 
47-86) ; Epée de Sois^ 5» (43-37- 
57-47) ; George V, 8» (46-62-41-48). : 
Saint-Lwnben. 15* (45-32-91-68). 

BAD INFLUENCE (A., v.oj : Studio 
des Ursulines. 6* (43-26-19-09) ; Stu- 
cfio 28. 18* (4606-36-07). 

BOUGE PAS. MEURS. RESSUS- 
CITE (Sov.. v.o.) : Ciné Beaubourg. 3* 
(42-71-52-36) ; 14 JriHet Parnasse. 6* 
(43-25-58-00) ; Les Trois Luxembourg. 
6* (46-33-97-77). 

CASTE CRIMINELLE (Fr., v.o.) : 
Utoria Champofiion, 5* (43-28-84-65). 

LE CERCLE DES POETES DISPA- 
RUS (A., v.o.) : George* V, 8* (45-62- 
; Denfin. 14* (43-21^1-01» ; 
Sam-Lambert, 15* (46-32-91-68). 

CHARUE (A.. V.f J I s Le Bany O br». 
11* (43-57-61-55) ; Saint-Lambert, 15* 
(45-32-91-68). _ , . 

LE CHATEAU M ; 

Gaumont Las Halle*. 

Gaumont Opéra, 2» (47-42-60-33) , 
Rex, 2* (42-36-83-93) ; 14 Juillet 

Odéon, 6* (43-25-59-83) 

Ambassade, 8* (43-59- 19-08) ; Saim- 

faSSasraiw 8* (43-87-35-43) ; Las 

SastiHe. 12* (43-43-0 1-59)^ UGC 

eSeSls. î 3* (45-61-94-95) ;Gaum«Tt 

Alésia, 14» (43-27-84-50) .’ 

14* (43-20-89-5 2); 14 Julêt Baaugre- 
nîui 16^75-79-79) ; Gaumont 
Convention. 15* 

Maitloi. 17* (40=68-00-16) 

chy. 18* (45-22 -46-01) ; Le Gambetta. 

20* (46-36-10-96). - . 

CHÉRIE, J-'AI RÉTRÉCI LES 
GOSSES (A-, v.fj ; Répub^Ciném^, 
1 1* (48-05-51-33) ; Grand 
{45-54-4685 ) ;S^nt-Larr*afL 15* (45- 

32-91-68). 


. DELTA FORCE 2. F9m américain 
d'Aaron Noms, v.o. : Forum HorF 
-2on, 1- (45-08-57-57) ; George V' 
B* (45-62-41-46). ; v.f. ; Rex. 2* (42- 
36-83-93) ; Paramount Opéra, 9* 
(47-42-56-31) ; Pathé Montpar- 
nasse. 14» (43-20-12-06) ; Pathé 
Cfichy, 18* (46-22-4601) ; La Gam- 
betta. 20= (4636-1696). ■ 

LA DISCRÈTE. Film français de 
Christian Vincent’ t Gaumont Les 
Haies, 1- (40-2612-12) ; Gaumont 
Opéra. 2- (47-42-60-33) ; Pathé 
HautefeuiÜe, 6* (46-33-7638) ; U 
Pagode, 7* (47-05-12-16) ; Gau- 
mont Ambassade,' 8? (43-69- 
)9-08) ; La Bastille, 1 1* (43-07- 

48-60} ; Gaumont Parnasse, 14* 
(43-35-30-4C^ ; Gaumont Alésia. 
14* (4627-84-50) ; Gaumont 
Convention. 15* (462642-27). 

DR M. Film français da Claude 
Chabrol, v.o. : Ciné Beaubourg, 6 
(42-71-52-36) ; Salnt-André-daa- 
Àns 1. 6* (43-26-48-18); UGC 
Rotonde, 6 (4674-94-94) ; UGC 
Biarritz, 6 (45-62-20-40) ; v.f. ; 
UGC Opéra, 6 (45-74-9640) ; UGC 
Lyon Baaéile, 12* (43-43-01-59) ; 
UGC Gobefins. 16 (45-61-94-95) ; 
Gaumont Parnasse, 14* (43-35- 
3040) ; Mistral. 14* (45-39-6243) ; 
Pathé Wepler 0, 16 (462247-94). 

MO* BETTER BLUES. Ffim améri- 
cain de Splka Lee, v.o. : Gaumont 


LÀ DÉSENCHANTÉE (Fr.) : Forum 
Horizon. 1» (45-0657-57) ; Pathé 
Impérial, 2* (4742-72-62) ; Pathé Hao- 
tefeufiia, 6 (46-33-7638) ; Gaumont 
Ambassade, 6 (43-561608) ; George 
V, 6 (45-6241 46) ; Gaumont Alésia. 
14» (4627-84-50) ; Sept Parnassiens, 
14* (4620G2 -2®. 

D1CK TRACY (A-, v:o.) ; Forum 
Criant Express. 1- (42-3342-26) ; UGC 
Triompha, 6 (4674=93-50) ; v.f. : UGC 
Montparnasse, 6 (4674-94-94). 

00 THE RIGHT THING (A., v.o.) : 
Cinoches. 6 (469610-82). 

DOCTEUR PETIOT (Fr.) : Sept Par- 
nassiens. 14* (462092-20). 

ETOILE CACHÉE (Ind.. v.o.) : L'En- 
trepôt, 14» (46-4641-63). 

EUROPA EUROPA (Fr.-AII., v.o.) : 
Forum Horizon, 1» (45-08-67-57) ; 
Pathé HautefeuiÜe, 6 (46967998) ; 
Pathé Marignan-Concorde, 6 (43-56: 
92-82} ; Sept Parnassiens, 14» (4620- 
32-20) ; 14 Juület Beaugrenelle. 16 
(45-767679) ; v.f. : Pathé Français, 6 
(47-7093-88) ; Les Notion, 12* (46 
43-04-67) ; Fauvette, 13* (43-31- 
56-86) ; Pathé Montparnasse, 14* (43- 
2612-06). 

EXTRÊMES LIMITES (A.) La 
Géode, 16 (46-42-1613). 

LA FEMME FARDÉE (Fr.) : Forum 
OHant Express, 1- (4293-42-28) ; UGC 
Rotonde, 8* (45-74-9.4-94) ; Pathé 
Marignan-Concorde, 6 (43-69-92-82) ; 
Pathé Français, 6 (47-7093-88) ; UGC 
Coavanàoo, 15* (4674-9 3-4 Q ). 

LE FESTIN DE BABETTE (Dan.. 
v.o.) ; Utopie Champofiion, 6 (4626 
84-65). 

GHOST (A., v.o.) ; Ciné Beaubourg, 
6 (42-71-5296) ; UGC Danton. 6 (42- 
261090) : UGC Normandie, 6 (4686 
1616) .‘ Sept Parnassiens, 14» (4620- 
32-20); UGC Maillot, 17* (40-68- 
0616) ; v.f: ; Rex, 2* (42969693) ; 
UGC Montparnasse, 6 (45-74-9494) ; 
Saint-Lazare-Pasquier, 8* (43-87- 

35-43) ; Paramoum Opéra, 9* (47-42- 
5691) ; Le* Nation. 12» (43-46 
04-67) ; UGC Lyon Bastffle, 12* (43-46 
01-59) ; Fauvette. 16 (4391-56-86)'; 
Mistral, 14* (4599-52-43) ; UGC 
Convention, 15* (45-74-93-40) ; Pathé 
Wepler. 18» (4622-48-01) ; La Gam- 
betta. 20* (463610-98). 

LA GLOIRE DE MON PÈRE (Fr.) : 
Gaumont Opéra, 2* (47-42-60-33) ; 
Rex, 2» (4296-83-93) ; Gaumont 
Ambassade, 8* (43-59-19-08) ; Saurt- 
Lazarè-Pasquier, 8* (43-87-35-43) ; 
Fauveta, 13» (4391-66-68) ; Gaumont 
AléSfa, 14» (4627-84-50) ; Us Mom- 
pamos, 14» (43-27-5297) ; Gaumont 
Convention,. 15* (48-28-42-27) ;‘La 
Gambetta. 20* (463610-98). 1 
LE GRAND BLEU fr.. «X J. : Bysées 
Lmcobl, 6 (43999614). - 

GREMUNS 2 (A., v.f.) ; RépubUc 
Cinémas. 11* (48-05-5.193) jOenfert, 
14» (4621-41-01). 

. HALFAOUINE (Fr.-Tun., v.o.) ; insti- 
tut du monde arabe. 6(40-519638) ; 


a». 




Àb .*• '•* ** M 



Las Hafias. 1- (462612-12) ; Pathé 
Impérial, 2* (47-42-72-52) ; 14 Jid- 
let Odéon, 6 (43-25-59-83) ; PubO- 
cis Champs-Elysées, 8* (47-20- 
7623) ; La BastiUa, 11» (43-07- 
4890) ; Escurial, 13* (47-07- 
28-04) : 14 Juület Beaugrenelle. 16 
(45-7679-79) ; v.f. : Bienvenus 
Montparnasse, 16 (4644-25-02). 

UN THÉ AU SAHARA. Film bri- 
tannique da Berna rdo Bartolucci. 
v.o..: Forum Horizon, 1* (45-08- 
67-57); Bretagne, 6- (42-22- 
57-97) ; UGC Odéon, 6 (42-26 
1090) ; La Pagode, 7» (47-05- 
12-15) ; Gaumont Champs-Elysées, 
6 (46560497) ; UGC Biarritz, 6 
(4592-20-40) ; Max Undsr Pano- 
rama, 6 (48-249898) ; 14 JuDlet 
BastiUa, 11* (43-57-9091) : Escu- 
rial. 16 (4797-28-04) ; Gaumont 
Alésia. 14» (43-2794-5Q) ; 14 Juil- 
let Beaugrenelle, 15*. (45-75- 
79-79) ; Nnopanorame, 16- (4606 
50-50) ; UGC MaiHot. 17* (4096 
0618) ; v.f. : Gaumont Opéra. 2* 
(47-42-60-33) ; Les Nation. 12* (43- 
439497) ; Fauvette Bis, 16 (46 
3190-74} ; Pathé Montparnasse, 
T4* (4620-1296) : Gaumont 
Convandon, 15* (4628-42-27) ; 
Pathé Wepler. 16 (4622-4691). 

LA VILLE LOUVRE. Füm français 
de Nicolas Philibert : Le Sant-Gar- 
main-des-Prés, SaUa G. da Beau re- 
gard, fr (42-2297-23). 


Biarritz, 8* (4662-2040) ; Les Mont- 
pamos, 14- (43-2792-37). 

LES MATINS CHAGRINS (Fr.) : Uto- 
p(a Champofiion, 6 (4626-8495). 

MAURICE (Brit., v.o.) : Ciné Beau- 
bourg, 3* (42-71-5296) ; Studio dos 
UrsuBnes, 6 (43-261999). 

METROPOLITAN (A.. v.o.) : 14 Ju3- 
lat Parnasse, 6 (4626-5890) ; Racine 
Odéon, 6* (46261688) ; Las Trois 
Balzac, 6 (4661-1090). 

NEUF SEMAINES ET DEMIE O (A., 
v.o.) ; Studio Galande, 5* (4 3-54- 
72-71) ; Grand Pavois, 15* (4654- 
46-85). 

NIKITA (Fr.) ; Gaumont Alésia. 14»’ 
(4627-84-50). 

L’OBSERVATEUR (Sov., v.o.) : Cos- 
mos, 6 (4644-2680). 

PEPI, LUCl. BOM ET AUTRES 
FILLES DU QUARTIER (Esp., v.o.) : 
Forum Orient Express, 1" (42-33- 
'42-26) ; Lee Trois Luxembourg, 6 (46 

33-97-77) ; Le* Troie Balzac. 6 (46 
61-10-60). 

PREMIERS PAS DANS LA MAFIA 

,(A.. v.o.) : UGC Biarritz, 6 (45-62- 
2040) ; Sept Parnassiens, 14» (43-26 
32-20) ; v.f. : UGC Opéra. 6 (45-74- 
95-40) ; UGC Gobefins, 13* (4591- 
94-95). 

PRÉSUMÉ INNOCENT (A., v.o.) : 
Forum Orient Express. 1» (42-33- 
42-26) ; Pathé Hautefeirifle, 6 (4633- 
7998) ; Pathé Marignan-Concorde, 6 
(43-59-92-82) : UGC Biarritz. 6 (46 
62-2040) ; Gaumont Parnasse, 14» 
(46359040) ; 14 Juillet Beaugrenefi*. 
IB* (45-75-7679) ; v.f. : Pathé Fran- 
çais, 6 (47-7633-88) ; UGC Lyon Bas- 
tifie, 12* (434391-59). 

PROMOTION CANAPÉ (Fr.) : 
George V, 6 (45924146) ; Pathé 
Français, 9* (47-763398) : Las Mont- 
pamos, 14* (43-27-5297). 

LA PUTAIN DU ROI lFr.-h.-Bnt., 
.v.o.) : CJné Beaubourg. 3* (42-71- 
52-36) ; UGC Odéon. 6* (42-25- 
10-30) ; UGC Rotonde . 6* (45-74- 
94-94) ; UGC Champs-Elysées, 6 (46 
62-26-40) ; Mistral. 14* (45-39- 
52-43) ; UGC Maillot, T7* (4098- 
0616) ; v.f. : Rex, 2* (429683-93) ; 
UGC Montparnasse, 6 (45-74-9494) ; 
UGC Lyon Bastite. 12* (43-439V-59) ; 
UGC Gobalins. 16 (4591-94-95) ; 
UGC Convention. J 5* (46749340) ; 
Pathé Cfichy, 16 (46224501) ; Para- 
mount Opéra, 6 (47-42-5631). 

QUAND HARRY RENCONTRE 
SALLY (A-, v.oj : Epée da Bois, 6 (46 
37-5747). 

RE-ANIMATOR II ('} |A., v.o.) : 
Forum Orient Express. 1« (42-33- 
42-26) ; v.f. : Hollywood Boulevard, 6 
(47-761641). 

ROGER ET MOI (Æ, v.o.) : RépubBc 
Cinémas, 1 1* (4895-51-33) ; Denfert, 
14* (46214191). 

- SAILOR ET LUIA O (B*-. v.ôj : 
Gaumont LeaHaÜM, 1» (462612-12} ; 
‘Ciné Beaubourg, 3* (42-71-52-36) ; 


UGC Odéon. 6 (42-261090) ; Gau- 
mont Ambassade. 6 (46561998) ; 
UGC Biarritz, 6 (4592-2640) ; 14 Juil- 
let Bastille. Il» (46579681) ; Gau- 
mont Parnasse, 14* (43-363040) ; 
v.f. : UGC Montparnasse. 6 (45-74- 
94-94) ; Paramoum Opéra, 6 (47-42- 
5891); Pathé Cfichy. 18- (45-22- 
4601). 

UE SOLEIL MÊME LA NUIT 0t.. 
v.o.) : Lucemaire. 6 (4544-5794). 

TAXI BLUES (Fr. -Sov.. v.o.) ; Gau- 
mont Les Halles. 1- (462612-12) ; 14 
Juület Odéon, 6 (43-25-5993) ; Gau- 
mont Ambassade, 6 (43-561608) ; 
14'Juiflet Bastflte. 11* (4657-9681) ; 
14 Juület Beaugrenelle. 16 (45-75- 
7679) ; BienvenOs Montparnasse, 16 
(4544-2592). 


THEATRES 


AKTÉON-THÉATRE (43967492). 
Jacques et son Maître charpentier : 

20 h 30. <fim. 15 h. 

AMANDIERS DE PARIS (4396 

42-17). Fan : 20 h 30, tfim. 15 h 30. 

ANTOINE - SIMON E-BERR1AU (42- 
08-77-71). Une journée chez ma mira : 

21 h. 

ARCANE (4636167(5. Anna Paufe 
Telia : 20 h 30, rftn. 17 h. 

ATALANTE (46961190). Kikiu : 

22 h, tfim. 19 h. 

ATELIER (469649-24). Partage de 
midi : 20 h 45. dm. 15 h 30. 

ATHÉNÉE-LOUIS JOUVET (4742- 
67-27). Salis C. Bérard. L’Idéal ; 

20 h 30. 

BATEAU-THÈATRE (FACE AU 3. 
QUAI MALAQUAIS) (42989899). 
Dracute-rack : 16 h et 21 h. tfim. 16 h. 
Exercices de style : 19 h, dxn. 16 h. 

BERRY (4397-51-55). Gustave Par- 
<ing : 20 h 30. 

BOUFFES DU NORD (4607-34-50). 
La Tempête : 15 h et 20 h 30. 

BOUFFES PARISIENS (4296- 
6624). Roger Pierre et Jean-Mare ThS-' 
bauit : 21 h. dim. 15 h 30. 

CAFÉ DE LA GARE (42-7652-51). 
Ce soir, c'est gratuit : 20 h. Les 
Femmes des gens ; 21 h 30. 

CARTOUCHERIE ATELIER DU 
CHAUDRON (43-269794). Pourquoi 
s'privé : 20 h 30. dim. 16 h. 

CARTOUCHERIE EPÊE DE BOIS 
(48-08-39-74). Le Marchand de 
Venise : 20 h 30, dim. 16 h. 

CARTOUCHERIE THÉÂTRE DE LA 
TEMPÊTE (46289636). Sale I. L’An- 
nonce farte i Marie : 20 h 30, tfim. 
16 h. Salle II. Lifiom : 21 h, dim. 
16 h 30. 

CARTOUCHERIE THÉÂTRE DE 
L’AQUARIUM (43-749991). Emma- 
nuel et ses ombras, le Piège : 20 h 30, 
dm. 16 h. 

CARTOUCHERIE THÉÂTRE DU 
SOLEIL (43-7494-08). Iphigénie fi 
.Aids .en alternance ; 15 h 3Û. dim. 
. 13 h. Iphigénie i Aulis, Agamamnon 
(les Anides) en aberrance : 15 h 30 et 

19 h 30. dim. (Iphigénie) 13 h. Aga- 
mamnon en alternance : 19 h 30. 

CAVEAU DE LA RÉPUBLIQUE (42- 
78-4445). La fond da l'air effraie : 

21 h, dm. 15 h 30. 

CENTRE GEORGES-POMPIDOU 
(42-7442-19). François d'Assise le 
goût de l'évangile : 20 h 30, dm. (dar- 
.’niftre) 16 h. 

l CENTRE MANDAPA (45-899190). 
Trop, c'est trop : 21 h. 

. CINQ DIAMANTS (46865191). 
Les Justes : 20 h 30. dm. 17 h 30. 

CITÉ INTERNATIONALE UNIVER- 
SITAIRE (45999899). Grande salle. 
L'étau, pourquoi? Je rêve (mais peut- 
têtre que non) : 20 h 30. La Galerie. A 
Iquoi rêvent les vieux enfants? : 

20 h 30. La Resserra. La Doubla 
Inconstance : 20 h 30. 

CITHÊA-THÉATRE EN ACTES (46 
,5795-13). Gaspacho, un chien mort.. : 

21 h. 

COMÉDIE CAUMARTIN (47-42- 
4341). Premières Armas : 21 h, dim. 
15 h 30. 

COMMUE DE PARIS (4291961 1). 
Drôle de goûter! : 19 h et 21 h 30. dim. 
15 h. 

COMÉDIE DES CHAMPS-ELYSÉES* 
(47-2397-21). L'Officier da la garda : 
20 h 45. dim. 15 h 30. 

COMEDIE ITAUENNE (43-21- 
22-22). La Comédie de l'amour : 
20 h 30. dm. 15 h 30. 

COMÉDIE- FRANÇAISE (4615- 
0615)JDim. Lorenzacdo ; 14 b. 

CONSERVATOIRE NATIONAL 
SUPÉRIEUR D’ART DRAMATIQUE 
(42461291). Vineta. te ville submer- 
gée : 18 h. 

CRYPTE SAINTE-AGNÈS (EGLISE 
SAJNT-EUSTACHE) (42-2199 48). La 
Genèse, d’après la -Bible : 15 h et 
20 h 30, mer., jeu. 18 h 30. 

DAUNOU (429199*14). Bon week- 
end Monsieur Bennett : 21 h, dim. 
15 h 30. 

DÉCHARGEURS (T.l-D.) (42-36 
0602). Lazare : 20 h 30, dim. 17 h. 

' DEUX ANES (46061626). L’Hu- 
mour en coin : 21 h, dim. 15 h 30. 

DIX-HUIT THÉÂTRE (42-264747). 
Le Dibouk : 20 h 30, dim. 16 h. 

EDGAR (462095-1 1). Les Babas- 
Cadres ; 20 h 15. Nous on fait où on 
noos dt de faire : 22 h. 

EOOUAR6VH SACHA GUITRY 
(47-42*5692). La Plaisir de rompra et 
jte Pain de ménage : 21 h, dm. 15 h 30. 

i FONTAINE (46767440). Le Clan 
des veuves : 15 h 30 et 20 b 46, dm. 
15 h 30. 

i GAÎTÉ-MONTPARNASSE (43-22- 
1618). Coiffure pour damas : 17 h 30 
et 20 h 46. dm. 1S h. 

GRAND THÉÂTRE D'EDGAR (43- 
269099). San Antonio : 18 h et 
20 h 15. Las Bîdochons, histoire 
d’amour : 22 h. 

GRANDE HALLE DE LA VIILEFTE 
(SALLE BORIS-VIAN) (424677-22). 
'Fragmenta d’une lettre d'edteu lus par 
(tes géologues : 20 h 30. 

GUICHET MONTPARNASSE (43- 
279691). Lettre d'une inconnue : 
18 h 30. Lady MaT- Lien : 20 h 30. 
L' Azote : 22 h 16. 




K . A’ 


THELONIOUS MONK (A., v.o.) : 
Action Christine. 6 (43-29-11-30) ; 
George V. B* (46624146). 

TO SLEEP Wrm ANGER (A., v.o.) ; 
Les Trois Luxembourg, 6 (4633- 
.97-77) ; Las Trois Balzac. 6 (4591- 
166(8 : La Bastfle. 11* (439748-60) 

TORCH SQNG TRILOGY (A., v.o.) : 
Ciné Beaubourg, 3* (42-71-52-36) ; 
Epée da Bois, 6 (4397-5747). 

TOTAL RECALL O (A., v.o.) : Forum 
Orient Express, 1- (429342-26) ; Rex. 
2* (429683-93) ; UGC Danton. 6 (42- 
25-1630); George V. 8* (45-62- 
4146) ; UGC Normandie, 6 (4666 
16-16) ; v.f. : Rex. 2* (42-369393) ; 
Rex (le Grand Rex), 2* (42-3693-93) ; 


r : 

UGC Montparnasse. 6 (45-749494) ; 
Fauvette. 13* (4391-56-86) ; Pathé 
Montparnasse, 14* (43-20-12-06) ; 
Pathé Cfichy. 18' (45-224601). 

UN COMPAGNON DE LONGUE 
DATE (A., v.o.) : Gaumont Opéra, 2* 
(47429633) : Ciné Beaubourg. 3* 
(42-71-5296) ; 14 Juillet Odéon. 6 
(43-265993) ; Publiera Champs-Ely- 
sées, 6 (47-2676-23) ; 14 JuBet Bas- 
tiHe, 1 1* (46579091) ; Gaumont Par- 
nasse, 14» (4395-3040) ; v.f. : Pathé 
Wepler (1, 16 (462247-94). 

UN MONDE SANS PITIÉ (Fr.) : UGC 
Triomphe, 8* (45-7493-50) : Grand 
Pavois. 16 (46544685). 

UN WEEK-END SUR DEUX (Fr.) : 14 
JuStet Parnasse, 6 (43-265890). 


GYMNASE MARIE-BELL (42-46 
79-79). Marcel Marceau : 17 h et 
20 h 30. dm. 15 h. 

HOTEL LUTÉTIA (SALON SAINT- 
GERMAIN) (45-449595). Conversa- 
tion sur l' infinité des passions : 
20 h 45. 

HUCHE1TE (43-263899). La Can- 
tatrice chauve : 1 9 h 30. La Leçon : 

20 h 30. Les Chasseurs en exil : 

21 h 30. 

LA BRUYÈRE (48-74-7699). Le 
Malade imaginaire : 21 h. dm. 15 h. 

LE BOURVIL (46734794). Ca pré- 
serva da tout sauf du rira : 20 h 30. 

LUCERNAIRE FORUM (45-44- 
57-34). Paroles : 18 h 30. Guerre aux 
asperges : 20 h. Théâtre noir. Le Petit 
Prince : 18 h 45. François Rabelais : 
20 h. Le Cadavre vivant ; 21 h 30. 
Théâtre rouge. Huis dos ; 21 h 45. 

MADELEINE (42960799). La Ceri- 
saie : 17 h et 21 h. dim. 15 h 30. 

(MARAIS (42-7893-53). UnB répéti- 
tion au théâtre du crime : 21 h. 

MARIE STUART (459617-80). 
Folitude : 18 h 30. Eux : 20 h 30. 
Danny et la Profonde Mer bleue : 22 h. 

MAR LG NY (42-569441). Cyrano de 
Bergerac : 20 h 16, dim. 15 h. 

MABIGNY (PETIT) (42-25-2674). 
Love Letters : 18 h 30 et 21 h. dim. 
15 h. 

MATHURINS (42969090). Les 
Palmes de M. Schutz : 17 h et 20 h 30. 
dim. 15 h. 

MATHURINS (PETITS) (42-65- 
9090). La Confession da Rousseau 
Rendez-vous des Petits Mathurins : 
15 h et 18 h. 

MÉTAMORPHOSIS (THÉÂTRE 
SALON D’ENCHANTEMENTS) (42- 
6193-70). Une histoire de la rragie ; 
15 h et 21 h, mer., dm. 15 h. 

MICHODIÈRE (47429623). Tiercé 
gagnant : 17 h 30 et 21 h. dim. 15 h. 

MONTPARNASSE (4622-77-74). 
Le Solder : 18 h et 21 h, dim. 15 h 30. 

. MONTPARNASSE (PETITl (43-22- 
7790). Alexis ou la Traité du vain com- 
bat : 18 h 30. Catherine Zareaia 
raconta Bazar de nuit : 21 h. tfim. 
15 h 30. 

NOUVEAU THÉÂTRE MOUFFE- 
TARD (4391-11-99). L’Homme Invisi- 
ble : 18 h 15. Chatterton : 20 h 30. 
dim. 15 h 30. 

PALAIS DE TOKYO (GALERIE WIL- 
SON) (46760099). Une chose, puis 
une autre ; 20 b 30. 

' POCHE-MONTPARNASSE (4546 
92-97). Salle I. Vingt-quatre heures de 
la vie d’une femme : 18 h et 21 h. Salle 
B. Chambre 108 : 21 h. dm. 15 h. 

PORTE SAINT-MARTIN (4298- 
0632). Le Misanthrope : 16 h et 
20 h 30. dm. 15 h. 

POTiNIÈRE (429144-16). ArcW- 
bald : 17 h et 20 h 45, dm. 15 h. 

. RANELAGH (42-88-84-44). Les 
Clowns de Leningrad l'année da tous 
les clowns : 21 h, dm. 17 h. 

RENAISSANCE (4298-18-50). U 
Cuisse du steward : 20 h 30, dm. 
15 fi 30. 

SAINT-GEORGES (46789347). Et 
moL.. et moii ; 20 h 45. dim. 15 h. 

SALLE VALHUBEBT (45949660). 
L’EventaS de lady Whdermere : 15 h et 
20 h 30. dm. 15 h. 

SENTIER DES HALLES (4296 
37-27). Albert Dupontal ; 20 h 30. PWt 
dit ABals ; 22 h. 

SHOW-BUS BY NIGHT (4296 
6899). Circuit spectacle : 19 h 30. 


SPLENDID SAINT-MARTIN (4296 

21- 93). Au Sptendid c'est Valérie 
Lamertiar : 20 h 30. 

STUDIO DES CHAMPS-ELYSÉES 
(47-2635-10). La Fonction : 20 h 30, 
dim. 15 h. 

‘ THÉÂTRE DE DIX HEURES (4696 
1617). Destroy TV : 20 h 30. Gueules 
de Prett : 22 h. 

THÉÂTRE DE L’EST PARISIEN (43- 
649680). L’Enfer et Compagnie : 
20 h 30, dm. 15 h. 

THÉÂTRE DE LA BASTILLE (43-57- 
42-14). Récits d'un jaune médecin : 

19 h 30, dm. 15 h 30. 

THÉÂTRE DE LA MAIN D'OR- 

BELLE DE MAI (489597-89). The 
Canterviila Ghostl ; 15 h. The Secret 
Diary of Adrien Mois, agad 13 34 : 

17 h. Arène. Of Mica and Men : 

20 h 30, dm. 15 h. Balte de Mai. L'Al- 
paga ; 21 h, dm. 75 h. 

THÉÂTRE DE LA VILLE (42-74-' 

22- 77). La Chant du départ : 20 h 30. 
dim. 15 h. 

THÉÂTRE DE N ES LE (46949194). 
Quand l’homme sera Immortel : 
16 h 30. Le Bleu de l'eau-de-vie Festi- 
val de théâtre ibéral : 19 h. Jeu de 
dames (El Juego) Festival da théâtre 
ibéral : 20 h 30. Nuit d'insomnie ou 
Vade Rétro Festival da théâtre ibéral : 

22 h. Chauve devant, je tache : 

23 h 30. 

THÉÂTRE DE PARIS (4678-52-22). 
Au secours... tout va mieuxl : 17 h et 

21 h. 

THÉÂTRE DU TAMBOUR ROYAL 
(48967294). Un cœur sous une sou- 
tane : 20 h. Feu la mère de Madame : 
21 h 15. dm. 16 h. 

THÉÂTRE DU TEMPS (43-55- 
1098). Hécuba. Andromaque en alter- 
nance ; 20 h 30. 

THÉÂTRE GRËVIN (42469447). 
Courtamanche eartoone au théâtre Oé- 
vin ; 20 h 30. 

THÉÂTRE HÉBERTOT (43-87- 

23- 23). L'Idée fixe : 18 h et 21 h. dm. 
15 h. 

THÉÂTRE MODERNE (49-98- 
0990). Mqustte et sa mère ; 20 h 30, 
dm. 15 h 30. 

THÉÂTRE MONTORGUEIL (43-26 
42-83). C'était la fin da l’automne ; 
20 h 30. Le Fétichiste : 22 h, dim. 

18 h 30. 

THÉÂTRE NATIONAL OE CHAIL- 
LOT (47-2791-15). Salle Gémier. 
Spectacle da ventriloquie pour tous 
publics : 74 h 30, dim. 14 h 30. SaDe 
Jean Vilar. La Songe d'une mât tT été ; 
15 h et 20 h 30. dm. 15 h. 

THÉÂTRE NATIONAL DE L'ODÉON 
(43-267632). Kkig Lear en atemance 
avec Richard 01 ; 19 h 30. dim. 13 h. 

THÉÂTRE NATIONAL DE L'ODÉON 
(PETITE SALLE) (43-267092). Quin- 
zaine du Théâtre anglais ; 1 7 h 30. 
mer., jeu., ven.. dim. 17 h 30. 

THEATRE NATIONAL DE LA COL- 
UNE (439643-60). Petite salle. Aida 
vaincus ; 21 h, dm. 16 h. 

THÉÂTRE RENAUD-BARRAULT 
1429690-70). M.I.T.. Emma B. veuve 
Jocaste : 21 h. Petite salle. L’Absolu 
Naturel : 20 h 30. 

TOURTOUR (4697-8248). Sloop ; 

19 h. L'Extraordnaire Epopée de Ferdi- 
nand Bardamu : 20 h 30. 

TRISTAN-BERNARD (48-22- 
0840). Des promesses, toujours des 
aromessas : 1 7 h et 2 1 h.Dim. Opé- 
rette Je t'aime : 15 h. 

VARIÉTÉS (42939992). Trois par- 
tout : 17 h 30 et 21 h. dm. 15 h. 




PARIS EN VISITES 


LUNDI 26 NOVEMBRE 


c L'Opére-BastlUe. de l'ancienne 
forteresse au nouvel opéra i (places 
limitées), 10 heures, au pied de l'es- 
calier (Connaissance de Paris). 
cL'hdtef de Lassay, demeure du 

S ésfctent de l'Assemblée nationale a 
jrta d'identité), 1 1 heures, 33. quai 
d'Orsay (Connaissance d'id et d ail- 
leurs). 

«Le Musée Picasso. Histoire et 
architecture de l'hôtel Salé et décou- 
verte de la dations. 14 h 15. 5. rue 
de Thorigny, dans la cour 
(E. Romarin). 

« Le Panthéon : l'ancienne église 
Sainte-Geneviève devenue temple 
des grands hommes », 14 h 30, 
entrée, nie CJotilda (Monuments his- 
toriques). 

« Versailles : la cathédrale Saint- 
_ouis et ses hommes célèbres», 
14 h 30, façade de la cathédrale 
(Office da tourisme). 

« Les salons « rocaüie » de l'hôtel de 
Soubise, siège des Archivas natio* 
-nales», 14 h 30, 60, rua des Francs- 
Bourgeois (Paris Evre d* histoire). 

«La place de Grève, les quartiers 
Saint -Marri et Beaubourg i, 14 h 30, 
métro Hôtel-de-Ville, 2, rue du 
Renard Parte autrefois). 

«L'hôte) de Massa et la quartier de 
l'Observatoire», 14 h 30. 38. rue du 
Faubourg-Saint-Jacques (S. Rojon- 
Kem). 

« De Balzac fi Jules Romain : las 
écrivains du Pfere-Lachaiao», 14 h 30, 
porte principale, boulevard da Ménil- 
montant (V. de Langlade). 

«La Conciergerie, de Phlippe le Bal 
è la Terreur», 14 h 30, a rentrés 
(M. Pohyw). 


f- 



«La cathédrale Notre-Dame : his- 
toire et symboles», 14 h 30, sous ta 
portas central (Ans et caetera). 

■ Peinture i italienne du cfix-septième 
siècle», 14 h 30, métro Louvre, pas- 
sage Richelieu (M.-G. Leblanc). 

«Hôtels et jardins du Marais. Place 
des Vosges», 14 h 30, sortie métro 
Saint-Pau! (Résurrection du passé). 

«L’Opéra Gantier», 15 heures, hafl 
d'entrée (P.-Y. Jastet). 

«La peinture vénitienne au Lou- 
vre », 15 heures, 2, place du Palais- 
Royal (Tourisme culturel). 

«Le Mosquée », 15 heures, place 
du Pults-de-rEnrete (Paris et son his- 
toire). 

«Les décors da l'imaginaira, les 
papiers peints panoramiques », 
15 h 30, 107, rua da Rivoli 
(M. Hagar). 

«Nicolas de StaN ou le combat 
avec l’ange», 19 heures. Centre 
Georges-Pompidou (Musée d’art 
moderne). 

CONFÉRENCES 

Auditorium du Musée du Louvre, 
18 h 30 : iChampollion et les pou- 
voirs». par J. Lacoutura (Cycle ; 
Hommage fi ChampolPon). 

35. rue des Francs-Bourgeois, 
18 h 30 : «La musique de Mozart 
comme art de vivre». En coBaborstion 
avec Musteophia (Maison de l'Europe). 

Centre André-Malraux, 1 12, rue de 
Rennes. 18 h 30 : «Le langage des 
tableaux ; lumière, couleur et 
toucha», par G. Almy (Association 
Palet»). 

te 




( 



I 


t 






:'.vfelfcwîS3^" ' 



t Ci' IV- 


1 6 Le Monde • Dimanche 25 - Lundi 26 novembre 1 990 • 


AGENDA 


HISTOIRE 


MÉTÉOROLOGIE 

Prévisions pour le dimanche 25 novembre 

Pluies s'attardant à l'est 

Averses localement orageuses dans un bon quart sud-ouest 


TÉLÉVISION 

Samedi 24 novembre 


La fin du colloqae de Gaulle 

Un point de départ utile 


TF 1 


LEGENDE 


- dk 


20.40 Variétés : Succès fous. 
22.25 Magazine : Ushuafa. 
.23.25 Magazine : 

Formule sport. 

0.20 Journal et Météo. 


La (Sva ét le professeur. 
22.15 Sport . Football. 

fat a 0 . 10 ). 

2 i 20 TéWfihn : 

FBc et femme i la fois. 
0.00 Journal de minuit. - 
0.1 5 Magasine : 

Désir, 


*/j 


20.40 Téléfilm : Les dessous 
de Hollywood. 

22.15 Variétés : Etoile-palace. 
23.50 Journal et Météo. 


mETEg 

LIfrahce z 

i TEMPS PREVU LE 25 NOVEMBRE 


4 - 


FR 3 

De 20.00 à 0.00 la SEPT- 

CANAL PLUS 


VERSWD1 1 


SITUATION LE 24 NOVEMBRE 1990 A 0 HEURE TU 



20.30 ► Téléfilm : 

La grande dune. 

22.00 Les Nuis... l'émission. 
22.50 Flash d'informations. 

23.00 Cinéma : L'attaque 
des morts-vivants. □ 

0.25 Cinéma : 

Le petit diable. ■ 


20.30 Magazine : Sport 6 . 
20.35 Téléfilm : “ 

Le retour 

du docteur Casey. 

22.15 Téléfilm: 

Black Cobra. 

23.50 Six minutes d'informa- 
tions. 

23.55 Musique : Rap fine. 

0.55 Musique : 

Boulevard des clips. 


LA SEPT 


LA 5 

20.40 Téléfilm : 


21.00 ► Théâtre : 

La bonne âme . 
du Setchouan. 

22.30 Soir 3. 

22.45 Hommage 

à Pierre Braunberger 
et Anatole Dauman. 


Dimanche 25 novembre 


1 6.45 Dessins animés : 

Disney parade. 

1 8.05 Magazine : Téléfoot. 

19.00 Magazine : 7/7. 

1 9.50 Loto sportif. 

20.00 Journal. Météo 
et Tapis vert. 

20.35 Cinéma : Le dernier 


empereur. ■■■ 
23.25 Flash d'informations. 


1 Le temps froid et humide s'installe à 
[ nouveau sur la majeure partie du pays. 
’ Lundi : encore des pluies sur le 
* Sud-Est - Sur las régions Rhône- 
t Alpes, Provance-Cdte d'Azur et Corse, 
' le ciel restera très nuageux le matin 
[ avec encore des pluies. L'après-midi, 
, sur la Gâte d'Azur et h Corse, querques 
I éclaircies apparaîtront, entrecoupées 
I d’averses. * 


Ailleurs, brumes et brouillards seront 
souvent présents le matin. Les brouil- 
_ lards auront beaucoup de difficulté à 
' se dissiper et le temps restera brumeux 
l'après-midi. 

Les températures matinales seront 
fraîches avec des gelées au sol. Elles 
varieront de moins t degré à 3 degrés 
en général, de 6 degrés à 9 depés dans 
le Sud-Est. 


Spécial élections polonaises. 
23.35 Magazine : 

Ciné dimanche. 

23.40 Cinéma : 

Rue du départ ■ 


PREVISIONS POUR LE 26 NOVEMBRE A 12 HEURES TU 



: 17.35 Documentaire : 

L'odyssée sous-marine 
de l'équipe Cousteau. 
18.25 Magazine : Stade 2. 

1 9.30 Série : Maguy. 

J20.00 Journal et Météo. 

20.40 Série : Le gorille. 

22.10 . Documentaire : 

Les chants de l'invisible. 
23.10 Magazine : 

L'œil en coulisses. 

0.10 Journal et Météo. 


17.10 Série : L'homme de for. 

18.00 Six minute d'informa- 
tions. 

18.05 Série : Clair de lune. 

18.50 Magazine : Culture pub. 

1 9.25 Série : 

La famille Ramdam. 

19.54 Six minutas d'informa- 
tions. 

20.00 Série : M— est servie. 

20.30 Magazine : Sport 6 . 

20.35 Cinéma : Le putsch 
des mercenaires. □ 

22.30 Six minutes d'informa- 
tions. 

22.35 Capital. 

22.40 Cinéma : Les fantasmas 
de miss Jones, a 


Le colloque international sur . 
« De Gaulle en son siècle» orga- 
nisé par rfnstitiit Charlcs-de- - 
Gaulle à l’ UNESCO du 19 au 
24 novembre a connu un incontes- 
table succès . Quatre cent quatre- 
vingt-dix-sept communications; . 
venant d'une soixantaine de pays* 
lui ont été adressées. Plus de six 
cents participants se sont répartis . 1 
en une dizaine d'ateliers thémati- 
ques qui ont tenu plus de cin- 
quante séances. 

Les contributions, les témoi- 
gnages, les analyses et les sondages 
seront publiés l'année prochaine et 
ne comporteront pas moins de cinq 
volumes. C’est donc une véritable 
'somme de documentation qui a pu 
ainsi être réunie sous la direction, 
de M. Bernard Tricot, . vingt .ans - 
après la mort du général 

L’iin des intérêts de cette collecte 
a été' de recueillir 1 » souvenirs de 
.ceux qui sont encore des survi- 
vants de l’époque gaullienne. Mais, 
on a pu également constater à' tra- 
vers . la. nature de la plupart des . 
déclarations, qu'il était peut-être - 
encore trop tôt pour porter un 
jugement historique sur de Gaulle 
et pour pratiquer à l’égard de son ' 
action une critique qui soit vrai- 
ment scientifique. 

Les efforts réels qui oiit été faits 
en cc sens ne pouvaient être que 
limités. En effet, paradoxale ment, 
de Gaulle est encore trop présent, 
au moins dans le contexte politi- 
que français. D’une part, ceux qui . 
ont été scs interlocuteurs' ou ses 


collaborateurs nourrissent toujours 
à son égard une nostalgie déférente 
.qui embellit et annoblit les souve- 
nirs. D'autre part, ceux qui furent 
ses adversaires politiques les plus 
agressifs cèdent & l'ambiance res-, 
pectueuse générale qui s’est étabhe 
autour de la mémoire de de C^uue 
pour affadir leur hostilité de 
naguère et atténuer leurs critiques. 
C’est ainsi que M.- Rocard dans 
son discours d’ouverture a pu juSi- 
fier le combat déterminé des socia- 
listes contre de Gaulle par la néces- 
sité de ne pas laisser au seul Parti 
communiste le monopole de l'op- 
position, allant jusqu'à estimer que 

r-qin avait été « utile » & de Gaulle. 

'Aucun gaulliste n’est cependant 
venu remercier M. Rocard d’avoir 
contribué avec d ? autres - à la 
défaite du générai. La «récupéra- 
tion» de de Gaulle par ses anciens 
adversaires et sa transformation en 
un myLbe admis par tous n’a 
cependant pas empêché d’entamer 
certains- approfondissements. Ce 

fut notamment le cas pour les rela- 
tions franco-américaines, mais 
aussi pour la guerre d'Algérie et 
pour la crise de mai 1 968. 

, Ainsi, les résultats de ce colloque 
-apparaissent davantage comme 
l'utile point de départ d'une vérita- 
ble étude historique da phénomène 
de Gaulle unanimement reconnu 
comme un homme hors du com- 
mun, que comme un aboutisse- 
ment célébré à P occasion du cente- 
naire de sa naissance. 

. ANDRÉ PASSERON 


LETTRES 


L’écrivain britannique 
Roald Dahl est mort 


LA SEPT 


FR 3 


17.30 Magaâne : Montagne. 

18.00 Amusa 3. 

19.00 Le 19-20 de l'informa- 
tion. De 19.12 à 19-30. 
journal régional. 

20.10 Série : Bermy HïlL 
20.40 Spectacle : 

Le Royal Circus. 

21.50 Magazine : Le cfivan. 

22.10 Journal et Météo. 

22.30 Cinéma : 

La dolce vit». ■■■ 


16.00 Documentaire : L'Europe 
et la Toison d'or (2). 

17.00 Musique : En u mérations. 

18.00 Téléfilm : Oxygène. 
19.59 Une minute pour une 

image. 

20.00 Histoire 

de la bande dessinée 
20.30 Cinéma : 

Le cheik blanc. ■■ 

22.00 Courts métrages : 
Agence matrimoniale. 

22-30 ► Hommage 

à Pierre Braunberger. 


L'écrivain britannique Roald 
Dabi est mort. Je vendredi 
23 novembre, dans un. hôpital 
d'Oxford, à l’âge de soixante- 
quatorze ans. Il s'étart fait 
connaître dans (a mondé entier 
avec S 8 S livras pour la jeunesse. - 
Né le 13 septembre 1 1916, au 
Pays de Galles, de parents norvé- 
giens, Roald Dahl a publié des 
livres remplis de monstres et de 
sorcières, où les parents tenaient le 
mauvais rôle, ce. qui réjouissait 
naturellement les enfants. En 1943, 
il écrivit tes Gremlins en collabora- 
tion. avec Walt Disney." Dans les 
années 60, il fit paraître les deux 
ouvrages qui lui valurent une 
audience mondiale : Chorlie et la 


chocolaterie -(Gallimard, « Folio- 
junior ») et' James et la Grosse 
Pêche (même éditeur). Les oeuvres 
de Roald Dabi ont été vendues 
même en Chine. Nombre d'entre 
elles, ont été traduites eu ; français. 
Citons le Bôri .Gros ' Géant, Un 
cohiepeut en càcher iïn autre, les 
Deux Gredins, le Doigt magique. 
L'enfant qui parlàtt aux animaux, 
l'Enorme- Crocodile, Fantastique 
Maître Renard, la Girafe, le Péli- 
can et Mol,, la Potion magique de 
Georges Bouillon, Sacrées' Sor- 
cières, Sales Bêtes (tous ces titres 
chez Gallimard). Roald Dahl a 
écrit également des ouvrages pour 
les adultes. Ils' témoignent de son 
humour noir et de son goût du 
macabre:' 


MOTS CROISES 


CANAL PLUS 


PROBLEME N- 5398 
HORIZONTALEMENT 


TEMPÉRATURES maxima - rainima et temps observé 

Valsws extrêmes relevées entre le 24-11-90 

le 23-11-90 à 6 heures TU elle 24-11-90 à 6 heures TU 


FRANCE 

AJACCIO 15 

BIARRITZ l! 

BORDEAUX 10 


BOURGES 1 0 


BREST 3 4 

CAEN J : 

CHERBOURG _ « I 
LIER MONT-FER . ' - 1 

om t o 

GREWBLESM-H 5 0 

LILLE I I 

LIMOGES 4 ’ 

LYON H I 

Htt$EJU£-MAR. 10 3 

NANCY 5 I 

NANTES S 5 

NICE U 3 

PARIS-MONTS _ 3 2 

PAU 4 6 

PERPIGNAN 13 4 

RENNES 4 4 

ST-ET1ENNE 7 0 

STRASBOURG 4 -I 


Jutsm I bruine 


I TOURS- 


J 3 

P 

TOULOUSE-. 

10 5 

P 

PtUNTE-AfHRL 

31 21 

D 

ÉTRANGER 


ALGER.. 

13 7 

H 

AMSTERDAM 

2 l 

P 

ATHENES 


21 13 

N 

I BANGKOK 

33 24 

D 

I BARCELONE— 

13 7 

D 

BELGRADE™ 

17 7 

B 

BERLIN- 


3 2 

N 

BRUXELLES 

0 0 

C 

LE CAIRE 


26 Ig 

B 

COPENHAGUE- 

3 3 

P 

DAK.ML. 

27 M 

N 

DELHI - 

22 15 

D 

DJEH 8 A — 


23 12 

N 

GENEVE. 


5 -1 

N 

HONGKONG 

- 

- 

ISTANBUL — . — 

- 

. 

iERlSUiM 

23 14 

D 

LBBONM 


15 13 

P 

LONDRES 



S 4 

P 

D 

ni 

0 

H 

«ici 




^fgage 

mugeux | ^ j 


LOS ANGELES— 
LUXEMBOURG- 

MADRID 

MARRAKECH — 

MEXICO 

MILAN— 

UQNTREAJ 

MOSCOU 

NAIROBI 

NEW-YORK 


PALMA-DE-MAJ— 
PEKIN — - 


RIO-DE-JANEIRO. 

ROME 

SINGAPOUR 

STOCKHOLM— 

SYDNEY 

TOKYO 

TUMS 

VARSOVIE 

VENISE. 

VIENNE 


% Il 0 
2 OC 
10 6 C 
13 3 D 
27 II B 
le 0 D 
10 3 A 
-4 -É C 

25 le B 

12 4 0 
- 7 -II ' 

15 5 N 

13 2 D 

26 25 N 

16 1 P 

31 25 A 

I i C 
a m d 

15 7 D 


1 7.05 Les Nuis... l'émission 
18.00 Cinéma : Nadine. ■ 

En clair jusqu’à 20.40 — 

19.20 Flash d'informations. 
19.25 Dessins animés : 

Ça cartoon. 

20.30 Dis Jérôme ... 

20.35 Magazine : 

L'équipe du dimanche. 
20.40 Cinéma : 

Chambre à part. ■ 

22.05 Flash d'informations. 
22.15 Magazine : 

L'équipe du dimanche. 


I. Dos hommes qui courent â toute vitesse. Trouvés au bout d'une des- 
cente. - II. Tranche quand on parte de cuisse. On peut y mettre le tout, - 
III. Dans le Gard. Garde toujours quelque chose pour lui. - IV. Tient le 
manche. Bienheureux: 


LA 5 


19 9 P 
4 3 P 
14 4 D 
16 b C 


Série : Lou Grant. 

Série : 

La loi de Los Angeles 
Journal images. 

Série : L’enfer du devoir. 
Journal. 

Drôles d' histoires. 
Cinéma : 

Le bras de for 
(Ouer the top). □ 
Magazine : Cmé Cinq. 
Cinéma : 

Y’a pas le feu. a 
Sport : Automobile. 

Le journal de minuit. 


(Document établi avec le support technique spécial Je ta M’élèomlotpe nationale.} 1 1 


16.00 Magazine : Adventure. 
16.15 Série : Médecins de nuit. 


Lettre grecque. - i o x a 
l V. Lie. N'est pas la p-p-j 
maison de famille. - 1 

VI. Se lève quand on H 

a tout vu. Dans un m 

organisme féminin. - IV “ 

VII. On l'a dans ta nez 

quand elle est noire. v — _ 
Inspirent confiance 
quand elles sont yn~JB 
bannes. Degré.. - ym [ 

VIH. Résultat. Peuvent 

voler dans les deux ÏX H 

sens. Autrefois, on X 

l'appelait chef. -■ xi 
IX N'est pas une fiDe — ^ 

toute simple. Sia - son 4 

chemin, on peut être 

éclairé. - X. VBIe de xrv 

Suisse. Une pointe xv 
peut les faire éclater. — L ~— L 

Forme des rayons. - 
XL Cotée en Sibérie. 

Peut être ras avec les cruches. - 
XII. Qu'on ne peut pas prendre 
sans se faire piquer. Ne sont trou- 
vés bons que quand ils sont 
chauds. - XltL Qui ne fait pas plaisir 
à voir. Chanter comme un monta- 
gnard. Travail qui demande du tfis- 
cemement - XIV. Cri pour accueB- 
lir un cSeu. Pas admise. Au retour, a 
toujours perdu sa fleur. - 


7 8 9 10 1T 12 15 14 15 


XV, Qu'on peut écouter. Peut eni- 
vrer. Est noir quand if vient des 
champs. 


VERTICALEMENT 


1. Ressemble beaucoup à une 
souris.- Quand on les a, on peut, 
c fumer».. - 2. Un grain dans -ta 
pien-e. Station, chez des voisins. 


Gros légume. - 3. Parler sur un 
autre ton. Donnée pour qu’on n’ait 
pas de peine. - 4. Se donne beau- 
coup de mal pour pas grand-chose. 
Les riaux jours. - 5. Dieu. Qualifie 
une très grande voie; Langue 
ancienne. - 6 . Très blessée. Qui 
concerne ce qui est cité. - 7. il 
tourne. Grecque. Morceau de veau. 
- 8 .- Fait le commerce des 
semences. Supprimée. - 9. Qu’on 
ne peut pas faire rougir. Prononcer 
avec beaucoup de détachement.. - 
10. Moi. pour le psychologue. Sans 
caches. Placée. - 11. Bien connu. 
Où U n'y a pas mèche. - 12. Est 
plus petit qu'une pipe. Un bon bour- 
geois. - 13. Coupent (es marais' 
salants. Faire des boulettes. - 
14. Peut avoir le cœur sec. Facfflte 
le départ. - 15. Moitié d 'Abraham. 
Un signe d'altération. Sorte de 
Dmon. 

Solution du problème m 5397 
Horizontalement 

I. Hercule. — II. Aviateurs. - 
III. Sac. Ube. ; - IV. Icare. Ecu. - 
V. Lunetiers. - Vf. Lee. On. - 
VII. Erudition -VIII. Raie. Nu. - 
IX. Se. Genèse. — X. Emoussa — 
XI. Sûre. Eues. 

Verticalement 

1. Habilleuses. - 2 . Evacuer. 
Emu. - 3. Ricaneur. Or. - 4 Ca Ré 
Dague. - 5. Ut. Etoiles. 6 . Leu' 
Intense. - 7. Eubée. Eau 
8 . Récréons. - 9. As. Us. Nuées. 

GUY BROUTY 


Les anglais ont perdu la leur. 

une production tclé images 




Nous gardons la nôtre. 


dimanche 19 h 30 Antenne 2 


T ” ’ . y**"". 




3-î 


; -y iMffe 


!#' VeUt .,, 







:* fi ‘ 

£ ,j«' T 


- 


i & i 

:„*■****, 

. : ‘^ l 
. l .HS?"**? 

V r.: ,« 6 ^' 

■ — '■>'7* • 

Itvïf. 

•i-Jïik «W i 
* . *Jf.s - 

.v. ,£««(ÛÉd Ë* 

, , • . -m “• ui.es 



m* 

W, .ÎS« 

/a-'c es 

#r 

‘ ; ’ M. 




Le financier , 

. pourrait bénéficier 



J & V -rj: •-*•<** •* 

-Jg i ' îB * 

sl’rizr. 

iit n».î- -i 

*HSÎ - il i'' : *4 

«. srre#-? her'.rT» 

; j i?? r *Lri’3-«; -s -.**£ 

rua ^ 

i: xs Krt 

'ü*.riîr:s j* Wta 

*. 'S* Ut 

32 tr>r :v‘ •'■■i : --.Ï Jnp 
-ï- ’ 


■ «è .j ri é u e Àf 'd 

■ 

-.v. j* 

:* > *M i W » 

: ' fn p n>» qe'lnpm:-* 

*' . ■ôrtf- ,'ÿ 

--r - ** r genm  

e - 

i t 


. . tnêim 

: r.- -- .;v ^ tt-jrlé 

■>.:y a 

■n-, • U 

ix « - vt a r-*F. HPt 


.• 


ix « - vt ar-^f. -RI 

m* 

. ïm 

■ i+i • 

>■» 

-■v: — - ^ V ma g fr ' 

du . 

Vr .^içjm.90 

'■ :i . !»■>-• f i 

jl. m.-rtalFBMf 


?®stepri'iîis2?:iîïifi 


sS2s!espiY5 ïh\ 


^4 >3j.- 




M a 

^’â-. . 


* * ..«j r - : 

i •« i-, 4.rv . 

■ “t ''-F'.rjre* 

«M 

‘ +-r.< * *»&+■*, 




+-*■* -m- f i mà m é -iit ■ 

' 4 *->■ I* «|«a 
v sur. en 

i+'t-.zptr àjç éinipit Mfojf 

irji.tl S-i' a,aci»jaci X 








,r 

i ---**■■ "mrnÊff u 
r>.- •. 


■s 




. . 

.x.- - ^ . 


j.-. 


"O. J 



r - v 

• -2 t f.-. 

■ -V \ 

. V 

%■* ftXJUI 

'•rsAr 

* {3*j 


P PI *'• u 

r-r- 







N 




àr'.U»- T-V' 

-■ 

ii wf • . . ; 


;••• y 

tr&+ \-rp, 

C 

; Wi»'.''™-'" - f - 
— -- 
.t. 

HûwvL k.i 


"" ‘Hw aij ( 


V 




•^r; ; 5 . 
•• 

2pr*t — * 

• ■' 

'•tif _ . ---•■ • -- 

Ju". ’. , 
-fY'.' j'. ' '- 

»’■ , V 'P: 
Sk=-V» ; ’ 


y\\ r. r 
ï- ■ ' 


4» 


i.r:rn:i:s 

i'nTiv r>- ’’ v 

St»*M îtam * 


tv r' 


^mÏ 4 c. 1 •* ” 

** . ~ •■* "* '■ ' 
rt**'****' Aie \ *’ •*•' r ' 

>«i -i :• w 

» r •»..•<. • ■ ***■'■ 

f ;;v si*;* * >»-*»*•■ ■“ ' 


.Ï.V*- - - • - ' 

pw^i-Ar J .‘- ,r ’ 

:r 

- : >-• 

; *•> '•••• «' 
P 6- * Jï ‘* 

^4 ■ ■ ' • 



=3** 

#*»■/ • • 


aj -T r 

4 ^. '•^. 1#^^. 





-**-■ 




ÉCONOMIE 


SOCIAL 


M. Guy Drilleaud, nonveau président de la centrale chrétienne 


La CFTC veut mener une « reconquête » de son audience 


M. Guy Drilleaud, cinquante* 
sept ans, a succédé samedi 
24 novembre à M. Jean Borna rd 
à la présidence de fa Confédéra- 
tion française des travailleurs 
chrétiens (CFTC) lors de son 
44* congrès, à tille. Néanmoins, 
c'est M. Alain Datait, quarante- 
quatre ans, nouveau secrétaire 
général, qui devrait être le véri- 
table animateur de la Confédéra- 
tion. 

LILLE , 

de notre envoyé spécial 

Depuis la scission de 1964, qui 
avait suivi la naissance de la CFDT, 
la centrale chrétienne s'est efforcée 
d'abord de survivre, puis de se 
reconstruire et enfin de se stabiliser. 
Au cours de ces quel que v ingt-cinq 
années, les militants CFTC ont eu 
fréquemment le sentiment d’être 
condamnés à la marginalité mais, 
aujourd'hui,, ils estiment que l'heure 
de (a «reconquête» - selon l’expres- 
sion de M Deleu - a sonné. 

L’effondrement du communisme, 
ont martelé les congressistes, consa- 
cre le bien-fondé- de la morale 
sociale chrétienne dont ils ne se sont 
jamais écartés. Aussi, dan sje pay- 
sage syndical français, la CFTC a- 
t-elle une place à prendre : affaiblie, 
la CGT est plus que jamais isolée, la 


CFDT « recentrée» continue de se 
chercher alors que FO développe 
des réflexes conservateurs. 

Selon les nouveaux dirigeants, 
cette affir matio n renforcée de l’iden- 
tité de ta CFTC exige cependant un 
véritable «changement d'image». 
Pour y parvenir, la Confédération a 
opté en faveur d’un retour à la tradi- 
tion en se dotant d’un prérident aux 
pouvoirs réduits et d’un secrétaire 
général qui apparaît comme le véri- 
table leader de l'organisation. 
M. Guy Drilleaud. éhi de justesse 
(avant-dernier avec 57 % des voix) 
au sein du conseil confédéral dans la 
naît de vendredi à samedi, 
reconnaît qu'il se tiendra «plus en 
retrait» que son prédécesseur, 
M. Jean Boraard, 

f Pimplantpr 


Le nouveau président entend être 
davantage présent sur le terrain 
mais son intention est d'abord de se 
consacrer aux questions euro- 
péennes. M. Drilleaud est parvenu à 
écarter M. Bernard Ibal, quarante- . 
quatre ans, responsable de l’Union 
des c adres et ingénieurs (UG1CA- 
CFTÇ) qui, à la surprise générale, 
n'a pu accéder au conseil confédéral 
malgré les soutiens dont il disposait 
dww plusieurs fédérations (métallur- 
gie, fonctionnaires). L’éviction de 
M. Ibal - apôtre d’une «Europe des 


cathédrales ». il se proposait lui aussi 
de mettre en pratique un «style plus 
volontariste». - laisse le champ libre 
à M. Deleu, secrétaire général 
adjoint sortant. 

Elu confortablement an conseil 
confédéral avec 89 % des voix, ce 
professeur de sciences naturelles 
dans l’enseignement privé est depuis 
longtemps l'étoile montante de la 
CFTC. Selon lui, la situation 
actuelle de la - centrale 
(250 000 adhérents revendiqués, 
8,3 % de voix au dernières élections 
prud'homales de 1987) «n'est pas 
satisfaisante». Elle doit donc mieux 
faire entendre sa voix et déjouer (e 
piège de l'institutionnalisation 
excessive en privilégiant son nsptai»- 
tatkm dans les entreprises. 

La parole brève, d’apparence 
quelque peu austère, M. Deleu dis- 
pose pourtant d’un indiscutable sens 
de l’bnmonr (sa spécialité est de 
«croquer» sur le papier ses interlo- 
cuteurs patronaux et syndicaux 
durant les négociations interprofes- 
sionnelles). Le pari qu’il tente 
aujourd’hui vise à mettre le syndica- 
lisme en phase avec son environne- 
ment et lui donner les moyens de 
peser -réellement sur les pratiques 
sociales des entreprises. 

Dès le mois prochain, il proposera 
un texte exprimant les nouvelles 
orientations de la CFTC Le nou- 
veau secrétaire général considère par 


exemple que son organisation doit 
s’impliquer plus avant dans la lutte 
contre la pauvreté et qu'il convient 
que ses militants, présents dans les 
caisses d’allocations familiales, par- 
ticipent à l’amélioration des disposi- 
tifs cr éés dans le cadre du revenu 
minimum d’insertion. 

JEAN-MICHEL NORMAND 

(Né le 2 mai 1933 à Ruzay-teOtsjx 
(Deux-Sèvres), M. Guy Drilleaud est 
marié et père de deux enfants adoptés 
en Colombie. Engagé volontaire dans 
l’Armée de Pair en 1951, il devient 
technicien radio-électriden et travaille 
ensuite à Air France comme monteur 
d'instruments de bord avant d'être 
emba uché au Printemps. Militant de la 
CFTC depuis 1957, il entre au bureau 
confédéral en 1977 avant d’être élu 
secrétaire général en 1981. II est par 
ailleurs membre du Conseil économi- 
que et soda! et du Comité économique 
et social européen.] 

[Originaire de Lille, M. Alain Deleu, 
quarante-quatre ans, est marié et père 
de dnq enfants. Enseignant en biologie 
et en sien ces naturelles, il adhère en 
1968 i h CFTC et préside dés 1975 le 
syndicat national de renseignement 
chrétien (SNEC), principale compo- 
sante de la confédération dont il est 
secrétaire général-adjoint en 1981. 
Depu is 1984, il dirige les délégations 
CFTC lore des négocia lions interprofes- 
sionnelles avec le CNPF.] 


An lendemain d’im verdict « exemplaire >> 

Le financier américain Michael Milken 
pourrait bénéficier d’une réduction de peine 


Deux jours après un verdict qui 
a fait date, MichaeT Milken, le 
financier le plus célèbre des 
années 80, n'a pas dit son dernier 
root (le Monde du 23 novembre). 
La sentence - dix ans de prison 
ferme - énoncé» par uni» femme 
juge, après im monologue de vingt 
sept minutes justifiait sa décision,; 
n'apparaît plus aussi radicale. Les 
premiera moments de stupeùrpas- 
sés, la défense s'est ressaisie et 
essaie de tirer parti des voies de 
secours ménagées par Kimba 
Wood. 

Certes, la sévérité du juge a laissé 
l’ensemble de la communauté juridi- 
que pantois. Pour la première fois, 
l’accusé d’un crime de col-blanc est 
possible d’une peine de prison de dix 
ans. Même Y van Boesky, le spécula- 
teur qui a déclenché r enquête de la 
SEC (l’équivalent de fa Commission 
des opérations de Bourse en France) 
n’avajt reçu que cinq ans de réclusion 
et quittera le monde carcéral après 
seize mois. Mais « Milken pale pour 
les excès des années 80». explique 
Martin Klein, avocat new-yorkais 
proche de la défense, qui ajoute : 
aM" Wood a cédé aux pressions des 


centaines de lettres qu'elles a reçues». 
Ce que le juge confirme implicite- 
ment : «le verdict exemplaire s'impo- 
sait afin de signaler que nul n'est à 
l'abri du respect des lois». 

D*a32ets£ Je thème delà culpabilité 
du financier de Diesel n’a été abordé 
qu’à reculons. Les jurisconsultes 
notent dès à présent que le juge a 
ignoré tes arguments de l’accusateur 
pubfic, présentés 3 y a im mois. Elle a 
avoué ne prendre en compte que (es 
six délits et aimes que Milken avait 
reconnus à sa charge dès le 24 avril 
dernier. Mais ellé précise cependant : 
« Cet homme habile a su se tenir à la 
lisière du droit et en a franchi les fron- 
tières interdites à de multiples remises, 
mais de manière subreptice.» Concé- 
dant à l'avocat de la défense, Arthur 
Liman, que les faits en litige étaient 
de nature complexe. 

Celui-ci requérait et exige encore 
une peine limitée au service commu- 
nautaire. Les argu ments prennent en 
compte les activités caritatives du 
financier de Drexd, qui a doté les 
œuvres de plus de 360 millions de 
dollars en cinq' ans, bien avant que le 
scandale n’éclate. En observant, de. 
surcroît, l'absence de faits matériels 
patents engendrant un délit d’initié 
iue le juge a dû ignorer, an grand 
1 du ministère puhfic. . 


D’ailleurs, M* Wood a confirmé 
après le jugement qu’elle ouvrait à 
Mïcbad Müken l'opportunité de voir 
réduire sa peine en coopérant avec ta 
justice. Selon Michael Feldberg, un 
avocat de Sbea & Gould, «la coopéra- 
tion avec la Justice pourrait inciter te 
juge à effacer le tableau». La procé- 
dure d’appel. qu'elle a offerte contre 
toute attente à Milken lui permet de 
prolonger le cours de ta justice et de 
reporter une incarcération qui aurait 
dû prendre effet en mars prochain. 

L’affaire suit donc son cours. 
«Nous avons dos un chapitre, mais 
nous n’avons pas refermé le livre», 
confie Arthur Liman. «La victoire 
psychologique du ministère public », 
selon l'expression de Richard Bree- 
den, 1e patron de la SEC suffira-t-elle 
aux procureurs do financier de 
Drexd? On peut en douter, compte 
tenu de la pugnacité qu’ils ont mani- 
festée depuis le 14 novembre 1986, 
date du début de Fafiaire. D’un autre 
côté, Michael MiUœn pourra-t-il 
convaincre la justice et l’opinion 
publique que, au-delà des crimes qu'il 
a commis, ü est, selon ses amis, «le 
bouc émissaire chargé de laver l’Ami- 
. tique de ses forfaits»? 

ALEX SERGE VIEUX 


dans le commerce en URSS 



Plusieurs décisions de privatisation 
Hans le du commerce ont été 

annoncées dans Fex-RDA, en URSS 
et en Hongrie vendredi 23 uovemhre, 

a Dans Tex-RDA, te président de 
la GPH, filiale du Treuhandanstaft 
chargée du commerce et de la restau-, 
ration, M. Wolfgang Berohardt, a 
annoncé ta mée en vente à partir de 
lundi 26 novembre de 8 500 com- 
mentes et de 2 500 restaurants et 
débits de boissons de petite dimen- 
sion. Les offres de reprise devront 
être présentées avant: le lundi 
3 décembre. Selon un inventaire 
récent, 1 1 000 des 29 000 établisse- 
ments existant fin 1989 avaient déjà 
été fermés ou privatisés avant le 
16 octobre, date à laquelle les privati- 
sations ont été suspendues. 

o A Moscou, une campagne de 
privatisation de 2 000 magasins et 
commerces de la capitale 
cée en 1991, a annoncé M. Victor 
Lebedev, chef de la commission 

munidpéle des investissements, en 
visite à Vienne (Autriche). 

□ Eu Hongrie, le gouvernement a 

annoncé la suppression du monopole 
d’Etat sur le commerce extérieur a 
compter du l« janyter 199 1. La m ajo- 
rité des produits (90 %) pomreg . &e 
importés sans autorisation préalable 
du ministère : cdlo-ci ne subsistera 
que pour les appareils de télécommu- 
nication, certains produits alimen- 
taires et pharmaceutiques ou de 

consommation courante. Eue restera 

nécessaire aussi pour rexportatiwi de 
métaux précieux, d’armes, «wjgj 
de certains produits ■ agricoles et 
matières premiènra- 


. Avant la reprise des négociations à New-York 

Le gouvernement brésilien affronte 
ses banquiers snr les arriérés de sa dette 


Entamées il y a quelques 
semaines, puis, interrompues, les 
négociations entre le gouverne- 
ment brésilien et ses banques cré- . 
ditrices devaient reprendre lundi 
26 novembre à New-York. 

Avant de passer à l’étude des 
conditions du remboursement des 
40 milliards de dollars de dette 
commerciale (la dette extérieure 
globale du Brésil atteint 1 15 mil- 
liards de dollars), les deux parties 
doivent régler là question des 
arriéres. N’assurant plus te service 
de sa dette depuis Tété 1988, le 
Brésil doit aujourd’hui verser 
8,3 milliards de dollars afin de 
remettre ses comptes à jour. 

Or, si les établissements ban- 
caires réclament le règlement d'un 
tiers de cette somme comme préa- 
lable à toute discussion ultérieure, 
les négociateurs de Brasilia, pour 
leur part, ont proposé de payer 
15 % avant la fin de l’année, puis 
25 % au cours du premier trimer 
tre de 1991. La semaine dernière, 
le président de la Banque centrale, 
M. Ibrahim Eris, a parcouru PEu- 
rope, afin de sensibiliser les autori- 
tés monétaires et les banquiers des 
principaux pays à la nécessité d’un 
traitement rapide de la dette-brési- 
lienne. 

Tant que la question des arriérés 
n’aura pas été réglée, il est peu pro- 
bable que le Fonds monétaire 
international débloque le crédit de 
2 milliards de dollars souhaité par 


Brasilia. En outre, la lettre d'inten- 
tion récemment écrite par le gou- 
vernement à l'institution de Wash- 
ington devra être revue, ea raison 
notamment de l’évolution de la 
situation internationale. Une nou- 
velle version devrait, selon 
M. Eris, parvenir aux responsables 
du fonds au début de décembre. 

Par ailleurs, M. Eris. a rappelé 
que Brasilia u'entend pas autoriser 
prochainement les conversions de 
dettes- en investissements (Debt 
Equity Swaps) en raison de l’ex- 
pansion de la masse monétaire 
provoquée par de telles opérations. 


□ Le Brésil propose que le poqpe de 
Clins se retire des négociations du 
GATT. - Le ministre de l'agriculture 
jdu Brésil, M. Antonio Cabrera, a 
proposé que les pays du groupe de 
Gains (grands exportateurs céréalier 
favorables aux suppressions des sub- 
ventions à l’agriculture) ne partici- 
pent pas à ta prochaine réunion de 
Bruxelles si fa GEE ne modifie passa 
position en matière de protection- 
nisme agricole. M. Cabrera a Indiqué 
.qu’il avait reçu une lettré de la repré- 
sentante américaine pour le com- 
merce, M“ Caria HCis, réitérant f ap- 
pui des. Etati-Unis an groupe de 
Gairns et assurant que Washi 
.romprait les négociations si la 
ne modifiait pas son altitude. 


Le Parlement européen 
demande le gel 
des licenciements 
chez M, Philips 
et Olivetti 

Dans une résolution adoptée le 
jeudi 22 novembre, le Parlement 
européen a demandé aux trois 
constructeurs informatiques, Phi- 
lips, Bnü et Olivetti, qui ont 
décidé de très importantes sup- 
pressions d’emplois (50 000 chez 
Philips, 5 000 chez Bull, 7 000 
chez Olivetti), de « suspendre 
l’exécittion» de ces plans «dans 
l’attente d’un accord avec les 
- représentants des travailleurs». 

L’Assemblée communautaire 
condamne «les types de restructu- 
rations mises en œuvre qui consis- 
tent exclusivement en des suppres- 
sions massives d'emplois et des 
fermetures d'outils de produc- 
tion». 

Cette résolution, sans effet 
contraignant, demande également 
à la Commission européenne 
d’établir avant la fin de l'année 
un rapport sur la situation de 
l’emploi chez Philips, sur «l'im- 
plication des travailleurs et de 
leurs organisations syndicales» 
dans les plans de restructuration 
ainsi que sur l'impact social de 
ceux-ci. 

Quelques heures après la révé- 
lation de cette prise de position 
inédite de la représentation euro- 
péenne, Philips annonçait l’arrêt 
de la construction d’une usine de 
fabrication de tubes cathodiques 
aux Etats-Unis. 

Près de mille 
suppressions d’emplois 
sont prévues 
chez Nestlé-France 

Prés de I 000 empiras vont être 
supprimés chez Nestlé-France, 
dons ses deux sociétés SOPAD et 
Rowntree- Nestlé, a-t-on appris 
vendredi 23 novembre de sources 
syndicales. 

Pour la SOPAD, 517 suppres- 
sions d’emplois (sur un total de 
5 900 employés) auraient été 
annoncées mercredi dernier à 
Courbevoie en comité central d’en- 
treprise (CCE). Ces mesures 
concernent les sites de Rumilly 
(Haute-Savoie, 132 suppressions), 
Boué (Aisne, 71),‘ Lisieux (Calva- 
dos, 54), Saint-Menet (Bouches-du- 
Rhône, 130) ei Pontarlier 
(Doubs, 60). 

En outre, à Pontarlier seront 
supprimés 150 postes de saison- 
niers (soit l’équivalent d’environ 
70 postes à temps plein), employés 
aux «campagnes» chocolat des 
fîtes de fin d’année et de Pâques. 

. M. Daniel Vachez, maire de 
Noisiel (Scine-et-Mame) avait 
rendu publique, ceUe semaine, la 
fermeture à l’horizon 1993 de 
l’usine de chocolat Rowmtree-Nes- 
tlé (440 personnes) située sur sa 
commune. La direction de la filiale 
de Nestlé-France avait fait part de 
cette décision en réunion du 
comité central d’entreprise. 







• h.-Jm «AimmKra 1 QQTi 29 

Le Monde • Dimanche 25 - Lundi 26 novembre 1 990 1 7 


.CONJONCTURE 

, La dynamique des investissements n'est pas cassée 

L’activité en France devrait connaître 
nn « ralentissement sans rupture » 


Cest un ralentissement progres- 
sif de l'activité économique qui 
semble 'se produire en France plus 
qu’un renversement brutal de 
situation du type de celui décrit 
par tes chefs d’entreprise qui, dans 
les réponses faites en octobre 
et novembre aux enquêtes de P IN- 
SEE, se montraient particulière- 
ment pessimistes. 

Les comptes trimestriels que 
vient de publier l’INSEE pour la 
période juiltet-aoQt-septembre 
montrent que la croissance écono- 
mique a rebondi cet été, atteignant 
1,3 % par rapport au deuxième tri- 
mestre et portant à 2,3 % la crois- 
sance sur neuf mois. Ce regain a 
été provoqué par des investisse- 
ments importants des entreprises 
(+2,9 % par rapport au deuxième 
trimestre, +6 % en un an) et par un 
gonflement des stocks. En dépit 
d’un freinage de la consommation 
des ménages, la progression du 
PNB (produit national brut) sera 
.donc cette année d’au moins 2,7 % 
et dépassera peut-être même les 
prévisions officielles de croissance 
(+2,8 %). 

Il n’en demeure pas moins vrai 
que la production industrielle a 
baissé en septembre et que l'on 
s’attend généralement à une crois- 
sance économique d’ensemble fai- 
ble. peut-être même nulle, au qua- 
trième trimestre. 

Chocs financier 
et monétaire 

La Banque de France dans sa 
dernière enquête de conjoncture 
estime que la production « devrait 
progresser faiblement au cours des 
prochains mois (—) et que les pers- 
pectives apparaissent plus réservées 
au-delà de la fin de l'année». Les 
programmes d'investissement déjà 
engagés se déroulent normalement 
note la Banque de France : « Les 
incertitudes liées à l'évolution du 
contexte international tendent à 
inciter les entrepreneurs à différer 
les décisions de lancement de nou- 
veaux programmes lorsqu'ils ne 
sont pas jugés prioritaires et. plus 
généralement, à favoriser les inves- 
tissements de productivité par rap- 
port aux extensions de capacité. » 

Cest une analyse assez sembla- • 
blc de la situation que fait le 
CNPF sur le thème du «ralentisse- 


ment sans rupture». «Le rythme 
de l'expansion s'ètaii ralenti dès 
avant les évènements du Golfe (..J. 
Pourtant confiantes dans les pers- 
pectives de moyen terme ouvertes 
par l’unification de l'Allemagne, 
l'ouverture des pays de l'Est euro- 
péen et le marché unique, et fortes 
d’une bonne compétitivité-prix et 
coût, les entreprises ont poursuivi 
des programmes ambitieux d'inves- 
tissements et continué de créer des 
emplois. » 

L’incertitude créée par 1e renché- 
rissement du pétrole et plus encore 
par les chocs financier et moné- 
taire qui ont suivi la crise du 
Golfe, note 1e CNPF, a assombri le 
climat des affaires à la rentrée et a 
accentué le ralentissement de la 
croissance. «La hausse des taux 
d'intérêt, la chute boursière et la 
baisse du dollar vont peser de plus 
en plus sur les capacités financières 
des entreprises et sur leur compétiti- 
vité. » 

La dynamique des investisse- 
ments n’est pas cassée, estime le 
CNPF, mais leur progression en 
1990 et 1991 va être moins forte 
que celle envisagée il y a quelques 
mois, a La sous-évaluation du dol- 
lar et du yen handicape de plus en 
plus les entreprises qui en perçoi- 
vent déjà les effets sur leur acti- 
vité. ». 

Le CNPF prévoit une croissance 
économique un peu inférieure & 
3 % cette année, soit un point de 
moins qu’en 1989 (+4,1 % en 
1989). Le centre d'observation éco- 
nomique de la chambre de com- 
merce et d'industrie de Paris fait 
un pronostic semblable quoique un 
peu plus pessimiste ; le ralentisse- 
ment, perceptible depuis le prin- 
temps 1989 est plus prononcé que 
prévu et les bénéfices attendus de 
l'unification allemande tardent à 
prendre le relais d’une économie 
américaine très ralentie. La crois- 
sance du PIB marchand serait 
donc limitée à 2,6 % cette année et 
à 2,2 % l'année prochaine 

« L'économie française, ajoute la 
chambre de commerce, n'éviterait 
pas les conséquences habituelles 
dun fort renchérissement du pétrole 

- déséquilibre extérieur et inflation 

- mais son assainissement dans les 
années 80 et une plus grande flexi- 
bilité pourraient l’aider à en limiter 
les effets à moyen terme. » 


R E P È R K S 


FINANCES 

SEB met au point 
un nouveau 
pacte d'actionnaires 

Le PDG du groupe SEB peut dormir 
sur ses deux oreilles. Le capital du 
fabricant de petit électroménager 
(marques SEB, Caior, Tefal Rowenta) 
vient de recevoir un tour de vis sup- 
plémentaire. Selon un communiqué 
publié vendredi 23 novembre par la 
Sodété des Bourses françaises (SBF), 
un pacte d'actionnaires renforcé, 
représentant 46,91 % des actions et 
60,43 % des droits de vote de le 
société, a été mis au point par les 
actionnaires familiaux du groupe. 
Cette convention, signée le 1 ? mai 
1990 et valable pour dnq ans, se 
substitue à l’accord précédent, qui. 
remonte à mai 1989. Aux termes du 
nouveau <£ positif retenu, les signa- 
taires du pacte s'accordent mutuefle- 
ment un rfroit de p ré emption sur taure 
actions, à hauteur de 75 % de leurs 
titres pour les actionnaires physiques 
et de 100 % de leurs titres pour les 
deux holdings femffiales. Fidèles et 
Manoir Investissement. 


EN BREF 

□ Air France : grève reconduite à 

Nice. - Les satanés d’Air France à 
l’aéroport de Nice ont voté ven- 
dredi 23 novembre au soir, par 
413 voix contre 200 et 8 absten- 
tions la poursuite de leur grève 
pour ta septième journée consécu- 
tive. Ce mouv ement, appuyé par ta 
CGT, la CFDT et FO, paralyse le 
trafic sur l’aéroport. 

□ Inspection d’nn moteur auxi- 
liaire d'Airbus A-320. - Airbus 
Industrie a fait procéder, à la 
demande de la direction générale, 
de Faviation civile dans toutes les 
■compagnies ayant reçu des A-320, 
à l'inspection d’on moteur électri- 
que auxiliaire actionnant 1a partie 
horizontale de rem pennage, en rai- 
son de cas de grippage partiel. 
Selon le constructeur, ce grippage 


PAIEMENTS 

COURANTS 

Légère 

aggravation 

du déficit britannique 

Le défiât de b balance des paie- 
ments courants de la Grande-Bre- 
tagne s'est élevé è 1.08 mBIiard de 
livres (10,6 milliards de.francs) en 
données provisoires corrigées des 
variations saisonnières en octobre, 
a annoncé l'Office central de statis- 
tiques jeudi 22 novembre. En sep- 
tembre, 3 avait été limité è 813 mil- 
. Bons de livres, grâce à un excédent 
pétrolier important (235 mflfions de 
livres, au lieu de 28 millions 
en octobre). 

Le département du Trésor a 
cependant estimé que le résultat 
d'octobre confirmait ('amélioration 
de la situation des comptes cou- 
rants britanniques, dont le déficit a 
atteint 3,09 milliards entre août 
et octobre, contre 4,86 milliards au 
cours des trois mois précédents. 


n’aflecte pas les commandes de vol 
de l’appareil, et 1e pilote peut poser 
celui-ci même en cas de blocage 
total de ce moteur. 

□ Ikea s’associe au laa cernent 
d’une chaîne d’hôtels eu Amérique 
du Nord. - Le fabricant d'ameuble- 
ment suédois Ikea et ta société 
québécoise Allegiance Capital se 
sont associés pour constituer eu 
Amérique du Nord une chaîne de 
cent hôtels comportant 1S8 habita- 
tions, dont une moitié de suites, 
meublées par Ikea, avec sauna et 
boutique suédoise, ainsi qu’un cen- 
tre d'affaires. La construction du 
premier établissement, baptisé 
Sweden Inn, devrait commencer 
avant la fin de l'année sur l’aéro- 
port de Montréal-Dorval. 



t 




* i 



€ 











18 Le Monde • Dimanche 25 - Lundi 26 novembre 1990 ••• 


REVUE DES VALEURS 


SEMAINE DU 19 AU 23 NOVEMBRE 


PARIS 


De l'ennui à l’indifférence 


+ 1 , 7 * 


TT777777Z A force de s'en- 
jndicé Cac 40 nU y Br< | es bour- 
siers seraient-ils 

W devenus indiffé- 
rents? Leur léthar- 
gie est déroutante 
au terme d'une 
semaine pourtant 
“ riche en événe- 

ments ; une motion de censure 
pouvant faire tomber le gouver- 
nement, la démission de 
M m Margaret Thatcher en 
Grande-Bretagne, une réduction 
du déficit commercial français 
sans parler du mouvement géné- 
ral de détente des taux d'intérêt 
dans le monde... Or malgré tout 
cela, le bilan de la semaine est 
maigre. Certes, pour la deuxième 
fois consécutive, le marché finit 
en hausse (+ 1,7 %), mais la pro- 
gression est moindre que celle 
des cinq séances précédentes 
(+ 2,5 %). 

Quant au terme boursier 
de novembre, achevé jeudi 22, il 
est à l'image de cette lassitude 
ambiante. La liquidation est 
négative de 2,18 %. Rien à voir 
avec les grands mouvements de 
balanciers d'août (- 21.95 96) et 
d'octobre (+ 8,80 %). Cette per- 
formance ni franchement mau- 
vaise, ni pour le moins réjouis- 
sante porte à huit ie nombre de 
mois depuis (a fin de l'année der- 
nière où l'évolution de l'indice 
CAC 40 est négative. Le baromè- 
tre de la place française est 
quant è lui 18 % en-dessous de 
son niveau des premiers jours 
de janvier. La crise internationale 
déclenchée le 2 août avec l'inva- 


sion du Koweït par l'Irak a 
entraîné depuis cette date une 
chute de 18,3 % des valeurs 

françaises. 


Lundi, le mouvement de 
détente observé tant sur le front 
des taux d'intérât outre-Atlanti- 
que que sur- la baril de pétrole 
revenu sous la barre des 30 dol- 
lars, entraînait une progression 
de 1,34 % de l'indice CAC 40. 
La perspective du vote d'une 
motion de censure à l'Assemblée 
nationale le soir même n’inquié- 
tait pas les intervenants. Non 
qu'ils connaissaient à l'avance le 
résultat de cette neuvième pro- 
cédure engagée contre le gou- 
vernement Rocard depuis 1988, 
portant cette fois-ci sur ta CSG 
(contribution sociale générali- 
sée). Au contraire, la partie 
n'était pas jouée d'avance. Mais 
cette fois, la chose politique a 
semblé être ie dernier souci des 
gestionnaires contrairement au 
début de l'année. 


Prudence 
et frilosité 


En mai dernier, la perspective 
du dépôt d’une motion de cen- 
sure sur la loi d'amnistie avait 
contribué è stopper la vague de 
reprise du printemps. Six mois 
plus tard, le contexte boursier 
est radicalement différent. Les 
soucis sont autres et viennneni 
plus de la tension dans ie Golfe. 
La situation mouvante dans cette 
région du monde poussait è nou- 
veau è la prudence dès mardi 
(- 0.03 96). La confirmation 


d'une récession aux Etats-Unis 
avec la publication de nouveaux 
indicateurs et le ralentissement 
des affaires en France (baissa de 
1,1 % de la production indus- 
trielle] intensifiait cette frilosité 
(- 0,38 %). Le dernier jour du 
terme boursier de novembre sera 
un peu plus glorieux {+ 0.78 %). 
mais sans plus. 

La démission de M— Margaret 
Thatcher de son poste de leader 
du Parti conservateur et donc 
prochainement de celui de pre- 
mier ministre a contribué légère- 
ment à cette discrète reprise. En 
effet, le départ de le « Dame de 
fer » devrait permettre d'accélé- 
rer la construction européenne. 
Vendredi sera l'image même de 
l'hésitation, l'indice CAC 40 
oscillant an permanence entre 
une infime progression et une 
minuscule défaillance. La journée 
s'achevait sur un équilibre pré- ■ 
caire (+ 0,02 96), malgré la pour- 
suite de la détente des taux d'in- 
térêt en Europe et an France et 
malgré l'amélioration du déficit 
commercial national revenu h 
5.86 milliards de francs en octo- 
bre contre 10,6 milliards en sep- 
tembre. 

La semaine aura été marquée 
par une série d'évènements, 
principalement sur le second 
marché. A commencer par (a 
suspension de cotation des titres 
Lectra Systèmes. Trois ans 
après son entrée remarquée en 
Bourse, ce fabricant de machines 
de découpe au laser pour l'indus- 
trie textile connaît d'importantes 
difficultés financières. Les frères 


Bâtiment travaux publics Valeurs diverses 



23-11-90 

DifL 

Agacbe (Fin.) 

801 

+ 61 

BHV 

655 

— 

CF AO 

382, 5< 

+ -L5Û 


(993 

+ 43 

DMC 

355.20 

-19J80 

GaL Labyeuc 

1 810 

-10 

Nouvelles Galeries . 

754 

+ 69 

PriDlCfflfH 

560 

-21 

La Redode 

2 890 

+ 80 

SCOA 

I5£0 

- 0,60 



23-1 1-90 

DifT. 

AuxiL «Tenir. 

970 

21 

Bouygues — 

425,20 + 

52^0 

Ciments rmoç. 

932 

S 

GTM 

295 + 

2 

Imraob. Phénix — .. 

120 + 

1 

J. Lefebvre. 

630 

10 

Lafarge C. 

338 + 

10,70 

Poliet et Cbaus. 

433 + 

24 

SGE-SB 

160 + 

S 


Mines, caoutchouc 


Banques, ass 

sociétés d *in vestissemen t 



23-11-90 

DifT. 

AGF. ~ 

929 

+ 91 

Bail Eguipmcni 

124410 

- S^O 

Bancaire (C*) 

464 

+ 10,50 

Ccidcm 

512 

+ 57 

CCF 

159,80 

+ 8J0 

CFF. - 

892 

+ 29 

CFl 

366,10 

- 5L90 

Chargeurs ..... 

786 

- 6 

CPR 

27530 

- 1240 

Eunfann.-. 

1364 

+ 64 

GAN 

1 720 

+ 115 

Hcnin (La) 

516 

- 4 

Locafnuae 

444 

+ 29 

Lacindus 

684 

+ 18 

Midi.. .. 

969 

+ 86 

MidUod 8aak 

76.05 

+ 445 

OFP ...‘ _ .... 

1 S2Û 

- 25 

Paribas ... 

506 

+ 24 


1030 

+ 16 

Schneider 

655 

+ 52 

Sociàé générale 

402 

+ 13 

Sovac — — - 

537 

+ 12 

Suez (C* fin.) 

3O6J0 

+ 140 

UAP .. 

566 

+ 38 

U CB 

I5( 

+ II 



23-11-90 

DifT. 

Géophysique-.. — _ 

942 

- 27 

I métal 

210 

- l 

Méiatairop 

65,80 

- 640 

Mk-betin 

75 

+ S.I0 

RTZ_ 

44,10 

+ -05 

z a . 

L72 

- 043 


Alimentation 



23-11-90 

DifT. 

Acc«x— 

700 

- 8 

Air liquide 

639 

+ 3 


1 590 

+ 65 

Sic - 

503 

+ ta 

Rie 

280 

V 16 

CGI P 

865 

+ 46 

Club Méditer. 

434 

+ 9 

Essikw _. 

28740 

+ 9,40 

Euro-Disney 

96 

+ 1 

Europe 1 — - — — 

1 020 

- 27 

Eurotunnel 

33 

+ 0,40 

Groupe Cité 

650 

htth. 

Hachette. — 

146 

- 7,40 

Havas 

475 

- 48 

Marine Wendet 

266 

+ 26 

Navigation tniaie .... 

1 169 

- 31 

Nord-Est— _ — — 

127 

+ I 

L'Oréal 

511 

+ 18 

Saint-Gobain 

36540 

+ 11,20 

Sanofi . 

851 

+ 28 

Saclnes Chilillon — 

26040 

- 440 

SVis Rossignol . — 

700 

- 11 



23-11-90 

DilT. 

Béghin-Say 

677 

- 13 

Boograin 

2500 

+ 114 

BSN 

757 

+ 27 

Carrefour 

3420 

+ 80 

Casino 

13440 

- 1,50 

Euromarché 

3100 

- 30 

Guyenne -Gale. — 

1075 

+ 36 

LVMH™ - 

3765 

+ 163 

Occ ÛL (GleJ 

535 

- II 

Otipar 

272 

- 3 

Pero-Ricard — „ 

995 

+ 32 

Proraodés 

2015 

+ 95 

Saint-Louis — 

1 295 

+ 15 

Source Perrier 

1234 

- 10 

Nestlé 

29100 

-870 


construction mécanique 


23-11-90 DUT. 


Akpi 

Daajuft A>àtH»_ 

DeDwtnch __ 

FjCotB 

FHwiilte. 

Penhoct 

Pcugcct SA_ 

Sjgjn 

Stnfiv 

Val «j 

Vafloorec™ 


1 572 +212 

1310 Indu 


506 + 0.50 

2309 - l 


050 - 15 

369 + 32.10 

218 + 13 


MAT1F 

Notionnel 10 %. - Cotation en pourcentage du 23 novembre 1990 


IVIatériel électrique 


Nombre de contrats : 60 937, 


ÉCHÉANCES 


23-11-90 DifE 


CGE. 

C5EE («(-Signaux) .. 
Générale des can* ... 

Imcncchniquc 

Legrand..». 

Lyon, des eaux 

Mal ru 

Mcrlin-Gu rin 

Moulinex 

Labinal 

RadiotcchnRjuc 

SEB 

ScsLan!-Av ionique .. 

Thomson -CSF... 

IBM 

ITT 

Schlum berger 

Siemens 


+ 17 
+ 2 
+ 49 
+ 10 
+ 201 
+ 7 
+ 1L90 


Premier 

+ haut-.——. 

+ bas 

Dentier... — . 


- 2^0 
+ 18 
+ 18 
+ 39 
+ 1 
+ 800 
+ 12 

- 350 

- 4,10 
+ 81 


[Compensation — ! 


Déc 90 

Man 91 

Juin 91 

9948 

9944 

99,48 

9948 

9940 

99,62 

99,58 

9941 

99.48 

99,70 

99,70 

9944 

99,70 

9948 

9942 


LE VOLUME DES TRANSACTIONS (en milliers de francs) 


RM 

Comptant 
R. et obi. 
Actions 


19 nov. 

20 nov. 

21 nov. 

22 nov. 

23 nov. 

1 783 555 

I 830 509 

2 163943 

2 355 968 

- 

8 729 788 

5 420 553 

6 290 172 

7 837 457 

_ 

93 282 

88 783 

168 925 

92 405 

- 


Produits chimiques 


Total I 10 606 625 I 7 339 845 I 8 623 040 I 10 285 830 


Irai. Mérieus™. 

LabO-Beil 

Roussd-Udaf™ 

SynihéJabo 

BASF 

Bayer 

Hocchst 

lmp. Cbanic 

Norsk Hydra 

23-M-90 

DifT. 

3280 

2 680 

2 000 

640 

685 

727 

641 

8840 

159» 

+ 80 
-256 
- 20 
+ 15 

- 23 

+ 22 
+ 7 

+ 5,40 

- 0» 

. è . . 

c 

* 


P 


v 


INDICES QUOTIDIENS (INSEE base 100, 29 décembre 1989) 
françaises .! 75,9 I 75 7 I 75.1 | 76 I 


Etrangères.! 77,4 1 77,4 1 77 I 77.1 I ■ - 

SOCIÉTÉ DES BOURSES FRANÇAISES 

(hase 100, 31 décembre 1981) 

Indice gén. I 426,7 ! 430,1 I 425 I 428,5 ! 4323 

(base I 000, 31 décembre 1987) 

IndiœWCJG J 1 633,65 I 1 633,15 I 1 626,97 I 1 639.68 I 1 640,06 


Etcheparre, fondateurs de l'en- 
treprise envisagent de céder le 
contrôle de leur affaire. Suite eu 
refus de Marceau Investisse- 
ment, reste seule sur les rangs la 
compagnie financière du Scribe. 
Après Concept reprise par Altus 
Finance la semaine dernière, le 
secteur du service informatique 
est marqué par la fusion des 
groupes Segin, Sodmforg et FfTB 
constituant Axime, troisième 
société de services informati- 
ques. La fusion réalisée, le nou- 
vel ensemble aura son capital' 
réparti entre te Crédit du Nord 
(16%), Paribas (12 %), tes 
cadres dirigeants (23 96) et le 
groupe Générale des eaux- 
(21 %). Le reste sera entre les 
mains du public, la valeur devant 
fitre cotée ensuite sur le marché 
è règlement mensuel 
L'action Amault et Associés 
était très recherchée jeudi, le 
Crédit lyonnais étant è l'origine 
du mouvement via Clinvesi. 
Cette banque d'affaires a acquis 
1,5 96 des parts en Bourse les 
ajoutant ainsi aux 19,7 % cédés 
par Cerus. La banque détient 
désormais plus de 29 % du hol- 
ding de tête du groupe de Ber- 
nard Amault. mais cette firme 
est entièrement contrôlée par sa 
famille. Au même moment,, le 
holding suédois Proventus a été 
autorisé par (es autorités fran- 
çaises è détenir jusqu'à 33 96 
des Nouvelles Galeries, une firme 
dont le capital est également ver- 
rouillé par un groupe famifial. Les 
prochaines OPA ne viendront 
pas de là. 

DOMINIQUE GALLOIS 


Pétroles 


9F-Francc — — 


P«n 

Prim a pU-— 
Sogcrap — — 

Total 

Exxon —, 

Ptxrofuu 

Royal Dutch. 


(!) Divisé par 2. 


VALEURS LE PLUS ACTIVEMENT 
TRAITÉES AU RM 0 ■ * 


(•) Ob vendredi 16 novembre ta jeudi 
22 novembre 1990 mdu. 


LES PLUS FORTES VARIATIONS 
DE COURS HEBDOMADAIRES 


Majors* * 16.7 

DeDioochCe. + 13.6 
Ultra: «tafcL * IJJ 

Ccret »IZ5 

Bmtpks + 11.9 

Ccote *11.4 

Vite» + 11.1 

Noo«aaGal_ * IflJ 
SP? fcùgsoSes- t tQjB ; 

SateonSA ♦ 100 | 

Au Midi Asm.. * M 
ACF ♦ '9.7 | 


GuaEaaa — U M 


Mcmftge Inter. - 14.2 
RhôofftxiClP. - 12.7 
Dassmit EJcctr. -113 

Rava -IW 

Avenu Hil -10.4 

üft. &&*■_. - 92 
BdEqmptn cn i - 9.0 
UFBLxabatL, - Sj6 
Eoroooa&t — - (4 
DMC — - 7.7 

D*ftfaBcjî - Ù 

KaAette 6.1 

0FP « 


MARCHÉ LIBRE DE L'ORi 


I OrhWtoenhMnl. 


PU» Inapte QflfrJ — 
• H ta tanfi— pOfel- 
nfc»«teaO0frJ 

PUcWMpOfrj 

e W w wiMwu epOfrJ. 


Afc* d»20M*i . 

- .MM». 

• - SMn. 

- SOpMM. 

• - ttnafo. 

- Ufata. 

• - Smfaba 


• Ctt pfle* fer nn mat eatéea qtfi te l è i n r» 


3*Al MR 

Lu y 




NEW-YORK 

Crainte de récession 




i» 


■ ■ — . Tiraillée entre Tes- 

njceqqwjores pojr d'une nouvelle 
baisse des taux <fin- 
. . técét américains et 
fl Q (V un regain des ten- 
■. Il J m sions dans fa Golfe, 
” Wall Street - a 
modestement reculé 
au cours de la 
Isemaine passée, 
écourtée par la célébration du 
Thaaksgivîng Day. L’indice Dow 
Jones des vaiears vedettes a 
clôturé ce vendredi à 2 527.23 con- 
tre 2 550,25 la semaine dernière 
soit un repli de 0,9 %. * Essayer 
d'expliquer ce qui se passe sur le 
marché la veille et le lendemain de. 
Thanksgiving est un exercice 
futile». a souligné M. Ricky Har- 
rington, analyste chez Marion Bass 
Secondes. WaU Street, fermée 
jeudi, a été en effet désertée par les 
opérateurs vendredi. Cette séance 
a d’ailleurs été écourtée par une 
panne d'électricité qui a inter- 
romps tes échanges pendant près 
de deux heures. Soutenue par la 
baisse d'un quart de point des taux 
interbancaires au jour le jour (Fed 
fonds) vendredi 16 novembre, Wall 
Street a débuté la semaine sur une 
note positive, assombrie toutefois 
par. l’envoi de nouvelles troupes 
irakiennes au Koweït en réponse 
au déploiement par les Etats-Unis 
de forces supplémentaires dans le 
Goifo. - - . 

Mais, écartant la menace dé 
guerre pour Je moment, les opéra- 


teurs portent surtout leur attention 
sur les taux d’intérêt. QU ils espè- 
. rent voir reculer à nouveau pour 
permettre à Téconomie américaine 
de reprendre de l'élan. 

- Toutefois, un assouplissement de 
la politique de crédit de la Réserve 
fédérale (Fed) américaine ne paraît 
pas suffisant aux opérateurs pour 
éviter une récession. L» investis- 
seurs ont notamment démontré 
leur manque de confiance en se 
retirant du marché mardi, en dépit 
d’une nette baisse des cours du 
pétrole. 


-.y* ..: 

k&at* P 

.-V*. 

■Mrte'alfc' 

.T V J W 


IM* 

n 

.. 


4P 


.Alcoa— — : 

ATT. 

Boeing 

Chase Man. Bank- 
Dtiftmtde Nemours - 
Kodak — 

Exxon 

Ford — — 

General Bectric 

General Motors 

Goodyear... — — 

ISM 

ITT 

Mobil Oii '. 

Pfizer 

Schli u nb er gcr. 

Texaco 

UAL Cferp. (a-AUegu). 

Union Carbide 

USX 

Westinghouse — ! — 
Xerox Gorp 


Cours 

Cours 

16 nov. 

23 nov. 

53 

54 1/8 

32 

32 1/8 

461/2 

44 3/8 

11 1/8 

10 3/8 

35 1/2 

35 3/8 

42 

42 5/8 

50 1/2 ' 

SI 1/8 

27 7/8 

26 3/4 

553/8 

53 5/8 

38 1/2 

37 1/4 

15 3/4 

1S 5/8 

113 3/4 

112 3/4 

48 5/8 

46 1/2 

57 7/8 

57 1/2 

77 7/8 

77 1/4 

54 1/4 

54 1/2 

58 5/8 

57 1/8 

99 3/4 

951/2 

15 7/8 

16 

32 3/8 

30 7/8 

26 7/8 

27 

34 

33 7/8 


***** * 


U 




y ■ i T 

• « 


* Ex coupon. 


(TOKYO 


Petite hausse sans volume 


..v-aâr -Air. 

■ h* 'tw ère 
•Vw flaw' 

r 


23-11-90 


DifT. 

90.10 

_ 

<L90 

319 

+ 

8 

679 

+ 

23 

658 

+ 

43 

401 

— 

12 

650 

+ 

5 -- 


4,10 

L.”L 

1 

8JK) 


“ “ Si cette semaine, 

BdCEfWtB l'indice Nikkei ne 

' s’est pas trop mal 
comporté : en 
. | Af ouvrant lundi à 

9 I | 23 174 points pour 

' 1 /w clôturer sur une. 

. petite hausse, jeudi 
- à 23 400 pomts - 

... (vendredi, étant 

chômé, - l'autre indicateur de la 
Bourse de Tokyo, le volume traité, 
est .resté très déprimé 0 est même 
tombé A 210 mi liions d'actions 
traitées. Un. niveau particulière- 
ment bas qui confirme l’apathie 
des investisseurs et la fragilité du 
Kabnto-cho. 


conséquence^ Tokyo reste volatil, 
se livre aux opérations d’arbitrage 
ou sur indice et la coté, sam sou- 
tien; part dans une direction ou 
l’autre. • 

D’autre part, les autorités bour- 
sières japonaises poursuivent la 
déréglementation de Tokyo. Les 
courtiers étrangers non titulaires 
d’une licence vont être autorisés à 
vendre directement des titres au . 
Japon sans passer, comme il était 
de règle, par des maisons déjà ins- 
tallées. • 


,*.r ***.-** 


mvm 4M* 

a-* IH W MÉHM » 1 - 

>* i m d mæ 
é a 

• -v v 




BRUNO BIROLU 

(Correspondance) 


Nbit de VaL en 

titres ■ cap. (F) 

Havas 1 463287 765 292 1 55 

CGE 1247013 690562579 

Aecor 514147 365214713 

ELF-Aquitaine 566899 356740458 

EnroLàV-PLC 1167966 339334522 
Eara(G.des)_ 149175 3348UZ99 

Lyon. E. Dura. 600601 308576534 

Saint-Gobain... 680617 250762945 
Air Liquide — 311386 240117445 

Canal + 24 644g 221981 728 

Suez(Cade)_ 683255 215213032 

Peugeot SA- 413748 208813512 

LVMH M. R_ 55064 203750866 
Rochette (La). 162124 199366909 


Ils ont ponrtant one raison de se 
réjouir : les Etats-Unis semblent 
s'orienter vers une politique de 
détente monétaire, ce qui devrait 
se traduire en dernière analyse par 
un renforcement du yen et donc 
soutenir les cours. Os seraient d’ail- 
leurs tentés d’anticiper cette ten- 
dance en achetant... s’il o’y avait 
cette épée de Damoclès d’une 
déflagration militaire dans le 
Golfe, plus que jamais suspendue 
au-dessns des têtes. D'où une pru- 
dence extrême, voire la tentation 
de vendre par petits lots, à la 
, moindre rumeur . alarmiste. En 


Indices du 22 novembre : Nik- 
kei, 23 400,28 (contre 23 1.71,63) ; 
Topix, 1727,66 (contre 1720,12). 


fc:.ïO\s7A»»£ rr 


lue 


Akai — 

B ri dacstoafc — — 

Canon — 

Fuji Bank . . .. 

.Honda Maton 

Matnufaita Electrk 
Mitsubishi Hcavy. 

Sony Corp. 

Toyota Motors. — 


U— iK' ,# av4r - " 

• * ‘ . _ i 

-- 1 ife 


I 


P 


FRANCFORT 

Redressement confirmé 
+ 4 ï‘ 


Le redressement de la Bourse de 
Francfort, déjà constaté la semaine 
dernière, s’est poursuivi - cette 
semaine. L’indice instantané DAX a 
gagné 4 % en 4 séances, là semaine 
boursière ayant été amputée d’une 
journé e le 21 novembre étant un jour 
férié en Allemagne. La dernière 
séance s’est malgré tout terminée en 
retrait de 0,85 %, un volume d’af- 
faires faible et quelques prises de 
bénéfices ayant pesé sur fat tendance. 
Les investisseurs, qui pensent que le 
spectre d'une guerre dans le Golfe 
s’éloigne, ont repris confiance, d’au- 
tant que plusieurs grands groupes 
allemands ont annoncé cette semaine 
des résultats en hausses. 

Le volume des transactions sur les 
huit places boursières allemandes est 
légèrement en baisse par rapport i 
celui observé ta semaine précédente 
avec 22,85 milliards de DM, (contre 
24 milliards de' DM) Indices du 
23 novembre : Corameobank, 1816.7 
(contre 1763.2); DAX. 148336 (con- 
tre 1425.68) . 


LONDRES 

Reprise 
+ 5% 

Brillante fin de semaine au Stock 
Exchanav celui-ci ayant surmonté 
sans difficulté la démission de 
M“ Margaret Thatcher, jeudi Après 
avoir progressé régulièrement. Tin- 
ttioe Foots» des cent grandes valeurs 
s’est envolé en fin de semaine pour 
clôturer en hausse de 102,5 points 
par rapport au vendredi précédent. & 
2 170,5, soit use progression de 5 %. 

Les ca n d id a t ures du secrétaire au 
Foreign Office Douglas Hurd et du 
ffo®cdier<ferEchiqmer John Major 
à la direction du Parti conservateur 
face a Mkhad Hcsettme ont initia lft . 
méat et brièvement assombri k ten- 
dance en compromettant les chances 
(Tune solution rapide à la crise du 
gouvernement. 

Mais les efforts des e*ndidats pour 
se ren dre populaires ont finalement 
regonflé le moral du marché. 

Indices FT du 23 novembre : 100 
valeurs, 2170 5 (contre 2068); 30 
valeurs, ï7 12,2 (contre 1614,8); 
[mines d or, 155,3 (contre 157 4)- 
; fonds tTEtai, 81,88 (contre 80,4$. ’ 


"J'CV . 
■t -r- .. 


•O:;; . 

V. « 




■< if»; •- 


ÿ^v.: 




’îT.-.. j’ ‘ ’ 


.. . • 

: ■■ 


-\eg ; — 

BASF_ 

Bayer - 

Coo^nerabaak . 
D axx bcDank-. 
Hoechst 

Kjroa ctt. 


Slcme i » 

Vo83WI*CD- 


Cûoa Cours □p* rater 

JIssîl, zjz; 

ÎÏ3 • 726 ■ Comtankls 

196 .. 20^50 DeBemrt — 

ïllOn 2M4B 

2IS0Q 23i3fl . ■■■ 

«a» , «a éà’ ' ■ 

taw» . i» -, 

873 855 • ShrfL 

Ï75 ZH - H. n ^ ve r 

tas» 627 Vkkm — _ — 

W» 36SJ» 

■ . En dotbn 


jC 1 '»* , ' : ' 

■.-<1.- - - 




^ mm*- 

1 


' '-i ’. 
■v. - 1 

i." < , 

. 

• s.. - 


» ; 

- JfÇ. 

è 

A» 

• i: 

‘.ç Mm.mm. 

t 

v» 

‘ *Lbl- 

i .«#è- . 

MM 

’ •• '• M: 

««9 

• ->*-■: «fc.ér 

hM i . 
sKvm- 'MftUt. 
f * U 

‘-“tu M 

fr ’ 

wwm .. 

< -‘édN ’ 

■■PV 

• 

-» gg __ 

**.p*Mm& 

'?« *L-H*t*t*: 
vu-***. 

fX* -V: - 

4t > M’ÛA) 

* -«« -éhté 

**T*T^_ 

*-'*n M Itqgt 

- 

■ 1-5 

b»*- J 

f&. 

U 
•fu '*'46 


I 


r 








:■ i: 
il . 

T'" 




w *■ 






iV.-.'L- 







_T_- -■ — '._T' ~ . ......... . . . .. j- V' *31"» nniiomhro 1 QC *G ^ 

••• Le Monde • Dimanche 25 - Lundi 26 novembre 1 990 1 9 

CRÉDITS, CHANGES, GRANDS MARCHÉS 


vfliRiv vie r^f£ £i : n 


V 



-T 


Wfî*.» . 'K 

i. *&.. ï -v 


'-•1; V 


I s - 

4 0nlfn -~ i - .. 

#r-»K--' ' * - • • v - -• 

jfiiifcv'' wâti.-.. '. 

-.- - ► f .. 

f--.r .. .... 

î : a^. -- 

ifc.-. 5à*.‘ s .’-i-; •-■-•■ • 

? "*rn ■-■■ .■ 

- - - . ■ . 

pmt .T’ ^ •«!»»«< •• *\ 

r^r r-v - •:• •• 

-V • .i- ■ -. 

Ü^wt-rr: a- - ' - - 

«Kiit .-"«*-yr«i3 ’Âv . * .... i . 


w. .y— • - 

W' - 

r *w *. 


«¥0 


nv!U 




il 















MARCHÉ INTERNATIONAL DES CAPITAUX 

Un bel échange 


Lorsqu'un emprunteur de premier 
plan sc présente sur un marché où il 
ne s’est jamais ou que tris peu aven- 
turé, U peut espéra- lever des .fonds à 
bon compte. Soucieux de diversifier 
leurs portefeuilles, les investisseurs 
sont nombreux à préférer ses titres à 
ceux d'un débiteur ptùs fréquent. À 
qualité égale, ils font un meilleur 
accueil au plus rare. CeJa a été fort 
bien illustré la semaine passée en une 
double occasion. La Banque euro- 
péenne _ d'investissements et une 
entreprise canadienne du secteur 
public, Ontario Hydrp, en sont prati- 
quement venues à échanger les pro- 
duits de leurs dernières émissions 
internationales, et & permuter leur 
rôle respectif pour ce qui est du ser- 
vice de la dette. 


La Banque européenne s’est adres- 
sée au compartiment du dollar cana- 
dien, où elle ne se montre que très 
peu souvent, alors qu’elle n’avait pas 
l'emploi de ressources libellées dans 
cette monnaie. Par contre, les francs 
suisses que levait parallèlement l’en- 
treprise de TOntario lui convenaient 
parfaitement L’établissement can- 
di en n'avait jamais auparavant solli- 
cité le marché suisse et ne demandait 
qu’à se procurer des doUara de son 
paya Les deux devises ayant environ 
la même valeur extérieure, les mon- 
tants de 150 millions dans chaque 
cas, sont en gros de même impor- 
tance. Finalement, les deux emprun- 
teurs ont pu profiter des atouts de 
l'autre, ce qui a permis à chacun de 
réaliser une économie appréciable. 
L’échange a nécessité quelques ajus- 
tements dont s'est chargée la banque 
américaine J.-P. Morgan, .qui, par 
l'intermédiaire de ses maisons de 
titres londonienne et zurichoise coor- 


banque mondiale de troquer des 
emprunts en dollars américains con- 
tre d’autres en francs suisses et en 
deutschemarks émis par la société 
IBM. 

Mais il est une autre raison, d'or- 
dre politique, pour laquelle Fafïàîre 
retient l'attention. La province d’On- 
tario exige des banques qui s’occu- 
pent de ses transactions financières 
et de celles de ses établissements 
publics qu’elles n’entretiennent pas 
de relations avec f Afrique du Sud. 
Aussi, le groupe de direction de rem-, 
prant suisse d’Ontario Hydro ne ren- 
ferme aucune banque d’origine hel- 
vétique. Seule cites banques étrangères 
y sont représentées. U s’agit d'nne 
situation exceptionnelle. Les banques 
suisses qui se voient ainsi rebutées 
sur leur propre terrain n’en ont pas 
pour autant boudé l'opération. Cer- 
taines d’entre elles ont même parti- 
cipé très activement au placement 
des titras et ne s’en sont pas cachées. 


Moins de 10% 
iFmtérêtsenécBs 


dînait le tout Les deux- emprunts 
sont d’une même durée dé du ans. 


Les taux d'intérêt nominaux sont 
L 1,25 % et 7,375 % respectivement. 

À elle seule, l'opération d’échange 
suffirait à mettre en évidence les 
deux émissions. La simplicité de son 
principe plaît aux spécialistes quin 
normalement, sont confrontés à des 
constructions financières bien plus 
enchevêtrés et difficiles à suivre. Il 
ne manquent pas de rappeler que le . 
spectaculaire développement des 
transactions de swap de ces dernières 
années sur le marché des capitaux a 
d&uté par des numtages de ce genre, 
aussi transparents: Le plus célèbre est 
celui. Qui, en 1981, a permis à la 


Pour ce qui est (tes emprunteurs 
fiançais de premier pian, trois émis- 
sions internationales ont vu le jour la 
semaine passée. Interfinance Crédit 
national s’est imposé dans le com- 
partiment de la devise européenne 
où cet établissement cherchait à 
racueiBir pour 100 millions d’écus'en 
offrant un rendement de 10,25 % au 
pied des commissions pour une 
durée de cinq ans. Ces conditions, 
initialement jugées très exiguës, sont 
rapidement apparues conformes an 
marché. Le repli quasi général du 
niveau de Fintérêt en Europe conti- 
nentale n’a pas manqué de se réper- 
cuter sur tes rendements des titres en 
écus. Pour un quart environ, rem- 
prunta été placé au Japon. Le reste a 
été distribué en Europe continentale. 
La direction de l’opération était . 
confiée à deux emobanques, la Ban- , 
que de Tokyo et la Banque nationale 
de Paris. Le débiteur, ayant conclu 
un contrat d'échange, dispose finale- 
ment non plus d’écus, mais de dol- 
lars américains qu’il hii fout rémuné- 
rer à quelque W à 15 centimes en 
dessous du Libor, le taux interban- 
caire offert sur te marché internatio- 
nal- Si ramélioration du marché de 
récu se poursuit ces prochains jours, 

Q devrait être possible aux meilleurs 
des débiteurs d’assortir leurs opéra- 


tions de coupons inférieurs à 10 %. 
La Banque mondiale est déjà sur les 
rangs, ainsi qu’un autre établisse- 
ment public fiançais. 

Les deux autres emprunts français 
de la semaine passée ont été émis 
pour te compte du Crédit focal de 
France qui a drainé pour 100 mil- 
lions de francs suisses pour une 
durée de cinq ans par I* intermédiaire 
de Paribas et pour 1 milliard de 
francs fiançais sur huit ans par P in- 
termédiaire du Crédit lyonnais. Les 
deux opérations ont été bien accueil- 
lies, Leurs coapons d'intérêt sont res- 
pectivement de 7,50 % et de 
10,50 %. La première fait Fobjet 
d’un contrat d'échange, qui procure 
au Crédit local des fonds en francs 
français, sur lequel il lui faudra servir 
un taux d'intérêt qui variera en fonc- 
tion de révolution du loyer de l’ar- 
gent à court terme. 

Sur 1e marché du franc français, le 
graud emprunt espagnol de 3 mil- 
liards demeure le point de mire. Il a 
fourni un élan nouveau au comparti- 
ment tout entier qui; la semaine pas- 
sée, a ouvert ses portes â un autre 
emprunteur souverain, la Finlande. 
Placée sous la direction de la Banque 
nationale de Paris, cette opération 
d’une durée de 5 ans se monte à 

1,2 milliar d de frunCS. 

Le rapport qu’elle procurait à son 
lancement, jeudi 22 novembre; était 
de quelque 35 centimes de plus que 
tes fonds d’Etat, une marge tout à 
fait appropriée. 

Une autre conséquence de Fem- 
prunt espagnol a été de montrer, 
comme le font remarquer les experts 
de la BFCE, que les autorités de 
Madrid tablent sur une stabilité de la 
peseta vis-à-vis du franc fiançais. 
L’attrait des placements en pesetas, 


qui offrent de hauts rendements, s’en 
est trouvé ravivé. H Fa d’autant [dus 
été qui! est question à Madrid d’im- 
portants changements d'ordre fiscal. 
On perle de supprimer la retenue à la 
source sur les revenus des fonds 
d'Etat, à condition que les prêteurs 
soient étrangers. En attendant que 
cette perspective se précise, l’atten- 
tion des investisseurs internationaux 
devrait se porter sur le prochain 
emprunt en pesetas de la Commu- 
nauté européenne du charbon et de 
Farier dont l’intérêt, nettement supé- 
rieur à 13 % pour une durée de cinq 
ans, ne sera grevé d'aucun pré- 
compte... 

CHRISTOPHE VETTER 


MARCHÉ MONÉTAIRE ET OBLIGATAIRE 

Une hausse si 



Un optimisme soudain est 
revenu sur les marchés obligataires 
mondiaux où les taux d’intérêt se 
sont rais à baisser et les cours des 
titres à monter à la veille du week- 
end. C’est l'Allemagne qui a 
-déclenché le mouvement,. avec une 
diminution sensible dés rende- 
ments, celui des emprunts d’Etat 
(Bundj à dix ans chutant, en fin de 
semaine, de 8,96 % & 8,76 % et 
retrouvant ainsi son niveau de juin 
1990. Sur le marché à terme de 
Londres (Liffe), le Bund dix ans est 
même retombé à 8,57 %, ce qui 
reflète une forte anticipation à la 
baisse. 

Tout naturellement, le MATfF 
parisien, a suivi le cours de 
l'échéance décembre, passant de 
98,50 à près de 100 (98,80) en fin 
de semaine. Sur le marché obliga- 
taire, lé rendement des emprunts 
d’Etat, celui de l’OAT dix ans 
notamment, est revenu de 10,23 % 
à 10,04%. 

Quels sont les facteurs qui peu- 
vent motiver ce regain d’opti- 
misme relevé dans lé monde 
entier? En premier lieu, les 
milieux financiers semblent pren- 
dre conscience que lé rythme de 
croissance des économies est en 
train de diminuer. C’est déjà le cas 
pour les Etats-Unis,' te Grande-Bre- 

! _ fa MlantîcBismAnt 



Espagne et bientôt en Italie. Quant 
àTAHeniagne, elle, pourrait, die 
aussi, prendre conscience des dirti- 
cultés rencontrées dans la moder- 


nisation de l'ex-RDA- ce qui atté- 
s de 


msaiiuu i». « s»-""’ 7 ■?. 

nuerait les craintes de surchauffe 
outre-Rhin. En outre, les menaces 
inflationnistes apparaissent moins 
redoutables, en Allemagne tout 
d’abord, puis en France. Ces deux 
phénomènes inciteraient. les ban- 
ques centrales à se montrer plus 
accommodantes et-à- fournir plus 
libéralement les liquidités néces- 
saires. ' • - 

Ajoutons le retour , des prix du 
pétrole dans des zones moins 
redoutables qùé celles dé 30 dollars 
le baril et, surtout, le sentiment de 
plus en plus répandu qu.une guerre 
éclair dm le Golfe serait la moins 
mauvaise des solutions. 

ent prématu- 
rée 


pins graves, sont déjà pris en 
compte. Les opérateur, prudents, 
se borneront à acheter des options 
pour limiter leurs risques, tout en 
évitant de rater le train de la. 
reprise. 

Telles sont les cartes étalées sur 
le 'tapis vert, ces .dernières 
semaines de Tannée 1990. 

Sur le marché obligataire, le cli- 
mat, déjà plus favorable 1a semaine 
dernière, s’est encore amélioré, 
grâce à la remontée du MAT1F et à 
la baisse des rendements corres- 
pondante. La SNCF, dont le papier 
est toujours très apprécié par les 
investisseurs, en raison dé sa 
bonne tenue sur le marché secon- 
daire, a, sous la houlette de la 
Caisse nationale de Crédit agricole; 
fait un véritable tabac avec son 
emprunt de 1,7 milliard de francs 
sur onze ans à 10,40 %, dont le 
lancement, le 20 novembre, a 
bénéficié du commencement de 
hausse sur le MAT1F. L'emprunt 
Société générale, 1,5 milliard de 
francs en deux tranches, à 10,50 % 
nominal et 10,38 % réel, a égale- 
ment été bien accueilli, mais il 
était plutôt destiné à ses guichets. 
Pour la semaine prochaine, il est 
prévu des émissions dé l'Auxiliaire 
du Crédit foncier de France, de 
Finansder (garanties par l’Etat) et ' 
duGOBTP. 

Le Crédit foncier de France d 
bouclé son offre publique 
d'échéance d’obligations, opération 
« mammouth » qui portait sur 
24 milliards de francs de titres, un 
pen supérieure â celle du Crédit 
local de France en juin dernier 


dont la moitié avait plus de sept 
ans et Fautre moins de sept ans, 
contre des titres nouveaux d’un 
emprunt déjà existant, le 10 % en 
1998, dont le gisement va s’élever 
à 11,8 milliards de francs et d’un 
emprunt nouveau, le 10,25 % 
2001, de 5,8 milliards de francs. 
Les neuf établissements à qui 
l’opération a été confiée - la Caisse 
de Dépôts en tête - se sont engagés 
à assurer la bonne tenue du marché 
de ces emprunts. Pour le Crédit 
foncier de France, qui se fixait un 
chiffre de 10 milliards de francs 
d'échanges, c’est un succès, qui se 
traduit par un allongement de la 
durée de la dette échangée d'envi- 
ron neuf mois, à une moyenne de 
8,9 années. Son encours d'emprunt 
s’élève, à l’heure actuelle, à 


O V 4 VTI#.- H “ 

129 miliards de francs, répartis en 
nilliard de 


(20 milliards de francs) et qui 
»— =* « A — -ibjcxtifi. Ce 


poursuivait les mêmes ol^ — 

genre d’opération revient à rem pla- 
cer des lignes d'emprunts de mon- 
tants faïmes -on moyens par . des 

S isements d’un montant unitaire 
e 5 milliards de francs au mini- 
mum. Son intérêt est de substituer 
à ces lianes faibles ou moyennes - 
souvent décotées en Bourse en rai- 
son dé leur faible liquidité et de 
leur mode d'amortissement désuet 




ment que ces incidents, meme les 


-rr-m-urr-r qUOtïdîeilS 

donc d’offrir de meilleures liquidi- 
tés. 

Le Crédit foncier a' donc obtenu 
des investisseurs institutionnels 
qu’ils échangent. 13,5 milliards de 
francs d’obligations anciennes, 


98 lignes, soit 1,3 mil 
francs par ligne, ce qui est jngé 
notoirement insuffisant de nos 
jours. 

Sur le front des Sicav, selon les 
statistiques d’Europeriormance, 
T'encours des Sicav monétaires a 
progressé de 10,9 milliards de 
francs en octobre, souscriptions et 
valorisation mensuelles confon- 
dues, à 782 milliards de francs et 
non 792 milliards de francs, 
comme indiqué par erreur la 
semaine dernière, en tout, après 
une augmentation globale de 

39.2 milliards de francs en août et 
de 12,6 milliards de francs en sep- 
tembre. Pour la première fois, 1e 
groupe de la Caisse des dépôts, qui 
comprend les caisses d'épargne de 
l’Ecureuil, celles delà Poste et l’as- 
sociation Caisse des dépôts/Trésor 
public, s’est hissé à la deuxième 
place pour le. montant des encours 
(109,5 milliards de francs); avec 

1 1.3 % du marché^ après le Crédit 
agricole (140 milliards de francs, 
14,5 % dumarché). Ce groupe de 
la Caisse des dépôts devance 
désormais la BNP (103,4 miDianls 
de francs et 10,7 %) et le Crédit 
lyonnais (89 milliards de francs et 
9,2 %). Ab sein de ce groupe 
Caisse des dépôts, ce sont les Sicav 
monétaires du réseau de l’Ecureuil 
qui ont le .plus progressé, gagnant 
près de 3 milliards de francs 
en octobre et doublant leur 
encours depuis le !• janvier 1990 
.(51,2 milliards de francs contre 

23.4 milliards de francs). 

FRANÇOIS RENARD 




.“Cj*?*:.--**'- ''■■•"T';" 


SB*.-,.;; ' - - 

.“are- <*-•-- 

te*'*?. 






ucvioco ci un 


La livre dopée 


La démission - surprise - de 
M" Thatcher a provoqué une 
nette reprise de la livre sterling 
sur les marchés des changes, après 
une baisse initiale de dix minutes 
.sous (c choc de la nouvelle. Le 
'cours de la devise britannique est 
passé immédiatement de 
2,90 deutsebemarks à 2,92 deut- 
sche marks, ce qui aboutit à une 
hausse de plus de 1 % d’une 
semaine à l’autre. Manifestement, 
les milieux financiers et interna- 
tionaux attendent du nouveau pre- 
mier ministre, quel qu’il soit, une 
politique plus souple vis-à-vis de 
1a Communauté économique euro- 
péenne et, surtout, estiment que le 
'départ de M“* Thatcher améliore 
les chances du Parti conservateur 
en cas d'élections anticipées, face 
à un Parti travailliste qui enregis- 
trait tout récemment une nette 
avance dans les sondages. 


s ion. Après avoir, la semaine der- 
nière, battu tous ses records histo- 
riques de baisse vis-à-vis du mark, 
à moins de 1,47 deutsebemarks, le 
dollar s’est légèrement raffermi 
sur les marchés des changes, très 
étroits, avec des fermetures à 
Tokyo, en Allemagne et aux Etats- 
Unis (Thankgiving Day). 11 n’y a 
pas eu d’évènement nouveau, 
excepté les achats commerciaux 
effectués par la Réserve fédérale. 


Remontée 
du billet vert 


De toute façon, l’héritage de 
M" Thatcher est assez lourd en 
économie, avec une croissance de 
plus en plus ralentie, une inflation 
r supérieure à 10 % et une très forte 
dégradation des balances exté- 
rieures. qui pourraient néanmoins 
faire place à une amélioration pro- 
gressive due à la baisse des impor- 
tations, au fur et à mesure que la 
croissance sc transforme en réces- 


On a pu tout de même noter des 
arbitrages des opérateurs, qui ven- 
dent te yen pour acheter le deut- 
sebemark. Comme toujours à l'ap- 
proche do week-end, on a constaté 
une remontée du billet vert, favo- 
risée, au surplus, par les rumeurs 
de guerre dans le Golfe et les pro- 
pos belliqueux du président Bush 
rendant visite aux troupes améri- 
caines en Arabie Saoudite. 


casseurs parisiens. Le cours dn 
deutsefaemark, qui était passé de 
3,3480 francs 11 y a quinze jours à 
3,3580 francs il y a huit jours et à 
3,3770 francs & la veille du week- 
end dernier, n'est revenu qu’à 
3,3705 francs, ce qui révèle tout 
de même une légère dégradation 
de la tenue du franc vis^à-vis du 
deutsefaemark, à nouveau très fort. 
Ce phénomène limite la marge de 
manœuvre de la Banque de France 
en matière de taux d’intérêt U y a 
trois semaines, 1a Banque avait 
abaissé d’un quart de point ses 
taux directeurs. Pour Tinstant, il 
semble que cela suffise. On verra 
plus tard. 


Dans le système monétaire 
européen, le franc ne s’est que fai- 
blement raffermi après le rejet de 
la motion de censure en début de 
semaine. Scrutin très attendu, en 
France comme à l'étranger, et qui 
avait suscité quelques inquiétudes, 
de même que les hauts faits des 


Des rumeurs sur le réaménage- 
ment du système monétaire euro- 
péen au début de 1991 ont conti- 
nué de courir sur les marchés. 11 
impliquerait une réévaluation du 
deutschemark et des monnaies 
fortes : florin, franc français et 
franc belge vis-à-vis des monnaies 
plus faibles : livre sterling et lire 
italienne et, pourquoi pas, vis-à- 
vis de la peseta espagnole, notoire- 
ment surévaluée. 


F. R. 


COURS MOYENS DE CLOTURE DU 19 AU 23 NOVEMBRE 1990 

(La ligne inférieure donne ceux de la semaine précédente.) 


PLACE 

Un | 

S EU. 

franc 

français 

i Franc | 
1 tuba | 

Onmdc 

Franc j 
U» | 

Roria j 

Lis 

ifaffaam 


■£33 

- 

■ tiESI 


■5E3 


m 73TI 





EE3 

KES1 

EZjëJ 


mAst j 

40902 


■csa 

KH 

- 


ESKCfl 

BT*’ - : 1 

fZJ-jM 

44892 


mwji 

■SJ 

- 





40745 


Kna 

■Ki£i 


- 

csa 

■t 

KtfSI 

1.1268 


mizn 



- 

■ IMid 

T'aI 


IJ294 

Francfort— 


■£2J 


HH« 

- 



L33U 

m/y-.-vA 

K^J 

mhhü 

ULAJli 

- 

KXEJ 


1,3252 

Bimetos— 


» T M 

■£±D 

■ajj 


- 

«•fcül 

2,7491 


WlSM 


■rera 

KZ&I 

- 


2,7370 

. . 

■ÏÜ3 

T’,1 



LLiAJB 


_ 

■tÜJg 


mr :] 


■iÆU 


UH3Ü 


- 




a Ejm 


if.tM 

fzam 

esa 

v.wm 

- 



U. U£M 

tlKM 

»-W 

tzzm 


LLhJÊ 

- 


ktr wwmm-wmmwrnm&wÆ 

■ ‘II ■ 

p>a— ! 


thtm 

WÎF & 1 

■sa 



A Paris, 100 yens étaient ootés le vendredi 23 novembre : 3,9355 F, 
contre 3,8420 F le vendredi 16 novembre. 



MATIERES PREMIERES 


Des céréales françaises pour l’URSS 


«Le marché des céréales est 
actuellement un marché à crédit ». 
observait jeudi 22 novembre un 
négociant français. «Les Améri- 
cains ne lèchent pas de crédit, ils ne 
vendent pas. Nous, nous ouvrons 
des lignes, nous vendons ». Ainsi 
résumait- il tes conditions dans les- 
quelles la France vient de signer un 
important contrat céréalier avec 
l'Union soviétique assorti de resti- 
tutions (subventions à l'exporta- 
tion), portant sur 600 000 tonnes 
de blé tendre et 500 000 tonnes 
d’orge. Dans La matinée dn 
22 novembre, ie comité de gestion 
des céréales de Bruxelles avait en 
effrft ouvert un droit de sortie sur 
l’URSS en blé tendre plafonné à 
600 000 tonnes avec une restitu- 
tion de 116 écus par tonne 
(1 Ecu - 7 francs), et un droit simi- 
laire en orge sur 500 000 tonnes, 
avec une restitution de 104 écus 
par tonne. 

Ces contrats s’ajoutent â ceux 
conclus la semaine précédente sur 
900 000 tonnes de blé et 500 000 
tonnes d’orge. En quinze jours, 
l’URSS aura ainsi passé com- 
mande pour 1,5 million de tonnes 
de blé et un million de tonnes 
d’orge. Comment seront financées 
ces acquisitions? Il est probable 


que la ligne de crédit ouverte par 
1a France à l’Union soviétique lois 
de la visite à Paris de M. Mikhaïl 
Gorbatchev fin octobre sera utili- 
sée & ces fins. Ce crédit snr deux 
ans, garanti à 95 % par la 
COFACE, devrait permettre à 
Moscou d'acheter 3 à 4 millions de 
tonnes de grain, du blé tendre 
essentiellement, mais il semble que 
les Soviétiques manifestent actuel- 
lement un fort penchant pour 
l’orge. Les transactions sur le blé se 
sont traitées autour de 76,5-77 dol- 
lars te tonne. 


Une qualité 
qui hisse à désirer 


PRODUITS 

COURS D(J 23-11 

Crimh.g,(IiubB) 
Trois mois 

13IL5ML5) 

LivresftHwc 

AtaririnlLcataé 

Trois moô 

1580 (-39) 
Dollais/iooM 

Nickel (lata) 
Trois mob 

7900 (-62$) 
Ddbraftonue 

Sucre (Pan) 

Msn 

307,3 (-0,7) 
Doflais/tonne 

CtfMLata) 

Novembre 

578(4-10) 

LmcsAâdltc 

Gwoflta-Yort) 

Décembre 

1 313 (+ 1) 
DoUushenre 

BUfffe*) 

Décembre 

248 (-2) 
CemwoiwMii 

Décembre 

222 (-3) 
Cems/bouseau 

ÜÇCCXWfC 

175J<+U5) 

Dcflars/L courte 


Le chiffre «aire parenthèses indique la 
variai km d'une semaine sur fautre. 


Cette affaire française, évidem- 
ment bienvenue, apparaît tardive. 
Depuis le début de la campagne, la 
France se situe en retrait par rap- 
port aux précédentes campagnes 
dans ses courants habituels d’ex- 
portation. En 1990-1991, les 
ventes françaises de blé devraient 
diminuer de quelque 3 millions de 
tonnes, la concurrence britannique 
s’exerçant de façon très efficace sur 
les marchés tiers. Le blé français 
continue de souffrir d'une qualité 
qui laisse souvent à désirer, et les 
clients étrangers ne manquent pas 
de le souligner. 

On se souvient que l’accord 
céréalier «secret», signé au début 
des années 80 par M® Edith Cres- 
son (alors ministre de l’agriculture) 
et les Soviétiques, portant snr la 
livraison annuelle de 3 millions de 
tonnes de blé, a très vite été remis 
en cause par Moscou, la marchan- 
dise fournie ne remplissant pas les 
conditions requises (taux d'humi- 
dité, aptitude à la panification). 
Ces faiblesses ont profité aux blés 
canadiens, australiens et argentins. 

Hormis ces récents contrats fran- 
co-soviétiques, les marchés sont 
restés calmes. Lors du sommet de 
la Conférence snr la sécurité et la 
coopération en Europe, qui vient 
de se réunir à Pans, l’URSS a sou- 
mis aux pays occidentaux une liste 
de produits dont elle a un besoin 
rngent à l’approche de l'hiver, pour 
éviter une pénurie alimentaire. Le 
premier ministre canadien, 
M. Brian Mulroney, auquel les 
Soviétiques se sont adressés, a pré- 
cisé que cette liste comprenait de 
la viande, do beurre sali, de la 


farine, du lait en poudre et de 
Thuile de table. « Les Soviétiques 
ont été très clairs, précisait-il le 
21 novembre, ils ne veulent pas 
l’aumône. Ils ne demandent pas de 
dons et souhaitent une transaction 
commerciale» . 

Cette remarque renvoie i la 
principale question que se posent 
les partenaires de l’URSS : com- 
ment être payé, comment obtenir 
des garanties solides de la Banque 
du commerce extérieur (VEB) pour 
monter des opérations viables. Le 
mouvement de décentralisation en 
cours en Union soviétique donne 
aux négociants en grains 1e senti- 
ment d'une « grande pagaille» peu 
propice aux affaires. « On ne sait 
plus qui peut faire quoi », estimait 
jeudi l’un d'eux. 

Pour le reste, les échanges céréa- 
liers tournent au ralenti à l’ap- 
proche de l’ultime phase des négo- 
ciations de l’Urugnay round. Les 
Américains, une fois n’est pas cou- 
tume, recourent peu à leur pro- 
gramme d’exportations subven- 
tionnées. Les Syriens renégocient 
■des contrats antérieurs en essayant 
d’obtenir des prix en baisse. Leurs 
achats, plus importants que d'habi- 
tude, pourraient, selon certains 
marchands, nourrir un flux de 
contrebande dans la zone. Les 
importations chinoises ne cessent 
de diminuer : de 15 millions de 
tonnes en 1988, elles sont passées à 
13 millions de tonnes en 1989 et 
ne devraient pas dépasser ! 1 mil- 
lions de tonnes cette année. 

Un p oint de conflit a resurgi 
entre la CEE et les Etats-Unis, ces 
derniers souhaitant voir renouvelé 
Faccord sur le mais signé en 1986 
et qui arrive cette année à expira- 
tion. Cet accord offrait un accès 
privilégié au mais américain (à 
hauteur de 2,2 millions de tonnes 
par an), afin de compenser 
momentanément l’élargissement de 
la préférence communautaire à 
l'Espagne et au Portugal entrés en 
1986 dans la Communauté. Was- 
hington a menacé d'augmenter ses 
droits de douane sur certains pro- 
duits européens (alcools en parti- 
culier) si Bruxelles ne reconduit 
pas ce débouché exceptionnel du 
«géant vert» américain. Une nou- 
velle bataille en perspective. 

ERIC FOTTORINO 







fi 




1.1 




i 












20 • Dimanche 25 - Lundi 26 novembre 1990 • 


& Moitié 



A Fissue des entretiens Chevardnadze-Qian Qichen 


Pékin souhaite que les efforts 
diplomatiques redoublent 
pour régler la crise du Golfe 


LIBAN 


t ke directeur d'Asie au minis- 
tère chinais des affaires étran- 
gères, M. Xu Dunxin, à Paris 
pour les négociations sur le 
conflit du Cambodge, a eu, ven- 
dredi 23 novembre, un entretien 
' consacré à la crise du GoHe avec 
le secrétaire général du Quai 
d'Orsay M. François Scheer, au 
moment même où les chefs des 
diplomaties de Moscou et de 
Pékin se rencontraient dans l'ex- 
trême- ouest de la Chine. 


de notre correspondant 

M. Xu, a indiqué l’agence Chine 
nouvelle A Pékin, a réitéré A son inter- 
locuteur français le souhait chinois de 
voir la communauté internationale 
redoubler d'efforts en vue d’un règle- 


L J ESSENTIEL 


DATES 

Il y a quinze ans, au Portugal, la 
chute d'Otelo de Carvalho 2 

1 ÉTRANGER 

La crise du Golfe 4-5 

Algérie 

Les prudences calculées de 
M. Alt Ahmed 5 

1 POLITIQUE 

Livres politiques 

Par André Laurens 6 . 

Le congrès du MRG j 

Un point de vue de M. Jean- MI- ! 
chei Baylet 7 j 

Troubles socialistes j 

Le PS et le président de la Répu- 
blique 7 

I COMMUNICATION | 

LapubSdté 
à la télévision 

Un entretien avec la directrice de 
la régie d'Antenne 2 et de 
FR 3 7 

| SOCIÉTÉ | 

Santé et prostitution 

Une enquête A Paris 8 

Réforme des lycées 

Des parents intéressés, des 
enseignants réservés 8 

Grève dans la justice 

Une « journée nationale » le 
30 novembre 13 

HEURES LOCAlÜ 

• Air France déserte tes régions 

• Crépuscule industriel à Mau- 

beuge • La surendettement des 
communes 9à 12 

CULTURE 1 

Le piano 
de Nelson Frein 
La découverte d'un artiste brési- 
lien 14 

ÉCONOMIE 1 

Prévisions économiques 

Un ralentissement mais pas de 
rupture 17 

La nouveffe CFTC 

Guy OriDeaud, nouveau président 
de la centrale chrétienne 17 

Revue des valeurs is 

Changes, Crédits 
Grands marchés 19 


Services 


Abonnements 2 

Carnet 13 

Météorologie 16 

Mots croisés 16 

Radio-Télévision 16 

-Spectacles 15 

La télématique du Monde : 
3615 LEMONDE 
3615 LM 

Le numéro du «* Monde » 
daté 24 novembre 1990 
a été tiré à 531 637 exemplaires. 


COLOMBIE 

Nouvelle offre de paix 
de la mafia de la drogue 

La mafia colombienne de la drogue 
a fait une offre de paix aux autorités, 
vendredi 23 novembre, en proposant 
la reddition de quelque trois cents 
trafiquants et la libération des journa- 
listes détenus en otage, à condition de 
bénéficier d'un traitement semblable 
A edui déjà accordé à certains groupe 
de guérilla et de ne pas être considé- 
rés comme de simples «délinquants 
de droit commun ■». Le groupe des 
«cxtradables», bras armé du cartel de 
Pablo Escobar, a fait parvenir un 
communiqué à la presse de Meddlin. 
alïlnnanl : « La libération des otages 
se fera dans la mesure où seront res- 
pectés nos droits et ceux de nos 
parents innocents ». Les « extradâ- 
mes», qui affirment être ■» une organi- 
sation politico-militaire », indiquent 
qu'un raison des élections, le 
9 décembre prochain, pour l'Assem- 
blée Constituante, ils ont décide «de 
décréter une trêve afin que le peuple 
puisse se rendre aux urnes d'une 
manière libre et souveraine ». 

Le ministre colombien de la justice, 
M. Jaime Giraldo Angel a répondu, 
des jeudi soir, à l’offre des trafi- 
quants, en soulignant notamment que 
ceux qui sc livreraient ne seraient ni 
extradés ni contraints à avouer leurs 
délits ou à dénoncer leurs complices. 
C’est la première fois que le gouver- 
nement colombien répond à une offre 
des trafiquants sans la rejeter d'em- 
blée. - (AFPJ 

'□ PÉROU : un dirigeant conserva- 
teur assassiné par le Sentier lami- 
aeax. - Le dirigeant du Parti popu- 
laire chrétien (conservateur), 
Javier Puigros Planas, qui, en juin 
dernier avait soutenu la candida- 
ture A la présidence de 1a Républi- 
que de récrivait! Mario Vargas 
U osa, s été assassiné vendredi 
23 novembre, par un commando 
du Sentier lumineux (maoïste) : 
dans sa propriété à 200 kilomètres : 
environ au nord de Lima, a ! 
annoncé la police. Par ailleurs six i 
paysans ont été également assassi- ! 
nés, vendredi, par le Sentier dans ; 
le département d’Ayacucho. - 
(AFP.) 


Les deux Beyrouths sont morts, rire 


ment pacifique de la crise «tant que 
demeure une lueur d’espoir v. La 
même idée figure dans le compte 
rendu chinois des trois heures de 
conversations qu'ont rues 
MM. Edouard Cbevardnadze et Qian 
Qichen A Unimqi 

A en croire la Chine, Moscou s'osf 
rangé à l'opinion de Pékin selon 
laquelle * tant qu'il reste un espoir 
pour une solution pacifique, la com- 
munauté internationale doit continuer 
à ouvrer en ce sens et s’efforcer de son 
mieux d’éviter une guerre ». 

Les deux pays se sont dédarés «dis- 
posés à ouvrer en vue d'une solution à 
la crise du Golfe avec les autres mem- 
bres du Conseil de sécurité » des 
Nations unies, selon ce bilan émanant 
du ministère chinois des affaires 
étrangères et publié dans la nuit de 
vendredi A samedi par l'agence Chine 
nouvelle. 

Cependant, Soviétiques et Chinois 
entendent également « poursuivre 
leurs consultations mutuelles lorsque le 
Conseil de sécurité des Nations unies 
adoptera des mesures supplémen- 
taires », sous-entendu A l'encontre de 
l'Irak, «de façon que les résolutions 
précédemment adoptées à ce sujet par 
le Conseil de sécurité soient appliquées 
avec la plus grande détermination ». 

Ce texte ne lève pas l’ambiguïté 
délibérée qui caractérise la position 
chinoise sur l'éventualité du recoure à 
la force militaire contre l’Irak. Au 
contraire, il laisse entendre que Pékin 
et Moscou, qui « détiennent une 
importante responsabilité dans la sau- 
vegarde de la paix mondiale en tant 
que membres permanents du Conseil 
de sécurité», forment au sein de cette 
institution une sorte de «liront de la 
modération» face A Washington. 

Encore est-ce là une présentation 
des choses à laquelle M. Chevard- 
nadze n’a pas nécessairement sous- 
crit : la rencoatre n’a pas donné lieu A 
un communiqué conjoint et seule la 
version chinoise des entretiens, pré- 
sentés comme ayant été «utiles» de 
favis des deux parties, est publiée id. 

Cette nuance diminue l’importance 
de ce dialogue si no-soviétique qui a 
retrouvé une forme institutionnelle A 
la faveur de la normalisation de 1989 _ 
et trouve dans la crise du Golfe sa 
première application à une affaire de 
portée mondiale. Depuis l'invasion 
du Koweït, les deux hommes s’étaient 
déjà rencontrés le 1° septembre à 
Haibin, en Mandchourie. 

FRANCIS DERON 


Les tiraillements de dernière 
heure n'ont pas empêché la 
proclamation du Grand Bey- 
routh. Depuis vendredi 
23 novembre 1990 - au lende- 
main de la fête de l’indépen- 
dance et à la veille du premier 
anniversaire de l'accession de 
M. Elias Hraoui à la présidence 
de la République, - la capitale 
du Liban et les localités qui 
l'entourant (jusqu'à 15 kilomè- 
tres au nord, 25 kilomètres au 
sud et 7 à 20 kilomètres à 
l'est] constituent un espace 
censé être une portion de pays 
« comme les autres a : où règne 
la loi et non plus le chaos, où le 
pouvoir appartient à l'Etat et 
non plus aux milices. A cette 
nuance près que la souverai- 
neté de l'Etat s'exerce sous 
l'ombrelle de l'armée syrienne 
- voire, le (dus souvent direc- 
tement par elle. 

BEYROUTH 

de notre correspondant 

Omniprésents dans le Grand 
Beyrouth, y compris dans l'ex-ré- 
duit chrétien, les Syriens sont 
absents d’une toute petite 
enclave - Achrafieh et Oora - 
demeurée entre les mains des 
Forces libanaises (milice chré- 
tienne) lors de leur guerre avec le 
général Aoun et où les Syriens 
n'ont pas eu A pénétrer, ce sec- 
teur ayant été restitué sans 
bataille A l'Etat libanais. 

Les Forces libanaises n’avaient 


EN BREF 

□ AFGHANISTAN: Ha de la 
visite de M. Najibollah en Suisse. - 
Le président afghan M. Najibullah 
|a quitté Genève, vendredi 
23 novembre, pour regagner 
Kaboul via Téhéran, au terme 
d’une visite de cinq jours en Suisse 

- au cours de laqueDe il a affirmé - 
avoir en des contacts avec l’opposi- 
tion afghane. On ignore quels sont 
les opposants qu’ils a rencontrés. 

□ BRÉSIL : trois délinquants lyn- 
chés par une foule en colère. - 
Trois délinquants qui venaient 
d'être arrêtés par la police ont été 
lynchés et leurs cadavres brûlés, 
vendredi 23 novembre, par une 
foule de 3 000 personnes en colère 
dans la localité de Matupa, dans 
l'Etat brésilien du Mato-Grosso 
(centre), a indiqué l’agence de 
presse du quotidien O Estado de 
Sao Paulo. Les trois délinquants 
avaient pris sept personnes en 
otage jeudi dans la résidence d'un 
propriétaire d’une raine d'or-avant 
d’être appréhendés par les poli- 
ciers. - (AFP J 

c EL SALVADOR : an avion de 
l'armée abattu par la guérilla. - Un 
A-37 de l’armée de l'air salvado- 
rienne a été abattu et son pilote 
tué, vendredi 23 novembre, dans la 
province d’Usulatan, à 120 km à 
l'est de San -Salvador, par des 
rebelles du Front Farabundo Marti 
de libération nationale (FMLN), 
qui ont utilisé un missile anti-aé- 
rien, a annoncé le gouvernement 
dans un communiqué diffusé A la 
radio nationale. «Au cours des der- 
nières soixante-douze heures, le 
FMLN a utilisé des armes de 
guerre perfectionnées, telles que des 
missiles sol-air SAM- 7 et 
SAM- 14 v, a encore déclaré le gou- 
vernement dans son communiqué. 
Les combats ont éclaté dans celte 
région vendredi après-midi, après 
une accalmie dans ('ensemble du 
pays au cours de la nuit de jeudi à 
vendredi. Le FMLN a lancé lundi 
soir toute une série d’offensives 
concertées contre des objectifs 
militaires et économiques. Le bilan 
officiel est d'au moins 90 morts et 
300 blesses. -(Reuter.) 


ta-EXPOSr^JMNBftALOGtOUe 

VENDREDI 30 NOVEMBRE 

(12 tarai a 19 heures) 

SAM. Isr- DM. 2 DECEMBRE 

[10 heuea a 19 heurta] 

VENTE - ECHANGE 

MINERAUX 

FOSSILES - BIJOUX 
PIERRES PRECIEUSES 

HOTEL mtlMAN ST*JAC(HJES 

17, bd St-Jacques, 75014 PARS 


d'ailleurs pas d'eutre choix. Si 
elles ferraillèrent jusqu'au bout 
pour limiter l’implantation de 
leurs ennemis prosyriens les 
partisans de M. Eli Hobeika et le 
PSNS - au Metn, où ceux-ci 
entrèrent en force dans le sillage 
de l'armée syrienne, ce fut sans 
jamais prétendra bloquer le 
Grand Beyrouth. Des canons en 
place depuis 1975 et qui avaient 
survécu à toutes les ■ pacifica- 
tions» ont été, cette fois, retirés 
de Beyrouth -Est (secteur chré- 
tien) une semaine avant la date 
limite. Le reste de ('armement, 
plus grand-chose, devait 
disparaître vendredi. . 

De i l'autre côté», dans l'Ouest 
musulman, des milices se sont 
également exécutées plus, ou 
moins de bon cœur. A ma! (chiite) 
de M. Barri en premier; le PSP 
druze de M. Joumblatt (qui, è vrai 
dire, avait évacué Beyrouth 
depuis trois ans mais è qui il était 
demandé de se retirer un peu. 
plus haut dans les montagnes) et 
même l’extrémiste Hezbollah, 
auquel il ne restait plus aucune 
marge de manœuvre. 

Pour la première fois depuis 
quinze ans, lès Forces libanaises 
ont été amenées è abandonner 
leur mainmise sur Beyrouth-Est. 
Leur chef, M. Samir Geagea, a 
néanmoins obtenu de ne pas être 
le «paria» de. la nouvelle donne 
politique libanaise et de faire 
admettre la priorité de la consti- 
tution d'un gouvernement d'en- 
tente nationale, dont il doit faire 
partie. Le président Elias Hraoui a 
lui-même annoncé qu'un nouveau 
gouvernement serait la prochaine 


étape. Cela étant, on se demande; 
comment, lorsqu’il sera ministre, 
M. Geagea fera pour assister au 
conseil des ministres è Beyrouth- 
Ouest et, en tout cas, hors du 
territoire FL restant. 

Cest la Syrie 
qui donne les ordres 

L’homme fort de la Syrie au 
Liban, le générai- Ghazi Kanaan, 
est venu par deux fois négocier 
longuement avec M. Geagea les 
conditions de la restitution 
d' Achrafieh & l'Etat. Politique- 
ment, c'est un point marqué par 
les FL, mises è l'index par Damas, 
depuis 1978. La Syrie, pour sa 
part, a consolidé et consacré son 
rôle de super-pouvoir au Liban. 

Le Grand Beyrouth qui voit le 
jour est le plus vaste jamais envi- 
sagé depuis quinze ans que Ton 
en parle ; plus vaste encore que 
prévu il y a un rtiois puisqu'il 
englobe des localités situées en 
dehors de ses limites initiales : 
Aley, Souk-el-Gharb et Kabr-Che- 
moun — retiré au territoire de 
M. Joumblatt - Dhour, Choueir, 
Baskinta, Bteghrine - soustrait 
au PSNS. Il r‘ eh constitue pas 
moins la troisième tentative de 
pacification du Liban - du moins 
de sa capitale - depuis que fa 
guerre y a commencé en 1975. 

La première, dont le maître 
d'œuvre était déjà la Syrie, 
remonte è 1976 et avait duré un 
peu plus d'un an. La seconde, qui 
faisait suite è l'invasion israé- 
lienne de 1982, était placée sous 
l'égide de l'Occident .avec la 
force multinationale ; ce fut un 


échec cuisant au bout de moins 
d'un an. . 

Aujourd'hui* c'est la Syrie qui 
donne les ordres, plus libre de 
ses . mouvements et plus 
maîtresse de la situation que 
jamais, tout 4e monde ayant 
déclaré forfait au Liban. Les Ira- 
kiens et les Palestiniens - vieux 
- ennemis dé la Syrie - sont hors 
joii. Les Etats-Unis ne manifes- 
tent plus qü'un intérêt mineur 
pour la Liban et Ta France etie- 
mêrrie ne peut plus, guère faire 
mieux que sa cantonner dans uns 
observation vigilante. . 

Resta.- que les- dèux prêcé-. 
dentes tentatives avaient essan- ' 
tiellement ..été torpillées - par 
Israël, faeâ è la Syrie comme face 
aux Etats-Unis. Pour le moment, 
les Israéliens observent de loin, 
indifférents,, la scène libanaise. 
En sera-t-8 indéfinknemainsi ? On 
veut .espérer que te Grand Bey- 
routh durera bien las deux ans 
qui séparent sa création du pre- 
mier repli- de -Camée syrienne au 
Liban, programmé- par les 
accords de Tafif. Mais cette 
pause est loirv d'être sûre. - - 

Le président Hraoui, arrivé è la 
tête de l'Etat sous les plus noire 
auspices U y a juste un ah, appa- 
raît aujourd'hui comme un 
homme bien , chanceux; « Tant 
mieux pour nous », commencent 
è se dire les Lfcanais, tandis que 
l’ex-idole des chrétiens,' le géné- 
ral Aoun, continue à -se morfon- 
dre à l'ambassade de France, où 
-fl est réfugié depuis un mois et 
demi. 

LUCIEN -GEORGE 


Les suites de l’affaire Doùcé 


et annonce une réorganisation des RG parisiens 


Quatre mois après la dispari- 
tion, puis la mort, du pasteur 
Douce, l'institution policière a 
tiré, vendredi 23 novembre, les 
premières leçons pratiques - 
sanctions disciplinaires, réorga- 
nisation des services - d'une 
affaire qui implique plusieurs 
fonctionnaires des renseigne- 
ments généraux de la préfecture 
de police de Paris (RGPP). 

Des sanctions individuelles sont 
donc tombées. Enoncées par 
M. Joxe, qui confirme ainsi les 
propositions énoncées' par le 
conseil de discipline de ta police 
nationale (le Monde du 21 novem- 
bre), ccs sanctions visent trois 
membres du groupe des enquêtes 
réservées (GER) des RGPP. 
Accusé d’avoir tenté de recruter 
avec violence un indicateur A 
Sèvres (Hauts-de-Seine) pour infil- 
trer l'entourage du pasteur, l’ins- 
pecteur Jean-Marc Dufourg est 
révoqué de La police. Pour sa part, 
l’inspecteur Gilles Azeraa est sus- 
pendu de ses fonctions pour une 
durée de six mois, sans traitement. 

ELF rachète 
deux distributeurs 
indépendants 
de produits 
pétroliers 

ELF France, filiale du groupe 
ELF Aquitaine chargée du raffi- 
nage et de la distribution, a racheté 
comme prévu lie Monde du 
20 octobre) deux, distributeurs 
indépendants de produits pétro- 
liers, Les Fils de Jules Bianco et la 
Compagnie Commerciale eL pétro- 
lière de l'Ouest (CPO), implantés 
essentiellement dans la région 
Rhô ne- Alpes et dans l’ouest de la 
France. 

La société Les fils de Jules 
' Bianco possède 430 stations-ser- 
vice. et la CPO 730 stations. .Sur 
ccs i 160 stations au total, 300 
portent la marque «Gkirex ». que 
;lcs deux sociétés possèdent à 
' 50-50. Les deux importateurs font 
également partie du groupement 
Avia qui contrôle 2 500 points de 
"vente en France. 


Il en va de même pour l'enquêteur 
Pascal Passamonti (six- mois de 
suspension, dont trois avec surris). 
Quant au «patron» du GER, le 
commissaire Didier Adam, il sera 
bientôt muté dans une autre unité 
des renseignements généraux pari- 
siens. ' • 

Du côté des * pratiques » et des 
<r méthodes» i modifier, un projet 
de réorganisation des RGPP vient 
d'être présenté aux représentants 
du personnel par le contrôleur 
général Claude Bardon, directeur 
du service. Il propose de fondre le 
GER au sein de la huitième sec- 
tion, chargée des enquêtes d’habili- 
tation (ces dernières _ visent .des 
candidats aux décorations et aux 
concours des écoles de police, ou . 
encore les personnels des ambas- 
sades}. Le regroupement ainsi 
constitué devrait assumer les mis? 
rions jusqu’à présent confiées tant 
au GER qu’AJa huitième section, 
qu’il s'agisse de la collecte de ren- 
seignements à caractère général ou 
des enquêtes à caractère privé. ; 

Parallèlement, deux nouvelles 
sections déviaient voir le jour aux 
RGPP : Tune s'occuperait des 
«violences urbaines» (zou Ions, 


bandes de banlieues, casseurs); 

' l'autre serait spécialisée dans les 
affaires économico-financières ou 
liées A l'informatique. Quelques, 
dizaines d'inspecteurs venus d’au- 
tres secteurs des renseignements ' 
généraux, et notamment du GER, 
devraient venir constituer, tes .effec- 
tifs de ces sections. Sans que la dis- 
solution de ce dernier soit officiel- 
lement annoncée, le GER se trouve 
déjacto dissous. ' ' 

L’ensemble du projet, qui s’ins- 
crit dans la réforme des RGPP (te 
Monde du 27 septembre) mise en 
œuvre par M. Bardon,. n’est encore 
qu'au .stade de la concertation. 

« On peut réformer à chaud ou à 
froid, s’est engagé M. Joxé devant 
l’Assemblée nationale, tôuijours à 
propos des RG. A chaud, on 
réforme généralement vite et mal A • 
froid, on réforme plus lentement, 
mais plus durablement. » Aussi les 
RG restent-ils dans l’attente d’une 
- réforme qui éviterait toute nou- 
velle affaire Doucé. 

. ÉRJCH INCIYAN 


Un nouvel appel de l’abbé Pierre 
pour les sans-logis 


L'abbé Pierre entreprend avec sa 
fondation une nouvéDe croisade pour 
■ aider les sans-abris et maWogés qui. 
scion scs estimations, seraient respec- 
tivement 400 000 et minions, Il 
demande au gouvernement de mettre 
A la disposition d'organismes sociaux 
10 % des 20 000 hectares de terrains 
non occupés possédés par PEtatet les 
services publics fin Ile-de-France. La 
fondation abbé Pierre s’engage à réali- 
ser des programmes de logements 
sociaux grâce à un bail emphythéoti- 
que (concession sur une longue durée 
de la jouissance du logement moyen- 
nant redevance et prise en charge (tes 
travaux de réhabilitation par le pre- 
neur). 

L’abbé Pierre suggéré également 
d'unifier les huit sources publiques et 
privées de financement des kgements 
sociaux par la création d’un guichet 7 
unique qui fonctionnerait pendant 
deux ans .au plan national avant 
d’être décentralisé dans les départe? 
mems. La fondation souhaite aussi ' 
que l'on puisse transformer les hôtels 
en chambres meublées , (60 000 en 
région parisienne) en hôtels sociaux : 


logements-rdais meublés pour les 
situations d’urgence. Enfin, la fonda- 
tion envisage de mettre en place des 
« boutiq ués» qui serviraient de boîte 
à lettres, de lieu d’information et rie 
lieu de parole pour les sans-domicile 
fixe. 

► Fondation abbé Pierre, BP 100. 
94220 -Cherenton Cedex- CCP . 
41743 K Paris. 


AFFAIRES 

EXCEPTIONNELLES 

SUR LES PLUS GRANDES 
GRIFFES MASCULINES 


MADE !N ITALY 



RUE DU F6G ST HGMORÊ PARIS